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Emmanuel Cockpit
91 abonnés
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1,0
Publiée le 29 novembre 2021
Un film sans queue ni tête, aussi brumeux que la neige qui n’arrête pas de tomber, et ce malgré un casting de prestige. La malice de Sabine Azéma, la tendresse d’André Dussollier et la présence de Pierre Arditi ne suffisent pas à donner du corps à un scénario inexistant, une mise en scène sans intérêt, et un Lambert Wilson aussi crédible dans son rôle de militaire que Woddy Allen dans celui d’un champion du monde de boxe.
Grosse déception.Papy a de la suite dans les idées,mais tout de meme,grosse déception.Dieu que l'exercice devient énervant et vain à cause de cette mise en scène théatrale à mourir de prétention,et que le film devient lourd et long à cause de ses dialogues à l'eau de rose et à ce cadre léché à mort qui ne l'est pas moins...trop mis en scène,"coeurs" devient desfois meme insupportable par tant d'incohérences et de niaiserie supposé s'apparenter à de la sincérité.Malheureusement,l'ambition du projet a visiblement dépassé le vieux Resnais,pourtant talentueux réalisateur,qui s'est laissé aller au gré de cette loooongue pièce,en l'adaptant en un loooong film,que les acteurs sortent du naufrage avec une grâce incomparable.Tout est trop calculé,trop distant pour toucher,et l'émotion est trop interiorisée.Le film est surtout insurmontablement répétitif,et,avec beaucoup de courage,je vais comparer ça avec "les feux de l'amour",dont le film s'est inspiré(?).Et non,s'il vous plait,chères critiques que j'adore,j'adule,et j'en passe,non!la mise en scène de "coeurs" n'est pas d'une extrême intelligence.Elle est prétentieuse,nuance.Tout respire fraichement le studio neuf(aspect évidemment volontaire),et j'ai trouvé ça pour ma part extrêmement dérangeant,ainsi que la musique déplacée et les mouvements de caméra/et plans un peu gratuits.Et oui,Resnais s'est planté,ça devait arriver!
Tout simple et tout charmant,Alain Resnais réalise une fois de plus ce qui est pour moi un chef d'oeuvre.Les personnages,tous à la recherche de l'amour,apparaissent sans défense,avec leurs rêves naifs d'amour et se livrent aux spectateurs avec sincérité.On y retrouve tous des personnes qu'on connaît,des côtés de nous-mêmes,des situations qu'on a vécues où qu'on vivra et c'est ce qui fait le charme de ce film enneigé et appaisant.
Un film raté, au scénario très mince, aux personnages stéréotypés et sans grande profondeur, parfois caricaturaux. Seul Pierre Arditi parvient à tirer son épingle du jeu. Pour le reste, c'est ennuyeux et prévisible.
Avec Cœurs (d’après Peurs privées en places publiques d'Alan Ayckbourn), à 84 ans Resnais nous surprenait à nouveau, filmant dans une atmosphère surréelle de néons, de vitres, et baignée de neige, six personnages en quête d’eux-mêmes, six destins croisés dont celui de l’un est amené à bouleverser celui de l’autre. Il rompt avec la narration classique, dans une sorte de jeu de miroirs que n’aurait pas renié Cocteau. La mise en scène en cinémascope, d’une modernité inouïe, utilise comme à son accoutumée chez lui des décors factices de studio (Providence, La vie est un roman, Smoking…), tels ceux d’une comédie musicale ou d’un film hollywoodien de Douglas Sirk, afin de créer un trouble, de faire éclore les situations les plus insolites. Labyrinthique à souhaits et visuellement somptueux, notamment dans le travail sur la couleur, Cœurs est l’œuvre d’un jeune homme pour lequel le cinéma n’a jamais cessé d’être un laboratoire d’expérimentation, nous invitant une nouvelle fois à entrer dans son imaginarium.
Alain Resnais aime le théâtre. Il nous l'a déjà montré et le montre une nouvelle fois en laissant Jean-Michel Ribes adapter une pièce d'Alan Ayckbourn. Le résultat est, comme toujours, surprenant : reposant sur un schéma assez simple, Resnais truffe son film de décors un peu artificiels et le ponctue de rencontres. Les dialogues et les situations sont aussi drôles que mélancoliques et Ribes traduit bien cet aspect un peu banal de la vie, sans cesse remplie de rencontres, fructueuses ou non. Mais le vrai cœur du film, ce sont ses acteurs : Sabine Azéma, André Dussolier, Pierre Arditi, Lambert Wilson, Isabelle Carré et Laura Morante sont tous excellents dans leur registre et donnent aux dialogues et à la mise en scène toutes leurs dimensions. Et puis pour le plaisir, il y a la voix de Claude Rich, si reconnaissable qui donne vie à un personnage vraiment odieux.
Cœurs est un très bon film d’Alain Resnais. Le film est original, les images sont excellentes, le scénario est travaillé, recherché et intéressant, la mise en scène du réalisateur est irréprochable et pour finir, les acteurs comme Sabine Azéma, Lambert Wilson, André Dussollier ou encore Pierre Arditi sont parfaits dans leurs rôles. Bref, vous l‘aurez compris, c’est à voir…
Alain Resnais nen finira jamais de nous éblouir. Il signe avec « Curs » lun de ses films les plus personnels et le plus fort depuis quelques années. Profond et malicieux, il nous parle autant par ses frasques que par la mélancolie omniprésente planquée au coin dun décor.
Sa mise en scène, en plus dêtre, comme à lhabitude, très réfléchie et précise, prend des envolées espiègles donnant à lensemble un aspect aérien propice à ce chassé croisé permanent des personnages. Le scénario tient également de lexquis. Il est taillé comme un diamant dont chaque facette reflète limpidement un éclat de rire ou de pleurs, quil diffuse au gré de dialogues incisifs.
Cette grâce est complétée par une interprétation quon ne présente plus. Il sest entouré de ses acteurs fétiches auxquels vient sajouter Isabelle Carré et Laura Morante. Toutefois, il y avait très longtemps quAzéma, Arditi et Dussollier, le trio de fidèles de « Mélo », navaient atteints de tels sommets de justesse et démotion.
Cette pléiade de personnages est intentionnellement décalée dans notre monde actuel, la lumière qui les accompagne est diaphane ou voilée. Ils sont en quête dun espoir qui gît dans leur passé et peu opportun à lavenir. Comme signe de la fin dune époque. Et lon sinterroge alors sur les intentions de Resnais A un point tel que lon pourrait considérer « Curs » comme un film testament. Si tel nest pas le cas, il nen reste pas moins vrai que cest un chef duvre.
Beau film d'un Alain Resnais qui ressemble de plus en plus à Jacques Demy. Belle relecture croisée de "L'Amour à mort" (le film pourrait s'appeler comme ça d'ailleurs), et d'"On connait la chanson" - même "Muriel" est évoqué par le côté urbain du quartier de la BFM et les rapides plans de coupe en intérieur. Beau film-somme en fait, que je nommerai comme de "l'élégamment désespéré". Mais voilà, au-delà de cela, de tout ce que j'apprécie formellement, Resnais ne transporte plus comme il fut capable de transporter. Il ne retrouvera jamais la force tellurique d'un "Hiroshima", d'un "Marienbad" ou d'un "Oncle d'Amérique". Il le sait, ça se sent dans son film, qui se recouvre lui-même d'un voile de renoncement, d'un voile de mort symbolisé par la neige. Dans "On connait la chanson", des méduses venaient avec parcimonie couvrir certains plans d'intérieur bourgeois. Ces méduses ont maintenant pris totalement possession de l'écran.
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3,0
Publiée le 26 juillet 2010
De la neige, beaucoup de neige...Trouvant un ton bien à lui, assez singulier, "Coeurs" a des allures de film testamentaire qui renvoie au merveilleux! La mise en scène d'Alain Resnais est d'une invention dèconcertante, tant au niveau des èclairages, des mouvements de camèra, de la musique choisie, des ambiances intimistes restituèes! Dans "Coeurs", l'hiver est omniprèsent, les transitions se font avec de la neige, les personnages sont très souvent couverts de neiges avec des couleurs froides qui nous accompagne pour ne plus nous lâcher! Resnais utilise la technique pour nous faire ressentir la position de ses personnages! Les comèdiens sont excellents, d'Andrè Dussolier à la rigolote Sabine Azèma en passant par la magnifique Isabelle Carrè et Lambert Wilson! Seule Laura Morante semble effacèe! Dialogues savoureux, humour imparable, mètaphysique, psychologie, ètrangetè, bienvenue dans les chassès-croisès de six bernard-l'ermite aux abois...
Avec "Coeurs",le délicat Alain Resnais livre une oeuvre subtile et profonde.Il s'intéresse aux destins croisés de 6 personnages en quète d'amour quel qu'il soit.Pour sa démonstration,il s'entoure d'un casting d'habitués,tous jouent parfaitement et nous touchent.André Dussolier agent immobilier neurasthénique dont la flamme se réveille.Sabine Azéma catholique convaincue désirée et désirable.Pierre Arditi barman encaissant les coups de la vie sans broncher.Isabelle Carré migonne célibataire à la recherche du grand amour.Lambert Wilson oisif ex-militaire alcoolique.Laura Morante qui met un terme à son couple pour aller de l'avant.Ces 6 destins affrontent leurs peurs,leurs doutes et leur solitude.Tout cela dans un Paris enneigé symbolisant la pureté des sentiments.Resnais fait vraiment ici un travail d'orfèvre,et ces assemblages de saynètes nous prennent justement au coeur.
Alain Resnais traduit la pièce d’Alan Ayckbourn «Private fears in public places» par «Cœurs» (France, 2006). Cette adaptation du titre souligne le choix esthétique auquel Resnais soumet l’œuvre originale. Plutôt que d’aborder une intrigue amoureuse, à l’instar de la pièce de théâtre, Resnais réalise son film en centrant ses formes sur la duplicité motrice des âmes. Le génie de Resnais, celui de moduler son langage formel au profit du récit, franchis là un sommet que seules quelques une de ses œuvres avaient atteint. «Cœurs», qui retrouve un certain solennel absent de «Pas sur la bouche», ne parle pas d’amour, ou s’il en parle ce n’est pas pour lui-même mais pour mieux accentuer les motivations des sentiments. S’ouvrant sur un Paris taris sous la neige, Resnais succède au long travelling envolé le très gros-plan de deux bouches, de deux paires de lèvres masculine et féminine. Dans la masse, Resnais nous parle d’individus, d’une poignée de gens. Les protagonistes ne prétendent pas à l’exhaustivité mais sont exemplairement représentatifs sur les vicissitudes de l’âme. Tout cœur y est en proie à la dualité. Cette dichotomie des âmes est induite formellement par la scission en deux parts qu’engendre un obstacle. Quand Dussollier flirte avec Azéma au bureau, c’est toujours au travers d’une paroi de verre que commencent leurs dialogues. Il y a très souvent des objets qui distancent les personnages entre eux. C’est une grisaille qui abrite les intentions. L’essence de chacun est le grand absent du film. Le blanc nacré des neiges flottantes à l’extérieur qui parasitent la ville et voile le dehors est ce fantôme hantant les paysages et dissipant les cœurs. Personne n’apparaît comme il est vraiment, et cette neige sempiternelle est l’une des plus belles représentations du cinéma de Resnais pour illustrer l’entre-deux de chaque être, la profusion des caractères en chacun, le refus total de la stabilité.
J'ai trouvé ce film remarquable, c'est vrai que les transitions entre les differentes scènes sont superbes, cette neige qui tombe, et cette petite musique de fond... Magnifique n9.gif
Spoiler:
Moi je pense en fait qu'Azéma et la representation du diable ou en tout cas d'un personnage maléfique de la bible vu qu'elle est croyante a 100% (je ne sais pas comment il s'appel dans la bible). A la fin elle seule est "heureuse". Tout le monde a tout raté ce qu'il voulais entreprendre. Tout le monde se retrouve encore plus paumé qu'au début du film sauf Azéma (qui joué très bien. Comme tous les acteurs choisis d'ailleurs.). Elle rend tout le monde fou, son collègue, son "patron", le père du "patron".
Dussolier retouve son emploi d'on connait la chanson c'est a dire, agent immobilier. Vraiment je n'ai pas du tout été decue et même plutot contente.
Encore un chef d'oeuvre de Mr ALAIN RESNAIS ! Un petit bijou plein de charme ... qui peut être traine en longueur par moment .. mais le résultat est plus que brillant , les acteurs sont à point et le scénario est purement du Resnais ! UN FILM A NE PAS MANQUER
Un conte sur la solitude de êtres, dans l'athmosphère ouatée d'un Paris enneigé et des décors surannés aux relents de seventies. Dommage que la fin nous laisse un peu sur notre...faim. On aurait aimé en savoir un tout petit peu plus sur les différents personnages et surtout sur l'innénarable Charlotte, interpretée par Sabine Azéma. Mention spéciale également à André Dussolier, irrésistible dans son rôle d'agent immobilier coincé, à la vie aussi triste qu'ennuyeuse.