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Un visiteur
1,0
Publiée le 22 novembre 2009
Inégale,voilà comment est ce film.Un acteur principal qui se débrouille bien,mais les acteurs secondaires sont eux très moyens,pour ne pas dire mauvais.La réalisation est correcte,certains plans étant exellent et meme quelques rares fois superbes,mais l'ensemble de la réalisation demeure moyenne.L'histoire est intéressante mais pas non plus exellente,mais un événement innatendu du film en fait repartir l'intéret en cours de route.Un thriller moyen donc,avec quelques bons moments mais globalement décevant.
Film assez rare qui nous montre assez clairement le talent de Mario Bava. A travers ce Giallo, il nous offre en effet des idées et des plans assez ingénieux et une bonne gestion de la lumière et des décors typiques du cinéma de ce genre, c'est à dire assez baroques. Bon film traitant de la vie d'un tueur en série sans l'effusion de violence, ni la recherche psychanalitique que nous offre généralement le cinéma lorsque l'on aborde le thème des tueurs en série. Ici, c'est l'humain qui prime.
« Je suis paranoïaque. » Puis, presque aussitôt : « Je ne suis pas paranoïaque. En fait, je suis complètement fou. » Le ton est donné. Le personnage principal, joué par Stephen Forsyth, tue des jeunes femmes pour tenter de retrouver la vérité sur un traumatisme d’enfance qui le hante. Il ne tue pas simplement : il reconstitue à chaque fois un mariage, fait revêtir une robe à sa victime, danse avec elle, puis la tue.
Le film fonctionne ainsi comme une double enquête : la police cherche à comprendre les meurtres, tandis que lui cherche à comprendre ce qui s’est réellement passé cette fameuse nuit. Des souvenirs reviennent par fragments : une femme qui l’appelle, des cris, des pas dans les escaliers, sa mère en robe de mariée. Tout est très ritualisé et de plus en plus inquiétant.
J’ai beaucoup aimé l’esthétique, assez difficile à définir : rarement vu un film aussi profondément années soixante-dix, voire soixante, avec quelque chose de très La Dolce Vita. La serre du personnage, avec ses fleurs et ses oiseaux étranges, ressemble presque au cerveau d’un aliéné. Même les accessoires sont incroyables, comme cette ceinture aux maillons évoquant des chaînes de menottes.
Sa femme est terrifiante. Elle le méprise, l’émascule littéralement et refuse pourtant de le quitter. Leur relation est profondément malsaine et étouffante. Lorsqu’il finit par la tuer, elle revient le hanter et prend progressivement une véritable dimension spectrale. Le film joue d’ailleurs très bien sur cette ambiguïté : parfois les autres peuvent la voir alors que lui ne la voit pas, puis la situation s’inverse. Elle finit par devenir une présence surnaturelle qui l’accompagne jusqu’à sa chute. Face à la jeune rousse qu’il apprécie réellement, son rituel commence à se fissurer : pour la première fois, il hésite à tuer. Le twist final fonctionne plutôt bien : il découvre finalement que le traumatisme qu’il cherche à reconstituer vient de lui-même et qu’il a tué ses propres parents. La révélation le fait complètement basculer.
Ce n’est évidemment pas le meilleur film de Mario Bava et il y a parfois quelque chose d’un peu maladroit ou naïf dans l’écriture. Mais l’ambiance, le mélange de perversité, de malaise et de fantasmagorie, et cette obsession de la mariée et de la mort m’ont vraiment plu. Un Bava imparfait mais très singulier, que j’ai trouvé finalement plus intéressant que sa réputation ne le laisse penser. 3/5.