Le film est imprégné de références à la Nouvelle Vague, c'est sûr, on en sort la première fois quelque peu agacé... - mais on y retourne (parce que quand même, dés la première fois c'est assez épatant), et à la deuxième vision tout passe merveilleusement, parce qu'Honoré joue finalement très bien de ces vieilles astuces, les remanie à sa guise, et l'ensemble apparaît comme une oeuvre harmonieuse, originale et... remarquable.
Oscillant entre rires et larmes, des fantaisies amoureuses de Jonathan aux terribles autoportraits photographiques de Paul, de la sollicitude appuyée de Guy Marchand en papa bourru (je veux le même ! ;-)) à la désinvolture de l'ancienne Colette qui traverse le navire familial en coup de vent, on sourit, on est ému, on rigole, on pleure, on s'y croit, dans cet appartement sans âge, minutieusement décoré en camaïeu de marron, on traîne aussi dans la chambre qui fleure franchement le tabac, à écouter des vieux tubes très 80's en vinyle et à relire des livres de mômes (Loulou, indémodable), on sent l'odeur du café et du bouillon de poule, on voudrait décorer le sapin aussi, on frissonne parce que la Seine est froide, quand même, en décembre, et on lâche une larme en se disant que c'est chic d'avoir un frère qui vous prend dans ses bras comme le jeune écervelé, là (je veux le même aussi... ;-)). Et puis les portables c'est nul (et fragile...), alors la chanson avec un téléphone à fil est vraiment formidable :o)
Vivement la re-sortie !