J'avais déjà remarqué que l'épisode de Columbo avec Cassavetes était l'un des moins bons des années 70, celui-ci ne semblant pas investi ni charismatique, ce film ne va pas faire monter le sieur dans mon estime.
Les personnes "hors norme" ont généralement des centres d'intérêt forts voire originaux, nous surprennent par leurs traits d'esprits, là notre "cinglée" (dixit le film) et actrice principale n'a pas de passion à part une vague affection pour le Lac des Cygnes, elle parle beaucoup, mais surtout de spaghettis et de "on organise une fête ? - Je ne sais plus, je ne sais pas, je suis fatiguée, que tout le monde parte".
Il est dérangeant de noter que c'est lorsque Gena Rowlands est frappée par son mari qu'elle redevient affectueuse et presque rationnelle.
Quel est le message ou l'intention derrière cela ?
Gena Rowlands (qui parfois en fait trop) et Peter Falk (et le jeune Albert de la petite maison dans la prairie :-P) ont des visages intéressants, c'est un des seuls points positifs, dont font partie également la scène pré-internement qui enfin comporte un peu d'émotion (ça retombe tout de suite après), quelques mouvements de caméra rapides et surprenants, et un côté documentaire/vérité qui aurait pu être réussi si le scénario n'était pas si creux et le film, finalement, très artificiel !
À part cela, si vous voulez des phrases répétées 3 fois, passer du temps dans une entrée de maison, bien connaître la table de la salle à manger, et peu d'idées en plus de 2h, bienvenue !
J'ai bien peur que le piédestal sur lequel Cassavetes est hissé ne soit qu'une lubie qui s'auto-entretient, les nouveaux spectateurs se sentant obligés d'en dire du bien pour appartenir à la meute (sanguinaire) des cinéphiles intellectuels.
Non il n'y a pas d'urgence, d'"être au monde", de questionnement ontologique, du calme je vous en conjure ! :P
Allez je vais regarder "le privé de ces dames" avec le même Peter Falk, c'est un film moyen mais là au moins ce n'est pas prétentieux.