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Marc Taton (Belgique)
42 abonnés
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3,5
Publiée le 25 novembre 2013
Un film coup de poing qui ne ménage pas le spectateur. Il n'y a pas de véritable scénario, on suit un groupe d'enfants soldats en enfer et qui entretiennent l'enfer. La bonne idée de cette réalisation est de ne pas avoir tourné un docu-fiction mais un véritable film dans lequel on s'intègre très vite. C'est dur, violent, choquant, le talon d'Achille de "Johnny Mad Dog" est probablement son côté caricatural poussé à l'extrême, mais cela reste tout de même une réussite.
Le double bon choix de Jean-Stéphane Sauvaire pour son premier film : un sujet fort et un producteur rompu à cet exercice du coup de poing : Mathieu Kassovitz. Les enfants soldats de l'Afrique noir, ceux du Libéria dans cette fiction si documentée, des enfants orphelins pour la plupart et victime de crime de guerres civiles interminables, tel est ce sujet. Âmes sensibles, forcément, éloignez vous car les concessions visuelles et narratives y sont pratiquement exclues comme pour vivre au plus près de ces gamins de la mort. Le jeune Christopher Minie incarne à la perfection Johnny "Chien-Méchant", les yeux dépourvus d'humanité, la violence à fleur de peur, la haine de l'autre comme pain quotidien. Sauvaire n'est pas manichéen et sait ce qu'il veut montrer et raconter. Un constat édifiant sur l'état des démocraties Africaines dont on ne pourrait intellectuellement pas se contenter si on cherche plus en profondeur les raisons de cette instabilité voulue, et qui fout en l'air nombre de génération d'autochtone ...
On a beaucoup glosé sur ces enfants soldats et on les a excusés, comme s'ils n'avaient aucun discernement. Ce fut peut-être les cas pour les plus jeunes, encore qu'ils ne furent pas nombreux, comparés aux adolescents. Toujours est-il que ce film retrace les exploits peu glorieux d'un groupe de criminels en parallèle avec les tribulations d'une orpheline, dans un contexte de guerre civile et tribale, représentative d'un état de fait africain en diable. Cette Afrique qui n'en peut mais de ses déboires avec l'Occident et de ses potentats locaux. Le réalisme de cette oeuvre peu commune fait mouche, et touche quelque peu au documentaire si ce n'étaient des scènes complaisamment décrites. Les acteurs quant à eux sont convaincants, et pour cause, car il semblerait que certains furent de ces enfants-soldats. Ce qui n'apporte rien au film au contraire, l'emploi de criminels n'ayant rien de bien moral.
Clairement, il manque au film une histoire. Jean-Stéphane Sauvaire ne se contente que de filmer une suite de combats dans les rues. En fait, on assiste à une documentaire sur les enfants soldats, et là, on est impressionné par la rage qui habite ces gamins. Mais du jour au lendemain, ils ne sont plus rien : la guerre est finie.
Documentariste de formation, Jean-Stephane Sauvaire passe par la case cinéma et réalise ici son premier long-métrage (produit par Mathieu Kassovitz). Au Libéria, où la guerre civile perdure, des enfants soldats livrés à eux mêmes se prennent pour des caïds, armés jusqu’aux dents, ils tuent sans pitié le moindre civil qui aurait le malheur de croiser leur chemin. Dans la veine de La Cité de Dieu (2003), ici, ce sont des adolescents qui tiennent le haut de l’affiche et pas n’importe lesquels, puisque, dans un souci de réalisme, la quasi totalité du casting est composée d’anciens enfants soldats ! La reconstitution est parfaite, on regrette simplement que le film soit dénué d’histoire. Une mise en scène assez répétitive mais qui parvient contre toute attente à captiver.
L'enfant meurtrier dérange le confort du spectateur, habitué à des repères catégoriels dans sa gestion narrative des « gentils » et des « méchants » au cinéma. La force de Jean-Stéphane Sauvaire est de partir de ce constat pour filmer bien plus qu'une allégorie politique, puisque les faits sont basés, comme on dit, sur des événements réels. À cet égard, les personnages de Johnny Mad Dog et de son acolyte No Good Advice resteront comme les plus effrayantes créatures de cinéma. Reste que le récit n'est pas exempt de lourdeurs, au-delà de son efficacité visuelle. Le cinéaste n'évite pas la complaisance.
Film très dur à voir car il renvoie aux pires aspects de l'être humain. Sans concession, "Johnny mad dog" ressemble presque à un documentaire tant il est réaliste et laisse peu de place aux sentiments humains. On en reste glacé d'effroi et longuement triste. Notre monde c'est aussi ça... et c'est terrible. C'est un film qui nous jette la réalité en pleine figure, faisant se succéder scènes de viols et de massacres, sans trop développer d'histoires, et c'est là son principal défaut cinématographique.
Malgré ses fulgurances visuelles et son impressionnante maîtrise technique, il y avait peut-être bien autre chose à faire que ce chaos oratoire, violent, bourré de séquences chocs écrites et filmées pour bousculer le spectateur sans forcément l'interpeller ou lui soulever une quelconque réflexion. Et surtout, il y avait une histoire à raconter chose que l'on ne devine pas forcément dans le scénario de "Johnny Mad Dog" qui dessine plus le portrait d'un enfant soldat que ses tribulations dans un destin tragique. C'est vraiment dommage car tout est là, et tout est possible, d'autant plus que même le sujet a déjà été exploité, il y a encore tout à dire dessus.
Pas mal , mais la cité de dieu est deja passé par là ... Reste tout de même quelque moment fort pour maintenir ce film à flot, en manque de scénario à proprement parler.
un film coup de poing sans concessions , violent et qui met mal à l'aise comment ne pas le juger comme un film essentiel sur l'enfance perdu dût à la folie des hommes johnny mad dog nous montrent des enfants galvanisé drogué par des adultes qui s'en serve comme des pions bons seulement à faire la guerre car ces enfants n'ont rien ni education ni argent ni droit en Afrique .
En oubliant de raconter une histoire Sauvaire passe à côté de son film et se contente de montrer une réalité que l'on connait depuis quelques années grâce à la télévision ! Sauf qu'ici tout est grossi et le film apparait souvent pompeux . Les jeunes acteurs en font beaucoup trop et les scènes s'enchainent dans un montage des plus catastrophiques ! Seul point positif le film parvient à nous faire haïr des monstres ... mais qui sont aussi des enfants ! Toutefois Edward Zwick a mieux abordé le thème des enfants soldats dans Blood Diamond selon moi . A éviter donc !
Tiré du roman éponyme, "Johnny mad dog" met en lumière le phénomène des enfants-soldats africains. Inspiré de la guerre civile congolaise des années 90, le film se situe pourtant à des années lumières du reportage. L'enrôlement des nouvelles recrues est torché en 2 mn top chrono. La question ethnique, pourtant essentielle, se résume au seul mot "Dogo" qu'on nous rabâche toutes les 10 mn. On devine l'animisme et le christianisme des Congolais avec les bijoux que porte le sale mioche. Les raisons politiques du soulèvement sont carrément passées sous silence, on sait juste qu'un quelconque président cherche à sauver ses fesses pendant qu'une poignée de casques bleus fait tapisserie. Le rôle des médias est survolé avec la prise de l'immeuble de la télévision. Frustrant donc, quand on s'intéresse à l'Afrique. Jean-Stéphane Sauvaire préfère compiler les scènes de combat, qui finissent forcément par lasser au bout d'un moment. L'immixtion des deux histoires, celle du chien fou et celle de la gonzesse, est trop déséquilibrée. Le film prend même parfois des allures grand-guignolesques, avec cette bande de mioches affublés de vêtements plus ridicules les uns que les autres. La déception domine donc.
Évoquant de front les enfants soldats comme un documentaire sans complaisance ni manichéisme, Johnny Mad dog aurait pu faire trés mal sauf que son action sur-découpé devient pénible à la longue ce qui est d'autant plus rageant que ces jeunes comédiens habités méritaient mieux.
Des jeunes abrutis qui se battent presque sans raison, de la violence gratuite et inexpliquée, des voix d'enfants soldats à vomir (je suis d'accord avec la critique précédente, je lui arracherai bien la tête au petit), pas de scénario... Des moments supposés être clés qui ne font ni chaud ni froid, aucun personnage n'est attachants... Bon bref d'une nullité totale.