Le film débute comme ce qui pourrait être une suite de Qu’elle était verte ma vallée (bien que ce dernier ce déroule au Pays de Galle): un Américain retourne sur la terre de son enfance, l’Irlande. Des premières scènes teintées de nostalgie, dans lesquelles Ford magnifie les paysages comme il sait toujours le faire. Puis, rapidement, le film devient un film d’amour, entre Sean et Mary Kate, tout d’abord optimiste et entraînant, puis plus cruel quand le couple ne s’entend plus, à cause d’une simple différence de point de vue et de culture. En effet, Marie Kate est très attaché symboliquement à son argent, plus par valeur, alors que Sean lui répète qu’il ne l’a pas épousé pour cela. Néanmoins rassurez-vous, L’Homme tranquille est l’un des films de Ford les plus euphorisants, et rapidement la comédie revient, pour un final quasi-burlesque !
C’est justement ce qu’on peut regretter dans L’homme tranquille, son côté trop optimiste et parfois mièvre (surtout vers la fin), qui a plutôt vieilli ; de plus, il se déroule en Irlande, et le contexte politique est écarté, ou n’est abordé que dans une phrase ou deux, présentant une Irlande de contes de fées. Néanmoins, la qualité de la mise en scène, la richesse des personnages et des scènes mémorables (comme celles de l’arrivée de Sean au village, du baiser la porte ouverte laissant le vent souffler dans les cheveux de Mary Kate, du flash-back du match de boxe ou du cimetière un soir d’orage) font qu’on ne peut que retenir du bon de ce film. Chaque plan est une carte postale d'une nature idyllique, d'un paradis perdu puis retrouvé. La poésie de ce film, très présente, et son lyrisme, suffisent à faire oublier que les films de ce genre sont peut-être trop optimistes et naïfs pour des spectateurs d’aujourd’hui.
Ma note : 8.5/10