S'il n'y avait pas la séquence du tunnel pour donner un très mauvais pressentiment (et aussi si on n'avait pas lu le synopsis !!!), on pourrait penser que le premier quart d'heure est celui d'une gentille comédie romantique avec ce gentil couple néerlandais qui passe tranquillement leurs vacances en France. La femme disparaît sur une aire d'autoroute, l'homme la cherche partout sans succès... ; là on pense tout de suite qu'on va rester sur le point de vue du hollandais désespéré et qu'on verra enfin le kidnappeur qu'en même temps que lui...Pas du tout, au contraire le film prend un parti-pris surprenant et original. Dès le début, non seulement on connait l'identité du kidnappeur mais en plus on va plonger très vite dans la "banalité" de son quotidien ainsi que dans son passé et, inexplicablement, on ressent dès sa première apparition de la sympathie pour lui ce qui met le spectateur dans une situation plus qu'inconfortable. En fait, on s'aperçoit très vite que le véritable protagoniste n'est pas "L'Homme qui voulait savoir" mais "L'Homme qui va faire savoir"...Et si tous les acteurs sont excellents et que tous les personnages sont très bien écrits, celui qui tient la vedette c'est cet "Homme qui va faire savoir", le "monsieur tout le monde", bon mari père de famille, professeur de chimie de son état, et qui sous des airs affables est un véritable sociopathe. Dans le rôle de ce dernier, Bernard-Pierre Donnadieu est absolument magistral réussissant parfaitement à faire ressentir autant de la fascination que de l'inquiétude.Le ton étrange du film, le rythme envoûtant, l'efficacité d'un scénario peu banal, qui s'achève sur un final mémorable très noir et glaçant, ajoutent leur pierre à l'édifice de ce thriller franco-néerlandais aussi peu banal que captivant.
Thriller sombre et singulier, L'homme qui voulait savoir, est un film aussi prenant que perturbant. Bernard-Pierre Donnadieu y trouve sûrement son meilleur rôle.
Film culte et pourtant lamentablement oublié , ce thriller cauchemardesque est époustouflant. L'intrigue tortueuse à souhait , dispose d'interprête de tout premier ordre avec, en l'occurence, un mister donnadieu dans son plus grand rôle . sluizer a refait son film en version us à l'instar d'un haneke et son légendaire funny games, pour un résultat tout aussi abominable...espérons que sa sortie en dvd le fera (re)découvrir, il le mérite amplement.
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5,0
Publiée le 27 janvier 2025
Tous ceux qui se frottent les mains en disant qu'ils n'ont pas frissonner devant "L'homme qui voulait savoir" (1988) sont des affreux menteurs! Propice à un redoutable suspense, le thème du dangereux sociopathe à qui l'on donnerait le bon Dieu sans confession n'a pourtant pas ètè utilisè par le cinèma de cette manière! Et comme nombre de films à petit budget, "Spoorloos" fut diffusè une première fois sur Canal Plus au dèbut des annèes 90 avant de tomber injustement dans l'oubli! Une injustice tant pour la qualitè de l'histoire (adaptation remarquable du roman de Krabbè) que pour son côtè malsain et perturbant! Bernard-Pierre Donnadieu trouve ici son plus grand rôle et sa relation avec l'excellent Gene Bervoets conduit ce dernier à une auto-destruction psychologique sans pareil! La mise en scène est brillante, le mystère total et morbide, le dènouement effroyable, bref un thriller devenu depuis un chef d'oeuvre obligè du genre! En 1993, George Sluizer signe curieusement un remake de son propre film avec Jeff Bridges dans la peau du tueur obsèdè par le crime parfait, voilà qui n'est pas courant, mais pouvait-on attendre autre chose de la part de cet insaisissable cinèaste nèerlandais qui dirigea la même annèe le regrettè River Phoenix dans le très mystèrieux "Dark Blood" ?
Après l'homme qui en savait trop, voici l'homme qui voulait savoir... Et voici surtout un film méconnu qui ne devrait pas l'être. Car c'est un excellent thriller, réalisé avec peu de moyens mais avec un scénario vraiment marquant. Tout le film repose sur un mystère non résolu et une contradiction entre le désir et la peur de connaître la vérité. Contradiction qui aboutit à une tentation cornélienne dont on ne dira rien pour préserver le suspense. À défaut d'une esthétique attrayante, la mise en scène est simple et intelligente. Sluizer multiplie les flash-back et les différents points de vue pour reconstituer petit à petit les faits. Et surtout, il brosse un portrait de psychopathe très travaillé. Bernard-Pierre Donnadieu campe de façon saisissante un homme qui expérimente un libre-arbitre absolu, à l'encontre de tout déterminisme moral ou social. Un monstre froid, qui teste son potentiel à être autant un héros qu'un criminel, de manière presque philosophique et mathématique, ne raisonnant qu'en termes de probabilité et de liberté de choix. Pris à son jeu expérimental, il ajoute une dimension manipulatrice et machiavélique qui trouve son accomplissement dans un dénouement particulièrement angoissant. En termes d'intensité psychologique, les dernières images sont terribles... George Sluizer tournera un autoremake de ce film aux États-Unis, quelques années plus tard : La Disparue, avec Jeff Bridges et Kiefer Sutherland.
L’Homme qui voulait savoir me tentait depuis longtemps, car curieusement moi aussi je voulais savoir ! Franchement, c’est une grosse claque ! Evidemment car j’adore ce genre de films à la base (mais du coup j’ai toujours peur d’être déçu). Déjà, pour commencer, le casting est excellent. Donnadieu est évidemment l’acteur tout trouvé pour ce genre de rôles avec son physique imposant, son air vicieux, ses petites manières précieuses, il est répugnant à souhait ! Désolé pour lui ! Le couple Gene Bervoets et Johanna ter Steege fonctionne à merveille, et ils réussissent vraiment à nous mettre dans la peau de leurs personnages. Johanna ter Steege et sa beauté éthérée retiennent particulièrement l’attention dans le contexte du film. Vraiment, le casting est absolument parfait. Côté scénario, là où le métrage frappe fort c’est dans sa manière de décortiquer précisément l’ensemble des faits et de le faire de façon réaliste, authentique. Le métrage s’attache autant à tous les personnages, à leur vie, à leur situation personnelle, et le fait avec un regard clinique qui rappelle que le réalisateur a aussi été un maître du documentaire. C’est d’autant plus flippant, mais surtout, le suspense est savamment entretenu et le spectateur est même convié lui aussi à se poser la question de certains choix ! Moi perso je sais ce que j’aurais fait avec les clés ! En tout cas un film à l’histoire tendue, pleine de suspense, glauque à souhait avec un final… Qui ne déçoit pas ! Ouf ! Visuellement, idem, le film est dans une esthétique réaliste, clinique, froide. On passe beaucoup de temps sur une aire d’autoroute, dans une petite ville. Le réalisateur livre une mise en scène soignée, souvent astucieuse dans ses cadrages, ses choix de plan. C’est dépouillé mais réellement artistique, on est pas seulement dans des plans documentaires. La photographie est claire, presque crue par moment. A noter une bande son minimaliste mais le film ne souffre absolument pas de cette discrétion puisque c’est en cohérence avec l’esthétique globale. Honnêtement, L’Homme qui voulait savoir est une pépite qui s’inscrit en réalité assez bien dans ce cinéma du Bénélux, souvent très sombre, avec un humour très noir (car finalement ce film a un humour très noir aussi !), rugueux au possible. Pour ma part un film à découvrir, mais pour un public averti, car sans violence graphique, le film est d’une profonde noirceur qui peut déranger. 5
Intriguant "Homme qui voulait savoir" par George Sluizer qui nous embarque dans un film au fil conducteur étrange, brute mélangeant plusieurs périodes (flashback, présent). Mais c'est surtout dans le choix scénaristique et technique que le film nous en propose toute sa richesse : le côté naturaliste du film qui pousse le réalisme par quelque chose de vraiment effrayant qu'un homme lambda décide de changer d'identité pour en devenir un tueur sans âme et méticuleux, le fait que le film décide de conserver les voix d'origines de chacun des protagonistes ou que son lieu principal (une aire d'autoroute), banal, objet annuel pour bons nombre de vacanciers deviennent le lieu de toutes les peurs... L'homme qui voulait savoir se traduit donc par un thriller efficace, sans temps mort qui bénéficie d'une prestation de qualité (Bernard-Pierre Donnadieu est tout bonnement excellent avec ses faux airs de Benoit Poelvoorde) et d'un scénario terriblement efficace jusqu'à cette fin fort sympathique. On pestera tout de même contre certains dialogues simplistes, une réalisation sobre et impersonnelle et une atmosphère sans véritablement de style visuel particulier (flairant à certains moments sur de l'amateurisme). Néanmoins, l'oeuvre mérite d'être vu (et connu) pour ses choix et pour ses acteurs. Un moment bizarre mais sympathique !
Voilà un film oublié , mais qui mérite vraiment d'être vu. Pour son interprète principal Bernard-Pierre Donnadieu. Monsieur Donnadieu joue le rôle d'un psychopathe tout à fait détaché du résultat de ses actes , mais qui agit comme monsieur tout le monde au réel, Comme une araignée il tisse sa toile , son piège. Mais loin des Dexter , il ne fait pas couler le sang. Pire. Il faut attendre la fin bien sur pour comprendre toute l'horreur de son entreprise. Avoir ou à découvrir
Malheureusement j'avais vu le remake Américain, il y a bien longtemps, et qui m'avait assez plu. Donc je connaissais bien le déroulement du film. Sauf que les spoiler: Américains nous ont pondus une "Happy-end". Mais là, dans cette version Donnadieu a un role a sa mesure. Peut etre son meilleur. l'intrigue est prenante et étouffante a souhait. Bien.
Certains réalisateurs ne sont passés à la postérité que pour un seul de leurs films. C’est le cas du réalisateur hollandais George Sluizer qui aura réalisé un film choc devenu culte avec le très troublant et dérangeant « L’homme qui voulait savoir » dont il réalisa lui-même peu de temps après le remake hollywoodien (« La disparue » en 1993) avec Jeff Bridges, Kiefer Sutherland et Sandra Bullock au générique. L’idée originale du scénario émane de Tim Krabbé romancier et ami de George Sluizer. Le roman voyant son intrigue se dérouler sur le sol français, Krabbé prend contact avec Sluizer qui a passé sa jeunesse en France et poursuivi ses études à l’École de Cinéma de Paris. Sluizer suit donc la progression de l’écriture du roman et emballé par les premiers chapitres convainc Krabbé de lui en céder les droits pour une adaptation cinématographique. Le livre intitulé « L’œuf d’or » paraît en 1984. Les deux hommes décident d’écrire en commun le scénario du film qui sortira sur les écrans en 1988. Il est à noter qu’ayant des profonds désaccords sur la structure de l’intrigue que Sluizer ne veut surtout pas linéaire, les deux amis entrent en conflit, Sluizer propriétaire des droits finissant par évincer Krabbé pour mener le projet à sa guise. Sur la route des vacances, un jeune couple de touristes néerlandais fait le plein d’essence sur une aire d’autoroute dans le Gard. spoiler: La jeune femme (Johanna Ter Steege) disparaît mystérieusement alors qu’elle était allée chercher des boissons fraîches à la boutique de la station. Aucun indice probant ne permettant de mener une enquête sérieuse l’affaire est assez rapidement classée, laissant Rex (Gene Bervoerts) désemparé et incapable de se reconstruire après cette disparition inexplicable dont il se sent responsable. Le jeune homme s’enfonce inexorablement dans l’obsession de « savoir » ce qui s’est passé. Trois ans ont passé.
Parallèlement, un professeur de chimie sans histoire (Bernard-Pierre Donnadieu) se remémore tous les efforts qu’il a dû accomplir pour réussir cette disparition parfaite en pleine aire d’autoroute. Le film suit alternativement les deux trajectoires qui inéluctablement vont se croiser, les deux hommes étant à la recherche de quelque chose qui les réunit. Avec le recul le cheminement suivi par Sluizer permet de mieux comprendre ce qui a amené à la rupture entre l’écrivain et le réalisateur. D’un côté une structure plutôt classique reposant sur la montée en pression du spectateur grâce au suspense généré par le « whodunit » de l’autre une construction poussant à la réflexion et la mise à nue de deux psychologies diamétralement opposées. Le choix de Sluizer sans aucun doute plus audacieux s’avère judicieux rendant le film spoiler: terrifiant par la petite musique qui a trotté dans l’esprit malade de l’obscur professeur de chimie qui totalement narcissique et dénué d’empathie, s’est cru, autorisé à mener méticuleusement sa propre expérience non pas sur sa paillasse de laboratoire mais dans la vraie vie avec un cobaye humain. George Sluizer enfant de la Guerre confronte le spectateur au mal absolu celui qui mène tout droit à la réification de l’être humain un peu à la manière des médecins de la honte puisant la matière vivante de leurs prétendues recherches au sein des camps de la mort. Est-ce le système diabolique qui mène à de telles horreurs ? George Sluizer semble nous montrer que le système s’il a un effet catalyseur et multiplicateur n’est rien sans ceux qui ne demandent qu’à franchir les barrières de l’innommable.
Bernard-Pierre Donnadieu qui remplace Jean-Louis Trintignant ayant décliné l’offre de Sluizer est tout simplement sidérant, montrant que son jeu pouvait le conduire jusqu’à explorer les tréfonds les plus sombres de l’âme humaine. Le film près de quarante ans après sa sortie est toujours aussi dérangeant et on peut se dire que sans le choix courageux de son réalisateur d’en modifier l’ordonnancement, il ne serait pas devenu culte comme le prouve sa récente ressortie en B-Ray.
Film le plus terrifiant qu'ait vu Kubrick ! Kubrick a-t-il vu Shining ? Scénario original, construction audacieuse, rythme un peu trop lent, BPD excellent en schyzophrène, mais ce n'est pas effrayant du tout. La curiosité est un vilain défaut.
Ayant vu le remake il y a quelques années, je connaissais un peu le déroulement de cet « Homme qui voulait savoir », même si le traitement est ici assez différent. Peut-être plus efficace, « La Disparue » était toutefois nettement plus classique dans sa narration. Là, George Sluizer (également auteur du film américain!) nous promène à travers une œuvre singulière, au rythme étrange mais souvent séduisante, dans la manière de filmer les différents événements comme de proposer une approche singulière d'une histoire au premier abord fort banal (une femme est kidnappée, son fiancé la recherche désespérément), tant le cinéaste va à contre-courant des schémas habituels, ne faisant d'emblée aucun mystère du coupable et cherchant un équilibre assez étonnant pour donner autant d'importance au « Bien » et au « Mal ». On ne peut pas dire que cela soit captivant, mais en tout cas il y a de quoi être intrigué par cette ambiance, cette enquête qui n'en est pas vraiment une, et surtout, difficile de ne pas se projeter devant le terrible dilemme du héros face à un deuil impossible à effectuer sans connaissance de la vérité. Troublant, encore plus dans le dernier tiers, lorsque nous entrons de plein pied dans la psyché du tueur, jusqu'à un dénouement très, très spoiler: sombre , loin des canons habituels du genre... Niveau interprétation, si Gene Bervoets s'en sort avec les honneurs, on retiendra surtout la belle et touchante Johanna ter Steege ainsi qu'évidemment Bernard-Pierre Donnadieu, à la prestation presque discrète, mais pour autant subtile et convaincante. « L'Homme qui voulait savoir » pourra déconcerter, ça n'en est pas moins un thriller original, personnel et résolument spoiler: pessimiste : une œuvre à part.
Dommage que quelques longueurs et redites s'égrènent car aucune scène gore ou image sanglante n'orne ce film qui réussit à glacer le sang en montrant le mal à l'état brut: un sociopathe, c'est-à-dire un homme qui tue par défi et avec réflexion, sans raison autre que l'opportunité. Le face-à-face entre les deux hommes dévoile une absolue maîtrise de la tension jusqu'à un final inoubliable.
Ressortie en salles de "spoorloos" de George Sluizer, autrement dit " sans trace" en néerlandais. " Spoorloos" fut distribué en France sous le titre pas mal trouvé, de " l'homme qui voulait savoir".
Un couple de jeunes néerlandais se rend en France pour y passer des vacances. A l'occasion d'un arrêt dans une station service d'autoroute, la jeune femme disparaît mystérieusement.
Voisin en terme d'ambiance ( la menace sourde) de certains titres de Dominik Moll ( " Harry un ami qui vous veut du bien" notamment), " spoorloos" est conduit par un scénario, une direction d'acteurs efficaces, même si la réalisation est plus convenue.
Les scènes sont un peu trop ( selon moi) étirées à l'envie et le portrait du psychopathe intégré socialement, interprété par RP Donnadieu, reste brossé de façon tout de même superficielle.
La volonté de savoir du personnage principal ( on pense à l'arbre biblique de la connaissance dont la cueillette du fruit conduit au mal) le renvoie de façon symbolique à l'obscurité et à sa perte finale.
Par delà son premier niveau de lecture ( un thriller qui tourne autour de la recherche d'une disparue) le film offre une autre grille d'interprétation. Le comportement illogique du personnage principal ( le jeune néerlandais) renforce l'hypothèse de la part métaphorique du scénario.
Selon mon hypothèse Sluizer défend la nécessité de la recherche de la vérité malgré les difficultés, le danger, que celà comporte.
C'est aussi une invitation à se rappeler du choix du Mal effectué par certains. Un des visages du Mal peut prendre la forme de personnalités manipulatrices cachées derrière le masque de l'intelligence.
On peut voir aussi dans "Spoorloos "une interrogation sur la part de liberté dans l'existence et sur la possibilité de changer ou non le cours de son destin (cf anecdote du balcon contée par le personnage incarné par Donnadieu).
Néanmoins, malgré ses qualités, on a ici affaire au seul titre de ce cinéaste néerlandais qui soit resté dans les mémoires à ce jour. C'est peu, sans doute, mais tous les cinéastes aimeraient compter dans leur filmographie ne serait-ce qu'un titre qui défie les décennies.