"Das Leben der Anderen" se déroule en Allemagne de l'Est, dans les années 80. On y suit un officier discipliné et rigoureux de la Stasi, chargé de surveiller un poète apparemment sans reproche, dont la femme est en réalité convoitée par un ministre lubrique. Entre l'arrivisme et l'abus de pouvoir de ses supérieurs, et la richesse sentimentale et intellectuelle du couple qu'il épie permanence, les convictions de notre protagonistes seront mises à mal... Gros succès critique à sa sortie, le film revient sur une face sombre de l'Allemagne moderne, à savoir le pouvoir, les méthodes et l'influence de la Stasi (près de 100 000 employés en 1989, sans compter les informateurs !), évoqués ici de manière presque documentaire. Avec son jeu tout en retenue, Ulrich Mühe parvient pourtant à nous faire éprouver de l'empathie pour ce fonctionnaire qui n'a que son travail, et qui va se réveiller avec cette mission. Face à lui, Sebastian Koch et Martina Gedeck sont poignants en artistes broyés par un système auquel ils croyaient pourtant. Florian Henckel von Donnersmarck fait également preuve de sobriété avec sa mise en scène, néanmoins très juste et élégante, qui laisse le drame se dérouler. "Das Leben der Anderen" est un beau film, malheureusement réaliste.
L'espionnage de la Stasi durant la guerre froide est intelligemment dénoncé dans ce film sobre et profond, qui amène à réfléchir sur une bonté enfouie en chacun, et capable de faire des prouesses. Un film somptueux, une ode à la liberté, quoi que le message idéalise un peu trop le bloc de l'ouest, alors qu'on sait aujourd'hui la main mise des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) sur notre vie privée sans doute bien plus grave, voir l'affaire Snowden.
Remarquable long-métrage qui doit énormément à U.Mühe, dont la force d'interpretation donne à l'ensemble une impressionante émotion. Les quelques longueurs sont vite oubliées, tant le propos inspire le respect.
En revenant sur un des épisodes les plus douloureux de son histoire récente, ce film nous montre les techniques utilisées par le gouvernement de la RDA pour espionner les dissidents du régime mais également toute leur machinerie à ficher et interroger les suspects. A travers le parcours d'un agent chargé d'espionner un célèbre auteur de théâtre et sa compagne puis qui va peu à peu se mêler de leur quotidien jusqu'à le faire basculer totalement. Avec sa démarche de robot et son allure chétive, U. Mühe compose un personnage troublant, une performance injustement ignorée à l'international, et nous plonge au coeur du quotidien de cet homme qui va peu à peu se fendre. La description du régime socialiste est peu flatteuse, loin de la nostalgie de "Good Bye Lenin". Un film au rythme très lent mais assez captivant, de pas par sa description du quotidien de l'artiste, assez peu original, mais par celle du gouvernement, représentant de valeurs qu'elle ne défend même pas et qui se sert de la machinerie de la Stasi afin d'assouvir leurs ambitions et leur soif de pouvoir. Un film intéressant mais exigeant, interprété avec brio et impeccablement mis en scène. D'autres critiques sur
C'est gris comme un film qui parle d'Allemagne de l'Est. D'accord, on retient que la Stasi était une police secrète intrusive, oppresive et aux méthodes plus que litigieuses (ici surtout basées sur les écoutes téléphoniques). Mais le scénario est un peu gros (spoiler: l'agent secret exemplaire qui est fasciné par ceux qu'il est sensé espionner jusqu'à chercher à les protéger ), interprété de façon monocorde (Wiesler a le même visage fermé tout le long, les autres ne montrent pas plus d'émotion) et finalement ce ton soporifique étouffe totalement le propos. Cela ne m'étonne pas que cela ait trouvé son public en Allemagne tant il traite d'un point délicat de son passé relativement récent mais je n'ai pas réussi à accrocher.
Premier long-métrage et aussi première grande réussite pour Florian Henckel von Donnersmarck. Milieu des années 80, lAllemagne est séparée en deux et la Stasi dicte ses règles et impose ses lois. Un agent est chargé par le Ministre de la Culture de mettre sur écoute et despionner jour après jour un metteur en scène et son épouse. Suspens, machination, mensonge et traque sont les ingrédients de ce fabuleux thriller nous plongeant littéralement dans lAllemagne, à lépoque de lRDA, où on la découvre avant et après la chute du mur de Berlin. Avec un scénario très bien élaboré, linterprétations des protagonistes et une B.O transcendante, La Vie des Autres est le signe annonciateur de la nouvelle vague cinématographique Allemande, comme en atteste les nombreuses récompenses qui lui ont été décernés : 3 prix lors des European Film Awards 2006, 7 prix lors des German Awards 2006, 1 nomination lors des Golden Globes 2007, et le Prix du Public aux festivals de Locarno, de Vancouver, de Varsovie, ainsi que celui de Pessac. En un rien de temps, et avec un seul film au compteur, Florian Henckel von Donnersmarck est devenu le cinéaste le plus prometteur, alors, affaire à suivre !
On serait en droit de rechigner à aller voir cette "Vie des autres" tant la dénonciation des régimes totalitaires semble être devenue aujourdhui une façon sans audace de faire une sorte de faux cinéma intellectuel et militant. Rien de cela pourtant avec ce chef duvre de sobriété et dhumanité. Sans jamais entrer dans lemphase ou jouer inutilement dun pathos qui est souvent tentant dans ce type de film, "la Vie des autres" sait au contraire prendre beaucoup de recul par rapport au sujet filmé et parvient à en tirer une émotion juste et sans fioriture. Un travail remarquable donc et qui sait tenir sa ligne de conduite jusquà la dernière seconde. Un modèle du genre.
Excellent drame d'espionnage, émouvant, fin, remarquablement mis en scène, dialogué et joué. On est scotché à l'écran devant cette histoire d'un "homme bon" . Une perle du cinéma contemporain.
Le cinéma allemand en plein renouveau délivre ce formidable film, où se mêlent espionnage, thriller, Histoire récente, récit dune fascination, tragédie, et finalement "révolution" dun personnage. Malgré quelques maladresses et facilités, une longueur excessive, tous les personnages sont intéressants, donnant chacun un éclairage différent de cet aspect de lHistoire de lAllemagne. Le réalisateur réussit, au fur et à mesure de lavancée du récit, une lente évolution, plutôt inattendue : dun thriller froid et détaché, filmé avec précision, on bascule vers un romantisme tragique, osant lémotion sans jamais sombrer dans le pathos. Ulrich Mühe est stupéfiant dans la peau du fonctionnaire de la STASI, basculant lui aussi dun hiératisme froid, presque terrifiant, à lhumanité des justes. La naissance dun Homme, en quelque sorte. Il faut un sacré talent pour filmer cette révolution intérieure, sans être confus ou ridicule, un sacré culot également pour oser un tel premier film. On en sort la gorge nouée, touché encore plus profondément que pour lexcellent mais plus léger Goodbye Lenin.
Film remarquable et si utile, réalisé plus de quinze ans après la chute du communisme et notamment en RDA qui a permis la réunification allemande le 3 octobre 1990. Ce film lève le voile sur les pratiques de la Stasi, police politique est-allemande, mais c'est aussi une hypocrisie car tout le monde savait. Il y a ceux bien intégrés au régime et ceux qui étaient passifs. Et de l'autre côté du Rideau de fer (à l'ouest) certains qui refusaient de voir les souffrances des est-allemands et ce que faisait la Stasi ! D'où cette idée, selon moi, de la très grande utilité de ce film. Il est porté par un merveilleux acteur, jouant ce policier surveillant ce couple, Ulrich Mühe, mort prématurément en 2007, une pensée pour lui. Ceux, comme moi, qui regardent régulièrement des séries allemandes, l'avaient vu dans une série intéressante, "le dernier témoin". A remarquer, qu'il était né en RDA, donc connaissait le système pour l'avoir vécu.
Très beau et bon film. La réalisation est menée très intelligemment et l'intrigue est présente tout au long du film, je ne m'attendais pas à un tel film.
Dès le début on comprend très vite qu'on va voir un très bon film. La première scène est excellente et le film se lance parfaitement. On suivra ensuite un homme espionnant un couple dans la période de la RDA. Cet homme (très bien joué par Ulrich Mühe) va très vite compatir pour le couple et trahir son camp pour retrouver son humanité. La vie des autres est un film dramatique bourré d'optimisme récompensé par plusieurs distinctions vraiment méritées.
Est-ce un film sur les rapports du voyeurisme et du cinema? Un film sur le régime de big brother? Un film sur la déliquescence de l'empire de l'Est? Un film sur l'indépendance intellectuelle et la responsabilité personnelle? En tout cas ce film est la preuve qu'il n'est pas besoin de moyens Hollywoodiens pour réaliser une petite perle.
Je n'ai pas trouvé ce film particulièrement mauvais, le sujet traité est asses complexe et je pense que la réalisation n'est pas mal, les acteurs s'en sortent également très bien.... le seul truc qui m'a géné c'est le sénario... fin ultra prévisible, scènes longues et inutiles des fois... en fait je mets aucune étoile aussi parce que je suis frustrée, à peu de choses près ce film aurait pu être LE film le plus ultime de ces derniers mois... mais en fait, non.
Coup d'essai coup de maître , un chef d'oeuvre à son premier film , un sujet difficile à traiter mais à cause de la richesse du scénario et la maîtrise de la réalisation , Florian Henckel Von Donnesmark nous fait vibrer pendant 2h20 et l'interprétation est au même niveau ; un film grandiose .