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Un visiteur
4,0
Publiée le 1 novembre 2006
Film à voir quand on a un petit coup de cafard et qu'on se sent seul. Christophe Honoré a eu la bonne idée d'utiliser le regard caméra pour impliquer le spectateur dans le film, ce qui est réussi. Par contre il y a quelques contradictions dans le scénario, doublées d'une morale un peu facile sur la tristesse.
Avec Dans Paris Christophe Honoré réalise un film intimiste, sobre, facon Nouvelle Vague qui met en avant l'amour et ses differentes représentations. En effet c'est petit film plein de fraîcheur et de bohême, avec une musique entêtante jazzy en fond, sans oublier les morceaux rock de Girls in Hawaii et Metric (rock made in Belgium en force). Au chapitre des imperfections, la première partie du film qui suit les disputes de Paul et Joana est longuette et pénible à regarder. Heureusement, le réalisateur multiplie les clins d'oeil et les artifices cinématographiques. Citons notamment Jonathan apostrophant les spectateurs en début de film, une court scène de muet avec sous-titres, ou encore une chanson au téléphone. Le tout est tourné « à l'ancienne », avec un petit générique désuet, des scènes d'intérieur tournées dans un appartement au décor marron seventies. Les personnages principaux sont tous très attachants. On retrouve notamment avec plaisir Guy Marchand, parfait en retraité un peu à coté de ses pompes qui ne pense qu'à sa cuisine, et Marie France Pisier, malheureusement trop rare au cinéma, dans un petit rôle. Romain Duris est impeccable comme toujours, mais c'est Louis Garrel, lumineux et énergique, s'exprimant à la manière pédante d'un étudiant en lettres qui veut se donner des airs d'intellectuel, qui satellise littéralement le film autour de lui, bien qu'il se défende d'emblée d'être le héros de l'histoire.
Je suis un vilain, je critique un film dont je n'ai vu que la bande annonce, mais dont j'ai bien saisi la tonalité générale et que je ne puis plus attendre de critiquer, la raison étant qu'il comporte un hommage vibrant à une rockeuse chère à mon coeur qui se reconnaîtra. Dans Paris est une oeuvre sensuelle et sensitive, à l'image de la Blonde perdue au Cambodge, servie par de bons comédiens, à commencer par le toujours sympathique Guy Marchand. A regarder la nuit, voir toutes les nuits, pour que plus jamais la nuit ne soit sans...Kim Wilde.
Prenez une famille ordinairement mélancolique, les parents séparés, un deuil encore récent, des relations particulières entre deux frères... bref du bonheur pour un scénariste inspiré. Mais ici, il y a tant defforts pour briser lémotion potentielle, que le réalisateur parvient (avec laide, il faut bien le dire, de dialogues littéraires tout à fait irritants), à nous désintéresser de ses personnages. Pourtant, beaucoup de qualités émergent : une incontestable profondeur de lanalyse des traumatismes familiaux, un Guy Marchand énorme et faisant passer lémotion malgré le texte, des idées de mise en scène vraiment originales. Mais lensemble laisse une impression bien lourde, ampoulée, gavée de références dont on se passerait bien. À côté de quelques jolies scènes, on le droit à des séquences complètement fabriquées, artificielles, où lon se dit que tout cela est bien long.
Je suis assez déçue. J'ai préféré Les Chansons d'amour au niveau du scénario. En revanche j'aime la mise en scène. Le montage est, selon moi, vraiment bien manié. Les acteurs jouent très bien. J'ai beaucoup et j'ai toujours aimé lorsque le spectateur est impliqué dans le film. Ici Garrel commence le film par une "introduction" impliquant directement le spectateur, s'adressant a lui. Et une des dernière séquence est très forte, je parle bien sur de la chanson au téléphone. Romain Duris quant a lui est très bon dans ce rôle de dépressif. Un film pas inintéressant a voir.
Ce film est un exercice de style extrêmement réussi, tandis que le scénario est en soi plutôt léger, cela laisse brillamment aux spectateurs face à leur sentiments, à l'empathie qu'il peuvent soudainement ressentir pour les personnages. Ce scénario si léger qui d'ailleurs nous rend encore plus familier envers les personnages s'appuie sur ce dicton énoncé dès le début : "Prends la peine d'ignorer la tristesse des tiens" nous reste et nous tient tout le film, perturbant, vivant. Kim Wilde commence à résonner dans la chambre et on est alors face à un Romain Duris jouant plus que bien son personnage, avec qui on a envie de chanter, comme si Cambodia était un boule de feu face à la neige dans Paris, la vie face à la mort, la joie face au désespoir. C'est en cela que ce film est touchant, les liens familiaux, plus mis à nu vers la fin du film, sont mêlés à cette histoire d'amour, que le personnage de Romain Duris nous fait revivre, ressentir. Ces deux frères qui semblent si cruel envers leur père sont finalement très touchant, proche, complice. La morale de Guillaume (R. Duris) à la fin du film m'a éblouit, dévasté même... spoiler: "Il faut nourrir sa tristesse"
Un des beaux films français de 2006. Une vraie source de cinéma, renaissance nouvelle vague, dans laquelle acteurs et construction s'en donnent à coeur joie pour faciliter la prise de conscience de ce que veut dire être humain. Les principes narratifs quasiment improvisés et les images au sens décadré, la B.O. suave et les comédiens libre, "Dans Paris" est une belle preuve de l'art conceptuel crédible et libéré de tous les poids primaires. Dans Paris, capitale de l'amour, l'on y entre ici en passant par la porte des hommes, leurs faiblesses et leurs larmes, leur bêtise et leur amour(s). Une espèce de tombeau où s'apaisent les regards meurtris et violés, un centre de rééducation dans une famille qui sombre, du chagrin au sourire. Un rayon de soleil permanent troue le film, et malgré ses longueurs, le porte haut dans le ciel, étincelant comme l'accomplissement entre les êtres aimés.
Très bonne performance des acteurs, dans un décor réaliste et beau.. mais le scénario est pauvre, l'histoire tourne en rond, on attend une chute qui n'arrive pas, le style narratif utilisé est désagréable.
"Dans Paris" commence divinement, avec une audacieuse apostrophe directe au spectateur, portée par un Louis Garrel magique (.. et qui le restera tout au long du film : il est tout simplement la lumière qui illumine "Dans Paris"). La suite sera une succession de moments enchantés - la filiation Godard-Truffaut-Demy, peut-être trop clairement revendiquée pour ne pas emmener le film vers la citation pure et simple... - et d'instants parfois bouleversants (en particulier l'amour qui se dévoile entre les deux frères) mais la plupart du temps assez laborieux : il faut avouer que, comme dans "Ma Mère", Christophe Honoré semble avoir du mal à trouver une vraie justesse dans l'âpreté (n'est pas Pialat qui veut...). On aurait aimer adorer "Dans Paris" sans arrière-pensées, on se contentera de quinze minutes de grâce, quasiment toutes dûes à Louis Garrel, merveilleux ange "Doinelien". Ce n'est déjá pas si mal.
Dans Paris est un film atypique qui fait la part belle à l'élan créatif, aux ruptures temporelles et à toutes les audaces scénaristiques. Au premier abord, cela nous séduit: le ton est décalé, tragi-comique et inhabituel. Puis, la surprise laisse place à la lassitude. Le côté trop théâtral du film, son verbiage littéraire, son élitisme assumé le rendent moins accessible, trop intellectuel. Succèdent alors à de très jolis moments (cf. la scène au téléphone), des scènes plus médiocres, moins inspirées, trop écrites. Romain Duris, ainsi que l'ensemble des acteurs - avec un petit bémol néanmoins pour Louis Garrel - est très impliqué et convaincant. Une infinie tristesse -trop glauque, trop réaliste- se dégage de cette oeuvre et plombe entièrement le film. Cependant, la réalisation respire l'inventivité et nous offre des passages d'une réelle beauté artistique. Le problème, en fait, réside dans le propos trop lourd et beaucoup trop mis en scène pour nous toucher au coeur.
Grâce au Festival Télérama, vous pouvez voir ou revoir les meilleurs films de l'année. Selon moi, ce ne sont malgré tout pas les meilleurs. Mais après Little Miss Sunshine, la surprise nous vient d'un petit film francophone, Dans Paris, maitrisé avec charme par Christophe Honoré. Romain Duris a gagné en maturité dans ce rôle dur de dépressif. Ca faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vu et on est subjugué. Après le succès mérité de De battre mon coeur s'est arrêté et Les Poupées Russes, il ne s'est pas arrêté en si bon chemin. Même si Dans Paris est de moins bonne qualité, on ne pourra pas lui reprocher d'avoir essayé. Louis Garrel, méconnu au cinéma, arrive avec une fraîcheur toute nouvelle dans ce film à l'état brut. Une belle surprise. J'aime beaucoup le jeu du père, également extra. On ne voit pas le temps passer. Ceci dit, le scènario n'est pas d'une grande richesse, les actions sont un peu faites à la va-vite, et la musique n'est pas magique. Le titre fait donc rapport au pari que lance Jonathan à Guillaume, mais je trouve qu'on ne passe pas assez de temps, justement, Dans Paris. Certains styles donnés par la caméra sont assez originaux, notemment les effets miroirs, l'effet de la vitrine, avec Louis Garrel devant... J'aimé énormément Duris cloué au lit en train de chanter, et celle ou Duris et Preiss se redéclarent leur amour au téléphone, en chantant toujours. Bref, un film qui ne révolutionne rien, mais que l'on oubliera surement pas.
Un film qui divise, et c'est normal. Un film qui ose, ce qui dérange le spectateur habitué au linéaire, aux dialogues structurés, à la musique d'ambiance , aux scénarios ficelés. Un film qui prends ouvertement le pari de déranger, tel ce regard caméra sacrilège de Louis Garrel ou ce dialogue téléphonique qui vire aux "Parapluies de Cherbourg". Un film qui n'échappe pas complètement à la mode Amélie Poulain, avec ces rencontres successives du même Garrel avec 3 jeunes femmes dans un style semi fantaisiste. Mais un film profond, un film dur, sous des dehors de comédie et de fantaisie. Le personnage de Romain Duris, à mon avis dans son meilleur rôle, plus convainquant en homme aux abois qu'en boute en train, est amené par la description crispée, volontairement saccadée, de ses relations houleuses et passionnées avec une jeune femme. La séparation logique et le retour à Paris, chez son père, débouche sur une grave mélancolie, et le frère essayera de le sortir de cette impasse. Le ton est sans arrêt entre le rafraischissant (louis Garrel), l'humour (excellent Guy Marchand), le pathétique (toujours excellent Guy Marchand), la comédie sentimentale, le fraternel, et le tragique (la depression et le suicide). Grâce soit rendue au réalisateur d'avoir semble t'il laissé une certaine improvisation (ou en tout cas d'en avoir donné l'impression ) aux interprètes, rendant les situations, les dialogues, plus vrais, plus touchants. C'est par le style que, le plus souvent, un film s'impose, beaucoup plus que par l'intrigue. C'est encore une fois vrai.
Déception par rapport aux critiques positives que j'avais lues. Je trouve ce film spécial... Trop spécial. Il n'y pas vraiment d'intrigue, ce film n'est pas très prenant voire ennuyeux. Toutefois, trois scènes méritent d'être vues : le même Romain Duris chantant dans son lit "Cambodia", sautant plus tard dans la scène de manière imprévue et enfin lisant l'histoire touchante du lapin et du loup à son frère.
Un des sommets cinématographique de cette année 2006, un film à premier abord étrange : un titre qui laisse perplexe et une histoire à première vue sans grand intérêt. Sauf que ce scénario intelligent est remplie d'une finesse habité par des personnages attachants merveilleusements interprétés et accompagné par un jazz qui colle très bien au caractère du film, à la fois triste et sensible et agité par éclats. Bien que l'ensemble peine à demarrer, on se laisse vite entraîner par la mise en scène posée qui met en valeur des comédiens dans des rôles tragi-comiques confrontés à des situations simples mais parfois oniriques et souvent magiques. Laissez vous emportez par cette oeuvre réfléchie et qui offre une belle reflexion sur la vie et ses instants tristes, qui démontre les talents d'Honoré une nouvelle fois.