Deux frères que tout oppose, une famille dysfonctionnelle, de l'humour et du drame mixés, ce film dont on peut sans grand risque avancer qu'il a été réalisé avec un petit budget arrive à briller par son exposé de moments simples de vie. En effet il n'y a pas grand chose à se mettre sous les yeux ni de quoi crier au génie pendant son visionnage et l'histoire tient de l'anecdote et du fait commun. Mais là où le risque de l'ennui guette souvent dans pareil propos ce n'est pas le cas ici. Tout le talent réside justement dans la vérité de ces moments: beaucoup préféreront les séquences de déambulations dans Paris de Louis Garrell qui y va de sa décontraction pour jouer un insouciant, un joueur, un dragueur (toujours dans des rôles de jeunes qui aiment le cul celui-là d'ailleurs), j'ai personnellement une affection particulière pour la scène où Romain Duris en dépression complète (qui passe le plus clair du film enfermé dans sa chambre) s'isole par la musique et tente la guérison en lançant sur les platines le "cambodia" de Kim Wilde (ça m'a redonné le goût de ces trucs 80's trop souvent décriés). Puis au final ces retrouvailles nocturnes entre les deux frères qui, par l'intermédiaire d'un acte commun (qui pourrait être un hommage déguisé au Jules et Jim de Truffaut), nous font réaliser qu'ils ne sont peut-être pas si différents même si le temps a sans doute fait son œuvre. Alors certes tout n'est pas parfait et on trouvera peut être à reprocher à Romain Duris de décidément jouer toujours de la même façon depuis quelques films mais je le recommande pour toute âme sensible et n'attendant pas forcément du cinéma qu'il nous offre des choses surréalistes.
Interprétation francisée et très Nouvelle Vague des deux nouvelles du romancier américain J.D. Salinger, "Franny et Zooey", ce troisième film de Christophe Honoré s'avère être une modeste et simple étude, néanmoins profondément emplie d'émotions et des cabotinages si réjouissants de Louis Garrel, des liens familiaux et de la pudeur de sentiments entre proches. Oscillant entre séquences supposément canalisées et mettant néanmoins en avant l'originalité des réactions et les enfantillages de Jonathan, et scènes d'improvisation totale en plein Paris, le film ne quitte pourtant son équilibre initiale d'exposition de la nécessité d'aimer et de détester pour les bonnes raisons. Voguant sur des airs jazzy, les quètes sentimentales des deux frères, prenant chacun un parti pris différent, les aventures nombreuses et sans lendemain sur un ton dénudé de maturité ou alors la dépression atteinte par soucis de perfection amoureuse mènent à la même finalité: quelque soit la manière avec laquelle on aime, il faut aimer profondément et sincèrement. Et les dialogues - et même la chanson ! -, filmés de manière inventive - le baiser de la vitrine, l'apostrophe du début, faisant participer le spectateur au film, en faisant ainsi un oeuvre ludique - prouvent la même chose, étant également les seules éléments qui poussent les personnages à agir, soit à se réunir, soit à se séparer. Finalement, un film d'un genre ancien, certes, mais nouveau dans son approche du sujet, malgré un manque d'approfondissement et de diversité des personnages, qui semblent tous faire partie de la même famille, en résumé d'une certaine platitude dans la démonstration de son leitmotiv - qui passe très bien malgré tout, je vous rassure ! - que l'on pourrait presque pardonner.
Dans son troisième long-métrage sorti en 2006, Christophe Honoré n’avait pas encore épuré son cinéma des lourdeurs stylistiques et des références empesées qui pouvaient polluer son œuvre – la référence appuyée au Domicile conjugal de Truffaut avec la lecture post-coïtale dans le lit, merci, on a compris ! Tantôt agaçant, tantôt plus réussi grâce à des fulgurances bien senties et des choix de mise en scène audacieux, Dans Paris nous plonge quelques heures dans la vie d’un trio composé d’un père célibataire et de ses deux fils, bousculés par le retour au domicile de l’aîné, profondément dépressif suite à une rupture sentimentale douloureuse. Cela suffira pour faire émerger les blessures d’un lourd passé commun marqué par la perte d’une sœur. Pourquoi pas.
Au bout de 30' de visionnage, j'attends tjs une action, un intérêt pour les personnages, caricatures de petits bourgeois parisiens pleins d'état d'âme, donc la seule prestance est de montrer leur culs ( forts mignons au demeurant). Christophe Honoré s'est fourvoyé ds ce scénario, dommage car en général j'apprécie plutôt son cinéma. Et qd je relis les critiques de l'époque, j'en reste pantois de complicité bienveillante !
C'est une histoire un peu vague, et même c'est un film dépourvu d'histoire, organisé autour de séquences désordonnées que forment de petits numéros d'acteurs insolites, de petits excercices de mise en scène volontiers saugrenus. En guise de prologue: la relation et les fâcheries entre Paul (Romain Duris) et sa copine Anna, succession de scènes sans chronologie qui stigmatisent astucieusement les intermittences du coeur. spoiler: Puis la rupture enferme Paul dans la dépression et dans sa chambre.
La comédie est émaillée de réferences et clins d'oeil à Godard -spoiler: son côté farce lorsque le frère de Paul s'adresse au spectateur ou dans les élucubrations du même avec sa petite amie- et à Truffautspoiler: (avec ce pastiche d'une scène fameuse d'Antoine Doinel). Mais ce n'est pas le tout d'avoir des références ou des admirations. Pas assez significatif pour faire une comédie de moeurs, pas assez profond et étayé pour faire de vrais portraits, le film de Christophe Honoré poursuit un dessein indéterminé. Et j'ai fini par me désintéresser de ces personnages prisonniers d'un formalisme mi-bouffon, mi-intimiste, de conversations indifférentes et stériles dont on ne voit pas quel sens ou enseignement elles recouvrent. Honoré donne parfois le sentiment de faire son intéressant à travers une dialectique absconse et vaine. Il s'offre peut-être là des figures libres et un plaisir de cinéma, qu'on ne partage pas forcément.
Un film mélancolique dans lequel Romain Duris est une fois de plus très bon. Comment ne pas partager sa tristesse ? Guy Marchand est très touchant dans son rôle de père aimant et maladroit,qui ne sait ce qu'il doit faire. Si vous aimez les films d'action, "Dans Paris" n'est pas pour vous. Mais si vous appréciez un cinéma intimiste qui parle de sentiments et de relations entre les gens vous risquez de passer un très bon moment.
C'est à cause de ce genre de film que le cinéma d'auteur a parfois mauvaise réputation auprès du large public, qui l'attribue souvent volontiers à un cinéma chiant et (pseudo-) intellectuel. Bien sûr, tout ceci est faux, il n'empêche que Dans Paris est un peu la caricature même de cette fausse image. Elipses, non dit, dialogues incongrus quand il ne s'agit pas de non dit lourds de sens, de regards qui veulent dire beaucoup etc. Avant de vouloir filmer, il faudrait peut être avoir quelque chose à raconter. Au bout de 30 minutes j'en avais déjà marre, alors j'ai regardé la fin du film d'un oeil plus ou moins attentif. Je préfère très largement les chansons d'amour du même réalisateur, un film beaucoup moins prétentieux et beaucoup plus intéressant à mon avis.
En sinscrivant dans la droite lignée de la Nouvelle Vague, Christophe Honoré signe avec Dans Paris un film incontournable. Pourquoi incontournable ? Car ce mélange démentiel de drame intimiste dur et de séquences délicieusement burlesques fait mouche à tous les instants, notamment grâce aux talents de trois acteurs en état de grâce : Romain Duris (saisissante séquence de dépression où il écoute un vieux 45 tours de Kim Wilde), Louis Garrel et Guy Marchand. Même si la narration est brutale et que les personnages sont parfois extravaguants, on ne peut que sincliner devant une telle prise de risques qui ne traduit quun amour fou pour le cinéma de la Nouvelle Vague. Un film nécessaire à notre époque donc !
Que dire du film « Dans Paris »…C’est un film très touchant où l’on suit un passage de la vie d’une famille composé d’un père et de ses deux fils. Un père inquiet, un fils dépressif et un autre qui prend la vie avec beaucoup de légèreté.
Louis Garrel excel une fois encore dans ce fils. Il porte le film de par son charisme et son jeu impeccable. Romain Duris, lui aussi joue très bien son rôle…Il arrive même à être touchant et crédible (ça change). Quand à Guy Marchand…Vraiment impeccable. Un casting de qualité pour un film de qualité !
La musique d’Alex Beaupain est envoûtante et nous transporte. Elle donne une dimension intéressante au film.
Ce film est vraiment beau même si les 20 premières minutes du film sont étranges…Il est difficile d’adhérer au film tout de suite…Passé ce début lourd et quelque peu stressant, dites vous que le film démarre réellement et que vous allez passé un très bon moment. J’ai vraiment été agréablement surpris.
Passées les 10 premières minutes un peu flippantes avec ses dialogues philosopho-ABproductionesques, "jetaiméjeséketumaim" pas forcément très naturels. "Dans Paris" m'a beaucoup touché. Honoré se (nous!) fait plaisir en osant introduire dans son film réaliste des moments complètements décalés qui passent très naturellement dans le déroulé du récit. Ainsi on a droit à une chanson au téléphone, à deux dialogues directement au spectateur... Les relations entre Duris (parfait au bout du rouleau) et ses parents (Marchand et Pisier, délicieusements attachants et casses-burnes)sont ce que j'ai trouvé le plus réussi. Si j'étais beau, je voudrai être Louis Garrel, c'est décidé !! (même s'il sent mauvais) Il apporte une bouffée de fraicheur bienvenue, en réponse aux scènes en huis-clos etouffantes, de l'appartement ou son frere vit reclus. Du coup, il me tarde de voir les "chansons d'amour" d'Honoré
Si "Dans Paris" avait été réalisé dans les années 60 , cela aurait été inévitablement un film emblématique de La Nouvelle Vagues réalisé par Jean-Luc Godard. En effet ce petit film plein de fraîcheur et de bohême , avec une musique entêtante jazzy en fond , comporte quelques points de La Nouvelle Vague , les acteurs s'adressant au public , Paris vu sous toutes les coutures et des personnages sympathiques mais cachant une profonde détresse , tout cela nous fait immédiatement penser à A bout de souffle. Néanmoins ce film déroute au départ et ne nous laisse présager rien de bon , si ce n'est un film lourd et difficile à suivre et puis non tout devient léger , amusant , volubile , la mise en scène de Christophe Honoré devient pure et douce et surtout les acteurs épatant de naturel Louis Garrel en tête et Guy Marchand absolument délicieux en père désabusé et grognon (une nomination ou un césar du second rôle n'est pas impossible). Bref c'est un petit film au commencement poussif mais qui se bonifie très vite et qui se regarde avec beaucoup de plaisir.