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FRED84
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3,0
Publiée le 15 décembre 2025
Film à la gloire des mineurs du bassin houiller du travail harassant de ces gueules noires y est bien restitué. On sent toutefois que Louis Daquin a été bridé dans sa dénonciation de la condition ouvrière depuis le 19ème siè lutte sociale n'est vraiment mise en avant,ce qui est un comble pour un réalisateur proche du parti les mineurs victimes de la catastrophe de Courrières de 1906 ne sont plus que 300 au lieu des plus de 1000 morts . Restent quelques portraits attachants et la première présence à l'écran du jeune Michel Piccoli déjà performant dans son costume d'acteur de cinéma.
N'en déplaise à Tulard, Louis Daquin n'a pas fait que des films médiocres. Ce "Point du jour" est une réussite, dont l'aspect documentaire - pour ce qui est des séquences souterraines - constitue un des principaux intérêts. Autre aspect (qui ne devait pas plaire à l'historien) : l'évocation des mineurs syndiqués et leur opposition au patron (représenté ici par un ingénieur autoritaire). Plus naïve, la représentation du jeune ingénieur idéaliste, bien interprété par le débutant Desailly, semble aujourd'hui trop belle pour être vraiment réaliste. Enfin, les portraits des différentes familles, leurs espoirs, leurs attentes, leurs projets, sont dépeints avec une empathie sincère qui échappe au mélo.
Très beau film rendant bien compte de la condition des mineurs et de leur famille en France après guerre. Belle prestation du jeune Piccoli. A voir aussi pour le rôle du jeune ingénieur parisien qui découvre le monde de la mine et des mineurs. A voir donc comme un témoignage d'un temps révolu.
Le film a l'ambition de produire une image réaliste de la vie des mineurs de charbon en 1949. De fait, les plans tournés dans une ville minière du Nord, la sobriété des comédiens professionnels et l'authenticité des figurants sont de nature à éviter l'illustration romanesque. Louis Daquin filme le travail au cœur de la mine, dans la fosse, filme les cités ouvrières et raconte, à travers une poignée de personnages, les aspirations des mineurs et de leur famille. C'est souvent un regard technique, voire documentaire, que le cinéaste porte sur le sujet. En quoi, le film est estimable (on est loin du factice "Germinal" de Claude Berri). Pourtant, si le film évoque le travail harassant et la vie difficile dans les corons, il ne fait ressentir ni l'un ni l'autre. C'est un témoignage sans aspérités, sans souffrance, sans tripes, que propose Daquin. Pas de silicose, pas d'accident, pas d'alcoolisme, pas de luttes ouvrières ni de misère sociale : le cinéaste, malgré ses accointances avec le PC et la CGT tourne une façon de film d'entreprise. Les mineurs ont le visage noirci au fond et, en surface, ils ont bon teint, les idées claires. Dans ce film sans enjeu dramatique (éventuellement, il y a ce gamin de 14 ans qui s'apprête à descendre au fond) et donc sans intensité dramatique, Daquin présente des personnels unanimement dévoués à leur labeur et une condition prolétaire digne et tout à fait acceptable. Ainsi que le reflète le tout dernier plan du film en forme d'allégorie consensuelle. Il y a aussi cette séquence assez étonnante qui évoque sous la forme d'un très pudique flashback la catastrophe de Courrières en 1906, simple incident dirait-on. Daquin a-t-il été censuré ? S'est-il auto-censuré ? Le projet est visiblement didactique mais il reste dans un entre-deux coupable, entre tentative de réalisme et propos lénifiant.