Voilà un film qui veut nous faire croire qu'un type qui a bossé pendant 15 ans dans la pub, c'est à dire le milieu le plus pourri, puant et arrogant qui soit, découvre à ce terme qu'il mène une vie de con. Le même film veut nous faire croire à la fin que non, c'est autre chose qui lui a fait se rendre compte de la vacuité de son existence... On croit rêver. On commence donc par une scène dans une agence de pub, scène tellement grotesque que même Les Inconnus n'auraient pas osé la faire. Puis vient la "fameuse" scène du repas, plus grotesque encore, digne du pire théâtre de boulevard, là où le héros règle ses comptes et balance ses vérités à chacun de ses amis (qui du coup ne le sont plus, ben tiens) à coups de "toi, qui es psychiatre" ou "toi, qui es avocat"... On l'aura compris, pour que le spectateur comprenne bien ce qui se passe, la mise en scène a préféré le kilo de plomb au kilo de plumes. Les dialogues, d'une lourdeur incroyable, sont tellement improbables qu'on se pince pour être sûr de ne pas rêver. Ici il faut expliquer, expliquer à nouveau, surligner sans cesse, puis expliquer encore au moment où le spectateur se croyait sorti d'affaire... On respire enfin, un peu, quand le héros, après avoir pris un auto-stoppeur Rmiste (pour sûr, pour faire de l'auto-stop il faut être Rmiste), se retrouve en Irlande, accompagné comme il se doit (quand même) par la musique locale en off (on se croirait dans ces films américains qui nous collent de l'accordéon sur la tour Eiffel dès qu'une scène se déroule à Paris). Que dire d'autre ? Les comédiens ? Ils sont bons mais ne peuvent rien sauver. Dupontel, Croze ou Vaneck font ce qu'ils peuvent mais n'y peuvent rien. De Becker, je gardais le souvenir récent de bandes annonces Herta, et plus ancien de l'hystérique en pute dans L'été meurtrier. Maintenant j'en suis sûr : je vais définitivement le rayer de ma carte.