Bienvenue à Suburbicon
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lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 14 décembre 2017
Rares sont les moments où je n’arrive pas à voir autre chose à l’écran que des acteurs lisant leur script et des techniciens accomplissant leurs artifices formels… Eh bah là, avec ce « Bienvenue à Suburbicon », ce fut le cas de la première minute à la dernière ! Un vrai festival ! C’était limite si je n’entendais pas George Clooney en train d’expliquer sa démarche en même temps que je voyais l’intrigue se dérouler. Et franchement, à bien y réfléchir avec le recul, je crois même que l’un dans l’autre j’aurais encore préféré que George Clooney explique vraiment sa démarche en direct. Parce que bon, durant l’intégralité des trois premiers quarts d’heure, il fut pour moi impossible de comprendre où ce film voulait en venir. Après une amorce à la « Edward au mains d’argent », voilà que l’ami George entend commencer par une scène volontairement caricaturale qui vise à tourner en ridicule une population qui refuse d’accepter une famille noire dans leur quartier. Donc OK, visiblement l’ami Clooney entend surfer sur la vague du grotesque. Soit… Seulement voilà, dès la scène suivante, le film décide de basculer sur une toute autre intrigue en adoptant le ton d’un thriller froid qui cherche à imposer une atmosphère tendue (…enfin « tendue »… Disons pour être honnête qu’elle est aussi tendue que la peau du menton d’Edouard Balladur, c’est dire.). Alors bon, pourquoi pas… Sachons nous adapter : le thriller donc… Mais voilà qu’on enchaine dans la foulée sur encore autre chose ! On reste sur l’intrigue du thriller, mais le film en abandonne les codes pour basculer sur quelque-chose de plus mou, impersonnel et difficile à qualifier ( spoiler: Je pense ici à cette phase où la famille Lodge reçoit des condoléances de toute part. Aucun angle n’est offert pour savoir comment appréhender ces scènes, si bien que celles-ci tombent totalement à plat, se contentant simplement de transmettre l’information « la famille Lodge reçoit des condoléances » et rien de plus. Le seul moment où quelque-chose est tenté c’est quand le personnage de Gardner reçoit les condoléances de la part de son patron. Mais pour le coup, la chose est soudainement tournée en ridicule sans qu’on comprenne pourquoi ni comment on est sensé prendre la scène. C’est sorti comme ça, totalement ex nihilo. Ç’en devient un moment de cinéma très gênant…
) Et en gros c’est comme ça pendant trois gros quarts d’heure donc : les scènes banales s’enchainent sans qu’on comprenne vraiment leur finalité ; la tension est tellement inexistante qu’il est impossible de savoir si c’est volontaire ou pas ; et des moments de grotesques tombent un peu comme ça, aléatoirement, et souvent au plus mauvais moment… C’est alors qu’au bout de trois quarts d’heure est donc survenue la révélation. Il a suffi d’une seule scène pour comprendre à la fois l’intrigue et en même temps l’ampleur du désastre ( spoiler: Je parle ici de ce moment où Rizzoli et son pote débarquent dans le bureau de Matt Damon
). Avec cette scène, la démarche de l’ami Clooney apparait au grand-jour et à son plus grand désavantage. Avec elle, on comprend qu’en fait, depuis le départ, ce gars essayait de faire un film qui soit à l’image de ceux des frères Coen (d'ailleurs ils sont crédités au scénario). Beau modèle j’en conviens, mais encore faut-il avoir compris comment ça se ficelait un film des frères Coen ! Tout d’abord – non – l’humour des Coen n’est pas basé sur le ridicule, il est basé sur l’absurde. C’est parce que les personnages accomplissent des actes absurdes ou parce qu’ils entretiennent des conversations absurdes qu’ils en deviennent drôles et ridicules. En soi, un personnage ridicule qui se contente de commettre des bourdes et des grimaces n’est pas suffisant pour faire un humour à la Coen. Or dans ce film, les touches d’humour ne se limitent qu’à ça. Et elles tombent souvent à plat parce que ces touches tombent toujours aux moments où il ne faut pas, notamment en plein milieu d’un moment où une tension est sensée monter. Parce que oui, en plus de ça, il faut qu’à côté de ce problème d’humour, il y ait un problème pour générer les tensions. Chez les Coen, une tension ne se construit pas toute seule. Elle va s’appuyer sur un conditionnement minutieux du spectateur qui doit se dire « je ne sais pas ce qu’il va se passer, mais je sens que ça va pas super bien se passer, et au vu de ce que disent les personnages, je peux même craindre que ça prenne une tournure inattendue, crue et dévastatrice pour l’intrigue ». Or, pour reprendre la première scène de tension de ce « Suburbicon », elle déboule juste après une scène toute guillerette, sans subtilité, et noyée par une musique pompière qui ne laisse aucune place à la tension. Rien n’est mis en place. Ni la manière de filmer la maison, ni l’habillage sonore, ni une mise en contexte préalable ne permet d’assimiler ça à une scène tendue. Du coup on regarde la scène sans savoir si ce qu’on nous présente doit être une source d’effroi, de tension ou pas. Et comme généralement on doit attendre la scène suivante (voire plus) pour comprendre a posteriori l’intérêt et le sens des scènes, tout ce qu’on observe à l’écran se prend par conséquent de manière dépassionnée, comme de la simple information et rien de plus… Alors du coup, quand j’ai compris dans la deuxième partie du film que Clooney comptait faire de ce « Suburbicon » une sorte de « Fargo » dans les suburbs d’ « Edward aux mains d’argent », j’ai juste ma mâchoire qui m’est tombé sur les cuisses. Mais enfin George ! On ne peut pas faire un « Fargo » avec une musique aussi omniprésente, pompière et dégueulasse ! On ne peut pas faire un « Fargo » quand on est infoutu de savoir choisir un genre et de s’y tenir ! On ne peut pas faire un « Fargo » quand on ne sait pas faire identifier au spectateur les enjeux d’une scène ! On ne peut pas faire un « Fargo » quand on pose, qu’on abandonne et qu’on reprend de manière quasiment aléatoire les éléments d’intrigue qui sont sensés constituer l’histoire ! ( spoiler: « Ah bah oui tiens ! Cette histoire de communauté qui n’accepte pas les noirs ! C’est vrai qu’on les a bien oublié ceux là ! Allez ! Reparlons-en maintenant parce que ça se présente ! » Et que dire de l’oncle Mitch qu’on voudrait nous faire percevoir comme un personnage essentiel alors qu’il fait des passages aussi fins que des rondelles de salami ?! Ah et puis oui au fait… Suburbicon et sa communauté… En fait, pourquoi on en parle ? Le film se passerait dans n’importe quelle autre ville ça ne changerait rien à l’histoire dans l’espace ici désigné n’a finalement que peu d’importance !
) Rolalah mais c’est incroyable ! Non mais ce film, c’est juste le festival du flop ! Rien ne marche parce que tout est toujours fait dans le désordre, soit avec la mauvaise musique ou le mauvais montage, soit sans les éléments explicatifs nécessaires, ou soit souvent les deux à la fois… Et quand en plus on constate que l’ami Clooney a cherché en plus de cela à caser par-dessus cet ensemble bancal de bons gros messages politicards en mode « les racistes ils sont quand même vraiment pas malins » ou bien encore « on se croit tous bien sous tout rapport dans nos petits paradis factices mais en fait non ! » mais pour moi c’est juste la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! Non mais oh ! Une telle accumulation de lourdeurs, d’erreurs et de fautes de goût, ça relève carrément du challenge ! En tout cas, bravo à George Clooney, parce que j’ai beau ne pas savoir qu’elle était son pari, mais une chose est sûre : c’est gagné ! We did it ! Se louper à ce point sur tous les champs possibles offerts par le cinéma, ça au moins le mérite d’être du grand art… Bon alors après, ce n’est que mon point de vue. Donc si vous n’êtes pas d’accord et que vous voulez qu’on en discute, n’hésitez pas et venez me retrouver sur lhommegrenouille.over-blog.com. Parce que le débat, moi j’aime ça… ;-)
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 décembre 2017
Sous la direction des frères Coen, dont on reconnait très vite l'apport au scénario, Bienvenue à Suburbicon aurait peut-être atteint les sommets mais rien n'est moins sûr car il leur est arrivé aussi de faire des films moyens. La mise en scène de Clooney est ici relativement pâle et se contente d'illustrer une histoire qui se donne des airs de film noir, saturé d'un humour de la même teinte, sans qu'il s'en dégage une véritable atmosphère. Les violences racistes qui ont lieu dans cette banlieue tranquille en apparence servent de toile de fond mais ne sont rien d'autre et sont là pour rappeler, si tant est qu'il en soit besoin, que l'Amérique a un lourd passif en la matière. Le film pousse assez loin le curseur dans la cruauté mais quand les cadavres s'accumulent, il en perd un peu de sa crédibilité pour s'enfoncer dans un jeu de massacre macabre pas totalement maîtrisé dans le dosage tragédie/comédie, moins en tous cas que dans certains célèbres films britanniques (avec Alec Guinness) qui pourraient faire office de modèle dans l'amoralité la plus décomplexée. Ceci posé, il faut reconnaître à Clooney, et ce n'est pas nouveau, l'excellence de sa direction d'acteurs. Matt Damon et Oscar Isaac sont parfaits mais le mot est faible pour qualifier la prestation de Julianne Moore. Elle aurait un Oscar d'interprétation chaque année que cela n'apparaitrait absolument pas comme une hérésie.
gunbuster

432 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 9 décembre 2017
Une bande-annonce explosive, un casting de qualité emmené par l'excellent Matt Damon, un sujet brûlot sur l'Amérique fambloyante mais raciste des années 50.
Tous les éléments étaient réunis pour faire de cette oeuvre un succès.
Et le spectateur assiste à une parodie de film d'une heure 40.
Entre le scénario simpliste et linéaire, des personnages aux motivations inconnues, aux intrigues personnelles incompréhensibles, l'absence complète de rythme, et le chemin sinueux et torturé entre l'intrigue du film (le polar façon théâtre populaire, saupoudré de l'univers des frères Coen) et la dénonciation du racisme et du rejet de la seule famille noire de la ville (morale enfantine sur la fraternité et l'acceptation d'autrui), on passe de l'ennui viscéral à la déception complète.
Comme pour nombre de films prenant place dans le passé, les efforts des auteurs se sont concentrés sur la reconstitution, au détriment de l'histoire et de tout intérêt cinématographique.
Au final, George Clooney démontre ici une fois pour toute qu'il n'est qu'un acteur, et bel et bien un piètre metteur en scène.
mister
mister

25 abonnés 202 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 février 2021
Le plus dérangeant dans ce film se sont les critiques des personnes qui ne connaissent pas l'histoire du développement des "surburbs" des villes américaines. Avec la mécanisation des campagnes du sud des Etats-Unis dans les 1920, les noirs sans emplois qui travaillaient dans les plantations se sont massivement reconvertis dans les emplois industriels des villes, et ont importé avec eux leurs lots de violences, de meurtres et de trafics de drogues. Pour échapper à cet enfer qu'est devenu le centre des villes américaines envahis par les populations noires largement sous éduquées et aculturées, la middle classe blanche s'est réfugiée dans les "suburbs" qui proposaient des environnements surs et paisibles. Donc les critiques sottes qui hurlent à tout bout de champs "racistes" (comme un réflexe pavlovien des qu'on touche un cheveux d'un black) feraient mieux d'étudier l'histoire des USA et comprendre que les "suburbs" ont été créés comme un sanctuaire pour préserver les valeurs culturelles de la middle classe américaine. Voir un noir débarqué dans leur lotissement est évidemment un mauvais présage et fait monter la peur que d'autres arrivent et transforment leur vie paisible en l'enfer que sont devenus les centres villes minés par les gangs blacks. Donc la réaction de ces gens est compréhensible et légitime. Arrétez de crier au "Racisme" comme des ânes et essayer un peu de se mettre à la place de ces gens et de ce qu'ils ont vécus, chassés des villes par une communauté qui les ont persécuté.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 30 janvier 2018
Bonjour à tous là encore je ne comprends pas les notes aussi faible parce que ce film est plein plein d'intelligence très bien tournée avec de très bons acteurs... Et en plus un deuxième niveau "de lecture" où les méchants et personne à fuir ne sont pas forcément celle que l'on croit dans ces années 50-60 dans l'Amérique puritaine et profonde... Comme quoi les goûts et les couleurs...
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 14 février 2018
Un film qu'il vaut mieux éviter !
Un scénario qui ne tient pas la route.
Des scènes inutiles.
Faire monter les haines raciales c'est tout ce que j'y vois !!
Flowcoast
Flowcoast

72 abonnés 1 209 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 juillet 2018
George Clooney se plante totalement de chemin dans un film aussi caricatural que tout ce qu'on a pu voir dans cette industrie du films. Matt Damon et Julianne Moore s'effondrent dans des rôles qui auraient pu être taillés pour eux si le scénario n'était pas aussi bâclé. Au départ, je ne savais même pas qu'il s'agissait d'une comédie tellement rien ne sortait véritablement - aucun signe d'humour, tout est très sérieux, on a plutôt affaire à un film d'action de série-B avec en prime deux "méchants" dont les caractéristiques sont aussi celles d'un vieux téléfilm du dimanche. Encore une fois, les scénaristes se sont enfouit dans le double-scénario avec le règlement de compte de la pègre avec les problèmes raciaux des voisins de la famille Lodge qui ont en fait qu'un rapport très minime. Mais, du coup, je ne comprends pas qu'est ce que le sujet des voisins vient faire dans ce film.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 février 2019
Si l'on peut faire un gros reproche à cet excellent film c'est de tarder à annoncer la couleur. En fait il s'agit bien d'une farce macabre, et lorsqu'on l'a compris tout devient clair, le trait peut être grossie puisque le registre le permet, la famille black n'a nul besoin d'être approfondie puisqu'elle est juste là pour servir de contrepoint à la morale du film, puisque toute fable à sa morale et qui est ici de dire qu'avant de s'en prendre à des gens différents on ferait mieux de balayer devant sa porte. Message vain comme tout message filmée qui ne convaincra que les convaincus, n'empêche que beaucoup ont compris de travers, parce que non ce n'est pas une métaphore sur l'innocence de l'enfance face à la folie des adultes, d'ailleurs l'innocence de l'enfance, ça n'existe pas ! Mais bon. Il faut mieux ne rien savoir du tout de cette histoire si on veut l'apprécier vraiment, mais on déplorera quelques scènes obscures spoiler: (pourquoi la mère du gosse le fait-elle jouer avec le petit black ?)
L'interprétation est magistrale aussi bien Julianne Moore que Matt Damon, mais aussi le gosse qui nous fait une prestation remarquable, idem pour Oscar Isaac en inspecteur d'assurance qui nous offre une séquence délirante. Le final est tarantinesque et se déguste comme il se doit, et le face à face final entre spoiler: le père et le fils vaut aussi le coup d'œil pour son faux/vrai suspense.
Le film à des maladresses notamment la bisounourserie du dernier plan mais il reste attachant, sympathique, intelligent et surtout très agréable à regarder
DirtEagle
DirtEagle

26 abonnés 423 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 18 septembre 2018
Le synopsis était intéressant, mais comme Clooney sait le faire, tout est gâché... Vous reprendrez bien un peu de white guilt ? Je suis allé voir ce film en pensant que ce cher George s'abstiendrait de nous faire de la propagande politique, et bien c'est raté, encore et toujours la même sempiternelle histoire de ségrégation des méchants blancs envers la gentille famille de noirs, ça devient barbant... Pourtant l'atmosphère sombre est assez bien entretenue, les acteurs sont très bons, mais quelque chose ne colle pas, le réal a trop cherché à choquer et à mettre de l'ultra-violence partout. Au final c'est un flop total, un mauvais film.
AMANO JAKU

356 abonnés 797 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2019
Vous rêvez de partir aux Etats-Unis ? Vous souhaitez vivre dans une paisible petite ville aux maisons abordables avec leur pelouse impeccablement entretenue ? Vous aimeriez bien y fonder une famille ? Et bien ce paradis existe bel et bien : Suburbicon est fait pour vous ! Sixième réalisation de George Clooney basée sur un scénario des ses grands amis les frères Coen, "Bienvenue à Suburbicon" est un polar déjanté/comédie noire qui nous permet de passer un bon moment. Dès son postulat de base, le métrage nous prend à revers : le récit prend place dans les années 50, au cœur d’une zone pavillonnaire qui se retrouve perturbée par l’arrivée d’une famille afro-américaine. On pourrait alors penser que le thème central du film sera la méfiance xénophobe de la populace qui l'amènera à la violence ; mais que nenni : cette tension raciste n’est en fait que le contexte dans lequel se tisse la véritable intrigue principale du métrage. En effet, toute l’intelligence du film de Mister Nespresso repose dans le paradoxe d’imaginer qu'une entreprise criminelle passe inaperçu à côté de cette manifestation raciste contre une minorité innocente. La satire, même si elle n’est pas d’une grande finesse, n’en reste pas moins d'actualité même de nos jours. Sous une apparente tranquillité se cache une réalité tout autre faite de mensonges, de trahisons, de duperies et de violences...un portrait du rêve américain sacrément passé au vitriol !! Mais, au delà du scénario écrit par leurs soins, on retrouve la patte des frères Cohen partout dans le film : ayant tourné avec eux quatre fois par le passé, Clooney leur rend hommage en utilisant leurs gimmicks de réalisations, leur passion pour l'humour morbide (la maladresse involontaire des personnages principaux et secondaires lors des scènes les plus violentes permet de générer des passages décalés dont le burlesque ne pourra que nous faire sourire !) ainsi que leur tendance à illustrer leurs propos à travers des personnages paumés. Et au niveau des personnages, on est servi : l’adorable Matt Damon joue vraiment très bien les sales types en incarnant un Gardner Lodge si pathétique qu’on finit par le trouver presque attachant ; Julianne Moore dans un double rôle de sœurs jumelles parvient à insuffler un peu de grâce et d'esplièglerie à une atmosphère fort pesante ; Glenn Fleshler est irrésistible en tueur bedonnant et sadique ; quand à Oscar Isaac, il est tout simplement délicieux en donnant vie au personnage le plus sympathique du film, un détective moustachu spécialisé dans les arnaques à l'assurance ! Et au milieu de toutes ces tronches sombres, un petit garçon (impeccacle Noah Jupe) assiste à toute l'intrigue aux travers de ses yeux naïfs, renforçant le peu d’antipathie que nous pouvons avoir pour les autres personnages ; d'autant plus que, pour Clooney, l’histoire est finalement celle d’un enfant qui comprend que le rêve américain est un mensonge (même si je pense que, pour les frères Coen, il s'agit plutôt de l’histoire d’un enfant qui comprend que son père est un sale con doublé d'une belle ordure !) Thriller certes imparfait (son rythme lent pourra en déconcerter plus d'un), "Bienvenue à Suburbicon" est un bon film à l’univers visuel dérangeant mais surtout porteur d’un message politique fort puisqu’il nous rappelle que la bêtise et l’hypocrisie qui sévissait déjà l’Amérique dans les années 50 sont plus que jamais d’actualité aujourd'hui sous la présidence de Monsieur Trump. Même si, au final, l’ensemble est un peu prévisible, ce « plan simple » se transforme rapidement en un jeu de massacre assez plaisant à suivre. Si vous aimez l'univers des Frères Cohen et les scénarios décalés, le nouveau film de George Clooney est fait pour vous !
Agathe G.
Agathe G.

2 abonnés 11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 décembre 2017
En voyant les critiques précédentes, j'ai quelque peu hésité à aller voir ce film... et finalement quelle bonne surprise! On passe un très bon moment devant cet univers complètement loufoque, cette satire de l'Amérique, qui rappelle Edward aux mains d'argent sur les décors et sur l'esprit des personnages. Le scénario est original, on rit, on sursaute, on reste en haleine jusqu'à la scène finale. Cela faisait longtemps que je n'étais pas sortie du cinéma en étant enchantée. Je vous le recommande vivement!
Cinemadourg

906 abonnés 1 784 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 décembre 2021
Ce nouveau scénario des frères Coen, réalisé par George Clooney, promettait quelque chose d'original.
Amis de l'humour noir et du ton décalé, bienvenue à Suburbicon, une petite ville paisible américaine des années 50-60.
Cette bourgade, paisible de façade, va rapidement basculer dans le chaos après quelques événements fâcheux.
L'ambiance générale du film est très particulière et assez prenante. La réalisation est minutieuse, un peu à la façon du maître Alfred Hitchcock.
Je ne suis pas resté totalement insensible à l'histoire même si au final, il me reste une impression assez mitigée.
Moyen.
--> Site CINEMADOURG <--
Carlos Stins
Carlos Stins

88 abonnés 657 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 décembre 2017
Il est finalement assez compliqué de parler de ce film tant celui-ci est riche, peut-être même trop riche. George Clooney nous propose avec "Bienvenue à Suburbicon" une oeuvre foisonnante qui investit une flopée de thématiques et de différents genres cinématographiques. C'est véritablement un long-métrage hybride que nous offre Clooney, une oeuvre qui mélange la comédie à la satyre sociale en empruntant des codes du film noir et du polar ! Cette multiplicité des genres permet au film d'aborder de nombreuses thématiques sociétales sur le rêve américain, la banlieue et même le racisme. A travers ce film, Clooney porte un regard pétri d'ironie voire presque de cynisme sur notre société, fustigeant les restes du rêve américain et détruisant les clichés qui polluent une société américaine présentée comme factice et superficielle. On sent immédiatement le travail des Frères Coen au scénario tant l'humour et le comique de situation, dont est rempli le film, nous rappelle "Fargo" ou encore "A serious man". Cette influence des Coen se ressent évidement aussi dans la mise en scène, Clooney reprenant des cadrages et un rythme de montage similaire au réalisateur à deux têtes. Mais là où Clooney m'a surpris, c'est qu'il parvient à dépasser cette influence en affirmant un style de réalisation qui lui est propre. Aidé par un travail remarquable sur les décors, le réalisateur américain nous propose des plans marquants et magnifiquement bien composés. De plus, le film est beaucoup engagé politiquement que ce que font les Coen et Clooney n'hésite pas à prendre de gros risques dans sa manière assez provocatrice d'aborder le racisme. Là où le film aurait pu porté un propos bateau et condescendant, il livre finalement un message qui brille par son originalité et son intelligence, à l'image d'une dernière séquence très forte sur le plan symbolique. On pourra reprocher au film d'être peut-être trop foisonnant et de se perdre un peu par moment, à l'image d'une mise en place un peu poussive, mais ça ne m'a en tout cas personnellement pas empêché d'apprécier le film. Je n'ai pas encore parler des acteurs mais ils sont bien entendu tous excellents, à commencer par un Matt Damon toujours aussi incroyable et surtout un Oscar Isaac irrésistible dans un second rôle. A coup sur, "Bienvenue à Suburbicon" est une oeuvre qui divisera et laissera de côté ce qui n’adhéreront pas au message de Clooney ou même à son style cinématographique. Pour ma part, je salue la prise de risque de Clooney qui propose une satire grinçante aussi drôle que jouissive. On le savait grand acteur mais George Clooney s'affirme comme un vrai cinéaste doublé d'un auteur passionnant et j'ai pour ma part hâte qu'il réalise un nouveau film de ce type.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 décembre 2017
Brillantissime le mariage Cohen et Clooney.
Tout paraît prévisible mais ce film aux apparences paisibles surprend jusqu'à la fin et donne même des sueurs froides.. Et c'est sublimement bien joué, le bon dosage aussi bien dans la légèreté que dans le drame.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 décembre 2017
À Suburbicon, les Lodge mènent une vie paisible. Tout se détraque avec l'arrivée dans cette banlieue très wasp de nouveaux résidents de couleur.

Mon résumé est mauvais. Il essaie de donner au sixième film de George Clooney - le premier dans lequel il ne joue pas hélas - une unité qu'il n'a pas.

En fait "Bienvenue à Suburbicon" (audacieuse traduction de "Suburbicon") est le croisement maladroit de deux histoires qui ne se mélangent jamais vraiment.

D'un côté, un vieux script des frères Coen qui présente tous les ingrédients de leurs meilleurs films : une satire grinçante de l'Amérique, des personnages aussi laids que lâches, un humour noir et sanglant. Soit, comme dans "Fargo" ou "Burn after reading" l'histoire d'Américains ordinaires plongés dans une histoire extraordinaire dont ils sont tout à la fois les acteurs maladroits et les victimes malchanceuses. Le sympathique Matt Damon y joue à contre-emploi le rôle d'un père de famille veule. Julianne Moore en incarne deux : celui de son épouse et celui de la sœur jumelle de celle-ci.

De l'autre, George Clooney s'est inspiré d'un fait divers qui s'est déroulé en 1957 lorsqu'une famille de couleurs est venue s'installer à Levittown en Pennsylvanie dans une banlieue exclusivement blanche. L'ostracisme dont ils sont victimes, reconstitué avec soin, a certes un écho dans l'Amérique raciste de Donald Trump. Mais, faute de s'inscrire harmonieusement dans l'histoire de la famille Lodge, ces développements sont condamnés à rester en arrière plan d'un scénario qui fonctionne très bien sans eux.

"Bienvenue à Suburbicon" est un jeu de massacres réjouissant, remarquablement interprété, habilement filmé... mais hélas rapidement oubliable faute d'avoir ce plus qui le rendrait réellement original.
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