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Un visiteur
1,5
Publiée le 18 novembre 2014
Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis) est un prospecteur de pétrole. Il a un jeune fils qui l'accompagne partout où il va. Un jour, un jeune homme, Paul Sunday (Paul Dano) lui dit que les terres de ses parents sont très riches en pétrole. Daniel s'y rend, commence à tout acheter à bas prix et à exploiter les terres. Les relations se tendent peut à petit avec Eli Sunday, frère jumeau de Paul, prêcheur à l'américaine de l'Église de la Troisième révélation. Un jour, un accident sur le forage rend le fils de Daniel sourd. Ce dernier va sombrer lentement dans la violence et la folie.
La musique du film est très étrangement gérée. Souvent très présente par moments, très dissonante, ou bien très rythmée, ou alors très lyrique et romantique, elle n'a jamais l'air de réagir à la scène que l'on a sous les yeux. Parfois elle crée une tension qui fait attendre le pire dans des moments anodins, elle souligne avec emphase des moments qui ne le méritent pas... J'ai eu du mal à comprendre son rôle et son intérêt autrement que démonstratif (« regardez comme c'est puissant ce que je suis en train de faire »).
Et c'est peut-être un des défauts du film : la conscience (ou moins la volonté) qu'a Paul-Thomas Anderson de faire un Chef d’œuvre, et la complaisance qu'il peut y avoir à ça. Tout est lent, tout est souligné, tout est puissant. À ce titre, le début du film est parlant : 15 minutes sans un seul dialogue à regarder des types descendre dans des mines et creuser des puits de pétrole. À un moment la question est : où veut-il en venir ?
Et à la réflexion, c'est une question qui reste en suspens. Le personnage principal, autour duquel tourne tout le film, est haïssable, obsédé, violent, fou, sans qu'on ait de clés qui permettent de comprendre ce qui lui arrive : je pense aux revirements vis-à-vis de son fils, entre amour et rejet, qui surviennent sans raison apparente. Et comme les autres personnages sont plus ou moins des figurants (hormis Eli le prêcheur), il n'y a à peu près aucun personnage pour le rattraper. Je n'aime pas spécialement les œuvres psychologisantes, où on passe le temps à nous expliquer les raisons de telles et telles actions. Mais ici c'est l'inverse : Daniel Day-Lewis crie, gesticule, transpire, vocifère, pleure, mais c'est un personnage tellement énigmatique qu'il finit presque par perdre son sens. Et si son seul « sens » c'est de haïr l'humanité entière, ce n'est pas très intéressant. De la même façon j'ai trouvé l'intrigue avec Eli assez mal traitée, peu exploitée, assez grossière en somme.
Au final on garde du film la description très sombre, noire, pessimiste et un peu vaine d'une humanité tragique, violente, bête et cruelle. Ça manque de finesse et de profondeur pour moi. Si j'ajoute que je n'avais pas aimé Magnolia non plus, je pense pouvoir dire que je n'aime pas le cinéma de Paul-Thomas Anderson.
Film acclamé à sa sortie comme un chef d'oeuvre, il vaut peut être mieux tempérer les choses. On retrouve une ambiance très "scorsesienne", porté par un Daniel Day-Lewis extraordinaire et effrayant, une photo parfaite, claire et lumineuse, qui contraste avec l'atmosphère poisseuse noyée dans l'or noir. La musique, dissonante et décalée ajoute une douche psychédélique. Rien à redire sur la forme, classique et impeccable. Mais on ressort de ce film pas tellement convaincu, même si la dernière demie heure, à partir de la dernière ellipse est proprement fabuleuse. Les deux heures précédentes sont presque creuses. La relation entre le père et le fils n'est pas assez explorée, trop superficielle pour être crédible,spoiler: si bien que l'épisode qui confronte le fils adulte et le père vieilli et alcoolique, quand ce dernier le renie, n'est pas aussi percutant qu'il aurait pu l'être. Les (multiples) confrontations entre Daniel et le pasteur restent des ébauches de confrontations. C'est un film avant tout sur le rapport de l'homme à l'homme (à l'autre, et à lui même) spoiler: (cf la phrase de Daniel : "je n'aime pas les gens") , mais qui en fait ne traite de l'homme que par courtes séquences. L'égoïsme de Daniel, sa soif de pouvoir et de richesse, son arrivisme, paraissent parfois sortir de nulle part. Et du coup, on reste un peu sur sa faim. La prestation de Day-Lewis semble presque vaine, et on a l'impression que le film n'est pas exploité jusqu'au bout. Finalement, c'est un bon film, bien dirigé, esthétiquement très soigné, mais qui manque d'âme. Pas un chef d'oeuvre, donc.
Classicisme de la mise en scène, scénario fabuleux, Day Lewis est fabuleux et ne surjoue pas malgré un rôle qui aurait pu être casse gueule pour un autre acteur. Certaines scènes sont carrément hallucinantes (le feu du puit!!! l'inauguration de l'église avec Day Lewis à genoux avec la lumière!!!). Un film FORT.
Une histoire dans laquelle on rentre facilement et où l'on découvre les joies de la ruée vers l'or bleu. Les petits gens qui sont arnaqués soi-disant pour "leurs terres" alors que coulent des millions de dollars sous leurs pieds. Le film s'avèrera au final un peu long mais très bon. Daniel day-lewis nous livre un personnage dantesque !
Je ne peux que m'incliner face à un tel monument de cinéma. La mise en scène et les personnages étant particulièrement poignants renforcés par une musique magistrale. Tous ces éléments permettent l'immersion la plus totale. J'aurai presque envie de me le revoir de suite. Buffé.
Un très bon film dramatique porté par une excellente interprétation de Daniel Day-Lewis ( Oscar du meilleur acteur pour ce rôle ), effrayant et attachant à la fois ! Je conseille ce film à tout amateur de films cultes car s'en est un . Si je devais reprocher une chose au film , c'est que le personnage d'Eli est parfois horripilant en prophète éclairé . Mais à voir absolument !
Ce film est terrible day Lewis joue le rôles d un prospecteur de forage pétrolier qui va devenir inhumain et abjecte au point de renier ses croyance au profit de son or noir
J'ai du mal à comprendre l'engouement suscité par ce film que j'ai trouvé médiocre. Si le jeu des acteurs, surtout Daniel Day-Lewis, est appréciable, la mise en scène n'a rien d'exceptionnel, l'accompagnement musical - je devrais dire le bruitage - est assommant et l'histoire de ce personnage brutal et cruel n'a rien d'engageant. Vraiment pas ma tasse de thé.
Âpre, violent et discrètement grandiose, There Will Be Blood, le chef d'oeuvre de Paul Thomas Anderson est à la hauteur de sa réputation. Dans ce long film exclusivement masculin, Daniel Day Lewis incarne avec l'immense talent qu'on lui connaît un prospecteur devenu un magnat du pétrole (pensez un peu à James Dean dans Geant). Ce dernier va se heurter au prédicateur évangéliste, excellent Paul Dano, du village qu'il a "colonisé" avec ses derricks. Leur rivalité, leurs affrontements est au centre du film.L'ancrage historique du film est remarquable. Semi-Western désenchanté, lyrique, sans concession, drame déchirant, There Will Be Blood oppose par ses deux personnages principaux deux des plus grandes valeurs de l'Amérique poussées à l'extrême : le capitalisme, le self-made man misanthrope qu'est Day-Lewis à la ferveur religieuse transformée en hystérie de Paul Dano. Et ces deux personnages, malgré leur bonnes intentions au départ sont tous les deux deux pécheurs : Day Lewis abandonne son films, boit, ment aux gens et Paul Dano avoue être un grand pécheur, il fait des sermons lyriques inutiles et mensongers. Ce pessimisme, ce tragique, hante tout le film. Aucune rédemption n'est donc possible pour cette Amérique. Pas plus pour le fils adoptif de Day Lewis spoiler: (qu'il rejettera au dernier moment) qui devient sourd à cause du dieu qui provoque la chute de tous les personnages : le pétrole. Jaillissant du sol, splendide, merveilleux, ramenant les hommes à de simples chercheurs de trésor, le pétrole les fascine et les détourne de leur humanité. En effet, le film est rempli de métaphores bibliques très puissantes : Moïse, Isaac, Caïn et Abel...Le pétrole est la manne du désert, la richesse venue de nulle part. Ce pétrole est aussi le sang du titre : recouvrant les hommes, le visage déchiré de Daniel Day Lewis, il est dangereux, inquiétant et annonce le vrai sang, celui de la fin.There Will Be Blood c'est donc tout ça : un film sur la Chute, comme Barry Lyndon, qui allie le grandiose et l'intimiste, comme La Porte du paradis, avec une bande originale sublime, c'est un drame terrifiant où la haine du père pour son fils n'est que sa propre haine de soi.Paul Thomas Anderson filme tout cela avec une très, très grande maîtrise, on pense à la scène du derrick en feu. Il réalise un chef d'oeuvre instantané, un film culte, un très grand moment de cinéma
Les superlatifs ont plu sur ce film génial de Paul Anderson. il est vrai que c'est une œuvre inspirée, moderne et personnelle, le portrait d'un misanthrope sublime joué par un fabuleux Daniel Day Lewis. L'ouverture est un des grands moments du 7ème art de ce siècle, sans un dialogue, rythmé par les bruits des forages, le souffle des hommes, la musique lancinante et inquiétante. La fin, qui confirme la folie du personnage principal (que l'on aimerait étrangler de ses propres mains), est apocalyptique.
Film un brin surcôté à mon sens, qui vaut surtout pour la virtuosité de sa mise en scène. Il faut dire que Paul Thomas Anderson est expert en la matière, et l'a déjà prouvé maintes fois, notamment dans "Boogie nights" ou "Magnolia", pour ne citer que ses oeuvres les plus connues. Dans cette optique, le début de "There will be blood" (2007) est somptueux : un gros quart d'heure sans dialogue qui nous plonge dans la ruée vers l'or noir au commencement du XXème siècle, avec un homme seul face aux éléments, creusant la pierre avec des moyens rudimentaires. Après cette introduction magnifique qui peut évoquer "Once upon a time in the west", le film reste encore en apesanteur un bon moment, porté par la réalisation de PTA et l'interprétation du tandem Day-Lewis / Dano. La suite du récit m'a moins emballé ; on reste face à une oeuvre pertinente, qui repose beucoup sur l'opposition et le parallèle entre religion et capitalisme, les 2 fondements des Etats-Unis d'Amérique. Les 2 héros qui les incarnent respectivement suivent une trajectoire similaire, rejetant dos-à-dos les extrémistes de chaque tendance. Le propos est passionnant mais l'intrigue l'est un peu moins je trouve, ce qui me fait dire que "TWBB" n'est pas le chef d'oeuvre souvent salué. Les personnages ne suscitent guère d'empathie, et ce western exclusivement masculin est parfois longuet... Heureusement la bande originale est fort bien choisie, notamment le thème principal, et le 5ème long-métrage de PTA reste hautement recommandable.
There will be blood aurait pu être un chef d’œuvre tant la qualité de sa réalisation et la performance de son acteur principal sont excellentes, d'ailleurs l'histoire de ce pionnier de l'or noir qui fait fortune en 1898 aurait, elle aussi, pu être vraie et a certainement existé pour des dizaines de personnes de cette envergure. Mais le film souffre d'un handicap majeur , il est long , trop long (2h40) et certaines scénes aussi belle soient elles sont interminable. A force de s'attarder sur toutes sortes d'émotions, les personnages deviennent parfois ennuyeux et la trame semble s'embourber , c'est dommage. En tout cas , il mérite d'etre vu , au calme.
A l'image de The Master, du même réalisateur, There Will Be Blood contient son lot de séquences d'anthologie et finit en fanfare mais est parfois long et pas régulier dans son rythme de narration. Bien sûr Daniel Day-Lewis est génial, Paul Dano est aussi excellent, et pourtant on ne se plonge pas comme ça dans le film, et ce malgré la sympathique BO. Le scénario peut-être est-il le défaut du film, qui si intéressant et très bien fait, ne tient pas forcément les promesses de la BA, ce qui fait qu'on attend que le film "démarre" du début à la fin, simplement parce qu'on ne s'attend pas aux bonnes choses.
Chapeau monsieur Paul Thomas Anderson ! Un film qui regorge de qualités : un Daniel Day-Lewis tout simplement exceptionnel ( tous les acteurs présents sont d'ailleurs excellents), une photographie proche de la perfection, une musique qui rehausse la tension d'une multitudes de scènes, et une mise en scène de haute voltige. Bien plus qu'un film sur une époque donnée ou sur les premiers pétroliers, "There Will Be Blood" plonge le spectateur dans les tréfonds de la cupidité ainsi que dans les paradoxes du comportement humain. A voir et à revoir.