S’il a œuvré dans d’autres domaines, notamment à la télévision, Vittorio Cottafavi reste aujourd’hui connu pour ses péplums qui ont participé avec ceux de Sergio Corbucci, Giorgio Ferroni, Domenico Paolella et autres Gianfranco Parolini à la prospérité du cinéma italien au cours de la décennie allant de 1954 à 1964. Une courte décennie où il fut très populaire avant de sombrer suite à l’avènement du western spaghetti mais aussi à cause de d’une usure provoquée par le manque d’ambition scénaristique. Quand il entame le tournage de « La vengeance d’Hercule », Cottafavi a déjà deux péplums à son actif. L’énorme popularité de Steve Reeves, ancien Mister Univers de Bodybuilding en 1950, incite les producteurs à rechercher aux Etats-Unis des émules de Reeves. Mark Forest lui aussi bodybuilder est un ancien de la troupe de Mae West qu’il a rejoint pour ses shows à Las Vegas. Quand il arrive sur le plateau de Cottafavi, il n’a aucune expérience d’acteur. Ce n’est pas primordial, sa très puissante musculature lui permettra de briller en terrassant les monstres en papier qu’on placera sur sa route et en abattant les colonnes en carton des temples qu’il décidera d’abattre de ses mains pour vaincre ses ennemis. Des effets spéciaux que Vittorio Cottafavi au contraire de Giorgio Ferroni dans « Hercule contre Moloch » ne cherchera pas à masquer, pensant que leur naïveté fait partie intégrante du spectacle qu’il souhaite proposer aux jeunes spectateurs qui sont la cible essentielle des producteurs avisés. Broderick Crawford acteur très solide, oscarisé en 1950 pour son rôle de politicien self made man dans « les fous du roi » de Robert Rossen, qui a déjà tourné en Italie cinq ans plus tôt sous la direction de Frederico Fellini (« Il bidone ), apporte un peu de crédibilité à l’intrigue tout en monnayant comme il se doit son talent. Il sera beaucoup question d’amour trahi et de vengeance dans cette histoire roborative qui saisit Hercule après qu’il a effectué le dernier de ses douze mythiques travaux, en tuant le Cerbère (chien à trois têtes qui ici n’inquiéterait pas un gamin de onze ans !) gardien de l’enfer. Dans le genre on a fait mieux même si Mark Forest ne s’en sort pas trop mal pour une première apparition à l’écran.
C'est un film subventionné de 1960 français et italien avec des acteurs américains. Les décors ne sont pas du tout crédibles, le carton pate se voit et les effets sont bien trop visibles. Après il y beaucoup de scènes de discutions à n'en plus finir, des palabres, toujours les mêmes, esprit de vengeance, envie d'invasion, envie de pouvoir et envie de conquête de femmes. Hercule, encore en beau gosse remplis de muscle.
Il y a deux ans, je consacrais un été à Robert Bresson avec 6 films et à la Nouvelle Vague. Me voilà à délirer en voulant approcher le péplum franco-italien ou européanno-italien voire italien tout court ! Après « L’Enlèvement des Sabines », « La vengeance d’Hercule » de Vittorio Cottafavi.
George Lucas avait déclaré ne plus poursuivre sa saga Star Wars au lendemain de l’Episode 6 tant qu’il n’y aurait pas d’avancée numérique. Après « Jurassic Park », il a été convaincu du progrès des effets spéciaux numériques et cela l’a décidé à reprendre sa saga en s’attaquant aux origines de Dark Vador.
Avec « La vengeance d’Hercule », le metteur en scène aurait dû attendre que les effets spéciaux progressent pour éviter le ridicule de ces cerbères et autres volatiles et ours en peluche. Il aurait fallu attendre trois ans avec Ray Harryhausen et ses animations pour donner à « La vengeance d’Hercule » un peu plus de modernité. Pourtant le « King Kong » version 1933 paraît, à côté, bien plus réussi que ces ridicules automates. Comme j’ai peu d’information sur la démarche artistique de Vittorio Cottafavi, je le soupçonne d’assumer volontairement ce côté très infantile.
Bref, la belle musculature de Mark Forest ne semble pas sauver le jeu forcé de celui-ci quand il doit valoriser la puissance musculaire de son personnage Hercule. Quant à ses corps à corps avec ces animaux figés, on croirait voir des gamins qui s’agitent avec sérieux combattre leur peluche. Pour rien arranger, la langue était imposée, je me suis coltiné une version italienne, je devrais être content puisque c’est en V.O ! Seulement, la post-synchronisation est tellement bâclée qu’elle participe à la mauvaise impression du film.
Divertissement sympa avec des acteurs impliqués et convaincants. Les éclairages, la musique, les jolis costumes et décors nous mettent dans l'ambiance antique. Bien qu'on sache que tous est tocs et cartons, on est transporté par la naïveté et la gentillesse de ce conte pour grands au cœur d'enfants. La qualité est largement au dessus des films récents.
3ème film sur le demi dieu, curieusement ce dernier n’est plus incarné par Steve Reeves mais par Mark Forest qui, dans son jeu, passe de la romance légèrement paresseuse à la dynamique qui devait être celle du héros. Niveau récit, curieusement là aussi des différences sont notables, spoiler: principalement celle du fait que l’on assiste ici à la conclusion des 12 travaux, ça n’est pas sans rappeler le précédent film qui était censé ne parler que de ça. Une conclusion « marquante » puisqu’il s’agit et pas des moindres, des enfers… Non seulement c’est la scène d’intro mais en plus on assiste là à la toute première représentation du royaume des morts sur grand écran. Certes le visuel à vieilli à souhait, l’improbable et hallucinante présente (très visible) de câbles d’attaches des créatures volantes montre le tout début des effets physique et Cerbère, « pelucheux » et très peu caractériel et non imposant à lui aussi prit de violentes rides, mais au fond, assisté à la naissance des tous premiers décors « gothique » et animatroniques d’envergures reste un patrimoine. Sur la suite, une vengeance oui mais assez réservée jusqu’à la grande scène finale de l’exécution publique ou là encore, on découvre l’imaginaire sadique des dirigeants antiques. Niveau jeu, l’ensemble du cast est convainquant, sincère et nous fait soit officiellement, soit peu à peu, oublier les longueurs verbales et le manque d’entrain des précédentes œuvres . Visuellement donc, hormis ma mention spéciale, la suite des richesses se fait naturellement et offre tout un beau panel de décors et costumes. A voir désormais ou nous mènerons la suite des aventures épiques d’Hercule, mais je n’en doute guère un instant, les évolutions visuelles et verbales semblent allées dans le très bon sens.