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Un visiteur
4,0
Publiée le 19 septembre 2012
Réalisé par Jacques Audiard, Un prophète est un film choc qui révèle le talent du jeune Tahar Rahim. Jacques Audiard nous emmène donc dans le milieu carcéral de manière brut sans enjoliver ni dramatiser ce qui lui permet de rendre son film beaucoup plus crédible et prenant. On suit donc l'arrivée de Tahar Rahim en prison, dont il ne connait ni les codes, ni la violence qui y règne. Ce point de vue permet ainsi de retranscrire brutalement les évènements qu'il vit. Le scénario suit donc son insertion forcée dans le clan des corses. La scénario suit ensuite l'évolution de Tahar, ses manigances mais aussi on voit rapidement que ce personnage fragile s'adapte à moitié car il lui reste de l'humanité. Le scénario s’essouffle malheureusement dès la remise en semi liberté de Tahar, qui amène des intrigues moins passionnantes et surtout loin de l'univers étouffant de la prison. Car la réalisation de Jacques Audiard permet si bien de se plonger dans le milieu carcéral qu'on ressent ,en même temps que le personnage, la solitude et l’oppression lié à l’enfermement. Tahar Rahim révèle son potentiel très facilement dans un rôle pourtant compliqué. Niels Arestrup joue lui un personnage terrifiant mais moins intéressant que celui de Tahar. Un prophète est donc un très bon film qui nous offre une plongée déconcertante dans le petit monde carcéral malgré un scénario qui montre ses faiblesses à la fin.
Une plongée dans le milieu carcéral efficace avec un bon scénario et une réalisation qui est très réaliste mais aussi assez originale. Les pertes de rythme (plus particulièrement en dernière partie) est compensée par le très bon jeu d'acteur de Tahar Rahim et Niels Arestrup. Un très bon drame français.
Un scénario très sombre, très noir. Un univers très glauque, très ténébreux,très sordide, très malsain, très étouffant... Profondément déprimant !... Comment un tel film peut il recevoir d'aussi nombreuses récompenses ?...
« Audiard atteint la perfection » pouvait on lire. Puisque la perfection n’existe pas dans le cinéma, puisque le film parfait n’a pas lieu d’être dans le 7ème art, nous avons en état de cause un grand, très grand film. Qu’attendre d’autre de Jacques Audiard qui depuis des années renouvelle et donne un élan au cinéma français à chaque sortie de ses films. Un prophète est bel et bien un film signé Audiard, pas le chef d’œuvre façon « claque » annoncé, non simplement, un des films les plus savoureux de cette année. Plus subtil qu’une claque, le film nous emporte délicatement de son ambiance carcérale, de ce parcours initiatique souligné tout du long de métaphores subtiles de mise en scène (séquence finale). Audiard ne raconte pas, il suggère, filme avec délicatesse et cadrage détaillé. Bien sûr Tahar Rahim, révélation forte et dense (de subtilité de jeu) du film est le « vecteur » parfait de ce destin fort de sens et d’espoir. Destin écrit par le Je, hors clichés, quasi-documentaire dans ses moments forts. On en ressort avec cette impression trop rare d’avoir vu un film d’une qualité intense, d’une finesse de réalisation et d’une intelligence peu commune. Audiard réalise de manière académique façon US 70’s certes, mais détaillée donnant au spectateur les clés pour rentrer dans cette cellule cinématographique où l’on ne ressort pas indemne. Par son choix de filmer au plus proche des corps il a su et eu l’intelligence de créer une proximité plus qu’utile au film. Il mêle récit et forme pour nous conduire tout au long de son métrage vers un sommet de ce qu’un film dramatique-polar-noir peut être. Intelligent et fin, on n’en demandait pas tant.
Un prophète... Une mise en scène exceptionnelle, inventive, teintée de fulgurances, à des années lumières des autres productions françaises. Il y a Jacques Audiard... et les autres. On le comprendra juste à la qualité de l'image, à ce souci permanent de l'esthétique, au travail des lumières et des ombres. Bref, il fait partie de ces grands réalisateurs qui font du cinéma un art. Côté scénario, il n'y a rien à dire. C'est carrément du Balzac ! Ou comment user de son intelligence pour s'élever dans la société... Fouillé, riche, complexe sans jamais être compliqué à comprendre, profond, violent, ancré dans son temps et en même temps universel, même Scorsese ne l'aurait pas renié. Quant à l'interprétation, Audiard a découvert Tahar Rahim... Personne n'est prêt de l'oublier !! Et en plus, il donne à Niels Arestrup le rôle de sa vie en parrain mafieux implacable. Bref... Un grand film dans la lignée de "Sur mes lèvres" et "De battre mon cœur s'est arrêté"... qui pourrait sans problème concurrencer quelques productions américaines pour les Oscars.
Ce film est parfait. J'ai du mal à dire ce qui est bien vu que je ne peux pas comparer avec ce qui est mal dans ce film. Jacques Audiard signe un film de mafia brillant, extrêmement fin. On assiste à la montée en puissance d'un jeune voyou sans histoire, Tahar Rahim, qui se révèle dans ce film, au côté d'un Niels Arestrup, figure importante de la mafia corse parfait dans son rôle. Le rythme est parfait, ça commence très fort avec des scènes crues et d'une rare violence ; le film ne s’essouffle pas une seconde et va même crescendo. La mise en scène n'a rien à envier à ce que pourrait faire un Scorsese, mais là où c'est très fort, c'est que cette histoire est crédible, semble réaliste, et est même angoissante car Audiard pointe du doigt une réalité peu avouée : on sort généralement de prison plus voyou qu'on ne l'était à son arrivée. Du grand art.