Alfred Hitchcock réalise avec Agent Secret (1936) sans nul doute l’un de ses plus sombres thriller, à la fois immoral et sans pitié ! Du jamais vu dans la filmographie du cinéaste (c’est sans doute pour cela que son film n’a pas rencontré le public espéré) ! Un film d’espionnage qui ne dure pas plus d’une heure quinze et quel dommage car si la première partie est d’une simplicité consternante, elle change du tout au tout vers la seconde et ce, jusqu’au moment crucial (à 13h45, le moment fatidique !). Son titre original « Sabotage » résume à lui seul le film, contrairement à son titre français qui n’a strictement rien à voir. Palpitant sur la fin, Hitchcock ne s’en tire qu’à partir de la dernière partie, c’en était moins une !
Un film d'espionnage un peu bizarre dans un premier temps assez classique et gentillet pour devenir violent sur le final ( avec déjà l'idée que la population civile sera la première cible de la guerre). Les acteurs ont un peu de mal avec leur jeu dans ces moments de flottements.
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1,0
Publiée le 10 mai 2021
La scène où Homolka se rend dans l'atelier d'oiseaux du fabricant de bombes est totalement inexplicable. Dans le jeu d'espionnage les contacts entre agents sont strictement minimisés. Pourtant la visite d'Homolka ne sert à rien. Nous rencontrons la famille de l'artificier. Nous voyons les jouets de sa fille se mêler à la fabrication de ses bombes. Nous voyons qu'il conserve ses ingrédients dans des bouteilles de ketchup et des pots de confiture. Mais Homolka n'a pas besoin d'être là quand le réalisateur nous montre ces choses. Il prend le risque de s'y rendre juste pour s'entendre dire qu'il recevra la bombe dans une cage à oiseaux. L'homme sous couverture de Scotland Yard est tout aussi stupide. Nous ne l'entendons jamais expliquer à Sydney ou Homolka qui il est ou leur montrer une pièce d'identité. Il se lance dans l'interrogatoire de Sylvia Sydney en plein théâtre sous le nez d'Homolka. Voilà qui est intelligent et discret. Il est certain que Scotland Yard n'a pas construit sa réputation sur des agents de ce genre. Ce film ne tient pas du tout la route car l'intrigue ressemble a un morceau de fromage suisse...
Un hitchcock de la première heure qui n'est pas mauvais mais sans plus, ce qui est dommage pour une adaptation d'un auteur aussi énormissime que Conrad (dont on retient bien autrement son au coeur des ténèbres/apocalypse now de Coppola). Le film ne décolle pas vraiment au-dessus de la norme et se laisse regarder sans plus.
Un bon Hitchcock, prenant et plaisant. Réalisé en 1936, celui-ci intervenait après "Secret Agent" et se nomme "Sabotage" (attention aux confusions avec les titres français, totalement idiots !). Sir Alfred était au meilleur de sa forme et venait d'enchaîner, depuis 1934 "l'Homme qui en Savait Trop", "Les 39 Marches" et "Secret Agent". Ici, on est plus dans l'état d'esprit série B, sans grande surprise mais remarquablement mené. Développant le principe du flic infiltré tentant de débusquer un terroriste, notre bon vieux Hitch fait preuve d'une belle maîtrise, d'une mâturité qu'on ne lui connaissait pas avant. C'est-à-dire que sans grande ambition artistique, il parvient à tranformer une simple commande en excellent divertissement. Il ajoute une liaison imprévue à tout cela, et même un personnage d'enfant, capital pour la suite. A partir d'une telle base, une chose était déjà évitée : le whodunit. Pas de jeu de piste traînard, les rôles sont distribués dès le début. Ce n'est pas plus mal. La confrontation psychologique entre les deux protagonistes principaux avance avec rythme et tension. Et puis, il aurait été trop facile d'arriver au final comme cela. Alors, Hitchcock dirige une séquence propre à lui-même : sans dialogue, basée sur le découpage, les plans choisis, l'occupation de l'espace ou l'utilisation de la musique. Il distille ses informations avant, et augmente ainsi avec brio le suspense jusqu'à en atteindre le paroxysme pour un spectateur cloué car mesurant tous les risques de la situation, contrairement à son héros. Interprétation plutôt habile, intrigue bien menée, scénario soigné, effets de style évités (et par la-même une gratuité dans le film, que ce soit au niveau de la construction ou des images) et en prime, une fin surprenante en point d'interrogation. Sans génie, mais c'est bien le seul reproche qu'on pourrait lui attribuer.
Le film s'ouvre d'emblée sur la définition même de sabotage, mais cette fois il manque deux choses, d'abord cette fois pas de place pour l'humour le film est sombre et pessimiste, et à force d'épurer le scénario se retrouve avec un trou béant qui finit par frustrer. En effet, le policier surveille un suspect sans qu'on sache ce qui à réellement aiguiller Scotland Yard, mais le plus gênant c'est qu'on ne ne connaît jamais les enjeux ou le but de ces terroristes. Mais le plus gênant est qu'on peine à croire à plusieurs passages qui brisent la vraisemblance de l'intrigue. Par exemple Verloc parle de la cage à oiseaux sans précaution, le policier agit comme un éléphant dans un magasin de porcelaine... etc... Mais heureusement le réalisateur signe plusieurs scènes marquantes qui compensent, des scènes admirables qui font que la forme sauve le fond. Il y a le parallèle avec les animaux, comme pour bien montré la bêtise humaine, mais il y a surtout trois séquences qui ne peuvent laisser de marbre, l'aquarium ou Verloc à une vision, la scène très découpée ou le petit frère livre le colis, puis évidemment la scène du meurtre (ou de l'accident ?!). Il est dommage que l'intrigue manque de cohérence tant la mise en scène de Hitchcock est inspirée... Site : Selenie
Agent secret (dont le titre original est Sabotage et qu’il ne faut pas confondre avec son film précédent, Quatre de l’espionnage dont le titre original est Secret Agent, et avec Cinquième Colonne dont le titre original est Saboteur) est loin d’appartenir aux œuvres les plus connues d’Alfred Hitchcock et a même été un échec commercial. Pourtant, ce film est une véritable réussite artistique. En effet, le cinéaste fait preuve à chaque instant de sa totale maîtrise du langage cinématographique allant d’effets pouvant paraître parfois un peu tape-à-l’œil tout en étant excellentsspoiler: (la retranscription visuelle de la vision de Verloc dans l’aquarium) au travail sur le montagespoiler: (la scène du repas meurtrier) ou le jeu sur la temporalitéspoiler: (la séquence de la bombe) qui lui sont totalement typiques. Ne désignant jamais l’appartenance politique des terroristes (bien qu’en cette période de montée du nazisme, on peut penser qu’ils appartiennent à ce bord politique), Hitchcock travaille surtout sur le dilemme moral plutôt que sur l’aspect politique, ce qui rend cette histoire tirée du roman The Secret Agent de Joseph Conrad (il y a de quoi se mélanger) encore plus universelle : on ressent encore plus l’aspect vain et inhumain du terrorisme politique ! Racontant un récit au final assez simple, Hitchcock a en plus l’intelligence de livrer un film plutôt court (1H16), ce qui permet de signer une œuvre où chaque élément a son importance et où rien n’est superflu. En outre, il ne faut pas oublier que le film bénéficie de la présence de la star américaine qu’était à l’époque Sylvia Sidney sortant juste du Furie de Fritz Lang qui, bien que n’ayant pas la blondeur qu’idéalisait le cinéaste, livre une prestation tout à fait excellente. Ainsi, bien que restant assez méconnu en dehors des amateurs du réalisateur, Agent secret est, une fois de plus, une petite perle d’Alfred Hitchcock qui fait partie des meilleurs moments de sa période anglaise.
Le 3ème Agent secret(faut suivre!) de maitre Hitchcock :les franchises existaient déjà il y a 90 ans !!! En tout cas celui-ci est bien mieux que le ratage total des 4 de l'espionnage ,plus tenu et le personnage féminin ,central, est plus développé & affirmé mais on est encore loin du savoureux Une femme disparait et surtout des 39 marches.Il reste la séquence du gamin devant livrer une bobine :du grand art naturellement...A voir donc mais pas incontournable.
Carl est le propriétaire d’un cinéma londonien. Il vit avec sa femme et le frère de celle-ci. Carl est soupçonné d’être un saboteur et est mis sous surveillance. En effet, cachant des activités terroristes, il provoque une panne d'électricité dans la ville. Il demande ensuite au frère de sa femme de transporter une bombe. Alors que ses précédents longs métrages pouvaient être critiqués pour leurs déséquilibres entre comédie et noirceur, “Agent secret” impose un style très sombre, qui cette fois, ne nous permet pas de nous identifier aux personnages. Le film va d’ailleurs très loin dans la noirceur et s'attire la foudre des spectateurs à sa sortie. Même François Truffaut considéra que tuer un enfant frôlait l’abus de pouvoir du cinéma. “Agent secret” est un thriller intense qui joue sur la moralité et la manipulation. On regrette néanmoins un scénario un peu trop linéaire et un rythme qui manque de cadence. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Un bon Hitchcock ! Un film qui se regarde facilement, qui n'ennuie pas (sans doute à cause de sa courte longueur), même si ce n'est pas très dynamique. La VF est moyenne car des voix sont réutilisées pour plusieurs personnages, ça fait partie également des défauts de ce film. Comme les personnages que je trouve médiocre alors que l'histoire est intéressante, assez passionnante et résonne encore à notre époque moderne !!
Soupçonné et filé par la police, un saboteur tente quand même de faire exploser une bombe au coeur de Londres. Le scénario est d'une simplicité enfantine et n'est pas dépourvu de l'humour d'Hitchcock. Pourtant, on trouvera dans ce film une des scènes les plus cruelles dans l'oeuvre du cinéaste, une séquence pleine de contre-temps ludiques dont on n'imagine pas, connaissant la roublardise de l'auteur, les conséquences inattendues. Au coeur du film, ce passage est le moment fort du film. C'est aussi une des rares séquences où le réalisateur s'éloigne du lieu principal de l'action : un cinéma. Cette promiscuité entre la fiction et la réalité n'est bien sûr pas innocente et Hitchcock de signifier que la réalité n'est pas moins extraordinaire que les histoires qui défilent sur grand écran. Privilégiant le récit policier, le cinéaste n'en glisse pas moins quelques indices psychologiques avec, parfois, une habileté qui nous fait regretter qu'Hitchcock ne leur ait pas portés davantage d'importance ou d'intérêt. La lâcheté et les scrupules du terroriste, la peine qu'éprouve son épouse donnent un certaine profondeur à ces deux personnages et inspirent à Hitchcock des idées originales de mise en scène. Dans le rôle du policier, John Loder est, quant à lui, un peu fade.
Voici un Hitchcock a ses débuts. On y découvre la patte du grand réalisateur qu'il deviendra mais le scénario, bien trop simpliste, sans réel rebondissement, mais avec un semblant de suspense, ne met pas en avant ses grands talents. A voir par les fans du maître, et les amateurs de film d'espionnage, très simple ici.
La mise en route du récit est un peu longue, laborieuse et ennuyeuse mais une fois en place, Hitchcock montre qu'il est bien le maître du suspense et les climaxs du film sont parfaitement réussis, notamment le plus dramatique.
La patte d'Hitchcock est extrêmement palpable dans ce film qui joue avec la position du spectateur. Une mise en scène comme personne ne saurait en faire de nos jours, un charme fou grâce au visionnaire aux commandes du film.
Hitchcock période anglaise : pas le meilleur de cette période mais rien de déshonorant, loin s'en faut. Même si au fond cette histoire est assez classique, il est vrai que par certains éléments, certaines trouvailles et certains fonctionnements du scénario permettent à l'ensemble de se regarder avec un intérêt réel, notamment dans la manière dont Hitchcock a dessiné ses personnages, permettant ainsi à l'ensemble d'éviter un certain manichéisme, tout en offrant une ou deux scènes tout à fait mémorables. Bref, si l'ensemble ne nous marquera bien sur pas autant qu'un "Psychose" ou autres "Sueurs froides", cet "Agent secret" fait preuve de qualités indéniables en définitive bien suffisante pour qu'on puisse s'y aventurer au moins une fois. Un assez bon film.