Sous l’influence notable des comédies romantiques américaines des années 80, Chou tin dik tong wah projette son héroïne hongkongaise au beau milieu d’un New York inhospitalier que réenchanteront ses retrouvailles avec un membre éloigné de sa famille, surnommé « Boathead » en raison de son obsession pour l’ouverture d’un restaurant en bordure de mer. Si la mièvrerie de l’ensemble est concurrencée par une mise en scène inspirée, soucieuse de composer de beaux plans, elle se heurte à un discours communautariste qui enferme les Américains dans des rôles tantôt d’antagonistes tantôt d’absents, caractérisés parspoiler: l’économie capitaliste qu’ils incarnent face au communisme chinois . En résulte un jugement moral récurrent et désagréable – relevons ici le spoiler: comportement du père de famille, visiblement intriguée par la nouvelle nounou au point d’entreprendre devant sa fille des tentatives d’approche … – qui invalide le récit d’apprentissage alors même qu’il exigeait une prise en considération du dépaysement : le choc des cultures se cantonne à l’idéologie, sans espoir aucun d’un métissage entre les peuples voire entre les individus. Le seul intérêt à trouver au long métrage, outre cela de la romance à l’eau de rose, réside ainsi dans sa peinture d’un pays multiethnique où les ethnies cohabitent sans se mélanger, avec comme points de contact spoiler: les insultes racistes (cf. séquence en voiture opposant les Hongkongais aux Mexicains) .