Nausée garantie... Foodfight est facilement le pire film d'animation qu'on a pu voir, c'est un Dingo Picture en 3D terrible et avec un budget estimé à 65 millions (rendez l'argent). Evidemment, c'est ultra moche, jamais animé correctement, doublé avec un matos défaillant, l'histoire est incompréhensible, c'est gorgé de blagues très gênantes (que du huc, dans un film jeunesse) et ouvertement misogynes, ça essaie de refaire Casablanca (au secours), le méchant est digne d'un cauchemar après une soirée arrosée, et c'est monstrueusement long. La liste des problèmes de ce film malade (on sent que rien ne s'est passé comme prévu), ressemble à la liste des ingrédients problématiques d'un produit de fast-food. Comme ces ingrédients aux tirets et aux noms de l'infini : vous ne savez jamais quand votre calvaire prendra fin. Alors donc, les héros sont ceux qui courent en petit en arrière-fond sur l'affiche (les gens en premier-plan ? Le dauphin c'est une marque, oui, qui apparaît bien dans le film... Les deux autres, on ne sait pas qui c'est), et on suit le chien-détective qui a
perdu sa fiancée. Non, pas enlevée ou morte, elle était là, et "pouf-pouf", elle y est plus
. Six mois plus tard... Comment ça : "Six mois ?! C'est pas un chien-détective ? Il n'a pas cherché, pendant six mois ?!"... Euh, "Chut. Réfléchissez pas.". Un méchant investisseur Eco (qui ressemble à un punk à chien en bad-descente de ) arrive dans le magasin des grandes marques (APRÈS la disparition de la copine, retenez bien, c'est important pour notre explication finale) et veut intégrer ses Eco Nazis (ne posez pas de questions, pitié) à toutes les "majors" américaines. Ah oui, "américaines", car ils n'ont aucune marque connue à l'international (à part Monsieur Propre, mais qui ne sert à rien), ce qui complique un peu plus le visionnage pour le lambda étranger : les slogans récités, les logos, on ne les connaît pas. D'un côté tant mieux, ça vous évitera la malbouffe, comme le principe du film, ultra malsain, est d'habituer les gamins aux grandes marques citées, "et de refuser les autres"...
Lavage de cerveaux
, ce que dénonce Super Size Me, tout ça, m'voyez... De son côté, l'animation est un scandale (sans même parler des 65 millions), car tout est saccadé, sans aucune texture, avec des reflets bizarres (la belette ressemble à un déchet humain organique, pour le dire poliment...), les pupilles ne bougent jamais dans les yeux des personnages (qui regardent donc souvent le vide, si les interlocuteurs ont le malheur de se décaler... Ridicule à tous les plans), et la majorité des arrières-plans sont désespérément vides (un pauvre arbre, un meuble, toujours le même... et du vide). Côté vocal, on se régale : que des slogans de marques, et des phrases de beauf au bar devant une femme qui a déjà un verre. Non, vraiment, quand le pote du héros enchaîne un "Who's your sugar daddy ?" et un "I melt in your mouth, not in your hand" face à une jolie fille au bar, on a envie de crever. Tous les dialogues, ou presque, sont de cet acabit de perversion, et il y a pas mal de gros plans sur les "parties intéressantes" qui viennent les illustrer (comme ce gros plan final sur
l'entrejambe de la méchante
, sans une once d'utilité). Le malaise se poursuit avec la scène de La Marseillaise (pour refaire Casablanca), un renvoi acide en arrière-gorge. Et on arrive enfin sur le dernier morceau, qui est cette
bataille de bouffe
(comme le titre l'indique), gratuite, moche, et interminable. Alors qu'on se plaignait au début de revoir plusieurs fois les mêmes plans recyclés ("Ah la voiture qui renverse le caddie, c'est le plan du début réinséré là."), on n'avait pas encore de problème de micro. Car, vers, la fin (là où vous apprenez que
les méchants Eco ont enlevés la fiancée
... MAIS COMMENT, puisqu'ils n'étaient pas encore arrivés ?! Voilà, c'était le moment où ça ressert) a l'air d'être la seule à ne pas voir que les acteurs secondaires (les petits rôles qui se partagent la même cabine de doublage) ont tous le même problème de micro : il grésille et rend la voix lointaine. On a l'impression que les personnages secondaires sont doublés depuis les WC. Et le film, par souci d'économie, n'en a plus rien à faire, il vous laisse savourer ces doublages de l'Enfer. Bref, on sent que le casting juteux et la sortie en salles de cinéma a de quoi terrifier les gens qui se sont tapés cette daube de l'infini sur petit écran, car absolument rien ne va, tout fout le camp en permanence à l'écran, tout sent la souffrance qui mérite un oreiller sur le nez. Pire film d'animation depuis un bon moment.