Pourquoi j’ai aimé ?
Une claque d’audace que je me suis prise hier soir.
Daniel Day-Lewis porte le film sur la qualité de son jeu d’acteur fou.
Le sujet du film ne me passionnait pas à priori: la conquête de l’or noir aux U.S.A.
Et puis, finalement, le film parle bien d’autre chose que du pouvoir, de l’argent, des magouilles, de la famille, et de l’humain. Il les évoque surtout comme un fil conducteur vers une folie sourde, une violence inouïe qu’est la cruauté humaine.
Le personnage principal sort de nulle part, sort du silence. Le film se tait les quinze premières minutes comme si la naissance du personnage venait d’outre-puits... de pétrole.
On ne connait rien de lui, sauf qu’il a du en baver quand il était jeune, enfin en tous cas on le devine.
Il est terriblement froid, mais tente de prendre une dimension humaine en recueillant pour fils l’enfant d’un de ses ouvriers décédé sous ses yeux. Cet enfant lui servira à amadouer les paysans pour leur racheter des terres, et il l’aimera, à sa façon. Enfin… il va essayer de l’aimer, va le prendre, le rejeter, le reprendre, le répudier. Cette relation représentera ses rapports à l’humain, à cette humanité qu’il va apprendre à détester de plus en plus.
Les paysans, le faux frère, l’église, l’évangélisation hystérique… tout provoquera Daniel a haïr le monde davantage. A haïr l’homme. Ses soubresauts d’humanité seront rares et disparaîtront rapidement dans sa féroce misanthropie.
La musique du film est magnifique, agaçante, omniprésente, elle vibrionne, presque palpable et symbolisant peut-être cette folie qui papillonne sans cesse derrière la tête du personnage.
« There will be blood » a des plans à couper le souffle…du pétrole.
Magistralement filmé et interprété. Quelques longueurs (je suis d’une impatience terrible) déjà oubliées.
Déjà devenu un classique pour moi, le film s’est insinué dans mes pensées, une peur presque tangible dans mes rêves de cette nuit.
Je n’irai plus jamais a