Ce film déforme avec beaucoup de justesse les deux piliers de l'Amérique: le pétrole et le sectarisme religieux en les opposants tout en les liants dans un film anti-narratif éblouissant et envoutant, porté par les prestations incroyables des acteurs, à commencer par Daniel Day-Lewis qui alterne sobriété et sur-jeu maitrisé. Son personnage est sombre, dense, nuancé et contrasté, donc bien plus humain et réaliste que le portrait tipe du héros américain que nous aurait dressé n'importe quel autre réalisateur voulant faire l'éloge de l'économie capitaliste américaine. ce qui fait surtout peur dans ce film, c'est de voir que les deux sujets du film, le pétrole et la religion sectaire, sont au cœur de la plus part des polémiques actuelles. le film réalise donc le tour de force de placer une réalité datant d'il y a plus d'un siècle dans la réalité d'aujourd'hui, rendant le film crédible, fascinant, et surtout d'actualité dans l'esprit du spectateur.
c'est surtout un film qui sort des sentiers battus, avec sa narration en longueur,ses personnages sombres loin des clichés du héros made in us, avec une histoire dont les ressort dramatique sont loin d'un rambo ou d'un mélo dramatique tire larme qui ferait recette à cout sur. ici on est loin de regarder à l'aspect rentable du film, on regarde à son côté profond, humain, crédible, non formaté, à l'image de cette fin, curieuse, dure, étrange mais sonne étonnamment juste malgré qu'il soit en total opposition de style avec le reste du film. c'est intelligent, réfléchi, mature, maitrisé, c'est du cinéma comme on en voit peu, loin des sentiers battus.