Scénario basique : un individu déguisé en homme grenouille tue ici et là avec son fusil harpon. Un policier de Scotland Yard enquête dans un bar louche. Nombreux soupçons. A la fin,spoiler: le coupable se tue.
Film très moyen aussi bien dans le récit que dans la réalisation. On ne se croit pas du tout à Londres ou sur le bord de la Tamise. L'enquête du policier est classique et sans beaucoup d'attrait. Que de clichés. Les acteurs sont moyens. Début de Kinski dans un rôle pas assez développé : seul intérêt du film. Très moyen autrement.
Film d'exploitation allemand adaptant un très populaire auteur de polar outre-rhin. C'est pas génial mais sympathique. Les auteurs portent visiblement un intérêt limité à la vraisemblance de leur histoire. On suit donc un inspecteur enquêtant sur un tueur-plongeur au harpon, mais il y aussi un trafiquant d'épices qui n'en est pas vraiment un, une Cosette teutonne échangée avec une autre et un type qui s'entraine pour une course d'aviron. Entre autres. On finit forcement par déduire qui est le tueur une fois que tous les autres personnages se sont fait zigouiller, et c'est peu dire que la révélation est incohérente. Le personnage du rameur est lui purement comique et ses scènes, balançées à la va-comme j'te pousse, paraissent incongrues au milieu d'une histoire qui se veut sérieuse. Mais l'avantage avec cette avalanche de rebondissements et de sous-intrigues, c'est que l'on ne s'ennuie jamais.
« Le Requin harponne Scotland Yard » est le douzième film recensé de la vague de Krimis allemands, initiée en 1959 avec « La grenouille attaque Scotland Yard ». C’est le troisième réalisé par Alfred Vohrer. Le scénario est assez embrouillé. Le rapport entre les vols du « requin » et l’histoire de la jeune héritière flouée est assez artificiel et reste aussi plutôt confus. On ne se croit pas du tout à Londres ou sur les bords de la Tamise, tout étant filmé en Allemagne. Enfin, le personnage comique, interprété par Eddi Arent, est tout de même bien lourd. Cela dit, le film se laisse regarder avec plaisir grâce à ses multiples rebondissements et une interprétation de qualité où l’on retrouve plusieurs figures récurrentes du Krimi. Il ne manque pas non plus d’un certain charme du fait d’une réalisation soignée, d’une belle photographie en noir et blanc et de quelques effets purement cinématographiques très réussis, notamment en ce qui concerne les jeux de reflets dans les miroirs.