Deux jeunes cowboys guideront tout un convoi. Avec eux des femmes, des hommes, dont un ancien qui fait que dire des jurons et on cesse pas de lui dire "veuillez ne pas jurer". Une bande de braqueur qui se mêleront dans l'aventure. Bref, un voyage un peu agité et pas de trop. Ce western contient dans son chariot assez de coeur en bravoure pour emmener le spectateur vers la terre promise.
Minimaliste, émouvant et drôle, "Le Convoi des braves" est une belle réussite signée John Ford. Le coup de maître du spécialiste du western réside essentiellement dans l'empathie rapidement créée avec les personnages. En allant à l'essentiel d'un point de vue scénaristique et avec une science du cadrage (jeu de duos ou de trios dans le cadre), cette histoire pauvre en rebondissements parvient donc à nous captiver par ses simples personnages. Ces derniers véhiculent avec force les principales valeurs du film, telles la simplicité, l'humanité et la solidarité. Un très beau film.
Le film démarre doucement et ne convie pas vraiment à l'enthousiasme. Toutefois, il ne faut pas visionner cette pellicule comme un western classique avec ses héros, bandits et méchants, mais plutôt comme l'aventure poétique d'une caravane qui se dirige vers la terre promise avec ses moments de peine et de bonheur. Même si l'action est quasiment absente de tout le scénario, hormis la scène finale, John Ford déploie tout son talent pour nous conter une sympathique histoire avec des acteurs incarnant d'authentiques pionniers. Les rôles principaux reposent sur Ben Johnson, le jeune guide du convoi, et le charismatique Ward Bond, le chef de convoi bourru, interprétation qui lui va comme un gant. Quelques personnages pittoresques comme Soeur Ledyard (Jane Darwell) qui sonne toujours faux dans sa corne, le chef de la bande Shiloh Clegg joué par Charles Kemper, ou bien Hank Worden (Luke Clegg), acteur peu connu certes, mais que l'on retrouve dans divers westerns notamment dans des rôles de pasteur, ou d'idiot du village. Tous les ingrédients du western sont présents, la caravane, les bandits, les indiens, mais tout ce petit monde reste bienséant, tout se déroule en douceur. Seule la scène finale vient noircir le tableau. Ce n'est pas un très grand film mais John Ford nous livre une œuvre toute en finesse agréable à regarder.
Si sur une première vision ce film ce film peut paraître un peu pâlichon pour un Ford, il gagne énormément à être revu plusieurs fois car son authenticité finit par emporter toutes les réserves. La simplicité des propos et la force du sujet, puisque l'Amérique est née grâce à ces colons, en font un documentaire parfait. Il faut admirer le travail des chevaux et des mules. Il est aussi symbolique qu'une communauté aussi marginale que celle des Mormons finisse par accueillir bon gré mal gré d'autres exclus tels que les Navajos et les bandits. Tout est à la fois anecdotique et essentiel. La magnifique mise en scène n'est pas pour rien dans cette réussite et les moments drôles ou émouvants ne manquent pas. La musique n'est pas en reste et sait arriver aux bons moments avec les bons airs; par exemple elle accompagne idéalement le moment où Travis et Sandy perchés sur une barrière prennent sans se concerter la décision commune qui changera leurs vies. Seul Ford sait créer une émotion aussi grande avec si peu de choses. J'ai plaisir aussi à dire encore une fois combien les trés beaux westerns nous transportent loin de notre quotidien et nous identifiant aux personnages intégrés dans les décors naturels qui nous font rêver.
De réelles qualités dans la mise en scène, digne de l'un des plus grands films de John Ford. On regretta, par contre, un scénario moins inventif; pas rééllement à la hauteur. Bon film.
Avec Le Convoi des braves réalisé en 1950 (mais sorti en France 14 ans plus tard), John Ford retrace la grande épopée de l'Ouest en se focalisant sur l'odyssée d'un groupe de mormons en route vers la Terre Promise. Comme le réalisateur aimait le répéter « Je suis un paysan qui fait des films de paysan ». Porté par des comédiens fidèles à John Ford, des chansons traditionnelles et parsemé de paysages magnifiques, Le Convoi des braves demeure l'un des films les plus attachants du cinéaste mais également celui pour lequel il avait la plus grande affection. On suit avec délectation ce convoi de mormons en route vers l'Ouest (les paysages sont magnifiques), là où leurs moeurs, croyances et mode de vie singuliers ne dérangeront personne. Cette ode à la tolérance et à la fraternité, drôle et tendre, qui joue sur les clichés et les retourne magistralement – spoiler: à l'instar des Navajos qui semblent au premier abord sauvages et qui ne souhaitent qu'inviter les mormons à danser avec eux – malgré une épure et une économie technique (on compte deux mouvements de caméra) s'imprime sur nos rétines de cinéphile.
Premier bon point John Ford ne nous bassine pas avec du bla-bla religieux malgré que l'histoire raconte le voyage de mormons (j'étais déjà soulagé). Deuxième bon point le scénario est sympathique et parfois donne un sourire. Mais dans l'ensemble il ne se passe pas grand chose cela dit pas le temps de s'ennuyer vu la courte durée.
Après la fatigue d'avoir réalisé un début avant même le générique fracassant et qui promettait beaucoup pour la suite, John Ford décide de faire une petite pause, d'utiliser sa machine à remonter le temps et d'aller voir incognito en 2010 la première projection à Cannes d'"Oncle Boonmee". Sous l'effet anesthés... euh...euphorisant du film d'Apichatpong Weerasethakul, John Ford retourna dans son époque et tourna les trois premiers quarts du film. Ces derniers allant à la vitesse épique d'un escargot coincé dans un embouteillage parisien. Pour ce qui est du scénario, Ford se contente de faire le cahier des charges des "films de convoi" : traversée du fleuve, OK, rencontre avec des indiens, OK, rencontre avec les méchants, OK... Heureusement qu'il sait diriger ses comédiens, ayant même l'idée étonnante mais bonne de réunir que des seconds couteaux (à part la superbe Joanne Dru!!!), et de filmer des extérieurs. A sauver quand même les scènes avec les méchants dans le dernier quart qui ne manque pas d'intensité. Bon, en résumé malgré quelques qualités incontestables, une petite déception pour ce western en manque de rythme.
Ne voulant pas réécrire ce qui l'a déjà été (le film n'en valant d'ailleurs pas suffisamment la peine) je rajouterais simplement ceci : un western banal avec des gentils et des méchants? Des méchants?!! Ah bon? Non arrêtons de rire 2 secondes, un vrai "méchant" pour moi c'est par exemple Klaus Kinski dans Le Grand Silence, là tout est doux, tout est en sucre, et les soit disant méchants n'ont rien de vrai dures. En résumé et en 4 mots : un western pour enfant!
Assurément pas le plus connu des films de John Ford, mais un western qui vaut malgré tout qu’on s’y attarde. Car outre la légendaire maîtrise d’un des grands noms d’Hollywood, l’originalité du thème central (l’exode d’une communauté de Mormons en route vers la terre promise), les nombreux personnages marquants et le ton globalement sympathique laissent dans l’ensemble une excellente impression. Sans vedette à l’affiche, la réalisation pèche par contre par un manichéisme criant et sans concession. Dommage également que le noir et blanc ne rende pas toute la beauté des nombreux décors naturels que le Technicolor aurait magnifiée.
Le Convoi des braves (1950) est un long périple vers la terre promise qu’un groupe de Mormons tente de rejoindre. Mais leur parcours sera semé de rencontres et d’embûches. Ce western est une œuvre mineure dans la riche filmographie de John Ford et si elle est aujourd’hui méconnue du grand public c’est pour la bonne et simple raison que le film en lui même n’a absolument rien d’original. On a affaire ici à un banal western, un road-movie avec son lot de gentils et de méchants, dans la plus pure tradition des films du genre. Rien de bien nouveau à se mettre sous la dent, si ce n’est une intrigue et une mise en scène mollassonnes qui finissent tout de même pas retenir (contre toute attente) notre attention jusqu’au dénouement final (et prévisible).
Plus film d'aventure que western, "Wagon Master" joue la carte de la sobriété, avec aucune star à l'affiche et un point de départ simpliste (un convoi de mormon cherche à rejoindre une verte vallée). Certes très conventionnel, le film n'ennuie pas son spectateur, propose des personnages intéressants à suivre, et dispose d'une jolie BO. Pour les curieux.