Mélodrame kitsch et daté, mais agréable à suivre et qui garde un certain charme grâce au fabuleux Technicolor et au scénario simple bien qu'un peu mièvre. La musique est belle, les décors du Lake Tahoe sont magnifiques et le charme fou du grand Rock Hudson est éternel. Mais c'est extrêmement long et lent, ça n'en finit pas tellement c'est long.
Le film porte vraiment le mélodrame à un niveau d’excellence que je n’aurais pas cru possible. La réalisation et les couleurs sont magnifiques. On oublie ce que le genre peut avoir de grandiloquent ou de moralisateur, tellement ce monde en technicolor est taillé sur mesure pour ce type d’histoire. Au-delà du scénario très daté et de ses défauts évidents, l’image offre de vrais trésors esthétiques qui parlent directement à l’inconscient, comme certains films d’Hitchcock ou de David Lynch. Une petite merveille.
Douglas Sirk, il fait d'habitude beaucoup mieux, nous entraîne dans un mélo sirupeux où les Wasp fréquent les Wasp. Un goldenboy odieux découvre par miracle de l'amour et l'altruisme sont seuls capables de donner un sens à la vie. Le film n'a aucun intérêt à éviter
Le secret magnifique est un film plutôt sympathique, bien qu'il commence avec une scène, avec un bateau qui traverse à toute allure un lac, ayant fortement vieilli aujourd'hui. Je l'ai regardé parce que l'équipe de Tout ce que le ciel permet était réunie (Le secret magnifique est en réalité sortie juste avant) et que ce film m'avait fait forte impression. Je dirais que j'ai préféré Tout ce que le ciel permet pour la beauté exagérée de ses lumières, ici la photographie semble beaucoup plus sobre (mais tout aussi soignée). Cependant j'accroche également un peu moins à l'histoire qui est quand même assez ubuesque puisqu'un millionnaire égocentrique devient une sorte de figure quasiment divine totalement altruiste, c'est un peu gros... Reste que c'est plutôt bien amené, notamment au début lorsque l'on évoque le mari de Jane Wyman, toujours avec des paroles quasiment mystiques, une petite musique céleste... tout pour déifier le personnage... et donc petit à petit Rock Hudson prend la place de l'homme à qui il a de manière involontaire pris la place dans le monde des vivants. Mais j'avoue que ce n'est pas ce que j'ai préféré et que techniquement j'aime la simplicité des scènes où Hudson et Wyman sont seuls, Hudson prend soin d'elle, aveugle, lui fait la lecture, l'emmène voir l'Europe. Disons que c'est assez simple pour ça que ça fonctionne sans avoir une autre dimension derrière un peu lourde et significative. C'est juste deux personnages qui s'aiment, avec deux acteurs qui jouent bien, le tout bien réalisé et ça suffit pour passer un bon moment. Puisqu'on subit un schéma assez classique de rencontre, séparation, retrouvailles, j'avoue que comme souvent les retrouvailles et même les raisons de la séparation m'indiffèrent tant c'est téléphoné, tant personne dans la vraie vie ne raisonne comme ça... J'ai cette impression qu'on cherche du drame là où il n'y aurait pas dû en avoir. Encore une fois j'aime beaucoup les décors, notamment ceux de la Suisse, comme si les images d’Épinal du cinéma américain arrivaient à donner vie à des paysages, des villages qui n'ont jamais réellement existé ailleurs que sur des cartes postales. Bref, le film est plaisant, malgré quelque grosses facilités qui cassent un peu et dont vu la beauté de certaines scène au premier degré, je ne peux pas rire et je me retrouve à uniquement pouvoir grincer des dents.
On est dans un mélodrame, où l'on empile tous les drames possible, aucun échappatoire, aucun espoir, aucun répit, et cela en devient caricaturale, on veut nous faire sortir les mouchoirs, je l'ai regardé avec un certain détachement, alors oui, peut-être que la surenchère de tous ces malheurs a pu toucher bien des personnes, mais expliquez moi, comment une personne heurtée par une voiture, n'a rien de casser, mais devient aveugle...j'ai loupé un truc, où, je ne suis pas dans un jour fleur bleue. ça se laisse gentiment regarder amis avec une bonne dose de détachement.
Un superbe mélodrame sur la rédemption et le pardon avec l’histoire de Bob Merrick [Rock HUDSON, 29 ans et sa 2e collaboration sur 7 avec le réalisateur), play-boy riche (disposant de 1,5 milliard $ suite à la mort de son père à 42 ans et croyant que tout s’achète), égoïste, spoiler: et responsable indirectement, d’une part, de la mort d’un célèbre chirurgien car ayant bénéficié, suite à un accident de hors-bord qu’il pilotait trop rapidement, d’un respirateur artificiel appartenant au chirurgien à qui il a fait défaut lors d’une attaque cardiaque et d’autre part, du renversement par une automobile de la veuve du chirurgien, Helen Philips (Jane WYMAN, 37 ans), lui occasionnant la perte de la vue suite à un traumatisme crânien. Douglas Sirk réussit ce mélodrame tout en restant sur le fil du rasoir, sans tomber dans la mièvrerie et le roman-photo grâce au recours au Technicolor trichrome (caméra chargée de 3 négatifs noir et blanc, sensible l’un au rouge, l’autre au vert et le dernier au bleu), à la photographie de Russel METTY (dont c’est la 3e collaboration sur 9 avec le cinéaste), à la musique de Frank SKINNER (2e collaboration sur 7, compositeur attitré des studios Universal et qui s’inspire des standards de musique classique), les costumes de Bill THOMAS, le montage de Milton CARRUTH [4e collaboration sur 6 et qui a également monté le film éponyme (1935) de John Stahl (1886-1950) dont celui de Sirk est un remake]. A souligner, à côté de Barbara RUSH (belle fille d’Helen Philips) et d’Agnès MOOREHEAD (infirmière travaillant dans la clinique du Dr Philips), Otto KRUGER (69 ans), peintre plein de générosité (sorte d’archange tombé du ciel), ayant été aidé par le Dr Philips et qui initie Rock Hudson à la générosité discrète, sans attente de retour (titre français), à l’origine d’un don de soi qui devient une magnifique obsession (titre américain).
Même pour un mélodrame, il me semble que le scénario n'est pas du tout solide. C'est vrai qu'au début on s'accroche bien au film, mais peu à peu on se rend compte qu'on est devant une sorte de conte de fée où les coups de théâtre sont presque prévisibles, surtout vers la fin où ça devient d'une naïveté excessive. Au-delà du fait que la théorie mise en thème, ou ce fameux "secret", n'est pas vraiment claire et peut paraitre même ridicule, il est décevant que le moyen utilisé spoiler: ( un jeune homme qui reprend ses études de médecine , et qui parvient à rendre la vue à une aveugle après une petite opération alors qu'il n'a aucune expérience, autrement dit un coup de magie) , n'est pas bien pensé et souffre d'un certain manque de crédibilité, ce qui mène à un dénouement qui ne convaincrait pas un spectateur réaliste et exigeant de ce côté.
Avec Le Secret magnifique, Douglas Sirk pousse le mélodrame hollywoodien vers une intensité émotionnelle et visuelle presque irréelle, où chaque couleur et chaque regard semblent chargés d’un excès de sentiments. Rock Hudson et Jane Wyman incarnent avec une sincérité désarmante cette histoire de rédemption amoureuse qui oscille constamment entre exaltation romantique et ferveur quasi mystique. La mise en scène de Sirk sublime les artifices du récit grâce à une maîtrise du cadre et de la lumière qui transforme le moindre intérieur bourgeois en théâtre émotionnel étouffant. Pourtant, derrière cette beauté flamboyante et cette ironie discrète sur les valeurs américaines, le film paraît parfois prisonnier de ses rebondissements mélodramatiques excessifs. Une œuvre somptueuse et profondément émotive, portée par un immense styliste, mais dont le lyrisme appuyé peut aussi créer une certaine distance face à l’outrance du récit.