Adapté du roman d'Horace McCoy par l'inclassable Jean-Pierre Mocky, Un linceul n'a pas de poches est une œuvre forte, un cri de colère politique et sociale qui résonne encore aujourd'hui chez les passionnés de cinéma. Le film frappe d'abord par la richesse exceptionnelle de son interprétation. Mocky s'est entouré d'une distribution prestigieuse réunissant la crème du cinéma français de l'époque : Michel Serrault, Michel Galabru, Jean Carmet, Michel Constantin, Sylvia Kristel ou encore Francis Blanche. Voir cette brochette d'acteurs de premier plan s'investir dans un projet aussi engagé est un vrai bonheur de cinéphile. Ce qui rend l'histoire poignante, c'est le combat idéaliste de ce journaliste déterminé à faire éclater la vérité coûte que coûte. Le film aborde une leçon de morale rare et intransigeante : se battre contre l'injustice ne garantit aucune victoire, et l'intégrité se paye parfois au prix fort. On ne gagne rien à défier les puissants, on peut tout y perdre — même la vie — car comme le rappelle si bien le titre, on n'emporte pas ses richesses dans la tombe. Un linceul n'a pas de poches est un film courageux, sombre et profondément humain. Un classique du cinéma engagé porté par des comédiens fabuleux et une réflexion universelle sur le prix de la vérité.