Perversion Story
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soniadidierkmurgia

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2,5
Publiée le 25 août 2026
Lucio Fulci (1927-1996) est le réalisateur typique du cinéma de genre italien qui connaîtra sa période dorée durant les décennies 1960 et 70. Cinéaste éclectique, Fulci adapte sa mise en scène à l’humeur du moment selon la tradition transalpine de l’époque où produire en nombre et divertir était le seul mantra des producteurs. C’est comme assistant de seconde équipe sur « Les derniers jours de Pompéi » de Marcel L’Herbier et Paolo Maffa qu’il fait ses débuts dans l’univers du cinéma en 1950. Il devient l’assistant attitré de Steno qui est alors le réalisateur favori de Toto la plus grande vedette comique italienne de son temps. Il goûte parallèlement à l’écriture de scénarios. La transition vers la réalisation semble aller de soi quand il est encouragé à se lancer par Toto lui-même. Durant sept années, il ne s’écarte guère de la comédie et du musicarello (films légers destinés à promouvoir la carrière de jeunes chanteurs comme Adriano Celentano).
Un premier virage est amorcé quand suivant la voie ouverte par Sergio Leone deux ans plus tôt, Fulci réalise son premier western spaghetti avec Franco Nero et George Hilton. « Le temps du massacre » est encore aujourd’hui considéré comme le film le plus violent du genre. En 1969, à la suite de l’éclosion de Dario Argento, il s’essaie au giallo avec « Perversion Story ». Sa réputation assise, le réalisateur abordant la cinquantaine se dirigera ensuite résolument vers le genre horrifique gore où il donnera le meilleur de lui-même avec une série de six films (« L’enfer des zombies », « Frayeurs », « Le chat noir », « L’Au-delà », « La maison près du cimetière », « L’éventreur de New York ») qui l’aideront à passer à la postérité. Très éclectique on l’a dit, Lucio Fulci excellent technicien quoique très inventif n’a jamais revendiqué le statut d’auteur, se nourrissant de ce que d’autres plus prestigieux ont réalisé avant lui pour trouver sa propre inspiration qui repose sur l’esthétique visuelle et la création d’atmosphères qui lui sont bien personnelles.
L’architecture de l’intrigue tout comme la direction d’acteurs ne sont donc pas sa préoccupation première. « Perversion Story » est le premier des cinq gialli que réalisera Fulci (suivront « L’emmurée vivante », « La longue nuit de l’exorcisme », « Le venin de la peur », « Le miel du diable »). Après avoir pris son réel envol en 1963 avec « La fille qui en savait trop » de Mario Bava, le giallo n’avait pas encore six ans plus tard, connu sa révolution esthétique déclenchée par la trilogie animalière de Dario Argento qui en bouleversera sensiblement et durablement les codes.
Le genre d’essence policière par ses origines littéraires était construit autour du déroulé macabre d’une machination le plus souvent ourdie par l’avidité. Le tout savamment teinté d’érotisme pour attirer la gent masculine dans les salles de cinéma. L’évolution d’un genre en pleine ébullition orientera ensuite les crimes vers le fétichisme, les obsessions sexuelles et la sophistication des meurtres avec le recours très stylisé à l’arme blanche.
Dépaysé à San Francisco, « Perversion Story » écrit à quatre mains prend ses racines profondes dans le « Vertigo » du grand Alfred Hitchock, Lucio Fulci étant lui aussi fasciné par le thème du double via la résurrection fantasmée de la femme aimée. L’intrigue tortueuse basée sur la mort de la femme d’un riche médecin (Jean Sorel) après que celle-ci a souscrit très peu de temps avant une importante assurance vie, est comme il se doit suffisamment nébuleuse pour laisser l’imagination du spectateur vagabonder vers différentes pistes. Hitchcock ne procédait pas autrement avec bien sûr en sus un brio et une précision chirurgicale qui n’appartenaient qu’à lui seul.
Mais le problème est qu’ici Fulci traîne en chemin se perdant dans de nombreuses scènes érotiques plutôt complaisantes et ne faisant en rien avancer l’intrigue. Jean Sorel au jeu déjà plutôt atone par nature semble ici un peu désorienté et par instants comme pétrifié ce qui n’aide pas à rendre la première partie du film captivante. Certes Marisa Mell et Elsa Martinelli sont toutes les deux très accortes et plutôt convaincantes mais Lucio Fulci tire un peu trop sur la ficelle de l’érotisme gratuit.
Heureusement dans la deuxième partie entrent en piste John Ireland, Albert De Mendoza et Riccardo Cucciolla tous trois très expérimentés à la présence très charnelle qui redonnent un peu de corps à une intrigue qui s’effilochait dangereusement. Malgré ses défauts qui paraissent aujourd’hui patents, le film avait su miser sur l’air du temps très axé sur la libération sexuelle. Grâce à un Lucio Fulci habilement opportuniste « Perversion Story » avait donc été un gros succès mais certainement pas un des meilleurs gialli d’une production qui avait en seulement une dizaine d’années par la profusion de films parfois indigestes épuisé un miraculeux filon comme avant le péplum ou le western spaghetti.
Adrien FORTCHANTRE
Adrien FORTCHANTRE

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3,5
Publiée le 20 septembre 2025
Vu sur le câble en version intégrale (hautement recommandée car elle apporte un réel plus). Un giallo de 1969 du grand réalisateur italien Fulci donc un film plutôt erotique et policier (et sans horreur) avec une distribution de choix dont la très belle actrice Marisa mell et l'excellent acteur français Jean Sorel. l'ambiance du film est particulièrement bien travaillée, à la fois décontractée au début du film et tendue lors des dernières scènes en prison. Tout cela rehausse par une très bonne musique jazzy de riz Ortolani. Sorel fait preuve d'une grande présence malgré son jeu en retenu. Il arrive à nous faire passer la tension et la trahison dans sa dernière scène lorsqu'il rentre dans la chambre à gaz. Son regard bleu profond est impressionnant du niveau d'un Delon. Le second rôle, Riccardo Cucciola, interprétant Benjamin, l'amoureux trahi et humilié est également une très belle surprise. Donc un très beau film méconnu qui se regarde avec un grand plaisir.
Roub E.

1 335 abonnés 5 457 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 août 2025
Avec ce film l hétéroclite Lucio Fulci lorgne vers le thriller érotique et le cinéma d Hitchcock (sans se soucier de la censure). S il est un peu long au démarrage et s il donne par moment l impression d être confus, on trouve dans ce film quelques bonnes choses et les prémisses du Giallo.
Hector de Troie
Hector de Troie

2 abonnés 80 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 juillet 2025
Fulchi a fait beaucoup de choses avant de se lancer dans le Giallo, c’est un peu le frère jumeau d'Argento mais plus psychédélique, plus sexuel et plus violent. Dans son premier film, on suit deux frères qui possèdent une clinique : George et Henry Dumurrier. La femme de George, Marta, est malade et assez acariatre. Il entretien une liaison avec une femme, Jane. Un jour il apprend que sa femme est morte suite à une crise d’asthme et lui laisse un hériage d’un million de dollars.

L’assurance enquête et commence à avoir des soupçons sur la mort de Marta. George et Jane font connaissance avec Monica, une femme qui ressemble de manière tromblante à sa femme decédée Martha.

On est plus proche ici du film noir à la Hichcock que du Giallo pur et dur, mais la mise en scène psychédélique, assez érotique avec une intrigue vraiment plaisante à suivre. Il y a aussi la personnalité de la troublante Monica et les scènes lesbiennes, assez osées pour l'époque. Jean Sorel crève l’écran en George Dumurrier et Marisa Mell en Susan Dumurrier est très belle et envoûtante.

Un bon thriller qui pointe vers le Giallo.
Redzing

1 469 abonnés 5 008 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 novembre 2023
Lucio Fulci souhaite marcher dans les traces de Hitchock, et en particulier « Vertigo », avec cette intrigue située à San Francisco où un médecin rencontre le double de sa femme décédée. Néanmoins, la première partie de « Una sull’altra » manque de corps. Je précise bien que je parle du récit, car question corps humains dénudés, ce giallo est généreux !
La faute revient principalement à un montage maladroit. Les scènes s’enchaînent parfois sans trop de logique, de curieuses ellipses surviennent, bref on ne comprend pas trop où le film veut nous emmener. Très étonnant de la part de Lucio Fulci, qui la même année sortait « Beatrice Cenci », film au montage complexe et très maîtrisé.
La sculpturale Marisa Mell fait certes sont effet, d’autant que l’ensemble est riche en scènes érotiques où elle s’effeuillera allègrement. Mais à côté, il faut bien dire que Jean Sorel a un jeu limité, et fait davantage penser à un Alain Delon du pauvre qu’à un riche médecin pris dans une machination.
Lucio Fulci sait néanmoins construire son ambiance. Avec, entre autres, un tournage sur place à San Francisco, qui donne du cachet. Ou quelques techniques sympathiques (dont des doubles focales).
Et heureusement, le dernier acte relève considérablement la sauce. Après quelques éléments un peu poussifs, le film révèle sa machination, et construit un très bon suspense dans les 20 dernières minutes. Jusqu’à une conclusion assez audacieuse.
spoiler: Un montage parallèle qui en réalité n’en est pas un, grâce… au décalage horaire ! Et le dernier rebondissement en hors champ, qui sera commenté par un journaliste !

Pas un sommet du giallo, ni de Fulci d’ailleurs, mais ça reste appréciable si vous êtes amateur du genre.
Christianm75
Christianm75

9 abonnés 229 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mai 2017
Bon thriller érotique signé par celui qui deviendra 10ans plus tard le maître du gore.Lucio fulci fait preuve d'une belle dextérité et de beaucoup d'audace dans sa réalisation même si "le Venin de la peur" qu'il réalisera un peu plus tard peut être considéré comme étant supérieur
Christian M.
Christian M.

2 abonnés 154 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mai 2017
Catalogué à tort comme un Giallo " Perversion Story " se présente plus comme un thriller erotique teinté de film noir.L'influence d'Hitchkok (vertigo) ou de Clouzot (les Diaboliques ) est indéniable mais Lucio Fulci s'en démarque en y présentant une variation très erotique.L'intrigue est très réussi malgré un début un peu lent et des ellipses narratives parfois surprenante.Coté réalisation Fulci fait des prouesses et prouve qu'il fut un grand réalisateur qu'il ne faudrait pas réduire à sa période "Gore".Le charme de l'interprétation et un épilogue doux amer font de "Perversion Story " un très bon film à défaut d'un chef d'oeuvre.
AMCHI

6 980 abonnés 5 936 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 septembre 2011
Si on peut classer Perversion Story dans les bons films de Fulci ce n'est pas non plus particulièrement un de ses films les plus marquant malgré de bonnes idées. Le problème de Perversion Story c'est que durant une bonne demi-heure l'histoire a vraiment du mal à démarrer, on ne sait pas trop ou ça va puis enfin une intrigue se met en place ; les 30 dernières minutes sont les meilleures avec la révélation d'une véritable machination mais le tout manque de suspense. Pas du tout mauvais cependant.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 14 octobre 2010
Giallo de la fin des sixties pas particulièrement original, jouant sur une ellipse et sur certaines intrigues typiques et à mettre en doute malgré tout le long du déroulement du film: Ici l'héroine est belle et n'a rien dans la tête (une "airhead"); fait connu depuis la nuit des temps, tout comme l'appât du gain mène forcément à la perte.
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