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Play it again, Sam
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3,0
Publiée le 26 janvier 2021
Reposant sur un paradoxe, Le Convoi des braves roule sur un chemin bancal. D’un côté, le film, sorti en 1950, se présente comme une production des années 30 avec sa pellicule usée, son montage parfois curieux et, notamment, ses ellipses improbables. De l’autre, il fait preuve d’une audace incroyable. Alors que le western de ces années-là réclamait de l’action et des rebondissements à tout-va, John Ford fait le choix de se concentrer sur le périple d’une communauté de Mormons à travers l’Utah en évitant soigneusement d’enrichir son intrigue. L’attaque des Indiens n’a ainsi pas lieu (l’histoire se termine autour d’un feu et de musique), l’attaque des bandits n’a presque pas d’incidence (un simple gunfight expédié en moins d’une minute sur la fin) et les péripéties rencontrées par le convoi sont minces. Il s’agit simplement de dresser le portrait d’une communauté joyeuse qui aime danser et qui croit en son étoile pour s’installer en « terre promise ». Pour l’amateur d’action, c’est forcément un peu terne et bavard, John Ford faisant se succéder des tableaux qui esquissent les portraits des uns et des autres. L’idée est simple et le projet se veut généreux. Il l’est assurément, mais l’ensemble manque cependant d’envergure et les personnages ne sont pas assez fouillés pour être tout à fait convaincants. On retrouve quelques personnages hauts en couleurs mais l’admiration de Ford pour ces pionniers est telle qu’il hésite à épaissir le trait pour ne pas dégrader leur périple. Tout ceci ressemble donc à une fable un peu trop lisse pour vraiment émouvoir, mais l’optimisme de Ford rend l’ensemble attachant au milieu des sublimes paysages de Monument Valley.
Le film démarre doucement et ne convie pas vraiment à l'enthousiasme. Toutefois, il ne faut pas visionner cette pellicule comme un western classique avec ses héros, bandits et méchants, mais plutôt comme l'aventure poétique d'une caravane qui se dirige vers la terre promise avec ses moments de peine et de bonheur. Même si l'action est quasiment absente de tout le scénario, hormis la scène finale, John Ford déploie tout son talent pour nous conter une sympathique histoire avec des acteurs incarnant d'authentiques pionniers. Les rôles principaux reposent sur Ben Johnson, le jeune guide du convoi, et le charismatique Ward Bond, le chef de convoi bourru, interprétation qui lui va comme un gant. Quelques personnages pittoresques comme Soeur Ledyard (Jane Darwell) qui sonne toujours faux dans sa corne, le chef de la bande Shiloh Clegg joué par Charles Kemper, ou bien Hank Worden (Luke Clegg), acteur peu connu certes, mais que l'on retrouve dans divers westerns notamment dans des rôles de pasteur, ou d'idiot du village. Tous les ingrédients du western sont présents, la caravane, les bandits, les indiens, mais tout ce petit monde reste bienséant, tout se déroule en douceur. Seule la scène finale vient noircir le tableau. Ce n'est pas un très grand film mais John Ford nous livre une œuvre toute en finesse agréable à regarder.
Un petit western, qui n'a rien d'extraordinaire, mais qui se laisse facilement regarder. Par contre les indiens ne font pas vraiment indiens, c'est un petit peu dommage.
On est dans un western traditionnel, un convoi à la recherche de la Terre promise. John Ford filme ici la survie d'une troupe de personnages, on jongle avec beaucoup de sentiments, et on nous montre les qualités et les défauts des humains avec pour contexte la conquête de l'Ouest
Un film mineur et sans prétention de John FORD tourné en noir et blanc en 1950, avec une histoire simple et manichéenne, les bons et les méchants et entre les deux un convoi de Mormons à convoyer à travers des zones désertiques grâce à des chariots de pionniers. Ben Johnson et Harry Carey Jr. (également présent dans « Le fils du désert » de John FORD, 1948) débordent d'énergie et d'idéalisme. Les personnes sont, un brin, caricaturaux et les mimiques de certains comédiens me laissent à penser que le temps du cinéma muet n'est pas si lointain. Le rythme est soutenu et impossible de s'ennuyer. Sympathique ! Retrouvez mon amour du Far West dans le roman WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU - Eds VERONE - TOME 1.
Un western plein de finesse et loin des clichés. Par exemple, quand le convoi croise un parti de navajos, on s'attend à une bataille mais cela finit par une invitation à danser dans le campement des navajos. Comme quoi le premier mouvement de peur qui aurait incité certains à ouvrir le feu aurait été une vraie erreur. De belles cavalcades (quels cavaliers ces cowboys !), des caractères bien trempés mais pas caricaturaux, la nature humaine avec ses peurs, ses croyances et ses enthousiasmes. La chevauchée fantastique m'avait déjà beaucoup plu. Ce film me confirme que John Ford était un cinéaste de première qualité. J'ai bien aimé.
Un western simple et limpide, tout à fait « Fordien ». Le cinéaste montre, une fois encore, la vie d’une communauté, ici celle des Mormons, avec tout ce qui la fonde, entre autres la solidarité. Ce qui constitue le mouvement de ce film, c’est la quête de la Terre promise, avec ce qu’elle comprend de volontés individuelles et collective. C’est la proximité avec les gens simples qui le caractérise. Les quelques moments d’émotion sont traités avec pudeur, comme le beau dialogue de demande en mariage déguisée. Les péripéties, embûches sur la route des protagonistes, sont nombreuses, mais jamais traitées de façon spectaculaire. On a même l’impression que la seule scène de véritable action, au sens habituel du terme, « expédiée » de façon sèche et rapide, est là pour satisfaire une règle du genre (et peut-être le producteur). C’est dans le même esprit que le cinéaste n’utilisa ni procédés scénaristiques habituels, ni aucune star connue. A noter aussi le regard sur les Indiens, distant et respectueux. On comprend que le film ait pu désarçonner le public de l’époque. Sur la forme, il est très pictural, et nombreux sont les plans qui déclenchent l’admiration, qu’ils soient pris à hauteur d’homme ou au ras du sol (quel talent pour trouver l’endroit idéal où placer la caméra). Un vrai moment de cinéma, qui démontre que Ford est bien autre chose, et bien plus, que le réalisateur de westerns conventionnels comme il est parfois perçu.