Sorcerer
Note moyenne
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chrischambers86

16 164 abonnés 13 119 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 juillet 2019
Du cinèma à l'ètat brut. "The Exorcist", "Cruising", "To Live and Die in L.A.", "Rampage", "Bug"...La filmographie de William Friedkin est unique en son genre et chaque titre mobilise la grande foule! Allant là où on ne l'attend pas, Friedkin prend avec "Sorcerer" tous les risques en 1977 et ènumère tous les morceaux de bravoure (et de folie) possibles et inimaginables! De plus, il n'hèsite pas à pousser son quatuor d'acteurs dans leurs derniers retranchements! Roy Scheider et Francisco Rabal, Bruno Cremer et Amidou! Quatre comèdiens exceptionnels, quatre chauffeurs à jamais dans nos mèmoires! Une gourmandise rare pour le cinèphile et une recherche esthètique impressionnante où le travail sur l'image et la lumière èlève l'oeuvre au niveau du mythe! Rien que la scène ahurissante du pont mèrite toutes les èloges! Une sèquence dèmentielle, à l'ancienne, sans effets numériques à gogo! Mr Friedkin vous êtes un grand [...] Tant sur le fond que sur la forme, ce remake du "Salaire de la peur" est un film maudit qui aboutit à une rèelle descente aux enfers dont on se souvient pour toujours, un mètrage à l'arrache qui règale les yeux où les histoires qui entourent le tournage sont à prèsent aussi connues que le film lui même! Les deux camions de "Sorcerer" bougent, carburent, ils sont menaçants de par leur chargement de nitroglycèrine, la camèra jamais en repos ne leur laisse pas le temps de paraître immobiles! Les deux camions de ce « convoi de la peur » remplissent puissamment leur contrat à travers la jungle, aidè il faut le dire par une B.O ènorme de Tangerine Dream! Superbe èdition remastèrisèe en Blu-Ray...
Caine78

7 755 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 janvier 2016
Film maudit quasiment invisible durant des années, « Sorcerer » connaît un retour en grâce récent qui m'a permis de le découvrir au cinéma. Cela dit, je ne suis pas si sûr que ce remake du « Salaire de la peur » était totalement indispensable, d'autant que la mise en place avant la fameuse mission (plus d'une heure, quand même!) m'a paru bien longue, le scénario restant, à quelques exceptions près, globalement très fidèle à son modèle. Reste que William Friedkin est un immense réalisateur (surtout lorsque l'on connaît un peu le tournage apocalyptique qu'il a dû affronter!), capable de fulgurances visuelles assez sidérantes et surtout auteur de scènes d'action prodigieuses spoiler: (l'explosion de l'arbre et surtout la traversée d'un pont sont des moments d'anthologie, d'une précision et d'une puissance rares)
, le tout soutenu par l'hypnotisante bande-originale des Tangerine Dream... Du coup, même si je ne le trouve pas franchement équilibré et donc vraiment trop long dans sa première partie, force est de reconnaître que cette découverte reste importante à de nombreux égards : bref, malgré les réserves, voilà une œuvre que l'on est heureux de voir retrouver la lumière après quasiment 40 ans d'obscurité.
gotein
gotein

11 abonnés 340 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mai 2012
Certes un remake du "salaire de la peur", mais un grand film méconnu , qui comporte des scènes impressionnantes. Le film comporte 2 parties: la première, la présentation des personnages et leur arrivée dans l'infâme bidonville pour les damnés de la terre qui leur sert de repaire, cette partie est prenante et la description de village glauque et poisseux est remarquable. La deuxième partie, le voyage en camion , est tout simplement hallucinante, les scènes dans la forêt sont d'une puissance et d'une densité incroyable quand aux scènes du pont suspendu, c'est tout simplement parmi les scènes les plus dantesques que l'on ait vu au cinéma tant on se dit que l'équipe technique a du prendre des risques insensés. Un film, dur, noir, d'un pessimisme total, sans espoir, du très grand cinéma. On sait que Friedkin voulait un duo Steve Mac Queen-Lino Ventura. Si Roy Scheider paraît "léger" pour le rôle, Bruno Cremer est quand à lui impressionnant, écrasant même les autres comédiens. A noter la composition remarquable de Amidou souvent vu dans les films de Lelouch , mais dans des rôles très légers. Un grand film a redécouvrir.
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 janvier 2015
C'est adoubé par Henri-Georges Clouzot que William Friedkin a réalisé ce remake du mythique "Salaire de la peur". Malheureusement la "Grande Faucheuse" ayant fait son oeuvre, Clouzot ne verra jamais le film, et ce dernier sera un bide commercial qui tombera dans un relatif oubli.
Ce que l'on ne peut pas reprocher au réalisateur de "French Connection" et de "L'Exorciste" c'est d'avoir réalisé une pâle resucée. A une exception près, chacun des quatre protagonistes étant longuement présentés au début ce qui permet une grande empathie, enfin surtout envers celui interprété par Bruno Cremer, très émouvant, la structure scénaristique est certes la même ce qui rend l'ensemble presque sans surprise mais par contre, le ton est totalement différent. William Friedkin donne une résonance fantasmagorique (voir le visage blafard de Roy Scheider !!!) et fataliste, et cela dès la première image, alors que le film de Clouzot est un thriller psychologique qui laisse espérer jusqu'au bout.
La réalisation de William Friedkin quant à elle est très musclée, violente et sans temps mort, qui donne quelques morceaux de bravoure comme la séquence de la traversée du pont sous la pluie, d'un suspense difficilement soutenable.
"Sorcerer" est un remake mais un remake qui parvient à être un film en lui-même et qui mérite de sortir des sombres oubliettes dans lesquels il est.
Davidhem
Davidhem

130 abonnés 336 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 août 2011
Six ans après" French Connection", Roy Scheider retrouve le réalisateur William Friedkin qui venait de connaître le succès mondial avec "L'exorciste". Le réalisateur s'intéresse à trois personnalités différentes dans ce film d'action ahurissant. Le film dispose d'un scénario riche et dense et très efficacement mis en scène. Mêlant dangers de la nature, violence, terrorisme, banditisme, affaires pétrolières juteuses, hommes d'affaires ruinés, William Friedkin nous livre un long-métrage complexe dans son fond et dans sa forme. Le film traite de la cupidité des hommes, de l'entraide temporaire, de l'amitié, de la haine, de la vengeance et de l'amour perdu. Friedkin ne déroge pas à sa réputation, son film est violent, explosif, bien ficelé et surtout affiche un pessimisme que l'on n'est plus habitué à voir dans les films modernes. Le réalisateur sait comment attirer le regard du spectateur, c'est simple, auncun moment ne se passe sans qu'un évènement se produise. Etrangement, ce film passa inaperçu dans les salles et pourtant le spectacle qu'il nous est donné de visionner est grandiose. Ingéniosité, meurtres, situations qui s'enchaînent à une vitesse ahurissante, le film est tout sauf ennuyeux et prévisible. En effet, peu de personnes peuvent déclarer qu'ils connaitront le cheminement de ce film qui se déroule d'abord dans plusieurs villes connues pour déboucher dans la jungle en Amérique latine. A noter que Bruno Cremer participe activement dans ce film, l'idée de mettre un Français au sein du groupe ne surprend personne puisqu'il s'agit d'une autre version du "Salaire de la peur" de Clouzot. Mais le scénario de celui-ci est beaucoup plus travaillé et les séquences d'action sont vraiment impressionnantes. Au final, le réalisateur américain William Friedkin élabore et signe un chef-d'oeuvre du genre du film d'action et l'on espère bien évidemment que ce long-métrage trouve la reconnaissance qu'il mérite car le résultat du travail fourni ne peut que laisser le spectateur sans voix. Un film d'action violent, sombre et cruel!
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 septembre 2015
Eh beh ! Ça pourra paraître stupide pour certains ce que je m’apprête à dire, mais découvrir ce « Sorcerer » en 2015 m’a refilé un petit choc, comme une révélation. Après l’avoir vu, je me suis dit que, formellement, il y a vraiment quelque-chose qu’on a perdu depuis les années 1970 - 1980. L’image est juste magnifique. Ce n’est pas de l’image lisse aux couleurs irréelles. C’est de l’image qui transpire, qui suinte, qui a du corps. On ne s’égare pas dans les fioritures : on restitue le produit de base en ne le transcendant qu’avec une habile science des cadrages, de la lumière, du son et du montage. William Friedkin est aux commandes et ça se sent. C’est carré, c’est léché, c’est sophistiqué. Bref, je trouve que formellement parlant, le film est irréprochable. Après, il y a ce qu’il nous raconte. Et là, j’avoue que j’ai eu un peu plus de mal avec ce retour aux années 80. Pour le coup, j’ai mis du temps à comprendre les enjeux. D’abord nous présenter quatre clampins, à tour de rôle, sans aucun lien apparent, j’avoue qu’au départ je ne m’y retrouvais pas. Il a fallu attendre plus de vingt minutes avant qu’on nous dise que ces loustics avaient pour dénominateur commun celui de se retrouver au final au même point de chute, lancé dans un même pari fou et désœuvré : transporter un chargement hautement dangereux au péril de leur vie en échange d’une seconde chance. Alors OK, une fois le film fini, ça prend son sens de s’étendre ainsi sur le parcours de chacun. Mais bon, malgré tout je reste persuadé que s’il avait été un peu plus tard, ou du moins s’il s’était autorisé davantage de liberté à l’égal de son modèle français, il aurait pu tenter un récit par enchâssement plutôt que cette linéarité qui – décidemment – ne me convient pas du tout (Rah ! Le cinéma français ! Encore une fois c’est de ta faute ! Je te maudis !) Mais bon, c’est bien là ma seule réserve que je puisse avoir à l’égard de ce film car, en fin de compte, une fois lancée cette traversée de tous les dangers, je dois bien avouer que je me suis totalement pris dans la mécanique de ce film qui sait monter progressivement en puissance et en crudité jusqu’au générique final. Bref, belle expérience. Bon plaisir. Le pied quoi…
Yannickcinéphile

2 879 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 février 2017
Excellent film de William Friedkin que Sorcerer. Un métrage très convaincant, qui plaira à l’évidence aux amateurs de cinéma viscéral, bref, aux amateurs de Friedkin.
Le casting international est original, et réussi. Le quatuor Roy Scheider, Bruno Cremer, Francisco Rabal et Amidou est de qualité, et confronte des personnages à la fois étonnement proches et pourtant bien typés. Les acteurs sont investis dans leurs rôles, et ils parviennent à leur donner du volume avec finalement peu de dialogues. De tous je retiendrai tout de même un peu plus que les autres Bruno Cremer, lequel, loin de Maigret, est très charismatique et plus subtil dans sa prestation que ses acolytes, et notamment Roy Scheider.
De bons acteurs et de bons personnages au service d’une histoire sans aspérité particulière. La narration dans la première partie est un peu saccadée, et la présentation des personnages reste très « mathématique ». Pour ma part la première demi-heure reste le petit point faible du film, et n’autorise pas une entrée rapide dans l’intrigue, quand bien même Friedkin nous gratifie vite d’action. Cela dit, le métrage propose ensuite 90 minutes très plaisante, avec une histoire prenante, de la tension, un suspense haletant, et des scènes fortes nombreuses qui font de ce périple une vraie épopée. Une fois le début un peu laborieux passé, dur de décrocher devant le spectacle proposé.
Mais la force principale de Sorcerer c’est clairement sa forme. Décors mémorables, jungle épaisse et hostile, paysages superbes, Friedkin nous sert un « enfer vert » remarquable. Il est rare que tout ne soit pas poisseux, sale, menaçant, inquiétant, même lorsque le soleil brille. Porté par une mise en scène très réussie du réalisateur, qui fait toujours des miracles dans les scènes chocs et l’action brute et coup de poing, Sorcerer dispose d’une image remarquable, avec des couleurs intenses, et il délivre une forme de réalisme vraiment très forte. Le film fait vraiment authentique, et c’est sa grande force. Le récit en devient d’autant plus intense, et Friedkin signe clairement un, si ce n’est son meilleur métrage. A souligner une bande son discrète mais très bonne, notamment pour faire monter la tension, et la gestion des silences est tout autant à noter.
Sorcerer est un film spectaculaire, haletant, vraiment impeccable sur la forme, et très bon sur le fond. Je regrette assez le côté trop didactique, presque « mathématique » comme je l’ai dit, dans la manière dont Friedkin présente ses protagonistes. D’autant que ne prenant pas forcément beaucoup de temps pour chacun, c’est assez elliptique, et pas très accrocheur. Dès que le propos devient intéressant on passe à un autre. Mais enfin, c’est un détail, ou presque, vu la qualité du reste. 4.5
jamesluctor
jamesluctor

167 abonnés 1 704 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 février 2011
Friedkin s'essaye au remake dès 1977. Et ça marche. Vrai film d'aventure, transposant habilement les enjeux du salaire de la peur à l'époque du tournage (la crise pétrolière), le film a l'excellente idée de respecter une logique multinationale en donnant les principaux rôles à des acteurs de nationalités différentes (Bruno Cremer, alias commissaire Maigret, est à ce titre un bon représentant de notre hexagone) et en respectant l'unité des langues. Des détails qui encrent bien dans le réel cette histoire, et qui arrive à nous faire aimer sans soucis ses personnages (ce qui dramatise bien leur disparition quand elle se produit). Réussi de bout en bout, cette réadaptation n'a cependant pas marqué le monde, nos compatriotes lui préférant toujours l'original. Pourquoi donc ? Réponse quand j'aurai trouvé ce dernier...
Shephard69

405 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 novembre 2017
Précédé par sa réputation légendaire de tournage difficile, un film de William Friedkin, auteur notamment des chefs d'oeuvre que sont "L'exorciste" et "French connexion", absolument grandiose même s'il s'avère particulièrement paradoxal et peu facile d'accès. Calqué sur un modèle très proche de la version de 1953 d'Henri-Georges Clouzot mais s'intéressant moins aux mécanismes de la peur sur la psyché humaine, un long-métrage aux deux parties extrêmement distinctes avec une première heure assez lente de mise en place de l'intrigue, de développement psychologique des personnages et une seconde moitié très forte en tension dramatique avec quelques passages au suspense suffocant renforcé par une mise en scène incroyable et des plans magnifiques, marquants, iconiques ; un final très onirique. Peut-être pas le casting de premier choix que voulait le réalisateur américain mais des prestations énormes de la part de Roy Scheider ou Bruno Cremer. Au final, une oeuvre méconnue du grand public à cause d'une sortie au cinéma très proche de celle de "Star wars" mais assurément du grand spectacle dans une tonalité qui rappelle "Fitzcarraldo" de Werner Herzog, d'un réalisme cru, viscéral et impitoyable, une claque magistrale.
GabbaGabbaHey
GabbaGabbaHey

241 abonnés 1 583 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 février 2011
Un remake américain d'un de nos grands classiques français, réalisé par William en hommage a Henri-Georges Clouzot. Il y a de quoi être enthousiaste ! Et si le résultat est tout de même sacrément inférieur au film original, le film n'est pas mauvais, pas mauvais du tout. "Le Convoi De La Peur" est un bon film, qui souffre de quelques longueurs, notamment au début (dans le film original, l'introduction est longue également, mais pas aussi ennuyeuse, loin de la), mais qui est capable d'offrir quelques scenes incroyablement prenantes ! La bande-originale n'est pas mal, elle donne quelque chose de nouveau a cette histoire, et les acteurs sont tous tres bons, et notamment bien sur, les acteurs principaux.
meeek
meeek

10 abonnés 87 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Grand film de Friedkin où l'on retrouve ce qui fait sa "patte": un mélange de réalisme sec et quasi documentaire, des scènes d'anthologie (la traversée du pont), des personnages "borderline"... Un monde filmé comme un bourbier et la lutte des hommes entourés par le Mal: voilà le sujet d'un film qui ne saurait se résumer au simple statut de remake.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 janvier 2015
Friedkin disait que le convoi de la peur était son meilleur film... Je suis obligé d'être en désaccord. Arte disait qu'ils passaient ce film le lendemain du Clouzot "pour comparer"... Ben comparons... Autant le Clouzot m'a glacé le sang à plusieurs reprises, tétanisé devant mon écran... Autant là...

En fait je ne comprends aucun des choix de Friedkin, mais genre aucun... Présenter en introduction les personnages et ce qu'ils ont fait avant... pour quoi faire ? Je veux dire que ça n'explique rien sur leur personnalité, psychologie, sur d'éventuelles relations entre eux... c'est triste... On voit ces trois types faire des choses qui les conduisent jusqu'à ce coin paumé de la terre. Ok et ? Parce que ça prend une plombe pour finalement ne rien dire et ça ne sera même pas réutilisé plus tard. D'autant qu'après le village sur place on y passe que peu de temps et tout s'enchaîne de façon moyennement logique... En fait c'est un film qui manque de lien entre les scènes, il doit y avoir beaucoup de déchets au montage, c'est pas possible autrement. Le film n'explique pas qu'il y a deux camions, à un moment un camion passe devant l'autre, on ne sait pas pourquoi... Mais après c'est pas le plus grave, on est mis devant le fait accompli, je l'accepte...

Cependant ce qui me pose problème c'est que finalement ce que met Friedkin en place ne fonctionne pas... Je me réjouissais d'avoir vu dans la bande annonce une image où on voyait le camion sur un pont... Et c'est un tel pétard mouillé.

En fait je reprocherai à ce film d'être tout simplement trop américain et j'ai l'impression de retrouver tous les griefs que l'on reproche aux remakes de films ricains habituellement. Chez Clouzot on a des personnages, des vrais, qui existent, qui ont une personnalité, tous... Là ils sont tous interchangeable et savoir que l'un est un banquier ou un terroriste, finalement ne change rien. Clouzot avait mis en place des relations d'amitiés, de confiance, rien de tout ça ici (alors on pouvait faire sans, je suis d'accord, mais disons que ça n'aide pas les personnages à s'épaissir). Et puis il y a cette scène où le patron explique qu'il fallait transporter de la nitroglycérine et là on voit le type se désister, dire que non, c'est pas pour lui, qu'il connaît ça, qu'il a vu des gens que la peur avait rendu fou... Et là on savait que ça allait être une descente aux enfers.

Ce n'est pas non plus chez le Friedkin, où la peur est absente (mais bon ce n'est pas présent non plus dans le titre en VO (que je n'ai pas compris d'ailleurs)), les personnages semblent faire ça comme ils vont chercher le pain à une exception faite.

J'ai su que je n'allais pas vibrer comme j'avais vibré pour le Clouzot lors du départ du camion, ça se fait comme ça, l'air de rien, une petite musique au synthé assez kitch, quelques plans où on voit qu'ils roulent vraiment au bord du précipice... ça fait un peu film d'horreur kitch. et surtout on passe très vite sur les obstacles, il ne prend pas le temps de les développer, de les filmer limite en temps réel comme chez Clouzot. Parce que franchement traverser un pont comme ça, ça aurait dû le point l'orgue du truc, mais non, c'est quasiment "rien". Une péripétie de plus... Alors que franchement niveau décor, ça explose le Clouzot, la non visibilité dans la jungle et puis pardon d'y revenir, mais cette rivière gigantesque et ce tout petit pont...

Mais il y a quelque chose qui ne passe pas. Idem dans le Clouzot il y a une inconnue (je ne veux pas spoiler) qui ici est levée... pourquoi ? on avait besoin de savoir ça ? Non, bien sûr que non... c'était ça qui rendait le Clouzot terrifiant, on ne sait pas... Tout peut se passer.

C'est ça le problème de ce film, c'est pour ça qu'il ne peut pas me toucher, il passe trop vite d'une situation à l'autre, développe et montre des choses dont on n'a pas besoin, voire même qui nuisent au récit et à sa fluidité.

Après ce n'est pas mauvais, mais voilà, j'enchaîne les deux films, le Clouzot m'a retourné et celui-ci pas... Il y a malgré tout une ambiance chez le Friedkin, notamment grâce aux décors, ces types avec leur chapeau, leur chemise, la chaleur, la jungle et le camion... ça me rappelle Jurassic Park... C'est la jungle de nos cauchemars...

Et ça c'est bien... Friedkin sait qu'il ne peut pas prendre Clouzot sur son propre terrain... En même temps... le salaire de la peur c'est une telle claque, te faire flipper sur le simple fait de prendre un virage en U... il fallait le faire ! Seulement comme je l'ai dit, les choix de Friedkin ce n'était pas forcément ce qu'il fallait faire pour être intense. Ceci dit je ne veux pas nier la performance technique de filmer cette scène sur le pont, mais il faut qu'elle me parle, que lorsque je la regarde je flippe, je suis inquiet... Ce que je ne suis pas du tout. Par contre, même s'il ne veut pas, et ne peut pas faire une décalque du Clouzot, il reprend malgré tout des scènes pour ne rien en faire... (l'arbre sur la route, le passage sur la plate-forme en porte-à-faux...) et quelque part dans mon souvenir, je sais qu'elles ne resteront pas, c'est le Clouzot qui va rester et je ne garderai du film de Friedkin que l'image que j'en avais déjà avant de le voir : la jungle et un pont...

Donc finalement je suis bien déçu, peut-être parce que j'ai adoré le Clouzot... peut-être... Mais je ne pense pas que voir le Clouzot m'empêche de ressentir la tension s'il y en avait une et ça me permet de voir, par contre, quels ont été les changements et lesquels fonctionnent le mieux.
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 août 2011
William Friedkin avait dit lui-même à Henri-Georges Clouzot qu'il ne ferait pas mieux que "le salaire de la peur" en faisant ce remake. Et il avait bien raison car avec ce film il montre combien un remake peut être navrant et inutile et que parfois il faut savoir s'incliner devant les grands. Là où Clouzot installait un climat permanent de tension et brossait un portrait psychologique fort, Friedkin mise avant tout sur le spectaculaire et il y parvient durant une séquence (celle du pont, la seule vraiment impressionnante) mais il ne fait jamais décoller le film. Les personnages n'ont aucune psychologie, l'introduction est inutile et la mise en scène elle-même semble molle et pas inspirée. On a vu de meilleurs remakes, on a connu Friedkin plus inspiré.
Malevolent Reviews

1 104 abonnés 3 207 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 février 2015
Dans la catégorie des bons remakes, Le Convoi de la Peur est probablement au sommet. Avec l'aval de Henri-Georges Clouzot, réalisateur du Salaire de la Peur, William Friedkin signe ici l'un de ses plus beaux films et par la même occasion donc un remake puissant qui s'affranchit de son prédécesseur grâce à une identité propre. Le réalisateur de L'Exorciste a une patte, un savoir-faire, mélangeant une mise en scène réaliste à un univers fantastique. Aussi est-il le choix idéal pour remettre en scène cette histoire sous tension où quatre hommes qui n'ont plus rien à perdre vont effectuer un voyage suicidaire à bord d'un camion rempli de nitroglycérine... Reprenant le pitch de Clouzot lui-même inspiré du roman de Georges Arnaud, Friedkin l'agrémente à sa sauce et en fait une œuvre incroyablement dense, surréaliste, unique. Son goût prononcé pour le cinéma fantastique se fait ici totalement sentir et l'on découvre peu à peu le film comme un mélange de genres maîtrisé avec une rare finesse. Alternant tour à tour entre le cinéma d'aventure pure et dure, le thriller nerveux et même le cinéma horrifique, Le Convoi de la Peur est d'une efficacité renversante. Imaginez les personnages du Bon, la Brute et le Truand, des gueules patibulaires suintant comme jamais, dans un périple sans fin où ils sont dévorés par un monstre sanguinaire aux allures de forêt diabolique. Emmitouflé dans une atmosphère lugubre, sale et étouffante où le silence laisse parfois place à des murmures effrayants, le film nous terrasse du début à la fin. Le film se découpe en plusieurs chapitres, de la présentation séparée des personnages principaux à leur vie infernale dans un bidonville chilien puis avec cette traversée éprouvante au fin fond de la jungle, jungle qui semble décidée à les éliminer. Le décor est ainsi un personnage à part entière, Friedkin ayant déniché des endroits absolument surréalistes. Autres personnages emblématiques du film : les deux camions utilisés pour la traversée, deux monstres de ferraille que l'on croirait vivants, le metteur en scène parvenant par on ne sait quel miracle à les rendre à la fois menaçants et capricieux. Que dire d'autre ? La photographie est remarquable, la musique joue habilement avec nos nerfs, l'interprétation est stupéfiante, d'un Roy Scheider devenant de plus en plus fantomatique à notre Bruno Cremer national imposant comme jamais, le rythme ne faiblit jamais et l'histoire prend son temps pour nous immiscer dans une rare noirceur, le film commençant et finissant de manière désespérée. Le Convoi de la Peur est une leçon de cinéma, un chef-d'œuvre injustement boudé à sa sortie et tombé trop longtemps dans l'oubli alors qu'il est un film d'aventures sans pareil et l'un des seuls remakes à surpasser l'original, Friedkin transformant le film original en une épopée ténébreuse de bout en bout.
AMCHI

6 945 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 octobre 2010
Remake méconnu du Salaire de la peur de Clouzot et cela est bien dommage car ce film est grandiose et magnifique. Pour moi il fait partie de la catégorie des remakes supérieures à l'original, Friedkin livre ici son meilleur film. Après une introduction réussie qui montre comment chacun des protagonistes (le personnage de Bruno Crémer est le plus touchant) s'est retrouvé dans cette enfer commence un parcours titanesque de 2 camions transportant de la nitroglycérine à travers une forêt hostile il est dès lors l'occasion pour Friedkin de monter des scènes magnifiques ou l'on ressent pleinement la douleur des acteurs qui semblent avoir autant souffert que leurs personnages. Le Convoi de la peur fait partie de ses rares films qui m'ont pris par les tripes. Enorme.
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