Little Odessa
Note moyenne
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187 critiques spectateurs

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Gentilbordelais

405 abonnés 3 610 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 octobre 2025
On peut être un tueur à gages seul et banni par son père et être sentimental, attaché aux siens (sa mère, son jeune frère). C'est ce que raconte J. Gray dans un premier long métrage prometteur sous certains aspects. Il développera alors le thriller noir, mélant mafia et famille dans ses deux prochaines réalisations mais de façon plus aboutie. Une première partie où l'intrigue se traîne et manque d'intensité, devenant un jeu du chat et la souris dramatique.
Charlotte28
Charlotte28

207 abonnés 2 926 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 septembre 2022
Sombre, froid comme le regard de ces Russes qui peinent à exprimer leurs sentiments et leurs faiblesses, cette tragédie de famille mafieuse nous entraîne dans une atmosphère singulière, taiseuse, lourde, sourdement douloureuse. Avec ce premier film James Gray annonce son intérêt pour les relations humaines ébranlées ainsi que le désenchantement sociétal tout en manifestant un sens aigu de la mise en scène malgré quelques maladresses narratives dans le montage voire dans le rythme lancinant qui en rebutera certains. Cependant, l'expression des non-dits et des diverses manières de fuir son environnement se manifeste excellemment, portée par l'interprétation intense de Tim Roth et d'Edward Furlong. Quel coup d'essai!
Emmanuel Cockpit
Emmanuel Cockpit

95 abonnés 1 497 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 octobre 2025
Le cinéma de James Gray est dramatiquement humain et le réalisateur aime décliner ses scénarios autour de la famille, son identité sans subterfuge, ses valeurs tranchées, ses déchirements âpres. Ses films sont sombres, la photographie froide, l’ambiance noire. Ce premier film puissant, teinté de violence et saturé d’émotion augure des suivants qui exploseront en intensité.
Xavier D
Xavier D

87 abonnés 1 165 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2024
âpre, réaliste, froid hivernale, meurtre commandité à un tueur russe qui revient dans sa vraie vie à New York. pour revoir son frère et sa mère malade, et exécuter un contrat. Tim Roth, dont le talent n'est plus a démontrer, joue le caïd en question. Edward Furlong, dont la carrière cinématographique s'est arrêté net, aurait pu poursuivre tant son talent était également plus a démontrer. pas une pointe d'humour. le finale dont le drame est évidant, et qui a traversé tous le long métrage, rend ce film superbe.
gooneur
gooneur

60 abonnés 840 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 novembre 2023
Ambiance polaire, et pas que pour la température, photographie superbe sur des tons froids et gris, scénario (très) sombre, c'est sûr, on n'est pas sur le créneau de la bluette de Noël. Excellent premier film ceci étant dit, porté par la relation et l'alchimie entre les 2 frères/acteurs!
ronny1
ronny1

58 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 juin 2020
Pour son premier film, « Little Odessa », James Gray se dit inspiré par « L’homme qui tua Liberty Valance » de John Ford. Mais en louchant ambitieusement sur l’élégance du « Guépard » de Visconti, il touche davantage au réalisme de « Rocco et ses frères ». S’il garde de Ford la communauté, l’enterrement de sa mère, faible lumière vacillante, son extinction ôte tout espoir d’humanité, toute indication d’une voie quelconque à Reuben. Dans un espace concentrationnaire, se développe une tragédie linéaire dont Joshua, le grand frère est à la fois l’ange sombre et le prophète suicidaire. Tueur sans état d’âme, revenu dans le quartier pour honorer un “contrat”, il veut revoir sa mère mourante une dernière fois, ajoutant ainsi la tragédie à la tragédie. Cette habile construction scénaristique sera réalisée de manière presque documentaire, laissant volontairement peu de place au pathos. L’ascension sociale du rêve américain est remplacée par la misère mentale d’un espace commun et partagé, qui empêche toute échappatoire et imposant un désagréable goût dans la bouche : celui des cendres que Joshua laisse derrière lui. Loin de tout aspect lacrymal, la réalisation parfois encore mal maîtrisée dans sa lenteur, prend le spectateur aux tripes pendant un long final oppressant. A vingt quatre ans, James Gray fait déjà preuve d’une direction d’acteur très précise avec une mise en scène qui ne l’est pas moins. Ce casting impeccable bénéficie d’un choix musical grandiose et d’une mise en image de Tom Richmond qui fait la part belle à des clairs obscurs picturalement magnifiques et certains plans semblent issus d’une galerie de tableaux grâce à des décors très étudiés (il gardera la même direction artistique pour “The Yards”). “Little Odessa” dans le parcours auto biographique de James Gray, juif d’origine russe ayant grandi à New York, peut être considéré comme l’avant “The Yards”. Malgré le montage parfois relâché, entraînant une perte de densité par instants, cette première réalisation est déjà un très grand film.
Nicolas S
Nicolas S

55 abonnés 670 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2023
Little Odessa est un film noir très noir, doublé d'une fascinante évocation de la communauté juive russophone de Brooklyn. On y suit Joshua, un tueur à gages travaillant pour une mystérieuse organisation mafieuse, et son petit frère Reuben, jeune garçon intelligent mais influençable qui observe impuissant sa mère lutter contre un cancer incurable et son père adultère et violent s'emmurer dans le silence. Si l'univers de Little Odessa évoque immanquablement Scorsese, on reconnaît déjà une patte propre à Gray dans cette façon de centrer l'intrigue sur la thématique de la filiation - le malheur de Reuben vient de l'absence d'une véritable figure de père dans son entourage - et dans cette air de mélancolie insondable qui patine tout le film. C'est évidemment tragiquement que le film se conclut, de façon peut-être un peu trop prévisible. À voir comme le prélude au plus réussi La Nuit nous appartient.
Kouto
Kouto

32 abonnés 4 791 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 août 2025
Quand un tueur un gage pour un job est obligé de retourner dans son quartier d’origine où il n’est plus le bienvenu, cela donne à un film mené de main de maitre par un James Gray qui pour son premier long-métrage fait preuve d’une incroyable maitrise et maturité tant au niveau de la violence glaciale du récit que de la manière dont il dépeint les relations entre les personnages et ce malgré une certaine lenteur de l’avancement de l’histoire.
Redzing

1 458 abonnés 4 968 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mars 2015
Un jeune tueur revient dans son quartier d'enfance pour exécuter un contrat pour la mafia. Ce sera l'occasion pour lui de renouer les liens avec une famille qui l'a renié. "Little Odessa" est un drame posé, voire délicat, qui traite avec douceur de sujets sordides. Le film dépeint la condition misérable des émigrés juifs d'origine russe, vivants enfermés dans un quartier contrôlé par les mafieux. Il montre également avec justesse une famille au bord de l'explosion, entre un jeune loup glacial (impeccable Tim Roth), son petit frère paumé (Edward Furlong, un des meilleurs acteurs adolescents des 90's), et un père fatigué en quête de rédemption (impérial Maximilian Schnell). Le tout filmé dans une ambiance sombre et hivernale, qui manque peut-être un peu de relief, mais qui donne déjà un aperçu du talent de James Gray, qui deviendra un habitué des polars et drames urbains de qualité.
MaCultureGeek

1 169 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 juillet 2019
Little Odessa a été ma porte d'entrée dans le cinéma de James Gray, notamment dans sa trilogie "Crime et Famille". Premier volet, le suivront The Yards et La Nuit nous appartient, portés par un duo surprenant, Mark Whalberg/Joaquin Phoenix, remplaçants de deux étoiles montantes des années 90, les excellents mais trop peu reconnus (par des mauvais choix de carrière ou, carrément, une carrière avortée) Tim Roth et Edward Furlong.

Véritable égérie du drame Shakespearien de James Gray, ils forment un duo inoubliable et profondément humain, duquel découle les plus profonds et jolis thèmes de l'oeuvre. Quête de l'identité familiale, du pardon des erreurs du passé, de l'acceptation d'immigrés au sein d'une communauté perdue, et de cet homme, Tim Roth, qui fait tout pour éviter à ses proches de pâtir d'un passé dont il n'a connu, jusque là, que peu de répercussions.

C'est Edward Furlong qui représente son lien avec le présent : frère égaré qu'il retrouve, il incarne avec sa fougue et son talent d'antan cette génération années 90 en quête de repaires, éprise d'une culture underground et que la vie forçait à rendre adulte avant l'âge; alors, il fume, il est violent mais quand même enfant, se situe toujours entre l'innocence et le désespoir, donnant vie à l'un des personnages récurrents de la filmographie dramatique de Gray : l'homme inexpérimenté qui, sous couvert d'influences ou d'espoirs de vie, se conduira seul à sa perte, pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

En cela, Little Odessa est un choc : premier film et scénario de James Gray, il est autant à reconnaître pour son écriture magnifiée par son sens du tragique et des émotions, que par la beauté froide de sa photographie, qui représente la ville comme un personnage à part entière, devenue gouffre des vies de ces gens de rien, qui tentent, par la criminalité, la vengeance ou la solidarité mal placée, de s'élever, du moins socialement, au moins humainement.

C'est ce que vit Tim Roth qui, désireux de se racheter, va renouer contact avec ceux qu'il aimait quand il était adolescent, jusqu'à devenir, pour Furlong, le père protecteur de substitution face à ce géniteur ultraviolent, que le passé a rendu intolérant, dur, cible de mauvais choix qui impacteront sur une écriture à la conclusion parfaite, loin des écarts explosifs américains habituels. Un plan, des vêtements pendus, le silence de l'après coup de feu : Gray marquait l'esprit des spectateurs avec une finesse rare, et une humanité à toute épreuve.

C'est aussi cela qui rend Little Odessa excellent : sa simplicité presque intimiste, qui va préférer se concentrer sur la vie et la psychologie de ses protagonistes plutôt que sur les scènes d'action que pourrait entraîner le métier de tueur à gage de ce diable de Tim Roth, parfaitement inséré dans l'intrigue au travers d'une scène d'introduction aussi court que coup de poing. Il y a quelque chose de rafraîchissant à voir enfin un film noir récent aussi maîtrisé, emprunt d'influences littéraires et de passages beaux servant autant la narration que la psychologie des personnages (les scènes d'amour entre Roth et la très convaincante Moira Kelly sont un grand moment de cinéma, retranscrivant avec habileté l'état d'esprit du moment de notre héros voué à une vie de solitaire).

En ce sens proche du Samouraï de Melville, Little Odessa est un upercut en pleine poire réalisé de main de maître par un James Gray qui se démarque, loin s'en faut, par son écriture maîtrisée, humaine et aboutie, où le tragique se mêlera parfaitement à l'intime, au réel, à la vie routinière de ces fils d'immigrés sans place dans la société. Et si la fin laisse pantois, c'est qu'elle est à la hauteur de la promesse : celle de voir un film noir rendu pertinent par sa simplicité, qui conte la vie d'une fratrie (et plus largement d'une famille en implosion, à l'image de la mère malade) plutôt que les exploits guerriers d'un tueur à gages confirmés.

Ayant évité tous les pièges de son postulat, il se pose comme l'un des plus beaux polars qu'on puisse voir, admirable par sa gestion des sentiments et son jeu d'acteurs fantastique, parfait soutien pour une oeuvre prodigieuse par sa forme et par son fond, qui joue avec maestria de la solitude et du romantisme du tueur à gage cinématographique.

Little Odessa, moment fort de trois carrières de grands artistes.
Acidus

880 abonnés 3 967 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2015
Pour son premier film, James Gray frappe fort. "Little Odessa" n'est ni plus ni moins qu'une petite pépite d'émotion et de violence. Pour ses débuts au cinéma, le cinéaste fait déjà preuve d'une grande maturité dans sa mise en scène et dans l'écriture du scénario. "Little Odessa" nous offre quelques répliques sublimes et des scènes intenses. Quant à Tim Roth qui tient ici le rôle principal, il nous livre une de ses plus belles performances. Bref, du cinéma comme on l'aime !!!!!
this is my movies

828 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juin 2016
Un bon petit polar new-yorkais qui révéla le talent de J. Gray. Le talentueux scénariste-réalisateur met en place une tragédie qui ne s'éternise pas trop sur les détails et qui fait surtout la part belle aux plans étirés, laissant les personnages vivre dans le cadre et se débattant dans une vie qui se veut la plus sombre possible. On a donc droit à des portraits d'écorchés vifs, d'hommes torturés ou qui ne se complaisent que dans la violence, le crime et le mensonge. La belle photo du film ainsi que des acteurs inspirés font que le cocktail prend bien. Toutefois, je dois dire que la fin m'a un peu décontenancé mais il faut souligner le découpage impressionnant de la spoiler: fusillade finale
qui arrive à placer ses personnages au sein d'un espace géographique pourtant très restreint. Enfin voilà, c'est noir de chez noir, parfois un peu cryptique et arty mais ça reste très intéressant de bout en bout. De plus, les acteurs sont très, très, TRES bons. D'autres critiques sur
SebD31
SebD31

104 abonnés 553 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 mars 2014
Dans le quartier russe de New York appelé "Little Odessa", le retour de Joshua, tueur à gages impitoyable, va bouleverser à jamais les destins de ses proches.

Dans un New York plongé dans le froid, les paysages enneigés et désolés renforce le caractère sordide du quartier russe, où se côtoient de nombreux criminels. Dans les rues de "Little Odessa", la corruption est omniprésente. Le parrain local Volkoff, veut à tout prix venger la mort de son fils. Joshua l'a tué, puis a du fuir son quartier pour sauver sa peau.

Désormais, il est de retour, pour effectuer un contrat : tuer un indic. Très vite, il va se rallier à trois gangsters pour l'aider à trouver sa cible. Bien sûr, il doit être le plus discret possible, afin d'éviter de croiser les hommes de Volkoff. Personne doit savoir qu'il est revenu à "Little Odessa".
Sa famille d'origine juive, composée de ses parents et son jeune frère Reuben, vit toujours dans ce quartier. Reuben va apprendre rapidement que Joshua est revenu.
Il va entrer en contact avec lui. Le jeune frère admire son frère, alors que ce dernier est entièrement renié par leur père.
Un père qui a tout fait pour bien éduquer ses deux fils mais qui pourtant, a vu sombrer son aîné dans la violence. Depuis, il ne lui a jamais pardonné. Reuben, au contraire, adore Joshua, qui lui, divulgue à peine ses sentiments.

Apprenant que leur mère est malade, Joshua, lors d'une scène mémorable, va enfin dévoiler sa sensibilité lors d'une visite au domicile familial. Il va enlacer et embrasser sa mère, qui visiblement est très touchée de revoir son fils aîné. Elle est condamnée et vit ses dernières heures dans une souffrance inimaginable. Une tumeur au cerveau la ronge depuis plusieurs mois et son quotidien est un véritable enfer, pour elle, comme pour son mari et son plus jeune fils, témoins malheureux et impuissants de sa dégradation physique.

Finalement, James Gray, décrit une famille où chaque membre n'est que solitude. Le père, a une liaison avec une autre femme pour combler son désespoir. La mère est prisonnière de sa maladie. Joshua n'a aucun endroit pour s'installer, il erre sans réel but, mais là où les contrats l'amène (lors d'une magnifique scène, il le dit lui-même à son jeune frère, il "erre"). Enfin, Reuben, jeune adolescent brillant mais mal dans sa peau, fait l'école buissonnière et aime aller voir des vieux films au cinéma. Lui aussi, n'a pas d'amis comme son frère.

Le personnage central du film est bien sûr Joshua, en fait il est le véritable fil rouge du déroulement de l'histoire, qui va conduire à la fin tragique de sa famille. Sa personnalité est d'une complexité déroutante, car dans ses accès de violence, il exécute froidement des hommes, alors que dans d'autres scènes, il parait vraiment humain et non-violent. La scène notamment, où il rend visite à sa mère, mais aussi la scène qui le montre en compagnie de sa petite amie lors de leurs ébats amoureux. Son retour à "Little Odessa", lui a permis de revoir celle qu'il a jadis aimé.
Quelque part, on peut aisément comprendre que Joshua a été un jeune garçon sensible, intelligent mais qui a basculé dans le mal. Peut-être à cause d'une famille juive russe, où l'expression des sentiments est tabou, toujours en retenu. Le père a sans doute cru bien élever ses enfants mais il lui a aussi été difficile d'exprimer son véritable amour. James Gray s'est grandement inspiré de sa propre famille pour écrire le film.
Pour son premier film, il a été puisé dans ses propres expériences pour construire cette histoire bouleversante. Sa propre mère a été victime d'une tumeur au cerveau et ses relations avec son frère aîné n'ont pas toujours été simple.
spoiler: Le dernier plan du film est saisissant et laisse aussi un sentiment de malaise profond. On voit Joshua, seul dans sa voiture, qui regarde droit devant. Son regard est vide, totalement désincarné. Il vient de perdre sa mère et surtout son frère, froidement abattu. C'est Joshua qui aurait du mourir mais c'est finalement Reuben qui est mort. Le mal a triomphé du bien, ou plutôt la raison du plus fort a triomphé de la raison du plus faible.

Gray a réalisé ce somptueux film noir aux accents de tragédie grecque, remarquable portrait d'une famille en décomposition. Les rapports difficiles entre les membres d'une même famille, seront également la thématique des deux autres volets de la trilogie new-yorkaise. "The Yards" et "La Nuit nous appartient" sont aussi deux films absolument magnifiques.
Pour finir, Tim Roth, Edward Furlong, le regretté Maximilian Schell et Vanessa Redgrave, sont tous incroyables dans leur rôle.
Lion d'Argent amplement mérité pour ce chef-d'oeuvre.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 20 novembre 2012
James Gray s'immerge dans le film noir à travers un premier film simple et juste. On y ressent déjà les accents shakespeariens de l'auteur et son goût pour entremêler les familles filiales et les familles criminelles. Au delà du divertissement, c'est une peinture prenante dans un Brooklyn étouffé par la neige et une violence imprévisible.
Sebi Spilbeurg
Sebi Spilbeurg

95 abonnés 1 005 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mai 2014
James Gray est sans nul doute l’un des meilleurs réalisateurs de films indépendants américains de sa génération. Ou plus précisément de films dits noirs. Même si son dernier en date (The Immigrant) n’a pas vraiment convaincu la presse et les spectateurs (la majorité le considérant comme un bon long-métrage, mais le plaçant bien en-dessous de ce que peut livrer le cinéaste), le bonhomme a su se forger une notoriété de renommée. Et ce en seulement quelques films (The Yards, La nuit nous appartient, Two Lovers). Mais toute réputation à un commencement, et pour Gray, ce début s’intitule Little Odessa, sorti en 1994.

Joshua Shapira (Tim Roth) est un tueur à gages qui exécute de multiples contrats sans état d’âme. Jusqu’au jour où son commanditaire lui donne une cible située à Brighton Beach, quartier new-yorkais des Juifs russes également appelé Little Odessa. Dans lequel il y passa toute son enfance et où il va retrouver sa famille, dont son petit frère Reuben (Edward Furlong) mais également des démons du passé. Une histoire mafieuse comme le cinéma nous a si longtemps livré sur un plateau (et qui continue encore de le faire) ? Pas si sûr ! Notamment quand on sait que, lors du tournage de son film, James Gray n’était alors âgé que de 24 ans.

Si le papier du film nous présente ce dernier comme un énième thriller policier qui parle de parrain et autres gangsters, nous en sommes pourtant bien loin. En effet, Little Odessa se présente bien plus comme un drame familial. Que dis-je ? Une tragédie grecque ! Toutes les histoires de fusillades, d’assassinats et de règlements de compte, mettez-les de côté aussitôt le film commencé ! Car James Gray préfère se pencher sur ses personnages et les relations qui les unissent plutôt que de nous donner un film de mafieux de plus. Ici, nous nous intéressons à la vie d’un tueur à gages (donc difficilement appréciable de base). Et le scénario fait que nous nous y attachons avec aisance. Surtout quand le script nous impose des personnages qui permettent cet intérêt pour lui : un père violent qui a été jusqu’à virer de sa maison son aîné Joshua (ce dernier allant contre tous ses principes), une mère gravement malade qui vit sous la peur de ce mari, un frère devant se débrouiller par ses propres moyens et admirant Joshua pour sa liberté et son côté rebelle. Pas besoin d’en dire plus pour comprendre que le retour de ce membre de la famille va être un immense bouleversement pour tous (aussi bien l’ex-petite amie que la pègre locale), et pas forcément dans le bon sens. Et c’est là que l’appellation « tragédie grecque » prend tout son sens !

Rien qu’avec ce premier long-métrage, James Gray faisait voir ses talents de metteur en scènes, sa patte artistique qui ne l’a plus quitté depuis. À savoir instaurer une ambiance d’une noirceur prenante. Pas besoin de gore ou de glauque comme le font certains films. Ici, juste un scénario (signé par lui-même) pessimiste au possible (rien qu’avec les dernières minutes, nous sommes bien loin du traditionnel happy end hollywoodien), des jeux de lumière assez sombres sans tomber dans l’excessif, une photographie qui offre de magnifiques plans intimistes prenants, et enfin une bande originale qui sort des sentiers battus de ce genre (arborant des thèmes qui se rapprochent d’un opéra russe). Une atmosphère hautement sombre et violente qui montre à tel point que James Gray, malgré son jeune âge, a su réaliser un film travaillé comme il faut, tout en s’inspirant de sa propre vie (ou plutôt de l’histoire de sa famille juive qui a immigré aux États-Unis). Alors, quand un cinéaste parvient à un tel niveau de maîtrise (alliant mise en scène soignée et scénario personnel approfondi), nous ne pouvons qu’applaudir ce premier essai !

Après, il faut tout de même reconnaître qu’un spectateur, quand il va au cinéma ou regarde un film, c’est souvent du divertissement qu’il recherche. Par là, il faut entendre que le long-métrage doit l’amuser et non lui plomber le moral. Ainsi, le pessimisme de Little Odessa se voit autant comme un atout qu’une faiblesse. Et il est certain que cette noirceur, peu de personnes vont l’apprécier. Plutôt s’en détacher et trouver le temps un peu long lors du visionnage. Franchement, on peut les comprendre. Mais même eux ne peuvent rien sur le choix du casting, juste irréprochable. Rien qu’avoir en tête l’excellent Tim Roth (connu de la jeune génération pour avoir été le Dr. Lightman dans la série Lie to Me, mais surtout célèbre pour ses rôles dans Reservoir Dogs et Pulp Fiction) suffisait au film. Il bénéficie également du jeune Edward Furlong (trop peu présent à l’écran, n’étant célèbre que par sa prestation de John Connor dans Terminator 2), Vanessa Redgrave (récemment vue dans Le Majordome), Maxmilian Schell (Le Bal des Maudits, avec Marlon Brando) et Moira Kelly (la VO de Nala dans la trilogie du Roi Lion). Casting prestigieux pour un film indépendant de 2 millions de dollars et quelques, précisons-le !

Oui, Little Odessa en déroutera plus d’un à cause de son ambiance plutôt sombre, cela ne fait aucun doute ! Mais nous ne pouvons rester de marbre devant un tel exercice de style. James Gray montrait déjà qu’il savait faire un film, et d’en maîtriser le moindre aspect (direction d’acteurs, scénario et mise en scène). Pas étonnant que le bonhomme s’est vu « invité » par le festival de Cannes par la suite, directement pour son second long-métrage (The Yards).
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