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Grouchy
143 abonnés
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4,5
Publiée le 6 mars 2016
Un film à suspens unique comme celui de Clouzot devait forcément avoir son remake. Cependant il fallait qu'il soit réussi. Friedkin, ayant déjà acquis l'expérience du genre, reprend l'histoire d'Arnaud dans un cadre différent et des personnages plus ou moins similaires. Il présente un à un ces différents protagonistes et leurs origines, avec leurs caractéristiques sociales et "hobbies". Puis il les rassemble pour qu'ils aient, pour une fois, la chance de sortir de leur exil. Mais ces 4 héros ne peuvent pas s'entendre, la route se fait sans conversation et le seul rapprochement qui s'effectue entre deux se fait quelques instants avant un moment fatal. Le scénario en dit long sur leur destinée. Si la réalisation de Friedkin est toujours aussi excellente ( les séquences du pont sont somptueuses ), le scénario déçoit quant au respect des personnages : le film de Clouzot montrait un développement plus profond des conducteurs, tandis que des personnages de Friedkin, on ne connaît que leur passé et ne sont donc pas si charismatiques que Montand ou Vanel. Le final est différent mais original en revanche. La narration est donc faible dans ce film. Clouzot prenait son temps dans les séquences de conduite dans le désert et amplifiait en conséquence la tension. Ici il semble manquer des bouts de séquence. Quoi qu'il en soit, il faut s'efforcer d'oublier la comparaison entre les deux versions, et savourer autant celle de Clouzot que de Friedkin.
Remake du "Salaire de la Peur", Sorcerer est une oeuvre assez impressionnante sur plusieurs aspects : outre ses décors très travaillés, fourmillant de vie et de détails, il contient des scènes d'action assez impressionnantes à une époque où les trucages n'étaient forcément pas monnaie courante. L'équipe technique du film a donc fait un travail phénoménal pour créer les passages les plus saisissants du film (la traversée du pont, etc...), et pour retranscrire une ambiance poisseuse de tout premier ordre. Sorcerer a malgré tout vieilli, sur le plan visuel, mais également sur celui de la narration, quelque peu lapidaire. Le casting aurait peut-être pu également être un peu plus costaud (notamment coté US) pour se montrer à la hauteur de l' ambition du projet. En l'état, son visionnage reste malgré tout assez plaisant.
Bon film de William Friedkin qui est injustement boudé et méconnu..peut être du fait d'avoir tenter à sa manière d'avoir fait un remake du "salaire de la peur" de Clousot. Mais ce n'est pas vraiment un remake mais une autre version cette fois dans un pays d'Amérique latine (tourné en République dominicaine vraiment). Les acteurs sont sensationnels surtout Roy Scheider (les dents de la mer, la french connection) initialement rôle pour Steve McQueen et ça se sent..Bruno Crémer (L'alpagueur, Maigret, Section 317) initialement rôle pour Lino Ventura... Devenu culte de part l'histoire et la scène du pont..ce film a le mérite de parler de la destiné et différent choix dans la vie...à découvrir absolument une bonne trouvaille
Après la première version des années 50, que je n'avais pas appréciée, c'est William Friedkin qui vient mettre son nez au sein de cette histoire."Sorcerer" est donc une nouvelle adaptation du roman nommé "Le Salaire de la Peur", et je tiens à dire que je la porte bien plus dans mon cœur que celle d'Henri-Georges Clouzot. Même si ce film n'est pas un remake, j'ai apprécié les changements de cette version, car elle apporte des choses vraiment bénéfiques à l'ensemble. La première vient clairement du fait de donner plus d'épaisseur à nos héros, en prenant le temps de les installer pendant les 30 premières minutes. Certes, comme le précédent film, le temps est donc long avant d'arriver à ce qui nous intéresse. Mais au moins, dans cette version, l'attente est bien plus comblée par des choses intéressantes. Là où les personnages du film de 1953 étaient mauvais en tout point, sans aucune justification et de manière bien trop exagérée, ceux de ce long-métrage sont un peu plus nuancés. Malgré tout, cela ne veut pas forcément dire que je les apprécie, ils restent assez simplement écrits et plusieurs d'entre eux sont quand même assez creux en matière de développement. Mais au moins, le film bénéficie de bases bien plus solides pour sa deuxième partie. À ce moment-là, on retrouve la fameuse course contre la mort, qui réussit à être aussi efficace que le projet de 1953. Les péripéties et les décors ont beau être différents, la tension réussit toujours à fonctionner. Grâce à la mise en scène assez bonne de William Friedkin, on ressent une véritable angoisse pour nos héros. L'absence de musique, et le fait d'autant laisser durer ces épreuves, offrent une attente assez bien gérée quant à la résolution de chaque péripétie. Certes, le rythme est parfois lent, mais on sent que le long-métrage n'a pas peur de ralentir cela pour le bien de son ambiance. Malgré tout, même si je préfère cette version, est-ce que cela suffit à me la faire apprécier ? Clairement, j'ai passé un meilleur moment, mais le tout ne réussit toujours pas à me toucher. La tension est présente, mais je me suis quand même beaucoup ennuyé au visionnage, le problème étant peut-être que cette histoire ne me parle tout simplement pas. Pour conclure, une adaptation assez correcte.
Un thriller totalement méconnu et pourtant haletant de bout-en-bout. Friedkin confirme encore qu'il est un réalisateur totalement atypique, ses œuvres sont noires et cyniques. On s'attache à ces 4 anti-héros dans leur quête, sur la corde raide tout au long du film.
Pas mal du tout ce William Friedkin, qui a donc autre chose à revendiquer que L’exorciste et French connection. Ici, c’est encore du côté de l’Hexagone qu’il cherche son inspiration, avec un remake du Salaire de la peur d’Henri-Georges Clouzot, lui-même tiré d’un roman signé Georges Arnaud, sans doute basé sur l’histoire vraie de… non, là c’est trop. On y suit le parcours de trois galériens, qui tentent au fin fond du Chili d’oublier leur vie antérieure. Et de surtout trouver du cash. Une occasion se présente, mais elle n’est pas donnée à tout le monde : devoir acheminer un pack de nitro sur des kilomètres de jungle et de montagnes abruptes, sous des climats épouvantables, à deux aux volants de fourgons en tandems mal assortis. La mission paraît insurmontable, le suspense est à peine tenable. Mais ils sont bien là nos anti-héros, se serrant les coudes dans l’adversité, bravant des périls inimaginables. La mise en scène est dans l’ensemble sobre, mais recèle quand même ses moments de grâce. Des coupes brutales dans le rythme, des travellings hallucinogènes, les arpèges avant-gardistes des bien nommés Tangerine dream. Le casting international n’est pas exempt de reproches, en témoignent un Bruno Crémer jamais à l’aise, et son partner Roy Schneider déjà usé, qu’importe. Avec son étrange modernité, le film réussit son pari de tenir le choc face à l’original – et c’est déjà énorme.
La démesure de ce projet cinématographique hors norme éclate à l’écran lorsque se forme le « convoi de la peur » du titre. Le transport de la nitroglycérine liquide, prête à exploser au moindre choc, est un mécanisme narratif d’une efficacité folle pour créer du suspense, et Friedkin l’utilise à plein. Il va beaucoup plus loin qu’Henri-Georges Clouzot : la furie des éléments, obstacle à la réussite de la mission du convoi, est d’une violence très impressionnante et confère à toutes les séquences une intensité inouïe. Le spectateur est cloué à son siège, n’ose esquisser un mouvement de peur de faire péter la nitro à l’écran, voire en oublie de respirer… Le sommet du film étant cette double traversée d’un pont branlant en pleine tempête au-dessus d’un fleuve en furie… Tout simplement l’une des séquences les plus impressionnantes jamais tournées. « Le convoi de la peur » accède alors au mythe. S’ajoute encore à la toute-puissance de ces images l’implacabilité du scénario. « Sorcerer » déroule la machinerie complexe mais incoercible du destin, et donne une vision très déterministe de l’existence. Pendant tout le film, l’homme combattra la nature et ses éléments, refusera son sort avec une résistance inouïe, et cette lutte est tellement folle qu’elle est à la fois absurde et poignante.
Remake du " salaire de la peur " , je m'attendais à un remake banal , mais là je suis tombé de haut tellement film est puissant. Les images sont prises à merveille tout les points de vue au détail pret , le passage du pont est royal . Rarement un film de fin des années 70 à été aussi bien réalisé . Roy Sheider , Bruno Crémer et Amidou sont magistral voir exceptionnel. Vraiment du très grand cinéma. Je lui met pas 5 pour le remake , mais il le mérite tellement .
Friedkin avait promis à Clouzot que son remake ne serait pas aussi bon que l'original, oh le fourbe ! Et c'est donc adoubé par ce dernier qu'il se lance au milieu des 70's dans une entreprise inimaginable aujourd'hui avec un tournage étalé sur près d'un an et aux quatre coins du monde. Film maudit s'il en est, au même titre que "L'Exorciste" pour d'autres raisons, "Sorcerer" devra patienter plus de trente ans pour connaitre enfin un succès au combien mérité et méritoire. Car oui, ce n'est qu'un remake mais quel remake ! "Le salaire de la peur" de Clouzot a toutes les qualités qu'on lui connait et d'autant plus pour un métrage des années 50 mais Friedkin le surpasse allégrement à mon sens, aidé non seulement par 20 ans d'évolution dans le cinéma mais aussi animé par un sens du spectacle sans pareil. L'introduction pour commencer est aussi longue que l'originale mais bien plus intéressante car d'une part explicative et d'autre part l'on y rencontre déjà une tension omniprésente dans une ambiance lourde et poisseuse à souhait et un réalisme quasi documentaire. Ce réalisme qui n'aura de cesse de nous coller au corps durant tout le reste du métrage. Et nous voilà partis avec nos quatre anti-héros d'horizons différents sur la route vers l'enfer dans un fratras de tôles, de sang et d'intempéries dans des scènes ahurissantes et notamment celle du pont suspendu simplement d'anthologie. Le casting s'étant effondré après la défection de Steve McQueen, on se retrouve avec des seconds couteaux (hormis Roy Scheider) et finalement on ne peut que s'en réjouir tant les conditions dantesques de tournage en auraient rebuté plus d'un, l'occasion de voir également l'état physique et psychologique des acteurs se dégrader au fil du temps, ajoutant au réalisme saisissant qui fait la renommée du maître Friedkin. C'est franchement un régal du début à la fin, témoin qui plus est d'un cinéma disparu mais toujours aussi puissant émotionnellement, un dernier mot sur la bande originale sublime de Tangerine Dream qui ne gâte évidemment rien. Un réel plaisir de pouvoir découvrir cette oeuvre méconnue et majeure dans la filmo de Friedkin et qui plus est dans sa version remontée d'origine, magique !
Une heure d'attente avant de rentrer dans le vif du sujet, mais ça en valait la peine. À partir de là, les éléments qui se déchaînent, les difficultés qui s'accumulent dans une jungle pour le moins hostile. Et un final hallucinant et halluciné, magnifiquement mis en scène. "Sorcerer" bénéficie d'un casting sérieux, international, pour une belle réussite. Le fait de montrer les personnages avant leur arrivée dans la jungle, et les raisons qui les ont poussé à partir de leur pays, ne nuit pas au scénario, bien au contraire. Éprouvant dans la deuxième partie, notamment avec une (voire deux) scènes de pont, le film fait penser par certains aspects au "Fitzcarraldo" de Werner Herzog.
Transposition du roman homonyme de Georges Arnaud, Le Salaire de la peur était un film dont la longue introduction était un peu faible mais dont la suite était passionnante. Étrangement, l'intérêt de l'adaptation américaine, Le Convoi de la peur ou Sorcerer, est inverse. En effet, la présentation des futurs personnages principaux, qui n'ont strictement rien à voir avec ceux du film de Clouzot, est faite de mini-intrigues assez intéressantes alors que la seconde moitié du film est un peu décevante. En effet, les péripéties sont nettement moins fortes dans l’œuvre de Friedkin que dans le film français car les personnalités des protagonistes ne sont pas assez fouillées (alors que c'était un des ressorts dramatiques de la première adaptation) et car le montage est parfois trop elliptiquesspoiler: (pourquoi montrer le passage du pont en bois par une équipe mais pas par la seconde alors que celle-ci a dû rencontrer au moins autant de difficultés voire plus) et l'agencement entre les séquences n'est pas toujours très heureuxspoiler: (la séquence où Roy Scheider et Bruno Cremer s'opposent sur la route à prendre semble être un élément ajouté et inutile) . Malgré tout, le film possède certaines séquences fortesspoiler: (surtout la traversée très pluvieuse et venteuse du pont suspendu par l'équipe de Bruno Cremer et d'Amidou) et les quatre acteurs principaux (Roy Scheider, Bruno Cremer, Amidou et Francisco Rabal) sont très justes (l'aspect légèrement théâtral de la version de Clouzot a complètement disparu). L'adaptation idéale aurait peut-être été un film dont la première moitié serait celle du film de William Friedkin et la seconde celle de l’œuvre de Clouzot.
Un film excellentissime. Pour tous les amateurs de films d'aventure, ce Convoi de la Peur est un pur bijou. Je le juge indépendamment du film d'origine car je ne l'ai pas vu, mais d'après ce qu'on m'a dit, il lui arrive largement à la cheville, et ça ne m'étonne pas. Les acteurs sont excellents et incroyablement bien choisis, le quatuor fonctionne à merveille malgré quelques lacunes dans le développement psychologique que j'attendais plus poussé. La réalisation de Friedkin est efficace et touche parfois au génie. C'est un maître dans l'art de créer l'angoisse et faire monter la tension, c'est le réalisateur de l'Exorciste et ça se comprend. Pour exemple, la scène de la traversée du pont est à couper le souffle. La BO signée Tangerine Dream est électrisante et correspond parfaitement au ton du film. Bref, j'ai passé un très grand moment de cinéma devant ce Sorcerer que j'aurai vraiment aimé découvrir au cinéma dans sa version restaurée. A mi chemin entre le film d'aventure, le thriller psychologique et le film de gangster, le Convoi de la Peur (Sorcerer) est un excellent film que je conseille à tous les amateurs de cinéma !
Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas savoir reconnaitre que cette version remasterisée de Sorcerer est de très bonne facture. Je ne reviendrai pas bien longtemps sur la qualité du film tant elle a été saluée et resaluée lors de sa ressortie début 2015. Mais en gros, on a vraiment à faire à une œuvre propre et lisse, dont l’histoire est bien découpée et bien montée, et qui fait que l’on ne s’embête pas le moins du monde, même si la situation initiale nous est exposé un poil trop longuement. Une fois la machine lancée (si je puis dire), les péripéties - bien que répétitives – demeurent curieusement plaisantes et même surprenantes à découvrir. Le plaisir est aussi bien visuel que sonore. Un classique des seventies à ne pas rater.
Hitchcock verrait sûrement dans ces caisses d’explosifs un bel exemple de MacGuffin. Le problème est que cet élément déclencheur met presque 1h à arriver, 1h qui fait mine de présenter les personnages, mais n’en présente finalement pas grand-chose et finit donc par ennuyer, malgré la virtuosité du réalisateur et les moyens colossaux mis à sa disposition. Une fois mis en place (mais c’était déjà trop tard pour moi), il faut reconnaître que le film sait se servir de son concept et on a droit à 2 ou 3 séquences d’anthologie qui créent une tension assez hallucinante. Le film est donc complètement déséquilibré, comme pouvait l’être l’entreprise tout aussi démesurée de Fitzcarraldo. Il y a quand même ce décor sud-américain sublime, parfaitement exploité, et une ambiance de film de genre ultra-soignée, mais à l’arrivée on est tellement peu attaché aux personnages (donc aux enjeux), qu’on a l’impression de n’avoir rien vu d’autre que des camions traversant la jungle.