Comédie dramatique réalisée par Martin Scorsese, La Valse Des Pantins est un très bon film. L'histoire nous fait suivre Rupert Pupkin, un homme n'ayant qu'un rêve, celui de devenir le nouveau Jerry Langford, un animateur comique vedette qui anime son propre talk-show tous les soirs. C'est justement à la sortie d'un enregistrement, au milieu de la nuée de fans dont il fait partie, que Rupert parvient à approcher pour la première fois l'animateur star et à l'accompagner contre son gré dans sa limousine. Après ça, Rupert ne cesse d'harceler Jerry pour être invité dans son émission, en vain. Il en vient alors à une solution radicale pour parvenir à ses fins, consistant à kidnapper Jerry avec une connaissance tout aussi fan de lui, et ainsi forcer la production à lui offrir ses quinze minutes de gloire, qu'elles qu'en soient les conséquences. Ce scénario s'avère prenant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue originale traitant du malaise d'une civilisation obsédée par la célébrité, par le besoin de reconnaissance. Cela donne lieu à des scènes dans lesquels le fan véritablement obsédé et névrosé par le désir de devenir célèbre lui aussi fantasme ses rencontres avec l'animateur vedette. Le récit joue également sur la redondance afin de bien montrer à l'écran cette spirale obsessionnelle. Celui-ci contient peu d'action, tout le sel du métrage reposant sur les échanges verbaux entre les différents protagonistes. Le ton se veut lui à la fois léger et dramatique, rendant les situations gênantes marrantes. L'ensemble est porté par des personnages appréciables, à commencer par le rôle principal joué par un Robert De Niro parfait dans son costume. Son sourire à la fois joyeux et inquiétant est totalement raccord avec son rôle d'homme aussi pathétique qu'attachant, au caractère déterminé, envahissant, insistant, menteur et sans gênes, tout en restant toujours courtois et poli. Jerry Lewis incarne lui un animateur désabusé, se contentant de subir le fanatisme de Rupert et de son amie. Une amie jouée par une Sandra Bernhard carrément amoureuse de son idole. Le reste de la distribution comprend également Diahnne Abbott et Shelley Hack. Tous ces individus entretiennent des rapports créant des moments amusants. Des échanges soutenus par de nombreux dialogues bien écrits, notamment lorsqu'ils font appel au comique de répétition concernant le nom Pupkin qui est à chaque fois mal prononcé. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain se veut qualitative. Sa mise en scène est sobre mais tout de même travaillée. Celle-ci évolue dans un New York vu sous différents angles. Ce visuel simple mais efficace est accompagné par une bande originale composée de titres de grands artistes mêlant soul, rhythm and blues et rock, pour un résultat plaisant. Ces morceaux ne sont pas très impactant mais accompagnent bien le tout. Reste une fin réussie venant mettre un terme à La Valse Des Pantins qui, en conclusion, est un long-métrage méritant d'être découvert.