Interstellar
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UnitedArtists
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4,5
Publiée le 12 janvier 2015
Vu en avant première, Interstellar était le film que j'attendais le plus cette année et pour plusieurs raisons: tout d'abord le fait que ce soit Nolan, réalisateur que j'admire notamment grâce a sa fabuleuse trilogie The Dark Knight mais aussi pour son bijou de SF qu'était Inception. Deux ans après la superbe conclusion du chevalier noir, le cinéaste britannique retourne a la science fiction afin de nous offrir une véritable odyssée spatiale de près de trois heures. Verdict ? Grandiose. Voilà le mot qui me viens a l'esprit, Interstellar est tout bonnement grandiose que ce soit par son ambition, son scénario, ses acteurs.. Nolan fait un (casi) sans faute. Sachez que malgré toutes les bandes annonces ainsi que les spot Tv sortis vous ne saurez rien de l'intrigue, même pas 10% et ça c'est bien d'arriver dans une salle de cinéma sachant uniquement que le thème sera sur le voyage interstellaire. La suite n'est qu'un gros cadeau de Noël avant l'heure. Je ne dirai rien sur l'histoire afin que vous ayez la surprise vous aussi. Tout ce que je peux dire c'est que Interstellar est incontestablement le film le plus intimiste de Nolan du fait notamment qu'il y ai très peu (voir pas) d'action et malgré cela les trois heures de projections passent a très vive allure, Nolan est un pro au niveau du rythme mais aussi en matière d'écriture (tout comme son frère car ils ont été deux a la conception du scénario). C'est fluide, sans aucuns temps morts, admirablement écrit (même si pour ma part j'ai préféré le scénario d'Inception) et aussi et c'est une première chez Nolan: émouvant. Il faut se le dire aucuns de ses précédents films portaient la trace d'émotion, d'histoire profondément humaine sauf pour quelques uns lors du final de TDKR mais c'est une tout autre chose, si on était ému ce n'est pas parce que le film essayait de nous émouvoir, c'est simplement parce que c'est la fin d'une trilogie qui aura marqué les esprits surtout avec TDK pour la majorité. Or ici c'est tout le contraire, Nolan veux nous émouvoir et il y arrive sans aucun problème avec quelques belles scènes notamment une située au milieu du film extrêmement forte mais je n'en dit pas plus, simplement que je l'ai trouvé bouleversante grâce en particulier a une magnifique interprétation de Matthew McConaughey, mais quel acteur talentueux ! Rien que pour une scène il mériterai un second oscar ! Anne Hathaway est elle aussi très convaincante. Quand au reste du casting (Jessica Chastain, Casey Affleck, Michael Caine...) ils sont bons sans pour autant casser la baraque. Concernant l'immersion, Nolan frappe la encore fort avec un visuel renversant criant de réalisme (on sent l'inspiration de Gravity en matière de réalisme) le tout embelli par les orgues de Hans Zimmer nous livrant sans doute l'une de ses meilleures partitions depuis longtemps. Attendez vous a en avoir des frissons ! Mais avec tout ça pourquoi n'ai je pas mis 5 étoiles afin de le considérer comme un chef d'œuvre ? Sûrement "a cause" de son troisième acte. Ne vous inquiétez pas je ne spoilerai pas le film, tout ce que je peux dire c'est que cette dernière partie est déboussolante ! Certains dirons que c'est tiré par les cheveux d'autres crierons au génie (je penche vers cette deuxième catégorie), ce troisième acte en repoussera certains du fait que ce soit complètement déjanté mais qu'est ce que c'est audacieux ! De toute façon on ne peut pas dire si c'est crédible ou non vu que tant de faits scientifiques restent encore a explorer. On ressent aussi une forte influence du 2001 de Kubrick donc on pourrait bien dire qu'Interstellar est le 2001 de Nolan, ça c'est incontestable. Rarement un film m'est autant resté en tête après sa projection que ce soit grâce a sa mise en scène, sa musique (Hans Zimmer est un génie sur ce coup la !), les acteurs mais aussi et surtout son troisième acte terriblement audacieux et farfelu a la fois. Donc oui Interstellar tiens toutes ses promesses, Nolan nous régale et nous met la tête dans les étoiles pendant trois heures de pur cinéma. Incontestablement l'un des meilleurs films de l'année ! Préparez vous au décollage vous ne serez pas déçus. Honnêtement, quel metteur en scène aujourd'hui peut partir dans un délire totalement maîtrisé ? Seul Christopher Nolan peux le faire car sans être exempt de petits défauts, Interstellar recadre complètement les blockbusters holywoodiens et s'impose désormais comme un des piliers de la science-fiction.
Roy Batty
Roy Batty

197 abonnés 215 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 novembre 2014
"Interstellar" raconte l'histoire d'un petit groupe d'individus qui va partir à la recherche d'une planète habitable dans une autre galaxie afin de sauver l'humanité d'une Terre devenue inhospitalière. Ecrit par les frères Nolan, ce long-métrage était d'abord destiné à Steven Spielberg, mais il a finalement échu à Christopher, qui nous livre un nouveau chef-d'oeuvre. Il nous propose une vision du futur (la date n'est pas précisée) pour le moins pessimiste, dans lequel les ressources de la Terre sont pratiquement épuisées, des nuages de poussière constants recouvre la planète et l'Homme a dû abandonner la technologie pour se consacrer exclusivement à l'agriculture. "Interstellar" est donc un film de science-fiction, une fable écologique mais aussi et surtout un drame qui s'intéresse à l'humain et aux liens familiaux et qui s'attache à retranscrire les émotions et les relations humaines dans des temps de profond désespoir. Dans ses précédentes oeuvres, Nolan mettait déjà l'Homme au centre de tout, mais c'est la première fois qu'Il prend autant de place et qu'un de ses films est si touchant et procure aux spectateurs de telles émotions (difficile de retenir ses larmes lors de la scène où Cooper regarde toutes les vidéos de ses enfants à la suite). Le réalisateur britannique a ainsi réussi le pari pour le moins risqué de mélanger humanisme et réflexion métaphysique. Evidemment, on est obligé de penser à "2001, l'Odyssée de l'espace" quand on voit "Interstellar", tant le film de Kubrick a servi de source d'inspiration à Christopher Nolan. D'ailleurs, comme son glorieux ainé, il est presque certain qu'il divisera beaucoup le public et perdra en cours de route de nombreux spectateurs, de par son ambition démesurée et sa complexité (la dernière demi-heure rebutera autant qu'elle fascinera ; moi je l'ai adoré). Néanmoins, ceux qui y seront réceptifs vivront une des expériences cinématographiques les plus incroyables de leur vie. Et puis, quel bonheur de voir qu'un blockbuster puisse être aussi intelligent et faire autant réfléchir de nos jours ! En outre, les 2h49 passent à une vitesse folle et le long-métrage n'est pas dénué d'humour (notamment grâce aux deux robots) ni d'action (impressionnante scène avec la vague géante). Les effets spéciaux sont fabuleux et retranscrivent à la perfection la beauté de l'espace (Saturne, le trou de verre) mais également son aspect impitoyable. Les acteurs sont formidables. Matthew McConaughey réalise une performance époustouflante et pleine d'empathie. Il confirme qu'il est bien l'un des meilleurs comédiens de sa génération. A ses côtés, on retrouve une excellente et émouvante Anne Hathaway, un toujours aussi remarquable Michael Caine et une très juste Jessica Chastain. Citons également les interprétations impeccables de John Lithgow, David Gyasi, Casey Affleck, Wes Bentley et Mackenzie Foy (une jeune actrice à suivre), ainsi que les prestations courtes mais marquantes de spoiler: Matt Damon
et spoiler: Ellen Burstyn
. Enfin, Hans Zimmer a composé un score hallucinant, d'une beauté presque hypnotique et qui est sans doute une des ses oeuvres les plus abouties. Au final, "Interstellar" est un grand film qui marquera certainement l'Histoire du cinéma (même s'il lui faudra peut-être attendre quelques années pour cela) et qui est une nouvelle preuve de l'immense talent de Christopher Nolan.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 novembre 2014
Voilà sans doute le film le plus attendu de l'année. Comme tous les films de Christopher Nolan depuis quelques années maintenant. Je suis arrivé devant le plus vierge possible : pas de promo, pas de bande-annonce, je ne connaissais même pas le casting à part McConaughey et Hathaway. J'en sors donc enchanté. Outre le fait que cela soit de la science-fiction totale, le point de départ est en plein dans l'actualité. L'avenir est bien sombre, celui décrit ici est on ne peut plus plausible et réaliste. J'ai été littéralement captivé du début à la fin. Cela m'a fait trembler, fait peur, fait pleurer, fait espérer. Je n'ai pas vu le temps passer et suis resté scotché pendant les 2h50 de film. La mise en scène de Nolan est toujours aussi virtuose. Depuis Memento il ne fait que monter en puissance. Ça va être difficile de faire mieux. Techniquement, c'est une vraie merveille. Photo, son, montage, décors, effets spéciaux...aucune faute. Sauf peut être la musique de Hans Zimmer, une fois de plus un peu trop envahissante. Mais c'est un détail. La direction d'acteurs suit le mouvement. Aucune faute de goût non plus dans un casting étincelant. Matthew McConaughey et Anne Hathaway sont impeccables. Tous les seconds rôles sont au diapason. Jessica Chastain, Matt Damon, Wes Bentley, Casey Affleck, la jeune Mackenzie Foy et les vétérans Michael Caine et Ellen Burstyn sont tous très biens. Interstellar tient donc toutes ses promesses. Une odyssée à grand spectacle intense, aussi fascinante et puissante que le Gravity de Cuaron. Et tout comme ce dernier, peu importe l'invraisemblance, l'important est d'être emporté et de prendre du plaisir devant du cinéma bien fait, intelligent et émouvant. Une expérience humaine et métaphysique dont on ne sort pas indemne et qui fera date. L'un des films, pour ma part, les plus enthousiasmants de cette année. Gros coup de cœur.
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 mars 2026
« Interstellar » est une réussite incroyable. Nolan après son trop assommant « The dark knight rises » revient ici avec une odyssée spatiale très attendue. Prétendant avoir réalisé son « 2001 l’odyssée de l’espace » Nolan met en scène un casting incroyable pour porter à bien sa réalisation : une épopée de 2h50 profonde et renversante, aux images sidérantes, à l’histoire prenante et étonnante, et au relationnel émouvant.
Une réalisation complètement délirante. Au milieu de ses effets de style habituels, à la manière de son « Inception », Nolan innove en incorporant un rythme, une ambiance, un style et une mise en scène situés quelque part entre « Gravity » et l’incroyable « 2001 l’odyssée de l’espace». Portés part la musique exceptionnelle de Zimmer, bande originale hallucinante et nouvelle pour ce compositeur talentueux habitué à se reposer sur ses acquis, certains passages sont sidérants.
Nolan trouve des idées complètement incroyables, explore des thèmes insondables et courageux, écrit une trame qui tient la route malgré la complexité du sujet, offre des fondements inconnus et incroyables. Il nous fait explorer les confins de l’univers, les théories des trous noirs, des trous de vers, de la 5ème dimension, de la relativité du temps, de l’espace, nous offre un voyage sombre, émouvant, mélancolique et profond comme il est rare de voir. Il nous offre une vision de l’avenir pessimiste, un monde post apocalyptique terne, sans détail, sans vie, ponctué d’impressionnantes tempêtes de poussières qui appuient l’impression de désarçonnement total.
Nolan a une fois de plus utilisé les effets numériques au service de son histoire et de ses personnages. Nolan prétexte la dimension spatiale pour raconter une histoire familiale déchirante. Le thème de l’amour est omniprésent. Les thèmes spatiaux offrent la complaisance, la sidération, le déconcertement mais surtout l’émerveillement. Les thèmes terrestres offrent la tristesse, l’émotion, offrent le regret, l’espérance, la force, l’instinct. On plane devant l’espace, on pleure devant les personnages. Le voyage est intersidéral, terriblement profond.
Le voyage spatial prend complètement son spectateur, il ne peut que rester bouche bée devant tant de beauté, devant une mise en scène aussi somptueuse pour essayer d’imaginer avec le plus de réalisme possible un monde immense et inconnue, pour nous représenter un monde à la fois attrayant et pourtant incroyablement dangereux. La trame terrestre, elle, nous ramène sans arrêt à la réalité, et nous rappelle pourquoi la terre tourne, pourquoi l’homme existe, cette trame terrestre reste étonnement la plus puissante. Elle ne peut que toucher le spectateur, l’humanisme est sensationnel, la présence paternel rassurante, son absence terrible. Nolan arrive à concilier ces deux trames, toutes deux très touchantes, en une seule, grâce à un raccord et une logique complètement délirants et d’une intelligence rare.
L’histoire terrestre offre toute la légitimité du voyage spatial, c’est elle qui nous ramène constamment à la réalité et qui nous offre les plus grosses sensations. Nolan offre un montage incomparable pour garder un sens logique a son histoire.
Le dénouement est intelligent, offrant un twist final de très grande envergure. Mais surtout Nolan impose sa patte, impose son style et son génie de mise en scène et signe le meilleur film de science fiction depuis des années et certainement un des meilleurs films de l’année.
Matthew McConaughey offre une prestation une fois de plus remarquable, un acteur devenu irréprochable et aux choix artistiques honorables. Il porte une humanité sensationnelle au long métrage, il donne l’espoir, la puissance de l’humanité et est terriblement touchant à chaque instant. Sa relation familiale est déchirante, sa présence indispensable. Tout le long métrage repose sur son personnage, que ce soit la dimension terrestre ou spatiale, l’une comme l’autre ne serait absolument rien sans la prestation indéniablement magnifique de l’acteur.
Nolan réalise par moment un film trop bavard de part des explications non indispensables mais met en scène aussi certains plans séquence dans le silence complet de l’espace grandioses. Planant dans l’espace face à des astres immenses la comparaison avec 2001 n’est plus a faire. Les 3h passent à la vitesse de la lumière et l’on ressort de cette œuvre profonde, à la fiction réaliste parfaite et à l’humanité omniprésente complètement perdu. Le film de Nolan arrive parfaitement à faire voyager son public comme rarement il lui en a été donné l’occasion. Le casting est implacable, entre une Jessica Chastin passionnante mais une Anne Hathaway quelque peu sous employée.
Mais le long métrage laissera une partie du public sur le côte, si le spectateur ne rentre pas directement dans le long métrage il lui sera impossible de rattraper le vaisseau en marche et ne sera face qu’a un enchainement de scènes lourdes, poussives, mélodramatiques, à la limite du ridicule, prétextes a des effets numériques au milieu d’une histoire sans intérêt et sans sens réel. Mais le spectateur qui adhérera des le début vivra un voyage exceptionnel, d’une beauté et d’une perte de repère effarantes et géniales qui lui offriront des souvenirs et une expérience mémorables.

Le dernier long métrage de Nolan nous fait quitter la terre, passe devant l’excellent « Sunshine » de Boyle et la bombe de Cuaron de l’année dernière, pour nous offrir l’un des meilleurs films d’odyssée spatiale depuis de longues années. L’expérience est monstrueuse, le rendu magnifique, mais surtout Nolan nous offre, de mémoire de cinéphile, l’odyssée spatiale la plus humaine de l’histoire du cinéma.

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Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 octobre 2016
Si vous vous demandez si Interstellar est une expérience digne du septième art. Ne vous posez pas la question, le spectacle est grandiose. Mais arrêtons de sans cesse comparer les films d’espace avec 2001 : l’odyssée de l’espace, le chef d’œuvre de Stanley Kubrick. Près de cinquante ans plus tard, il est certain que nous trouverons des films qui s’y référencent. Concentrons-nous sur ce dernier Nolan à ne vivre que sur grand écran. Si presque trois heures peuvent sembler longues, on a pourtant l’impression que tout va trop vite. Les personnages tentent en vain des explications presque incompréhensibles pour un spectateur non scientifique. On arrivera cependant à trouver la voie du film et on s’y plait. Mais le réalisateur a préféré de nombreux plans rapprochés de ses vaisseaux plutôt que de nous laisser planer dans l’espace, dommage. Ensuite les musiques omniprésentes ne sont pas toujours bien choisies. On sent parfois l’apocalypse devant nous, alors qu’un long silence aurait été davantage perturbant. Les acteurs eux sont épatants, on se sent auprès d’eux. C’est grâce à la direction d’acteurs de Christopher Nolan qui accorde toujours une importance à la sincérité de ses personnages. Pour conclure, on aurait aucune surprise à se retrouver devant une fin ouverte propre au cinéaste. Non, les trois heures sont bâclées au nom de l’amour ! Interstellar est une expérience visuelle et scénaristique à voir malgré ses défauts pardonnables, mais la fin elle, annule tout crédit en ce que l’on attendait.
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Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 novembre 2014
Magnifique semble tout à fait convenir à la description d’un chef-d’œuvre accompli ! On a beau connaître la saga de succès qu’enchaine Christopher Nolan, mais son efficacité, intacte, nous surprendra toujours.
Interstellar illustre le prolongement du travail de Stanley Kubrick avec 2001 : l’Odyssée de l’Espace. Cependant, contrairement à ce dernier, une touche de fraicheur y est ajoutée. Ce film est tout bonnement le conte des limites scientifiques de l’humanité, dans le domaine de la physique en tout genre. Le paradoxe que l’on rencontre et que l’on discute constamment est d’une incroyable perception de l’inconnu. Il ne suffisait pas d’aborder des hypothèses mal exploités, sous la forme de débat sans valeur et sans « intérêt ». L’enjeu est de rendre crédible la catastrophe et les « solutions », ce que les frères Nolan ont bien acquis.
Cette inspiration scientifique est d’une insoutenable épreuve visuellement dans des mains de maîtres. Combiné avec les valeurs philosophiques de l’homme et de sa survie, il en résulte des rappels sévères et convaincants. Tout d’abord, que le temps est l’unique ennemi de l’humanité face à son extinction. Un monstre impartial, la notion de relativité vient nous interroger sur la vérité et le contrôle de l’espace-temps. Une dimension multiple qui cumule la vie du monde en un ensemble. C’est cette notion abstraite qui fera office d’enjeu réel pour les terriens.
D’autre part, la faiblesse humaine est de nouveau retrouvée en échange de moments extrêmement sentimentaux partagés entre la peur et l’espoir. On soutiendra l’instinct paternel de Cooper (Matthew McConaughey), qui entrainera avec lui toute l’objectivité de la mission assignée. Un homme d’expérience qui tentera bien que mal d’identifier le but réel de cette épopée.
A ses côtés, le professeur Brand (Michael Caine) est le moteur de la philosophie de l’espoir. Un mal pour un bien qu’il compte mettre au profit de la science. Caine ne démontre plus rien de surprenant, sa qualité est restée intacte, mais bluffe toujours autant. Anne Hathaway quant à elle, incarne sa fille. Un autre point que soulèvent la nature humaine et son amour pour la science. Ce même aveuglement qui rend fragile l’être humain dans un combat qui semble le dépasser. On peut alors placer l’intelligence artificielle qu’est TARS, porté par la voix de Bill Irwin, comme la touche d’humour et le réalisme du parcours.
Tout tend vers le bon jugement que l’on porterait entre avancer vers un inconnu féroce et imprévisible, ou bien se retrancher sur nos pas, en attendant une issue plus qu’incertaine. C’est là tout la maîtrise de cet univers, remplit de décor vaste au silence, presque de la même résonnance de Gravity. L’adrénaline ne manquera pas de nous enfermer, sensoriellement, dans le même univers chaotique que les protagonistes. On Se confronte davantage à du spectaculaire défiant les lois physiques et chimiques telles que nous les connaissons. Les effets spéciaux seront toujours là pour nous illustrer l’interprétation d’une théorie, crédible ou non.
Et si la futilité de Nolan ne suffisait pas à convaincre la foule perplexe, Hans Zimmer est présent pour secouer nos sens et rendre l’aventure plus attrayante. Il imprègne une fois encore la meilleure perception de l’œuvre. La teneur émotionnelle est aussi bien gérée que ce scénario implacable, pour une durée conséquente mais nécessaire pour tendre le fil conducteur ainsi que tout lé réflexion sur la métaphysique qui en découle.
Il serait sage d’accepter cette marche et d’en comprendre la lucidité que présentent les étoiles !
T-Tiff
T-Tiff

131 abonnés 1 242 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 janvier 2016
"Interstellar" était très attendu par tous les cinéphiles depuis "The Dark Knight Rises", le dernier film du talentueux Christopher Nolan. L'oeuvre du cinéaste, largement appréciée, forme un ensemble assez cohérent autour du thème du temps. De "Memento" jusqu'à "Inception" on remarque que le réalisateur éprouve une sorte de fascination pour le temps, notion très abstraite, fascination qu'il souhaite nous faire partager. Et dans "Interstellar" on retrouve dans l'ensemble le même schéma, la même structure que dans "Inception", derrière une intrigue grandiose où les protagonistes jouent avec le temps se cache une intrigue secondaire où le personnage principal est confronté à la disparition d'un proche. En effet, dans "Interstellar", Cooper doit quitter la Terre épuisée de ses ressources et sa fille tant aimée, Murphy, afin de trouver dans l'immensité de l'espace un monde propice à la vie humaine. Cette intrigue secondaire a, en fait, un rôle capital puisque toute l'intensité dramatique du film dépend de celle-ci. Matthew McConaughey, dernière révélation des oscars, incarne Cooper avec brio, un personnage très intéressant dont la volonté de voir plus loin n'a d'égal que l'envie de revoir sa fille. On a dû mal à s'imaginer comment ils vont pouvoir se rejoindre puisque Cooper se retrouve finalement à des années-lumière de sa fille après la traversée d'un trou de ver proche de Saturne, lors du voyage le temps se dilate et se compresse selon les lois de la physique et on retrouve alors le thème cher à Nolan. Les théories physiques sur lesquels s'appuient le film sont intéressantes et sources d'imagination mais également à l’origine de dialogues aux contenus exclusivement scientifique, ce qui donne une plus grande légitimité à "Interstellar". Aux côté de Matthew McConaughey, on retrouve Michael Caine, incontournable du cinéma de Nolan depuis "Batman Begins", mais également des stars hollywoodiennes tels que Anne Hathaway, Jessica Chastain, Casey Affleck, ou encore Matt Damon. On ne voit que peu de personnages durant cet odyssée spatiale, puisque coincé dans des galaxies lointaines. Néanmoins, on revient parfois sur Terre pour en savoir plus sur la vie de Murphy. La relation père-fille est vraiment très touchante et même au milieu d'un univers si immensément grand, Nolan a tenu à conserver une dimension extrêmement humaine pour son film. Le tout est accompagné d'une musique de Hans Zimmer, lui aussi habitué du cinéma de Nolan. Le compositeur utilise pour la première fois l'orgue, donnant une dimension religieuse au film. Et justement, on retrouve particulièrement les thèmes de la religion, la foi, la croyance en une entité supérieure dans "Interstellar". Les décors sont absolument incroyables et nous emmènent aux confins de planètes effrayantes, et même à l'intérieur de Gargantua, un trou noir. Et c'est alors que le film prend une nouvelle tournure un peu alambiquée qui donne une impression de fouillis. Tout cela pour aboutir à un happy-end assez invraisemblable qui aurait que Nolan aurait dû éviter. Malgré une fin pas franchement convaincante, Christopher Nolan réalise un film très satisfaisant, s'inspirant de "2001 : l'odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick mais également du cinéma de Spielberg qui devait lui-même réaliser le projet. L'année dernière, le chef-d’œuvre "Gravity" avait vu le jour, on est forcé de dire qu'"Interstellar" est légèrement moins abouti devant le réalisme de l'oeuvre de Alfonso Cuarón. Néanmoins, "Interstellar" fera certainement parti des films cultes de science-fiction, le spectateur sort éblouie et les trois heures de films passent sans aucunes longueurs. Christopher Nolan réussi encore une grande fresque, plus qu'un blockbuster. Do not go gentle into that good night...
The Claw
The Claw

71 abonnés 727 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2015
Une sorte de "2001 l'odyssée de l'espace" remis au goût du jour, avec de très bons acteurs, et une réalisation de haute volée. J'ai particulièrement apprécié l'ambiance sonore, avec vraiment de très bonnes musiques. Les 2 choses que j'aurais à reprocher à ce film, c'est que quelques fois on s'y perd un peu, et surtout j'ai trouvé que c'était quand même un peu long.
ptitmayo
ptitmayo

44 abonnés 969 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 mai 2016
Nolan a un don pour bonifier tout ce qu'il touche, c'est encore le cas avec ce film qui constitue une véritable expérience à tous les niveaux (sonores, visuelles, intellectuelles). D'un point de vue auditif, la musique de Hans Zimmer est magistrale, nous transportant littéralement dans cette odyssée de découvertes et d'émotions, mais les silences sont également imposants et précieux, permettant de contempler pleinement la beauté graphique du film, à base de décors épurés, de vues sublimes de l'espace et d'effets spéciaux bluffants: Nolan a toujours préféré les effets mécaniques aux effets digitaux et ça se voit positivement ici. Sa réalisation faite de plans vertigineux et immersifs est une belle prouesse technique, au service d'un scénario d'une grande richesse. Outre des messages environnementaux ou humains, très actuels, l'histoire enchaîne les passages déchirants (les discussions interposées, les retrouvailles, les sacrifices, etc...), les rebondissements bien dosés, l'humour (avec les robots très bien foutus) et les moments plus scientifiques où il faut parfois s'accrocher pour tout comprendre (notamment concernant les dimensions et la relativité). Un deuxième visionnage est l'idéal pour apprivoiser totalement la portée humaine et intellectuelle de cette œuvre qui parle d'amour, de voyages dans le temps, de transmission, de curiosité, de désirs personnels, d'accomplissement et de vie. La distribution du film est à la hauteur des événements, McConaughey est étonnant dans un registre plus sentimental, Jessica Chastain et Anne Hathaway sont magnifiques et touchantes, Michael Caine (le fidèle des films de Nolan) est excellent comme à son habitude, et Matt Damon, malgré un rôle moins chronophage, parvient à retranscrire la situation inimaginable de son personnage et le rendre humain et sympathique en dépit de ses choix discutables. Quand j'ai vu The Dark Knight, je me suis dit que c'était l'un des meilleurs films que j'avais vus, puis je suis resté scotché devant le blockbuster d'auteur qu'est Inception. Désormais, Interstellar s'installe clairement comme l’œuvre majeure de Nolan et probablement son film le plus accompli, un chef-d’œuvre monumental à la portée universelle.
Bastian S.
Bastian S.

39 abonnés 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 novembre 2014
Interprétation d’Interstellar

spoiler: Jusqu’à présent, deux interprétations d’Interstellar semblent avoir été émises : 1.Lorsque Cooper tombe dans le trou noir, il meurt instantanément ; les scènes représentées par la suite n’étant alors plus que le fruit de l’imagination de Cooper qui, comme cela lui avait été expliqué par le docteur Mann, revoit ses enfants au moment de sa mort – cette théorie s’apparente donc à une expérience de mort imminente. Si cette théorie est acceptée, il faut alors accepter que seul la plan B ait marché (le docteur Brand a tout de même, espérons-le, réussi à atteindre la planète Edmund). En effet, la communication avec sa fille n’étant alors qu’un rêve, les données quantiques du trou noir n’ont alors pas pu être transmises aux humains. 2.Lorsque Cooper tombe dans le trou noir, il réussit à parler à sa fille ; cette dernière parvient à résoudre l’équation de la gravité ; et le plan A peut fonctionner, tout comme le plan B. Ces deux théories me paraissent, et c’est bien là le problème, très bonnes l’une comme l’autre. Cependant, il faut avouer que chacune d’elles présentent des contradictions claires. Concentrons-nous tout d’abord sur les contradictions de la première théorie : a.Si l’humanité terrestre n’a pas survécu, pourquoi la seconde scène du film est-ce un témoignage d’une vielle femme contant ses souvenirs sur terre. Témoignage qui, disons-le, est le même que celui présent sur les écrans de la ferme reconstituée dans la station Cooper ? Rappelons que le début du film est très pragmatique : rien de transcendant ne s’est alors passé. Pourquoi donc brouiller les esprits avec une vidéo qui est, selon les partisans de la première théorie, uniquement rêvée par Cooper au moment de sa mort ? Cela n’a aucun sens ! b.Comment est-ce que Cooper, au moment de sa mort, parvient-il à transcender l’espace-temps en donnant une poignée de main au docteur Brand (femme) lorsque les cosmonautes traversent le trou de verre au début du film ? Si cet événement est bien rêvé par Cooper, comment est-ce que Brand et les autres cosmonautes peuvent-ils voir l’espace-temps déformé ? Cela n’a encore une fois aucun sens ! c.Le poème établit à lui seul une opposition claire : N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit, Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour ; Rager, s’enrager contre la mort de la lumière. Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l’obscur est mérité, Parce que leurs paroles n’ont fourché nul éclair ils N’entrent pas sans violence dans cette bonne nuit. Dylan Thomas Le poème récité trois fois par le professeur Brand (homme), et une fois par le docteur Mann avance ici le thème de la mort. En somme, et de manière simplifiée, il interdit à quiconque se trouvant en situation de mourir, peu importe son passé, d’accepter cette dernière, d’accepter cette « bonne nuit ». Il met l’accent sur la force mentale de l’homme qui, par sa volonté et sa rage de vivre, peut déjouer le piège mortel. Dire que Cooper meurt donc instantanément lorsqu’il arrive dans le trou noir revient donc à ne donner que très peu d’importance à ce poème récité 4 fois dans le film, dont une fois au moment de la mort du professeur Mann. Passons maintenant aux oppositions de la théorie 2. Ces dernières sont quelque peu plus compliquées à déceler pour la simple et bonne raison qu’elles contredisent la logique dénotée par le film. En effet, il importe de connoter les événements du film pour les comprendre, c’est-à-dire chercher le sens profond du film, la symbolique, les indices : a.Le thème de la mort récurrent dans le film. Du début à la fin, les personnages en parle : « nous allons à l’encontre de la mort » (Brand, femme) ; « on aime nos morts, qu’y a-t-il de social là-dedans ? » (Brand, femme) ; « Ta mère m’a dit, après votre naissance, que notre rôle était alors d’être des souvenirs pour vous. Je ne veux pas encore être un fantôme pour toi. » (Cooper) ; le thème du fantôme dans la bibliothèque ; la mort du bébé du fils de Cooper, celle du grand-père des enfants, celle du Professeur Brand, de quatre cosmonautes, etc. b. Le discours du docteur Mann constitue une deuxième objection à cette théorie. Pourquoi ce dernier parlerait d’expérience de mort imminente s’il n’y en avait aucun signe dans le film. Non, ce discours est central, il doit avoir une importance majeure dans le long-métrage. Lorsque Cooper se trouve dans l’un des endroits les plus hostiles de l’univers, et qu’il voit sa fille sous une forme aussi peu commune que dans un tesseract, il est impossible que ce qu’il voit n’ait aucun lien avec ce qui a été dit antérieurement sur la mort. c. La géométrie du trou noir. Lorsque Cooper tombe dans le trou noir, la forme de celui-ci s’apparente à celle d’un tunnel. En effet, l’effet donné à la lumière au sommet du trou noir donne d’impression que sa chute ne se passe pas dans une sphère, mais dans un tube. De plus, au bout de ce tube, il n’est pas anodin qu’il y ait une lumière aveuglante. Ce tunnel terminé par une lumière aveuglante renvoie indéniablement aux expériences de mort imminente qui, racontée après coup, représentaient effectivement un tunnel terminé d’une lumière blanche. Le symbole est ici bien présent, et ne doit en aucun cas être mis de côté. Nous voilà donc devant une contradiction bien difficile à surmonter : selon les lois physiques, Cooper ne peut être mort ; cependant, la symbolique du film nous pousse à croire que c’est le cas. Que croire ? Les faits où les indices de Nolan ? La réponse est : les deux. En effet, jusqu’à maintenant, nous n’avons réfléchi au film que selon nos quatre dimensions perceptibles (largeur, hauteur, profondeur, et temps), mais le film parle bien d’une cinquième dimension : le trou de verre, les êtres du futur qui réussissent à agir sur l’espace-temps pour envoyer Cooper au sein du trou noir en créant une faille temporel sous la forme dudit trou de verre. Prenons alors un peu de distance face aux faits et tentons de penser non seulement en quatre dimensions, mais en cinq ; comme le fait d’ailleurs Cooper en étant dans le trou noir. Nolan nous donne un indice précieux sur cette cinquième dimension : l’amour. Avant de continuer la lecture, je vous conseille de regarder une vidéo bonus de l'interview de Nolan présente sur la page Allocine d'Interstellar s'intitulant "Interstellar : de quoi ça parle ?" Comme le dit Nolan, la science du futur devra, selon lui, davantage se considérer comme relative, c’est-à-dire en établissant un lien entre la perception de l’homme et son environnement ; que comme un concept absolu, totalement détachée de son observateur (l’homme). Selon Nolan, il importera alors de considérer également les sentiments humains qui peuvent, selon lui, influencer la science par le biais de l’observation et donc, de changer notre rapport au monde, de changer notre regard jusqu’à présent quatri-dimensionnel pour nous faire découvrir d’autres choses. L’élément important ici est que selon Nolan, l’amour est susceptible de nous faire découvrir autre chose car il possède une force allant au-delà de ce que la science considère. Le docteur Brand (femme) le dit d’ailleurs lorsqu’elle tente de convaincre Cooper de se rendre sur la planète Edmund. Elle avance qu’elle se sent attirée par Edmund, et qu’il est faux de négliger cette attirance ; cette dernière ayant un sens physique : elle se sent attirée par cette planète car l’amour transcende l’espace-temps. Il n’y a pas de communication « brute » entre Edmund et elle-même, mais elle se sent attirée. N’y aurait-il pas là l’ébauche d’un accès à une cinquième dimension ? Autrement dit, l’amour ne constituerait-il pas une manière très limitée et abstraite d’entrevoir une cinquième dimension ? Cooper en parle d’ailleurs dans le tesseract : il avance que les êtres du futurs maîtrisent cinq dimensions mais qu’ils ont construit un espace quatri-dimensionnel pour que Cooper, à travers l’amour, fasse le lien entre la cinquième et la quatrième dimension. Il le dit : « nous sommes la passerelle ». L’amour est alors considéré comme un lien entre notre monde perçu en quatre dimensions et une cinquième dimension. Les êtres du futur parviennent donc, selon la logique du film, à considérer pleinement l’amour, ce qui leur donne accès à une cinquième dimension. Le docteur Mann, en reprenant la pensée du professeur Brand, avance d’ailleurs qu’il y a une évolution de l’amour. Il y avait au départ uniquement l’amour propre (celui de Mann), puis l’instinct de survie s’est étendu jusqu’à ses enfants (comme Cooper) ; mais ne s’étend encore pas au-delà de ses enfants. C’est la raison pour laquelle le professeur Brand a préféré faire croire que le plan A était susceptible de fonctionner. Il avait compris que personne n’accepterait de partir à l’assaut d’une nouvelle planète si ce n’était pas pour sauver sa propre vie ainsi que celle de ses enfants. Le docteur Mann le dit : « l’homme n’est ENCORE pas capable de se considérer comme faisant partie d’une espèce. L’amour s’arrête à ses enfants. » Ce qui est donc essentiel ici est que l’amour, selon Nolan, évolue ; et plus il évolue, plus il nous donne accès à une cinquième dimension. Les être du futur ayant eu le temps d’évoluer, l’amour leur a permis de percevoir cette cinquième dimension, ce pourquoi ils réussissent à transcender l’espace-temps, tout comme commence à le faire l’amour pour nous. Cooper, en entrant dans le trou noir est donc selon moi instantanément mort pour les raisons défendues par la théorie 1. Mais en mourant, son cerveau, comme le disait le docteur Mann, fait un effort supplémentaire pour imaginer ses enfants. L’amour en jeu est alors si fort que, au sein du tesseract (qui est un espace à 5 dimensions), Cooper parvient à dépasser sa condition de simple passerelle pour la cinquième dimension et recrée ainsi un monde d’amour à cinq dimensions. Physiquement, Cooper est donc mort ; mais mentalement, à travers son amour, il continue à vivre dans cette dernière dimension indestructible par la mort ; ce pourquoi il parvient à donner la main au docteur Brand (femme) dont il est amoureux ; ce pourquoi aussi il réussit à communiquer avec sa fille en transcendant l’espace-temps, en devenant un fantôme pour elle, comme sa femme lui avait expliquée. Dans le monde à quatre dimensions, seul le plan B a donc fonctionner, mais dans celui à cinq dimensions, l’amour à supplanter l’espace-temps et le plan A a pu être mis à bien. L’amour a donc permis aux humains terrestres de survivre. Dès lors, en faisant intervenir non seulement quatre dimensions mais bien, comme le prescrit à mon sens le film, cinq ; les contradictions présentées en début d’analyse n’en sont finalement plus. Ces contradictions persistent dans notre espace quatri-dimensionnel, mais disparaissent en cinq dimensions. Le docteur Brand (femme) l’avait d’ailleurs bien dit : « on aime nos morts, qu’y a-t-il de social là-dedans ? » En effet, l’amour qu’on porte pour des êtres inexistants est, du point de vue de nos quatre dimensions, absurde : on ne peut pas aimer quelqu’un qui n’existe pas. Par contre, l’amour nous donnant un accès très limité à une cinquième dimension (qui sera pleinement percevable dans un futur lointain), il n’est dès lors plus absurde d’aimer un mort ; puisque celui-ci, dans la cinquième dimension, existe toujours. L’amour persiste donc sans aucune contradiction. En conclusion, notons que ce film de Christopher Nolan est à mon sens ultra-romantique. En somme, ces êtres du futurs, comme ils sont appelés dans le film, peuvent finalement être les morts qui, vivant dans une cinquième dimension, parviennent à transcender l’espace-temps et ainsi venir en aide aux êtres humains vivants (donc quatri-dimensionnels) ; comme le fait d’ailleurs Cooper en étant mort dans le tesseract avec sa fille. Ce film parle donc à mon avis de la vie après la mort qui nous est uniquement accessible par l’amour en tant que vivant mais, une fois disparu dans nos quatre dimensions, nous est pleinement accessible et nous permet d’aimer nos êtres proches vivant encore sur terre et, au cas où cela deviendrait nécessaire, de les aider à survivre en leur permettant de transcender l’espace-temps. Nolan lie donc à mon sens amour et science de manière remarquable et fait d’Interstellar un film absolument sublime à tous les niveaux.
petitbandit
petitbandit

117 abonnés 679 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 novembre 2014
Grosse déception pour ce film durant une éternité, ultra bavard, moralisateur et larmoyant. Le sujet est un gloubi boulga de thèses métaphysiques spatio temporelles sur fond de sauvegarde de l'humanité. On assiste à un déroulé de scènes mêlant bravoure, trahison, folie, amour aboutissant à un final grotesque et l'on ne comprend pas où Christopher Nolan a voulu nous mener (si en fait, mais c'est mal mis en scène). Les effets spéciaux sont aussi à minima. Seuls les acteurs tiennent la route où Mathew Mc Connaughay est épatant.
Pas indispensable...
Icevinc
Icevinc

33 abonnés 66 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 octobre 2016
Un voyage épique au message moralisateur mais ô combien pertinent pour le spectateur, le tout sur fond de réflexion métaphysique et philosophique opposant le déterminisme et le libre arbitre, voilà ce qu'offre Interstellar : un très grand spectacle et une profondeur narrative malheureusement trop rare sur grand écran, le tout magistralement orchestré grâce à une mise en scène sans fausse note qui emmène le spectateur d'un bout à l'autre du spectre émotif : de l'émerveillement à l'angoisse et passant par la peur, la tristesse et la joie ; ce film est une vraie claque cinématographique magistralement sublimée par une bande originale elle aussi épique qui porte Interstellar au sommet du panthéon des Space Opéra.
Edgar L.
Edgar L.

209 abonnés 271 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 décembre 2014
Le film s'ouvre sur le destin d'une Terre proche de l'extinction dans un futur relativement proche. L'environnement terrestre se dégrade lentement mais sûrement, et des tempêtes de poussière ont poussé le Monde dans une obscurité infinie. La surconsommation a dépeuplé la Terre, et les humains encore présents vivent en plein recul technologique. Dans ce monde futuriste, plus de place pour l'armée, ou pour des scientifiques, l'essentiel est de former de bons cultivateurs permettant de faire face aux pénuries alimentaires.
Dans ce Monde sans espoir qui se meurt à petit feu, Cooper (Matthew McConaughey), un jeune père veuf, vit avec son beau-père et ses deux enfants en tant que cultivateur. Pourtant, il rêve de bien mieux que cette vie. Il partage en effet une passion avec sa fille Murphy : l'espace. Cette passion va le pousser à quitter sa planète afin de trouver un nouveau foyer pour l'humanité et ainsi sauver ses enfants. Malgré la difficulté de la séparation et l'incompréhension de sa fille, il semble totalement déterminé à aller au bout de sa quête.
Dans sa quête, il est accompagné de trois autres astronautes dont Brand (Anne Hathaway). Le lien qu'il entretient avec sa fille Murphy est le fil rouge du film. Durant toute cette épopée, leur relation est des plus compliquées, la jeune fille ne comprenant pas ce qu'elle vit comme un abandon de la part de son père.

[...]

Même si le film se montre parfois légèrement maladroit dans sa manière de traiter le sujet, il n'en reste pas moins une grande réussite. Le film nous hypnotise jusqu'à la dernière seconde et opère une véritable montée en pression. Porté par un casting de luxe, "Interstellar" nous prouve une fois de plus tout le talent de Nolan, certainement l'un des meilleurs réalisateurs du moment. Sans ces quelques maladresses, on n'était vraiment pas loin du chef-d'oeuvre.
Roger Cola
Roger Cola

35 abonnés 96 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 janvier 2017
Incroyable. Un film de Hard SF à gros budget à la fois complexe, réaliste et facilement compréhensible. Le film contient tout ce qui fait un excellent film: une musique qui va parfaitement avec l'action, une histoire riche et intéressante, des acteurs convaincants, une réalisation magnifique (les plans dans l'espace, insonorisés, sont incroyables) et de l'émotion forte (j'ai eu plusieurs la gorge nouée et même les larmes aux yeux). Profond, intelligent, épique, Interstellar est le meilleur film de ces dernières années. Certainement l'un des meilleurs Christopher Nolan.
Eric D.
Eric D.

9 abonnés 37 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 novembre 2014
Franchement décevant... Début de film long, très long, pour une introduction qui aurait mérité davantage de rythme. Un scénario à la limite du ridicule ("l'amour la clef de tout", "vision d'une humanité hyper développée dans le futur, capable de percevoir d'autres dimensions et donc de transformer le passé...", motivation de la scène de bagarre sur la planète gelée, etc.). Tout ça pour ça, alors qu'il aurait été préférable de nous envoyer la tête dans les étoiles tout simplement, en explorateurs de mondes à découvrir. Je suis un amateur de SF, d'anticipation, à travers la littérature et le cinéma, mais là je n'ai absolument pas adhéré à ce traitement absurde. Qu'on se le dise...
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