Ayant vu le remake il y a quelques années, je connaissais un peu le déroulement de cet « Homme qui voulait savoir », même si le traitement est ici assez différent. Peut-être plus efficace, « La Disparue » était toutefois nettement plus classique dans sa narration. Là, George Sluizer (également auteur du film américain!) nous promène à travers une œuvre singulière, au rythme étrange mais souvent séduisante, dans la manière de filmer les différents événements comme de proposer une approche singulière d'une histoire au premier abord fort banal (une femme est kidnappée, son fiancé la recherche désespérément), tant le cinéaste va à contre-courant des schémas habituels, ne faisant d'emblée aucun mystère du coupable et cherchant un équilibre assez étonnant pour donner autant d'importance au « Bien » et au « Mal ». On ne peut pas dire que cela soit captivant, mais en tout cas il y a de quoi être intrigué par cette ambiance, cette enquête qui n'en est pas vraiment une, et surtout, difficile de ne pas se projeter devant le terrible dilemme du héros face à un deuil impossible à effectuer sans connaissance de la vérité. Troublant, encore plus dans le dernier tiers, lorsque nous entrons de plein pied dans la psyché du tueur, jusqu'à un dénouement très, très spoiler: sombre , loin des canons habituels du genre... Niveau interprétation, si Gene Bervoets s'en sort avec les honneurs, on retiendra surtout la belle et touchante Johanna ter Steege ainsi qu'évidemment Bernard-Pierre Donnadieu, à la prestation presque discrète, mais pour autant subtile et convaincante. « L'Homme qui voulait savoir » pourra déconcerter, ça n'en est pas moins un thriller original, personnel et résolument spoiler: pessimiste : une œuvre à part.
Intriguant "Homme qui voulait savoir" par George Sluizer qui nous embarque dans un film au fil conducteur étrange, brute mélangeant plusieurs périodes (flashback, présent). Mais c'est surtout dans le choix scénaristique et technique que le film nous en propose toute sa richesse : le côté naturaliste du film qui pousse le réalisme par quelque chose de vraiment effrayant qu'un homme lambda décide de changer d'identité pour en devenir un tueur sans âme et méticuleux, le fait que le film décide de conserver les voix d'origines de chacun des protagonistes ou que son lieu principal (une aire d'autoroute), banal, objet annuel pour bons nombre de vacanciers deviennent le lieu de toutes les peurs... L'homme qui voulait savoir se traduit donc par un thriller efficace, sans temps mort qui bénéficie d'une prestation de qualité (Bernard-Pierre Donnadieu est tout bonnement excellent avec ses faux airs de Benoit Poelvoorde) et d'un scénario terriblement efficace jusqu'à cette fin fort sympathique. On pestera tout de même contre certains dialogues simplistes, une réalisation sobre et impersonnelle et une atmosphère sans véritablement de style visuel particulier (flairant à certains moments sur de l'amateurisme). Néanmoins, l'oeuvre mérite d'être vu (et connu) pour ses choix et pour ses acteurs. Un moment bizarre mais sympathique !
Un film maîtrisé de bout en bout avec une tension qui va crescendo...Bernard-Pierre Donnadieu est inquiétant à souhait. Mais en fait la fin m'a déçu pour deux raisons, quel est le type sensé qui va se donner "pieds et poings liés" à l'assassin de sa fiancée ? non mais allô.......et puis la fin est directement inspirée d'un épisode horrible de la quatrième dimension......
S'il n'y avait pas la séquence du tunnel pour donner un très mauvais pressentiment (et aussi si on n'avait pas lu le synopsis !!!), on pourrait penser que le premier quart d'heure est celui d'une gentille comédie romantique avec ce gentil couple néerlandais qui passe tranquillement leurs vacances en France. La femme disparaît sur une aire d'autoroute, l'homme la cherche partout sans succès... ; là on pense tout de suite qu'on va rester sur le point de vue du hollandais désespéré et qu'on verra enfin le kidnappeur qu'en même temps que lui...Pas du tout, au contraire le film prend un parti-pris surprenant et original. Dès le début, non seulement on connait l'identité du kidnappeur mais en plus on va plonger très vite dans la "banalité" de son quotidien ainsi que dans son passé et, inexplicablement, on ressent dès sa première apparition de la sympathie pour lui ce qui met le spectateur dans une situation plus qu'inconfortable. En fait, on s'aperçoit très vite que le véritable protagoniste n'est pas "L'Homme qui voulait savoir" mais "L'Homme qui va faire savoir"...Et si tous les acteurs sont excellents et que tous les personnages sont très bien écrits, celui qui tient la vedette c'est cet "Homme qui va faire savoir", le "monsieur tout le monde", bon mari père de famille, professeur de chimie de son état, et qui sous des airs affables est un véritable sociopathe. Dans le rôle de ce dernier, Bernard-Pierre Donnadieu est absolument magistral réussissant parfaitement à faire ressentir autant de la fascination que de l'inquiétude.Le ton étrange du film, le rythme envoûtant, l'efficacité d'un scénario peu banal, qui s'achève sur un final mémorable très noir et glaçant, ajoutent leur pierre à l'édifice de ce thriller franco-néerlandais aussi peu banal que captivant.
Thriller méconnu (tourné à Nîmes et ses environs!) et dérangeant par la personnalité sadique du kidnappeur magnifiquement interprété par Donnadieu. L'histoire simple et limpide accroche le spectateur dans une longue descente vers l'horreur que subira le touriste hollandais à la recherche de son amie disparue dans le Gard 3 ans plus tôt. Ses efforts pour retrouver l'homme derrière cette disparition pourraient dévoiler une terrible vérité.
Après l'homme qui en savait trop, voici l'homme qui voulait savoir... Et voici surtout un film méconnu qui ne devrait pas l'être. Car c'est un excellent thriller, réalisé avec peu de moyens mais avec un scénario vraiment marquant. Tout le film repose sur un mystère non résolu et une contradiction entre le désir et la peur de connaître la vérité. Contradiction qui aboutit à une tentation cornélienne dont on ne dira rien pour préserver le suspense. À défaut d'une esthétique attrayante, la mise en scène est simple et intelligente. Sluizer multiplie les flash-back et les différents points de vue pour reconstituer petit à petit les faits. Et surtout, il brosse un portrait de psychopathe très travaillé. Bernard-Pierre Donnadieu campe de façon saisissante un homme qui expérimente un libre-arbitre absolu, à l'encontre de tout déterminisme moral ou social. Un monstre froid, qui teste son potentiel à être autant un héros qu'un criminel, de manière presque philosophique et mathématique, ne raisonnant qu'en termes de probabilité et de liberté de choix. Pris à son jeu expérimental, il ajoute une dimension manipulatrice et machiavélique qui trouve son accomplissement dans un dénouement particulièrement angoissant. En termes d'intensité psychologique, les dernières images sont terribles... George Sluizer tournera un autoremake de ce film aux États-Unis, quelques années plus tard : La Disparue, avec Jeff Bridges et Kiefer Sutherland.
Je suis tombé sur ce film un peu par hasard et il m'a intrigué. J'ai été intrigué tout du long. Au début j'ai douté du choix scénaristique et narratif de montrer alternativement le couple et le ravisseur. Mais finalement ce processus prend progressivement toute sa force et donne corps à un récit qui surprend et prend littéralement le spectateur là où il ne l'attend pas. C'est difficile de faire des films sur des disparitions car le problème c'est qu'on peut vite tourner en rond, mais L'homme qui voulait savoir parvient à sentir des sentiers battus tout d'un coup, sans crier gare.
Un thriller etrange et particulièrement noir sur le fond. Donnadieu est étonnant ,car complètement déconnecté des horreurs qu'il commet. Une vraie bizzarerie que ce film.
Un très bon film, un peu vieillot et long à débuter mais on est comme le mari de la victime...On VEUT savoir et on reste accroché jusqu'à la fin! Donnadieu encore très bon ici. A découvrir
Film culte et pourtant lamentablement oublié , ce thriller cauchemardesque est époustouflant. L'intrigue tortueuse à souhait , dispose d'interprête de tout premier ordre avec, en l'occurence, un mister donnadieu dans son plus grand rôle . sluizer a refait son film en version us à l'instar d'un haneke et son légendaire funny games, pour un résultat tout aussi abominable...espérons que sa sortie en dvd le fera (re)découvrir, il le mérite amplement.
Le problème de ce genre de film, c'est qu'il repose entièrement sur l'acte final. Et sans dévoiler celui-ci, je dirais simplement qu'il m'a déçu. Cependant, le tout est assez prenant et efficace, si n'est les coups de synthé 80's qui servent de musique.
Certains réalisateurs ne sont passés à la postérité que pour un seul de leurs films. C’est le cas du réalisateur hollandais George Sluizer qui aura réalisé un film choc devenu culte avec le très troublant et dérangeant « L’homme qui voulait savoir » dont il réalisa lui-même peu de temps après le remake hollywoodien (« La disparue » en 1993) avec Jeff Bridges, Kiefer Sutherland et Sandra Bullock au générique. L’idée originale du scénario émane de Tim Krabbé romancier et ami de George Sluizer. Le roman voyant son intrigue se dérouler sur le sol français, Krabbé prend contact avec Sluizer qui a passé sa jeunesse en France et poursuivi ses études à l’École de Cinéma de Paris. Sluizer suit donc la progression de l’écriture du roman et emballé par les premiers chapitres convainc Krabbé de lui en céder les droits pour une adaptation cinématographique. Le livre intitulé « L’œuf d’or » paraît en 1984. Les deux hommes décident d’écrire en commun le scénario du film qui sortira sur les écrans en 1988. Il est à noter qu’ayant des profonds désaccords sur la structure de l’intrigue que Sluizer ne veut surtout pas linéaire, les deux amis entrent en conflit, Sluizer propriétaire des droits finissant par évincer Krabbé pour mener le projet à sa guise. Sur la route des vacances, un jeune couple de touristes néerlandais fait le plein d’essence sur une aire d’autoroute dans le Gard. spoiler: La jeune femme (Johanna Ter Steege) disparaît mystérieusement alors qu’elle était allée chercher des boissons fraîches à la boutique de la station. Aucun indice probant ne permettant de mener une enquête sérieuse l’affaire est assez rapidement classée, laissant Rex (Gene Bervoerts) désemparé et incapable de se reconstruire après cette disparition inexplicable dont il se sent responsable. Le jeune homme s’enfonce inexorablement dans l’obsession de « savoir » ce qui s’est passé. Trois ans ont passé.
Parallèlement, un professeur de chimie sans histoire (Bernard-Pierre Donnadieu) se remémore tous les efforts qu’il a dû accomplir pour réussir cette disparition parfaite en pleine aire d’autoroute. Le film suit alternativement les deux trajectoires qui inéluctablement vont se croiser, les deux hommes étant à la recherche de quelque chose qui les réunit. Avec le recul le cheminement suivi par Sluizer permet de mieux comprendre ce qui a amené à la rupture entre l’écrivain et le réalisateur. D’un côté une structure plutôt classique reposant sur la montée en pression du spectateur grâce au suspense généré par le « whodunit » de l’autre une construction poussant à la réflexion et la mise à nue de deux psychologies diamétralement opposées. Le choix de Sluizer sans aucun doute plus audacieux s’avère judicieux rendant le film spoiler: terrifiant par la petite musique qui a trotté dans l’esprit malade de l’obscur professeur de chimie qui totalement narcissique et dénué d’empathie, s’est cru, autorisé à mener méticuleusement sa propre expérience non pas sur sa paillasse de laboratoire mais dans la vraie vie avec un cobaye humain. George Sluizer enfant de la Guerre confronte le spectateur au mal absolu celui qui mène tout droit à la réification de l’être humain un peu à la manière des médecins de la honte puisant la matière vivante de leurs prétendues recherches au sein des camps de la mort. Est-ce le système diabolique qui mène à de telles horreurs ? George Sluizer semble nous montrer que le système s’il a un effet catalyseur et multiplicateur n’est rien sans ceux qui ne demandent qu’à franchir les barrières de l’innommable.
Bernard-Pierre Donnadieu qui remplace Jean-Louis Trintignant ayant décliné l’offre de Sluizer est tout simplement sidérant, montrant que son jeu pouvait le conduire jusqu’à explorer les tréfonds les plus sombres de l’âme humaine. Le film près de quarante ans après sa sortie est toujours aussi dérangeant et on peut se dire que sans le choix courageux de son réalisateur d’en modifier l’ordonnancement, il ne serait pas devenu culte comme le prouve sa récente ressortie en B-Ray.