L'Invasion des profanateurs
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MaCultureGeek

1 167 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 mai 2019
J'ai longtemps considéré cette version de Body Snatchers comme le stade ultime des films de la saga; il aura suffit d'un revisionnage pour comprendre que l'original reste, comme pour beaucoup d'autres cas, le meilleur volet de la franchise. Moins condensé mais plus maîtrisé, le film de Don Siegel avait le talent de savoir sur quel objectif se focaliser, et suivait sa ligne directrice sans grand écart.

C'est le principal problème de cette version de Philip Kaufman : certes très efficace, elle tente de trop en faire en trop peu. Ce qui passe en livre ne passe pas en film : décrire un contexte en présentant des personnages, mieux développer des thèmes tels que l'absence de sommeil impactant sur la perception et le ressenti des protagonistes, il est impossible de respecter tout cela en film si l'on y ajoute, en suivant toujours cette idée de plus destructeur, un triangle amoureux qui s'avoue peu à peu, ainsi qu'une pléthore de personnages secondaires qu'il faut, en plus d'amener, insérer convenablement dans le récit.

Ainsi, on se retrouve avec un Jeff Goldblum qui en fait des caisses pour se faire voir et Leonard Nimoy en psychiatre trop peu développé pour qu'on ne se doute pas qu'il est Body Snatcher, finalement si peu intéressant qu'on ne se soucie même pas de voir la théorie du traître se confirmer. Complice d'autres personnages secondaires essentiels mais toujours aussi peu caractérisés (le mari de Brooke Adams est un sommet de clichés), il ne sert en fait qu'à faire avancer l'intrigue et, paradoxalement, en cause la retombée précoce.

Au moment où le tout devait s'élever, atteindre des sommets de surprise et de tension, de nombreuses questions restent en suspens, brisant l'homogénéité du tout. On ne reviendra pas sur l'excellent travail de Kaufman : d'autres l'auront fait avant moi, en plus technique et plus approfondi, accentuant très sûrement sur la dureté de ses dix dernières minutes, d'un pessimisme fantastique. Le soucis vient du fait que le film pousse si loin son cynisme qu'il en paie lui-même les frais.

C'est au travers de son évidente critique de cette nouvelle société des années 70 remplaçant l'Amérique classique des années 50-60 que L'Invasion des profanateurs se plante royalement; le problème vient de la forme, non du fond (fort honnête). Si l'on admet que ces Body Snatchers, aliens à l'invasion enfin discrète, ne ressentent aucune expression, il apparaît surprenant que Nimoy témoigne, tout du long, de réactions purement humaines.

D'autant plus qu'il n'y a pas de mix possible : en devenant l'un d'entre eux, de ces nouveaux humains uniformes, tu perds tout élan vital, toute sensation, toute émotion. De ce monde monolithique ressort donc cet imposteur de Spock, qu'on pourrait, et ce serait plus logique, considérer comme un humain sous couverture. C'est là le problème de la machine expressive de nombreux films de science-fiction : l'art cinématographique se construisant très difficilement sur des visages inexpressifs (pour un cinéma grand public, cela va de soi), la forme ne peut plus respecter le fond si elle veut intéresser son public.

On retrouve aussi cette idée dans le traitement du sommeil : s'il fallait, pour intéresser le public, forcément incruster une histoire d'amour entre l'excellent Donald Sutherland et Brooke Adams (au regard parfait pour la conclusion du film), il paraissait évident que le thème principal du film, soit un combat perdu d'avance, passerait quelque peu à la trappe. Et si la mise en scène permet de réduire les pots cassés, il paraît évident que l'écriture ne sait plus trop ce qu'il faut développer, au point de plus s'attacher à montrer ses personnages secondaires en détresse et Sutherland en figure d'autorité héroïque qu'à faire naître la tension de la peur de s'endormir (une mise à jour qu'apportera le très réussi Griffes de la nuit).

Tout partait si bien que L'Invasion des profanateurs donne l'impression, au sortir du visionnage, d'être un film fractionné auquel il faudrait ajouter une demi heure supplémentaire (c'est un minimum) pour qu'il soit construit convenablement. A trop vouloir traiter de thématiques différentes (cependant toutes très intéressantes), il les survole pratiquement toutes et se limite à être un très bon divertissement, référence d'un genre pour sa mise en scène, plus pour son écriture. Contrat à moitié rempli, que son dernier plan rendra étonnement amer (dans le bon sens du terme).
Martin M.
Martin M.

4 abonnés 32 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 août 2018
Drôle d'énergumène que cet �Invasion des profanateurs". À voir le titre on croirait qu'on nous servira sur un plateau des alien tels qu'on se les imagine, mais il n'en est rien. On en sais pas assez sur les profanateurs (d'ailleurs ce terme désigne-t-il les bactéries extra-terrestres ou bien les hommes qu'elles ont atteint?).
Les hommes transformés semblent l'avoir été sans finalité, sans but.
Sans Donald Sutherland je n'aurai sans doute pas regardé ce film, mais en fait la magie dans les yeux de Brooke Adams devrait vous ravir également.
Je n'ai pas beaucoup aimé cet histoire de sosie ou de répliques des humains atteints : ne serait-ce pas plus simple que les bactéries s'attaquent à un homme pour le detraquer, sans avoir besoin d'en dupliquer le corps, privé de sa conscience?
ApacheBoy LT®
ApacheBoy LT®

2 abonnés 43 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 29 juillet 2018
�Soporifique�, tel est le meilleur adjectif que l'on puisse attribuer à ce (décevant) remake du réalisateur de "L'étoffe des héros". Avec un matériau de base si riche (le roman de Jack Finney "Graines d'épouvantes") et un casting triple ***, Kaufman (le réalisateur) avait tous les ingrédients pour pondre le film de sa carrière. Il n'en a rien fait... Rien de nouveau ici qui n'est pas déjà été vu dans la première adaption du roman en 1956 ; "L'Invasion des profanateurs de sépultures" de Don Siegel. D'ailleurs, cette première adaption de Siegel en noir et blanc, est bien meilleure que celle de Kaufman. Je dirai même que j'étais bien plus stressé et angoissé devant la version de 56 que celle de 78 (VRAIMENT!). On sent que Kaufman cherche par moment une certaine originalité dans ses cadrages, mais cela reste au stade d'esquisse. Un remake qui ressemble à un pétard mouillé.... Déjà oublié depuis bien longtemps, et ne mérite aucune réhabilitation. Note : 4/10 (grâce au casting qui relève légèrement le tout)
Jahro
Jahro

68 abonnés 684 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2018
Les seventies sont une période charnière pour la SF hollywoodienne, qui passe des classiques tout en atmosphère au nerf de la nouvelle génération emmenée par Spielberg, Lucas ou autre Ridley Scott. L’apport de Philip Kaufman s’inscrit parfaitement dans ce passage de relai. Dans ce vrai-faux remake d’un vieux Don Siegel, il emmène sa caméra dans des travellings variés, fixant des prises de vues alambiquées, jouant de la lumière et de ses cadrages, tandis qu’en fond raisonne une musique dérangeante faite de free jazz, de boucles synthétiques et d’accords dissonants. Devant, on profite d’un très bon casting emmené par Donald Sutherland, entouré des habitués du genre Jeff Goldblum, Brooke Adams et le vénérable Spock Leonard Nimoy. Jusqu’ici tout va bien. Seulement voilà, le scénario, adapté de Jack Finney, auteur contemporain d’Asimov et de Matheson, rappelle instantanément ses origines : une invasion d’extraterrestres, un climat de conspiration, des héros impuissants, et surtout, cette lenteur étouffante, caractéristique des noir et blanc d’antan, bien en peine pour rivaliser avec les Star wars, Jaws et même Superman sortis presque en même temps. Il faut bien l’avouer, il y a un côté poussiéreux qui nimbe ce jalon passé, et il vaut mieux avoir fait une école de ciné pour apprécier tout ce qu’il incarne. Erudits patients, voilà qui est pour vous.
7eme critique

626 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 mars 2018
Il fallait oser ouvrir le film avec un prêtre (une apparition furtive incarnée par Robert Duvall) qui fait de la balançoire avec des enfants...mais on ne s'étonnera finalement pas de cette scène une fois le sujet découvert ; celui-ci mettant en avant les comportements étranges des individus suite à l'apparition d'un virus d'extraterrestre manifesté sous la forme d'une fleur. Le problème étant qu'une fois le délire compris, le film se mettra à stagner sur une écriture bête et facile, même s'il tentera de se rattraper sur sa scène finale. "L'invasion des profanateurs" est un film de science-fiction (remake du film de 1956) qui sera loin de se hisser dans les sommets de ce registre, malgré son concept honorable. En effet, l'écriture générale et la réalisation n'auront rien de fascinant, bien au contraire.
pierrre s.

564 abonnés 3 441 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 novembre 2018
Un film vraiment flippant et très bien réalisé, si bien qu'il a jusqu'à aujourd'hui conservé son efficacité. Dès le générique on est plongé dans une ambiance dérangeante et ça ne va pas aller en s'arrangeant.
Dawasta
Dawasta

78 abonnés 635 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 décembre 2017
Cette version des "Body Snatchers" signée Philip Kaufman est très ancrée dans les 70’s. L’ambiance et les effets spéciaux font beaucoup penser à "The Thing" de Carpenter, sorti peu de temps après. Le casting est bon et les personnages sont suffisamment développés pour qu’on se soucie de leur sort (contrairement à la version de Ferrara). Cette adaptation/remake/suite apporte aussi son lot de nouveautés ( spoiler: dont le fameux cri
) et va un peu plus loin dans le gore que le film de Siegel sorti 20 ans plus tôt.
La première partie du film, celle sur la découverte du phénomène, est la plus intéressante. La paranoïa y est presque palpable, on est en plein cauchemar éveillé. La suite perd malheureusement de son intensité car ce n’est plus que la fuite de nos héros.
Mais s’il a vieilli visuellement, ce "Body Snatchers" n’est cependant pas désagréable à suivre, c’est même la meilleure version que j’ai vu. (Pas mal)
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 26 octobre 2017
je n'ai pas pu regarder la version de Don Siegel jusqu'au bout, tellement çà m'ennuyait. Mais ce remake de 1978 est encore pire. Je trouve l'interprétation mauvaise, ou alors les acteurs sont mal dirigés. Mention spéciale pour la coiffure-choucroute de Donald Sutherland. Les dialogues sont stupides. Les effets spéciaux ne cassent pas la baraque, à part la séquence du chien. Je vois très bien que le film cherche à opposer, d'une manière didactique et très lourdingue, la communauté des personnages principaux, aux idéaux qu'on devine aisément de gauche, à l'aspect fasciste, froid et "inhumain" des aliens. Amusant de voir qu'aujourd'hui cet antifascisme est peut-être devenu le nouveau fascisme, mais c'est une autre histoire... Bref une série B qui louche par moment vers la série Z
Le cinéphile

795 abonnés 2 797 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 septembre 2017
Remake du classique de Siegel L'Invasion des Profanateurs est un film a ambiance très réussi. Shuterland porte le film de son charisme. Avec un scénario paranoïaque le long métrage de Kaufmann est la représentation d'une société oppressante ou l'individu doit disparaître pour la masse, ou les disparités sont remplacées par l'unification.

https://m.facebook.com/la7emecritique/
soniadidierkmurgia

1 443 abonnés 4 348 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 novembre 2020
"L'invasion des profanateurs" (The body snatchers), le roman de Jack Finney paru en 1955 fait régulièrement l'objet d'adaptations cinématographiques depuis la première proposée par Don Siegel en 1958. Le thème universel du double développé par le roman, trouve une résonnance dans chaque époque un peu à la manière de "L'étrange cas du docteur Jekyll et de M Hyde" de Robert Louis Stevenson. Quand le projet lui arrive entre les mains, Philip Kaufman est encore un réalisateur en devenir qui à plus de quarante ans, n'a pas réellement un horizon dégagé face à lui suite aux échecs commerciaux de ses quatre premiers films. Avec l'aide de W.D Richter, il remanie légèrement le roman pour lui donner un aspect urbain plus à même selon lui de crédibiliser et donc de rendre plus insidieuse et angoissante la prise de possession des corps humains par des extra-terrestres. Ce parti-pris contraire à celui de Don Siegel qui laissait planer un temps le mystère sur l'origine du changement de comportement des habitants d'une petite bourgade de Californie, place d'entrée le spectateur face à la question lancinante qui se posera constamment aux héros du film: "Qui ai-je en face de moi ?". Question douloureuse que l'on peut être quelquefois amené à se poser face à son propre reflet. En littérature, Guy de Maupassant avait ouvert le sujet de la plus brillante des manières dans "Le Horla". Ici le problème est plus vaste et concret car l'invasion est galopante. Il s'agit donc pour un petit groupe d'amis de préserver son intégrité face à un phénomène paraissant irréversible. Le déni est tout d'abord l'attitude de Matthew Bennell (Donald Sutherland) inspecteur des services d'hygiène face à sa charmante collègue laborantine (Brooke Adams) qui lui avoue effrayée, ne plus reconnaître son mari (Art Hindle), persuadée qu'il est devenu quelqu'un d'autre. Mais le ver est dans le fruit et le scepticisme de Matthew va très rapidement être pris à revers par l'attitude bizarre des gens qu'il croise après sa journée de travail. Vient ensuite la paranoïa quand chacun devient suspect, puis la fuite quand la certitude est acquise que les autres sont les plus nombreux. Philip Kaufman gère particulièrement bien les enchaînements entre les différentes étapes, parsemant son récit d'impressions visuelles, tout d'abord anodines (regards fixes de personnages en arrière-plan, relations étranges entre certains passants qui semblent affairés par une tâche commune) qui prennent toute leur signification peu de temps après alors que la contamination gagne. Le recours aux effets spéciaux limité est plutôt bienvenu car ceux-ci assez peu convaincants auraient tendance à dédramatiser le propos. C'est donc aux acteurs que revient la lourde tâche de diffuser le climat d'angoisse inhérent au sujet. A ce jeu-là Donald Sutherland, Veronica Cartwright et Leonard Nimoy sont parfaits, laissant à Brooke Adams le soin d'apporter l'atout charme que constitue sa fragile et mutine beauté (inoubliables roulements de pupilles face à un Donald Sutherland subjugué). A l'époque de la sortie du film de Don Siegel, en pleine Guerre froide, la métaphore anti-communiste était évidente bien que Jack Finney a toujours nié que telle était sa volonté quand il a écrit le livre. Il est vrai que l'homme se sentant un peu seul sur la Terre, l'idée qu'il pourrait à jamais disparaître est une donnée constante de son imagination. Qu'il se rassure, personne d'autre que lui-même ne se chargera aussi bien de sa destruction. C'est sans doute ce que pensait Kaufman dont la conclusion est particulièrement pessimiste. Vaste débat. On notera que Philip Kaufman non dénué d'humour a multiplié les clins d'œil. Au premier film tiré du roman tout d'abord, en confiant de petits rôles à Don Siegel et Kevin McCarthy. A "L'exorciste" (1973) de William Friedkin ensuite qui venait de révolutionner le genre horrifique, en habillant Robert Duvall d'une soutane lors d'une très courte apparition en début de film où sans doute mutant désorienté, il joue de la balançoire dans un jardin public pour enfants.
Prad12
Prad12

123 abonnés 1 086 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 juin 2017
L'invasion des profanateurs est l'occasion de voir le San Francisco des années 70, sinon ce remake aux effets spéciaux d'une pauvreté incroyable n'a même pas l'excuse de l'originalité..... et non, ce n'est pas une métaphore de la peur du communisme par l’Amérique comme le voulait la propagande de l'époque, mais bien une dénonciation de la société de consommation où les gens ne seraient que des légumes vivants pour reprendre les mots de Don Siegel....
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 12 janvier 2017
La seconde itération au cinéma de ce classique de la Science-Fiction, ce thème fascinant pris et repris dans la littérature par de nombreux auteurs : l'invasion aliénante qui déshumanise l'humanité et la transforme en quelque chose d'autre, la singe et la zombifie en quelque sorte... on note des variantes sur le thème ici et là mais le principe dogmatique reste immuable.

Cette adaptation ne mange pas de pain mais restitue tout de même une bonne atmosphère paranoïde et sinistre. On sera indulgent avec les "effets spéciaux", on le sera moins avec la lenteur générale et cette mise en scène si mollassonne qu'on sent le sommeil nous gagner, nous aussi. Car il ne faudrait point se voiler la face, il s'agit d'un pur nanar à bien des égards comme le confirme cette odeur rance de vieux téléfilm.

Je suppose que l'on peut interpréter ce genre dl'invasion comme une fable métaphorique sur le communisme avec une fin ici assumée à 100%, sans fioritures... elle lui permet d'accrocher in extremis la moyenne. Finalement.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 14 novembre 2016
Un classique du cinéma fantastique que je voulais voir depuis longtemps. C'est aujourd'hui chose faite et je dois bien avouer que mon avis est mitigé.
Le film part sur un bon concept de base, du coup ça accroche malgré des plans et des mouvements de caméra étranges dans les premières minutes du film. Le métrage repose sur le suspens et la paranoïa, c'est plutôt bien retranscrit et il y a quelques moments stressants pour le spectateur. De plus le casting est de qualité, ça gâche rien au plaisir. Mais il y a un véritable problème de rythme et de "fluidité" dans le scénario, une manière diplomate de dire que l'écriture laisse à désirer. Autre défaut, quand le film essaye de faire dans l'horreur pur et dur ça ne marche pas, c'est en décalage avec le reste du film qui a des ambitions plus profondes je pense. En effet j'y ai vu une critique de la société de consommation, si on veut pas rentrer dans le moule on nous y oblige.
Reste le fin du film qui laisse bouche bée et dont l'effet de surprise est extraordinaire.
overlook2
overlook2

32 abonnés 163 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 septembre 2016
1979 : bien qu’elle commence à s’émousser, la mode est encore aux grands récits paranoïaques et crépusculaires sur les arcanes sombres de l’Amérique (« Les Hommes du président » est sorti il y a un an). Ce remake du classique de Don Siegel semble ainsi réunir les ingrédients idéaux pour coller avec cette nouvelle « ère du soupçon » qui a donnée matière à tant de grands films américains depuis la fin des années 60 : un complot touchant toutes les sphères de la société, une paranoïa, une réflexion sur l’opacité du pouvoir… Pourtant Phillip Kaufman débute son film avec une séquence – terriblement kitsch – montrant le voyage intersidéral et l’arrivée sur notre planète d’organismes extraterrestres ectoplasmiques qui provoquent des mutation dans les plantes, à l’origine de la fameuse invasion. Il ôte ainsi toute dimension subjective au récit et en amenuise sa dimension métaphorique. Puis ce sont ses personnages, ectoplasmiques eux aussi, qu’il néglige - le couple Sutherland-Adams, très fade. L’intrigue, enfin, reprend mollement celle de l’original, mais faute de vrais enjeux dramatiques entre les personnages (dont on se fiche pas mal), se résume à une interminable course-poursuite. L’ensemble, enfin, adopte le filmage « branché » de l’époque : style heurté mi-documentaire (caméra à l’épaule, jump-cut) mi-psychédélique (dérapages vers l’organique, décrochages abstraits). Si le cinéaste y trouve parfois une certaine pertinence (le côté dérèglement généralisé qui s’accorde bien au sujet), il semble surtout en user pour « moderniser » artificiellement son remake. N’est pas Roeg qui veut (son « Dont’t look back » est sorti un an plus tôt avec le même Shuterland et une intrigue fantastico-paranoïaque autrement plus intense)…Court-circuitant la dimension politique du récit (contrairement à la future et excellente version de Ferrara), négligeant ses personnages et misant tout sur la forme, Kaufman perd finalement sur tous les fronts et livre un thriller poussif et vain qui a bien mal vieilli - alors que l’original de 1956 garde toute sa force et son ambivalence. A vouloir courir après l’air du temps, Kaufman s’y est complètement dissout.
globi C.
globi C.

16 abonnés 451 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 4 juin 2016
Le début du film est encourageant, la réalisation semble correct et le casting nettement plus intéressant que ce qu' on a l'habitude de voir dans ce genre de film.Pourtant les points positifs s'arrêtent là car le scénario ne montre finalement aucune originalité, idem pour la réalisation qui s'avère bien molle et sans force et il ne faut pas s'attendre non plus à voir des scènes spectaculaires. En résumé je conseille plutôt un épisode des envahisseurs beaucoup plus efficace.
Ps: C'est quand j'ai vu les notes du film que j'ai véritablement tremblé. Maintenant j'en suis sûr les profanateurs sont parmi nous. Vite, fuyez allociné!
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