Ce film nous raconte l'errance d'une femme après une agression à laquelle son mari n'a pas réchappé. Seule survivante, elle va essayer de combler le vide crée par sa perte par une sombre vengeance.
On a beau dire, on a beau faire, Neil Jordan est tout sauf un populiste démago qui prône l'auto-justice, le culte des armes ou ce genre de conneries, la plupart des réalisateurs 'commerciaux', oui, mais lui, pas du tout.
Il nous dresse au contraire une dénonciation de ce type de comportements à l'emporte-pièce, ces raisonnements débiles selon lesquels "la vengeance, c'est pas bien mais ça fait soulage" comme dans un mauvais Stallone.
Non, ce n'est pas un film d'action, pas de slasher non plus, pas de thriller, pas de suspense, simplement le drame personnel d'une femme qui ne sait plus où elle en est.
Non, Jodie Foster ne fait pas de kung-fu, elle ne dérouille pas de bad guy en faisant exploser deux ou trois immeubles et mitraillant une dizaine de voitures, pour ceux qui aiment ça, les films ne manquent pas!
Elle répète souvent qu'elle est une étrangère à elle-même, et se dégoûte de ce qu'elle s'abaisse à commettre.
De ce point de vue, Jodie Foster m'a fait froid dans le dos, elle est totalement habitée par son personnage. C'est flippant, dérangeant.
Dommage que le film ne soit pas davantage intimiste, créer davantage d'émotions et les partager avec le spectateur dans les meilleurs moments comme dans les pires. Le réalisateur se contentant d'une vision surplombant les faits mais sans jamais rentrer "dedans".
Si ce film ne révolutionne pas le genre (Neil Jordan n'a jamais fait de chef d'œuvres), il arrive malgré tout à en dégager une thématique réaliste et sombre sans en faire des tonnes ou tomber dans le brûlot réactionnaire.
Un film qui mérite d'être vu.