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JeremGar
131 abonnés
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4,5
Publiée le 11 février 2014
Un scénariste Hollywoodien qui est en pleine crise de la "Page Blanche" est enclin à un terrible mal : la violence. Suspecté du meurtre d'une serveuse, ce dernier va trouver du réconfort dans les bras d'une voisine qui tombe éperdument amoureuse de lui. Ce film est une parfaite réussite. Humphrey Bogart est, selon certaines critiques, au sommet de son art. Et, il faut avouer que ce sont des critiques véritablement justifiées car, effectivement, ce rôle de Dixon Steele lui va à merveille. Durant l'heure et demie, on ne s'ennuie pas une seule seconde. Humphrey Bogart a le don de nous tenir en haleine. Ce personnage "violent" s'incruste drôlement bien dans ces décors hollywoodiens qui rentrent en contraste avec la noirceur du scénario. Toutefois, si vous vous attendez à un film où l'enquête policière est la pièce principale de l'intrigue, vous faites fausse route. Effectivement ce "Violent" nous raconte plutôt les déboires Hollywoodiens des années 1950, période où "All About Eve" est également sorti sur les écrans. Entre véritable capacité d'aimer et extrême violence, ce Dixon Steele reste attachant. Dommage que ce film n'ait pas connu une plus grande visibilité.
Je ne sais pas si c'est le plus beau rôle de Bogart étant donné que je ne pas vu tout ses films. Cela dit il incarne un personnage vraiment intéressant, fascinant même. Une histoire qui ne pouvait être mise en scène en noir et blanc, car ici il colle parfaitement au sujet.
"le Violent"(1950)est un petit bijou de polar noir hollywoodien,injustement méconnu.Humphrey Bogart,dans ce qui est probablement la meilleure interprétation de sa glorieuse carrière,montre une facette peu connue de son personnage habituel.Si il est toujours aussi séducteur,sûr de lui et mystérieux,il est ici capable d'accès de fureur inquiétants,d'un instinct de possession et d'une paranoïa grandissante.L'enquête qui coure sur le meurtre d'une starlette,et dont il est le principal suspect,le met face à sa nature ambivalente et sauvage.Qu'il soit coupable ou non importe peu.Le film montre surtout les conséquences désastreuses de cette mise à jour.Bogart en scénariste blasé,y détruit une histoire d'amour naissante,entre rage et mépris de soi.Gloria Grahame lui donne une belle réplique,froide et insondable.Nicholas Ray,le réalisateur,fait une utilisation remarquable du noir et blanc,et la tension est là dans les scènes clés.On sera plus réservé par la théâtralité du film,dont le tournage en studio est trop voyant.En 90 minutes tout compris,on a percé à jour une identité masculine en crise.
Un film noir aux accents plus dramatiques que purement policiers, où Bogart fait des étincelles en incarnant un personnage trouble dont la violence sous-jacente explose souvent à tort et à travers. Le récit est efficace et bien rythmé, même si le déroulé est un peu trop facile parfois on se laisse prendre au jeu et le film évite assez habilement les écueils du manichéisme pour distiller une réelle ambiguïté avec un certain talent, la mise en scène se voulant sobre (la plupart du temps) et accompagnant très justement le jeu des acteurs. Un film aussi solide qu'efficace.
Grand film mettant en scène un scénariste hollywoodien solitaire et dominé par de terribles accès de violence. Le scénario qui le présente d'abord comme un homme faussement accusé de meurtre puis comme un meurtrier en puissance est d'une très grande habileté. Bogart est très bon dans un rôle très noir (qui dit-on faisait écho à sa véritable personnalité) et Gloria Grahame magnifique en femme amoureuse qui essaie de l'aider mais finit par avoir peur de lui. Belle photographie. L'un des meilleurs films de Ray. Voir ma critique complète sur mon blog : newstrum.wordpress.com
Malgré les performances de Humphrey Bogart (qui retrouve, en scénariste anxieux et colérique, ses mimiques paranoïaques du Trésor de la Sierra Madre) et de Gloria Grahame (magnifique de passion et de peur rentrée), le film souffre quand même de longueurs et d'un manque de rythme.
"Le Violent" marque le véritable début de la carrière de Nicholas Ray qui le conduira au firmament des grands réalisateurs du XXe siècle. Pour faire ce film, Ray propose un rôle sur mesure au grand Humphrey Bogart avec qui il avait déjà collaboré deux ans plus tôt dans les "Ruelles du malheur". Cette fois, Bogart s'implique de tout son coeur dans l'aventure et son intérêt éclate au grand jour sur la pellicule. Sa prestation d'acteur est saisissante et convaincante et permet au film de prendre toute sa puissance. Pour contrebalancer la rigueur de son sujet, Ray a le génie de développer, puis de relancer l'intrigue sur la relation amoureuse entre ses deux personnages principaux. Coup de génie ! La violence de Bogart, en scénariste désabusé et en mal d'inspiration, n'en apparaît que plus évidente. Les scènes d'amour (la dernière notamment) sont d'une authenticité rare pour l'époque. Un vrai petit bijou.
Un grand Bogart, le rôle lui va comme un gant, son visage dur, franc, un homme corriace que ces excès empêche d'être heureux. Quelque similitude peut-être avec ses propres expériences, il sait ce qu'il joue, puisqu'il est ce qu'il joue. Présenté comme un petit film, Nicolas Ray, loin de tous les clichés nous livre un film limpide, très bien orchestré et digne des plus grands classiques du film noir.
Un polar, un film noir qui glisse peu à peu vers le mélo. Dès les premières scènes, le portrait du personnage principal est brossé : magnifiquement incarné par Bogart et son charisme, il est ténébreux, lucide, cynique, … et violent. Sa sensibilité, réelle, est enfouie. Ce scénariste est un marginal dans le milieu Hollywoodien dont il conteste les règles de fonctionnement (dénoncées par ce biais par Nicholas Ray). Les dialogues sont assez jubilatoires et les scènes sont brillamment traitées (l'interrogatoire de police qui se transforme en déclaration d'amour). Un film bien écrit, dans lequel les interrogations (voire le suspense, comme dans "Soupçons" de Hitchcock) sur la nature du personnage et l'évolution de la relation amoureuse, l'emportent sur l'intrigue policière (la résolution du meurtre), et bien conclu par une dernière scène aussi belle que désenchantée.
Excellent. Scénario et acteurs formidables, c'est peut être les dialogues qui forcent le plus l'admiration. 90 minutes parfaites pour un film sec. Certains réalisateurs seraient bien inspirer de s'en tenir à cette durée au lieu d'allonger la sauce et nous servir des soupes insipides.
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4,0
Publiée le 15 juin 2021
C'est peut-être un sacrilège de dire cela mais Bogart a plus d'atomes crochus avec Gloria Grahame dans Le Violent qu'il n'en a jamais eu avec Bacall. Tous deux ont atteint leur apogée à l'écran et le film est totalement brillant. Le meilleur film de Bogart reste Casablanca mais celui-ci vient juste après. Grahame souvent bonne est absolument géniale dans cette performance plus subtile et plus sexy que tout ce que je lui ai vu faire ailleurs. Il y a une scène sans paroles dans un bar qui a plus de chaleur que presque toutes les scènes de n'importe quel film. Ce film est presque un chef-d'œuvre et le genre de rôle que les grandes stars n'entreprennent presque jamais. Dixon Steele est assez peu sociable et Humphrey Bogart l'incarne parfaitement et sans narcissisme...
En comparaison du titre original, le titre français est d’une platitude remarquable. Heureusement, le film a plus de relief. Il s’impose même comme l’une des meilleures réalisations de Nicholas Ray, dans laquelle il a, semble-t-il, mis beaucoup de lui, de sa fougue, de ses frustrations, de son amertume, de sa solitude. Le scénario, tiré d’un roman de Dorothy Hughes, cultive l’ambiguïté du personnage principal, laisse planer un doute sur sa culpabilité, mettant à mal le sentiment amoureux, un peu comme dans Soupçons, d’Alfred Hitchcock. Les dialogues sont d’une grande qualité : caustiques ou poétiques (“Je suis né quand elle m’a embrassé, je suis mort quand elle m’a quitté, j’ai vécu tant qu’elle m’aimait”). Et l’interprétation est excellente : Humphrey Bogart (également producteur du film), très convaincant en homme qui ne peut maîtriser ses pulsions, ténébreux, cynique et finalement touchant ; Gloria Grahame (qui était alors la compagne du réalisateur), parfaite dans un rôle de femme insolente, sensuelle, forte et fragile à la fois. C’est aussi un film passionnant sur les coulisses de Hollywood.
Je n'avais pas revu ce film depuis que j'avais acheté le DVD dans la collection film noir. Le titre m'avait rebuté : voir Bogart dans le rôle d'un malade voilent m'indisposait. Et puis en regardant et écoutant les critiques de Tavernier, Guérif et Brion tous les 3 très élogieux sur le film et Bogart en revoyant ce chef d'œuvre du film noir Gloria Grahame épouse du réalisateur Nicolas Ray dans la vraie vie, je me suis dit que le film et la réalité se sont télescopé puisque suite à un adultère découvert avec son fils Tony, Nicolas Rey divorce avec Gloria Grahame avant la fin du tournage. Bref le tournage d'un film de fiction basé sur un roman policier de Dorothy Belle Hughes est rattrapé par la vie réelle. Nicolas Rey se sépareront avant la fin de ce film et divorceront en 1952 car Nicolas Rey a surpris Gloria Grahame en train de coucher avec son fils d'un précédent mariage. La production du film, La Columbia ne voulait pas de Gloria Grahame car quand un metteur en scène tourne avec sa femme cela finit toujours mal. Comme quoi.... Brion dit que le personnage joué par Bogart était d'après un cinéaste exactement Bogart dans la vie. Tavernier, Brion et Guérif disent tous les 3 que c'est le meilleur film de Nicolas Rey et de Bogart. C'est un peu comme en navigation hauturière sur un grand bateau à la voile quand un ou deux couples déjà formés avant la croisière participent à cette croisière c'est explosif et il y aura un ou deux divorces pendant ou après la croisière. C'est imparable. Bertrand tavernier dévoile un secret sur Nicolas Ray : il avait dénoncé plusieurs personnes comme communistes durant le Maccarthysme dont sa propre femme sans que cela soit dévoilé par la police et Howard Hugues patron de la RKO et très anticommuniste protégeait Nicolas Ray pour ces dénonciations durant le Maccarthysme et lui a confié de nombreux tournages et l'a aidé à obtenir que Gloria Grahame qui avait un contrat avec la RKO soit libéré pour faire ce film pour une autre maison d production donc (Columbia et Santana la maison de production de Bogart qui porte nom de son voilier). Enfin il semble que Nicolas Rey était un grand addict d'alcool et de drogues diverses. Nicolas Rey a instillé beaucoup d'aspects autobiographiques dans ce film en particulier l'histoire d'amour entre lui et sa femme Gloria Grahame en train de se défaire pendant le film (il avait convaincu Bogart d'accepter Gloria Grahame dans son film pour sauver son couple lui-a-t-il dit).