Le retour au cinéma français après un peu convaincant "Boarding Gate" aura été bien profitable à Olivier Assayas. À partir d'une simple succession familiale, le cinéaste tire un joli film intimiste qui au demeurant vient interroger de foisonnants sujets. L'un des premiers est évidemment la notion de patrimoine et la question des ancêtres. Là où interviennent l'attachement, la volonté de conserver et transmettre mais dans quel but au final ? Assayas dit aussi quelque chose de l'incompréhension entre les générations que ce soit celle des petits-enfants, insensibles à la peinture ou celle d'Hélène ne reconnaissant plus ses propres fils. La justesse incroyable avec laquelle ces thèmes sont menés génèrent de beaux instants d'émotion. Autre sujet inévitable et non occulté : la résignation. Pour ce thème comme les autres, Assayas opère tout en retenue et c'est admirable, y compris lors des conflits familiaux où la rage n'explosera pas. Seule la fin s'avère décevante au regard du parcours accompli.
Une histoire familiale dans la bourgeoisie française. Autour d'un héritage à base de peintures d'un oncle célèbre, divers objets de valeur et une maison. Les trois adultes qui héritent ne voient pas les choses de la même façon quant à savoir s'il faut vendre ou pas. Le réalisateur traite ce sujet avec de la délicatesse et de l'authenticité, ce qui fait qu'il n'y a pas d'excès et que tout semble plausible. Je n'ai pas vu le temps passer.
Il s'agit d'évidence d'un film qui ne s'adresse pas au très grand public,lequel passe complètement à côté (voir les critiques 0 étoile), car tout est en délicatesse, abordant les thèmes de l'attachement aux belles choses ayant appartenu à la famille, en opposition au matérialisme, ô combien répandu, du frère vivant en Asie et de la soeur en Amérique. La fête des jeunes à la fin fait ressortir le manque de profondeur et de délicatesse d'une société en grande majorité, malheureusement, bien inculte, alors que la beauté nous entoure et devrait nous inviter tous à plus de sensibilité, de sentiment et d'humilité. En fait, on assiste à un véritable film philosophique qu'il faut avoir la chance de savoir déguster. Difficile mais bien vrai.
En exceptant une réflexion secondaire sur le temps, « L’heure d’été » est assez éloigné des thèmes habituels d’Olivier Assayas, malgré la récupération peu convaincante de la fête finale entre jeunes, qui appelle une comparaison désavantageuse avec celle de « L’eau froide ». Les principales qualités sont ailleurs. Avec une tendresse à l’opposé de sa froideur habituelle, le réalisateur nous embarque, ce qui ne lui est pas arrivé souvent, dans une réflexion sur l’héritage familial et sa succession semtimentalement douloureuse. Dirigeant son casting de main de maître, le cinéaste accorde la forme au fond, grâce à une grande douceur dans les mouvements de caméra et une retenue dans les gros plans à laquelle il ne nous avait guère habitué. Par instant on se croirait dans le Téchiné de « Ma saison préférée » (1993). De même « Dans l’heure d’été », aucun jugement moral, tout en conservant presque de bout en bout une densité avec un côté lumineux apporté à ce récit grave et mélancolique. Loin de son style distancié, en faisant corps, Assayas nous fait regretter cette fin maladroite, déssert raté qui ôterait une étoile au menu d’un grand chef. Mais dans la France des bobos socialistes, pour qui la richesse commence à quatre mille euros, cette histoitre de succession générée par une commande du Musée d’Orsay, peut apparaître comme une appologie révisioniste de la bourgeoise aisée. Et de vous expliquer culture et conservation du patrimoine…
J'ai envie de dire, mais dans quoi on nous embarque là, prend on le spectateur vraiment pour un abruti ? Encore au début ca peut aller mais on nous assène de stéréotypes et de prototype de la famille modèle qui vit aux 4 coins du monde. PLus on avance plus on avance dans le stéréotype dont le summum doit être la fête entre adolescents, enfin j'ai plutôt là encore envie de dire de prototype de l'adolescent. Le jeu des acteurs est aussi plus que médiocre pour ce film, dont je me demande ce qu'il essayait de nous démontrer, denous apporter.
A part si vous voulez tout connaitre des droits de succession, ce film ne présente aucun intérêt. J'ai rarement eu l'impression d'avoir autant perdu de temps devant un film.
Le film, dans l’ensemble se révèle assez longuet et très fabriqué avec des personnages extrêmement caricaturaux. Pourtant pas mauvais acteurs dans ce film, ces trois là souffrent d’un scénario et de dialogues assez faiblards qui rendent leurs personnages peu attachants et les séquences où ils se retrouvent ensemble souvent ratées. Là ou le film est réussi c’est dans la manière qu’à Assayas de filmer la maison, avec sa verdure foisonnante, d’en faire presque un personnage (et un objet d’Art) à part entière avec tous ces objets étranges (l’art nouveau, l’école de Nancy est notamment à l’honneur avec Majorelle) qui évoquent des artistes, un passé et qui rendent certains passages très beaux, très mélancoliques. Le rapport que peuvent entretenir les personnages avec tous ces objets et le souvenir de ceux qui les ont possédés, de ce qu’ils représentent est plutôt bien traité aussi. Pour le reste…ouais bof …
Assayas film tout en finesse le passage d'une vie qu'est l'héritage familial. Toutes les scènes de la maison sont vraiment belles et fait ressortir une certaine mélancolie, une certaine nostalgie. Le gros défaut de "l'heure d'été" est sans nul doute la fin, avec tous les jeunes dans cette vieille maison. Ça fait tellement cliché...
Alors qu'on commençait à le croire perdu quelque part du côté de Taïwan, cela fait plaisir de retrouver Olivier Assayas parmi nous, dans un film très, très français. Bien aidé par une interprétations de très haut niveau et une caméra d'une grande fluidité, il nous raconte l'état du monde au travers d'une famille bourgeoise, bien introduite à la fois dans le milieu artistique et dans le monde de l'économie. Alors qu'on est plutôt habitué à rencontrer au cinéma les effets le plus souvent négatifs de la mondialisation sur les populations aux revenus les plus bas, "l'heure d'été" nous montre que, pour d'autres raisons, le bilan n'est guère meilleur chez les cadres : familles éclatées d'un bout à l'autre de la planète; aïeuls plus ou moins délaissés; racines rejetées ou, tout au moins, oubliées; enfants manquant de repère. Quant à la musique, bien que peu utilisée tout au long du film, je me dois d'y consacrer un petit couplet : à 3 ou 4 reprises, on a droit à une musique d'une grande beauté, 1 ou 2 minutes à chaque fois, à mi-chemin entre Marin Marais et musique celtique. Mais qui en est l'auteur ? Quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre par le générique de fin qu'il s'agissait d'extraits de "The Iron Stone", le dernier album de Robin Williamson, un de mes musiciens préférés, ancien membre des Incredible String Band, groupe de folk malheureusement méconnu des années 60. Groupe dont on entend d'ailleurs une chanson datant de 1967 pendant tout le générique de fin. Merci, Monsieur Assayas !
Le film propose tout en subtilité une approche intéressante sur le deuil, l’héritage et la nécessité de la mémoire. Le premier acte de l’histoire commence avec une réunion de famille où Hélène, dépositaire de l’œuvre inestimable du peintre Paul Berthier prépare son fils aîné, Frédéric au règlement de sa succession afin d'éviter qu'après elle comme elle le dit que les choses ne pèsent trop lourd. Lorsque la mort d’Hélène survient laissant un patrimoine culturel important, tout semble se régler plutôt avec facilité malgré quelques frictions à propos du dilemme sur le partage et la pérennité du patrimoine, cette partie aurait pu être développée d’avantage pour faire un drame. Mais ce n’est pas le propos essentiel du film qui semble d’avantage s’attacher à la valeur du souvenir et des secrets qui ne disparaissent pas après la mort d’Hélène contrairement à ce qu’elle avait affirmé à son fils, alors que sa maison est vendu tout comme une partie de ses objets sera mise en vente pour être acheté par le musé d’Orsay. D’un sujet à priori ordinaire, de la mort d'un parent et de la fidélité à sa mémoire, le réalisateur réussit avec finesse et sensibilité à faire le portait simple de 3 générations ancrées dans des réalités différentes qui gèrent chacun le souvenir à leur manière. Même si le décès d’Hélène ne donne pas à de la sensiblerie ni à des disputes violentes entre ses 3 enfants, tous les personnages ainsi que les petits-enfants de la défunte sont assez convaincants dans les différentes façons dont chacun aborde l’après mort d'un proche. Enfin, Olivier Assayas livre un beau film simple et intelligent qui arrive à toucher le spectateur sans pour autant déborder dans l’émotion.
Olivier Assayas signe, une fois de plus, un magnifique film intimiste très réussi. L'heure d'été se révèle, en effet, être un drame doté de beaucoup de finesse et qui traite avec beaucoup d'émotion le thème de la vie qui passe, de la routine et finalement et surtout de la mort. Toutefois, si en apparence ce film semble aborder la thématique du deuil, il n'en montre pas la difficulté de ce passage obligatoire à tout être humain, mais au contraire de la nécessité à passer à autre chose, et dans une société où le fusent le stresse et où tout le monde court après le temps, de la rapidité avec laqelle, la famille fait son deuil. Voilà un film intimiste qui aborde avec une sincérité déroutante de la vie qui passe et de l'évolution d'une famille avec les années. Très joli film à la fois émouvant, triste et optimiste.
L'un des films les moins irritants d'Assayas. L'intimisme lui sied mieux que les élucubrations fantastico-policières ("Demonlover") et les séquences à la campagne ont du charme, avec de gracieux mouvements de caméra. Mais la banalité des situations et des dialogues limitent le propos de l'entreprise, là où un Téchiné ou le Tavernier d'"Un dimanche à la campagne" distillaient une véritable émotion de cinéma.
La succession, l'héritage, sujet sensible au cinéma et abordé ici avec beaucoup de délicatesse dont la distribution s'en ressent. Juliette Binoche et Charles Berling en tête sont bouleversant de sincérité. Un joli film sur les valeurs familiales et sur la réalité de choix parfois difficiles et inévitables face aux aléas de la vie…
Merci à Olivier Assayas pour ce film aérien,subtil et qui nous touche tous de par sa sujet.A savoir la famille et la transmission.Il règne sur "L"heure d'été"un charme mélancolique qui nous emporte dans nos souvenirs et nous prend par les sentiments.La mise en scène fluide et discrète émeut autant que les personnages surtout lorsqu'Assayas filme la maison familiale et les oeuvres d'art.Alors,bien sur le tempo est lent,et il faut accrocher à ce sujet un peu déconcertant.Malgré sa langueur,le film séduit.Son aspect nostalgique nous renvoit à notre enfance et au temps qui passe.Emouvant et unviersel.De meme qu'il montre la valeur sentimentale des objets.Tout en sobriété,Berling,Binoche et Rénier jouent les frères et soeurs tiraillés par cet héritage inattendu.Vraiment une oeuvre solaire et très humaine.