Franchement je me demande ce qu'on peut reprocher à ce très honorable polar ? Quelques clichés, des situations prévisibles, des facilités se scénarios ? Qu'on me site un polar qui n'en possède pas ? Il y a du suspense, des surprises, de bons dialogues, une ambiance, Raymond Pellegrin est magistral, Micheline Presle radieuse, certains second rôles surprenants (Dora Doll, le pianiste, le barman) la mise en scène est plus que correcte et la musique de Van Parys efficace. Le personnage joué par Pellegrin, un type miné par ses contractions est intéressant mais sans doute pas assez développé, peut-être aurait-il fallu 20 minutes de plus…A découvrir, c'est très bon !
Ce film comme beaucoup d'autres de cette époque est réalisé sans talent par un metteur en scène plus soucieux de raconter une histoire et de mettre ses 2 vedettes au premier plan que de faire du cinéma.Ici en plus,le scénario n'est pas crédible et avoisine le ridicule...Les années passées n'ont rien arrangé et il me parait assez peu montrable aux jeunes adultes de 2008.Dora Doll en entraineuse et Lila Kedrova en concierge font chacune une apparition remarquée.Micheline Presle est magnifique ,son regard y est irrésistible:c'est la raison de l'étoile que je lui attribue.
Film noir des années 50 passé complètement inaperçu et judicieusement paru en DVD par l'éditeur René Château. Le film est noir mais il penche beaucoup voire trop vers le drame romantique ce qui explique sans doute son manque de force. Ajoutez à cela le manque de conviction de Raymond Pellegrin et un metteur en scène bon ouvrier sans plus et vous comprenez toute la différence entre un film qui passera les années et un autre tombé aux oubliettes. Le film utilise les recettes des films d’avant-guerre avec leurs personnages aux destins tragiques et souvent on pense au Gabin de Carné dans le « jour se lève » ou « Quai des brumes ». Pellegrin petit malfrat qui a été le seul de sa bande à payer pour un casse ayant mal tourné se retrouve abandonné par sa fiancée à sa sortie de prison. Pauvre bougre il n’a pas meilleure idée que de retomber dans les pattes de ses anciens complices. Classique. S’embarquant dans une affaire de traite des blanches pour laquelle il n’a pas « la dimension » il tombera amoureux de la première femme qu’il doit « convoyer ». Ce sera sa perte. Il faut dire que tomber amoureux fou de Micheline Presle à l’époque il y a pire comme destinée funeste. Looser devant l’éternel, il va être incapable de saisir la chance qui s’offre à cause de cette indécision permanente propre aux gars de sa trempe qui se sont trompés de « monde ». Il ne pourra que finir transpercé de balles après une tentative ultime de rattraper son tombereau de décisions malheureuses.
A peine sorti de prison, Mario ne trouve rien de mieux que de se mettre au service de proxénètes qui le chargent de "rabattre" des jeunes femmes. C'est pour cette raison qu'il fait la rencontre d'une entraineuse de cabaret. La traite des blanches est un sujet assez courant dans le polar des années 50. La duplicité du truand séducteur et la candeur de sa proie sont, comme attendu, les ressorts dramatiques et malsains de la série B de Pierre Chevalier. Encore que le personnage de Raymond Pellegrin ne semble pas complètement dépourvu de toute valeur morale. Se peut-il que son discours amoureux qui fait chavirer Micheline Presle soit sincère ? A vrai dire, on s'en fiche. Ce scénario mal troussé accumule tellement de poncifs et d'invraisemblances que l'intrigue devient indigeste. Surtout, la direction d'acteurs est médiocre. Et, consécutivement, les personnages sont faux, des gangsters (dont Daniel Cauchy, décidément toujours dans le même rôle de petite frappe) aux simplex flics, en passant par les "filles", que Micheline Presle pourrait bien rejoindre à Tanger tellement elle pousse la naïveté jusqu'à la sottise ; elle est pourtant entraineuse dans une boîte de nuit, pas rosière de l'année. Les comédiens ne sont pas très inspirés, Micheline Presle surtout. La mise en scène est maladroite ; elle nous égare à la fin du film dans ses ellipses -faute de moyens- entre Paris, Marseille et Tanger, au point qu'on n'est plus très sûr de l'endroit où on se trouve.