John Huston était un iconoclaste irrévérencieux et l’âge n’avait rien changé à l’affaire. Pour son avant dernier film avant de rejoindre trois ans plus tard Boggie (Humphrey Bogart) et son père Walter aux paradis des buveurs, le réalisateur du « Faucon maltais » (1941) et de « Quand la ville dort » (1950) revenait au film noir pour donner sa propre vision de l’univers de la mafia italienne en réponse au « Parrain » de Francis Ford Coppola. Là où l'enfant terrible du Nouvel Hollywood lui-même d'origine italienne donnait une dimension tragique quasi mystique aux mœurs barbares de ces petites frappes à la recherche permanente de respectabilité trahie par leur goût irrépressible du chic grandiloquent, Huston l'irlandais désenchanté moquera le ridicule de leur soi disant code d'honneur, prétexte fallacieux à beaucoup de leurs exactions criminelles. Quoi de mieux pour rire jaune de tout cet apparat qu'un Jack Nicholson en tueur à gages aux lèvres exagérément lippues opposé à une Kathleen Turner, Diane chasseresse vénéneuse dans un duel à mort qui va permettre à Huston de démontrer que derrière cet ordonnancement de façade tout le monde est prêt à trahir tout le monde. Le grand Jack reprend une partie des mimiques de Jack Torrence l'écrivain paranoïaque du "Shining" de Stanley Kubrick pour notre plus grand plaisir. Un Kubrick à qui Huston rend clairement hommage en copiant sur un mode adagio les rapines sanglantes d'Alex (Malcom McDowell) et de sa bande dans "Orange mécanique" lors de l'exécution des basses oeuvres de Charley Partanna (Jack Nicholson) . Huston s'amuse et nous avec de ce pied de nez à la nouvelle génération d'Hollywood à qui il reproche sans doute de se prendre un peu trop au sérieux. A près de quatre vingt ans, le vieux routier a formidablement défendu l'honneur de ses compagnons d'armes que furent les Ford, Preminger, Hawks ou Wilder pour la plupart condamnés à l'inaction à la fin de leur carrière. Sidney Lumet adoptera la même démarche en 2007 avec le formidable "7h58 ce samedi là". Vous n'avez pas encore vu "L"honneur des Prizzi" ? Procurez-vous vite le DVD.
Peut-être un peu lent, un peu bavard, sans enjeu véritable (sauf à la fin bien sûr). On passe néanmoins un bon moment à la vision de ce film de gangsters à la limite de la parodie remarquablement interprété par John Nicholson et Kathleen Turner, avec des personnages haut en couleurs (Angélica Huston y est surprenante, quant à William Hickey dans le rôle de Don Corrado Prizzi, il est inoubliable.
J'ai pas vraiment accroché, le coup de foudre entre les deux acteurs principaux est trop tiré par les cheveux et le jeu de Nicholson pas top du tout. Bon à part ça le scénario est pas trop mal et la fin ratrappe bien le film.
Non pas vraiment un bon film, Huston ou pas Huston. Tout y est télécommandé, le scénario est plutôt mièvre et les dialogues sont d'une platitude rare. S'ils avaient été meilleurs, cela aurait sauvé le film en en essayant d'en faire une parodie de film de gangster car les méchants, qui sont très méchants, ne sont pas crédibles alors il eût mieux valu en rire, hélas ce n'est pas le cas. De plus Nicholson n'y est pas dans son meilleur rôle. Jouer les fous lui va très bien, mais les tueurs demeurés, ça, pas du tout! La mise en scène est du niveau théâtre de boulevard, et encore il y en a des réussis, mais là pendant deux heures, les portes n'arrêtent pas de se fermer ou de se rouvrir, et c'est pas du Musset. C'est un film de salon plein de couranst d'air tellement il ne se passe pas grand chose. On finirait presque par s'enrhumer. Peut-être l'aurais-je apprécier différemment à sa sortie il y presque trente ans, mais tout compte fait, je ne crois même pas.
Il y a presque des époques pour apprécier un film, banni ou écoeurant à sa sortie, relançant l'intérêt quelques décennies plus tard... C'est le cas de celui-ci. Il est encore soit trop gros, soit délicieusement caricatural. A rebours des romances hollywoodiennes sur fond crapuleux (Nicholson en Tex Avery dans l'approche qu'il a de sa partenaire Kathleen Turner, efficace en tueuse glamour)... Leurs oeillades style "je te tiens par la barbichette" montrent à quel point le coeur lutte avec le dressage devenu partie intégrante de l'individu. Certes le mot "polack" pour "polonais", audible en 1985, écorche l'oreille en 2012 sur le dvd sorti en version française. Sinon ce peut être un divertissement honorable, gagnant en suspense en dernière partie. A l'exception peut-être du patriarche qui en fait des tonnes, les acteurs s'amusent ferme dans leur double jeu et "Jack" peut cabotiner, son rôle le demande. Récit pertinent pour relever les paliers de cynisme des extrémistes, leur logique de pragmatiques dénués de réflexion. Une belle définition du "panier de crabes"... Pour corser les affres de ces bandits de la politesse, John Houston met des gants, case affective d'abord... Résultat, on voudrait laisser une chance au couple.... A voir manoeuvrer la tribu Prizzi, monstre froid aux lentes tentacules policées, on se prend à comparer avec les mafias expéditives d'aujourd'hui, La "Camorra", pour ne citer qu'elle...
Après la vue de ce dernier film de J.Huston, le moins que l'on puisse dire est que nous restons sur notre fin. Jack Nicholson est comme chaque fois très bon, cependant ce film est trops comique pour être un bon film de gangster et pas assez pour être une bonne parodie.
Une comédie divertissante et bien enlevée sur la maffia. Jack Nicholson y campe un mafioso minable, jouet de sa femme, de son parrain et de son père, maffioso lui aussi. Tous les acteurs sont formidables, Nicholson s’abstenant pour une fois de cabotiner et William Hicley étant admirable dans son rôle de vieille momie. L’histoire est tordue à souhait, la mise en scène de grande classe et le rythme soutenu. La satire est omniprésente mais subtile et le suspense reste entier jusqu’au bout. Une excellente parodie.
Loin d'être un grand John Huston, cette comédie n'en reste pas moins agréable à suivre grâce au regard original et moqueur portée sur la Mafia et à son couple vedette.
Le maitre John Huston nous régale avec cette comedia delle arte sur les mafieux, on est loin des univers mafieux de Scorsese ou Coppola mais c'est surtout une comédie et Nicholson et Turner nous ravissent
Jack Nicholson et John Huston, c'est une relation qui durait depuis plus de dix ans avant qu'ils ne décident de tourner sous les ordres du deuxième. En effet, les deux hommes se connaissaient déjà depuis longtemps non seulement parce qu'ils avaient tourné ensemble en tant qu'acteurs dans "Chinatown" de Roman Polanski mais surtout parce que John Huston, réalisateur depuis des décennies, allait devenir le beau-père de Jack Nicholson puisque celui-ci se maria avec sa fille Anjelica Huston. Finalement en 1985, les trois personnes décident de tourner un long-métrage et ce film sera l'avant-dernier de John Huston. Le réalisateur s'immisce dans le milieu de la mafia sicilienne treize ans après Francis Ford Coppola qui tourna "Le Parrain", un film que Nicholson avait à l'époque refusé de tourner. Cela signifierait-il que John Huston voulait donner à son gendre une seconde chance de briller dans un film sur la mafia sicilienne? La réponse est oui. Le réalisateur élabore un long-métrage possédant un scénario riche, dense, avec des dialogues savoureux, bien rédigés et à la différence de Coppola, Huston montre les mafieux non pas comme des cerveaux mais comme des opportunistes qui ne prennent pas le temps de réfléchir et qui tombent dans des pièges pourtant prévisibles. Les films de mafia avant celui-ci affichaient un caractère machiste, en l'occurence les mafieux de ce film ne sont pas des modèles de gentilhommes, ce sont des pourris ignobles et qui méprisent tout mais John Huston introduit ici un élément nouveau, celui de la femme fatale. On ne précisera pas le contenu de l'histoire bien évidemment mais Kathleen Turner et Anjelica Huston détiennent des rôles d'une considérable importance qui sont très bien développés. Le film est très bien construit, très bien orchestré avec des musiques qui prêtent à rire selon les situations, les cinéphiles reconnaîtront des morceaux de mélodie d'"Orange mécanique" et de "Le Parrain" tout cela pour distribuer des clins d'oeil comiques. Ce film est particulièrement réussi pour son humour cynique, sa noirceur et surtout pour son dénouement inattendu et cruel, mais qui résume bien la complexité des hommes et des femmes de ce milieu, mêlés entre amour impossible et les affaires criminelles. Au final, John Huston réalise un excellent long-métrage et donne un rôle en or à Jack Nicholson, qui compose un personnage humain et désemparé par ce qui lui arrive, jouant parfaitement ce rôle avec violence et émotion.
Très bon film au casting exemplaire! Une mise en scène très bien maitrisée de la part d'un John Huston en grande forme! dommage que la fin soit baclée... et trop vite expédiée!
Un film de gangster dont on se passerait bien, étant trop banal de par son scénario et sa réalisation. Les acteurs principaux sont très bons mais pas assez pour revoir à la hausse la qualité globale du film. A ne voir que pour le duo Nicholson/Turner.
Je reste très sceptique quant au prétendu génie de ce film. Effectivement, L'honneur des prizzi n'a que peu de choses pour lui: un Jack Nicholson très bon, une trame qui en tant que parodie tient à peu près, une bande-originale pas mauvaise. Mais au-delà de ces points positifs, le film comporte un bon nombre de facteurs défavorables comme le reste du casting où les acteurs ne sont vraiment pas à la hauteur d'un scénario aussi dense et touffu, une intrigue qui traîne en longueur et qui est parsemé ça et là de touches mélodramatiques d'une rare mièvrerie et enfin une caméra comune. La plastique n'est d'ailleurs pas convaincante du tout, nombre de scènes comme quand Nicholson assassine sa femme ont une composition étrange sinon peu crédible. Le dénouement est à l'image de ce film, partagé entre un cynisme bien rendu et la touche sentimentale de trop concrétisée par un visage largement sur exposé. John Huston ne m'a toujours pas convaincu, surtout que L'honneur des Prizzi fait partie d'un cinéma de divertissement dévolu à ceux qui ne voient pas le cinéma comme un art mais comme un amusement, une franche rigolade. Ce n'est pas du tout mon style...
Comédie de gangsters un peu bâtarde,"L'Honneur des Prizzi" ne prend qu'à moitié,par la faute d'un genre mal défini au départ.On va donc dire qu'il s'agit d'un pastiche du "Parrain".C'est sûr que voir accoler sur la jaquette John Huston et Jack Nicholson,ça a de la gueule,mais ni le réalisateur(affaibli en cette fin de carrière),ni l'acteur(étonnamment absent)ne sont au meilleur de leur forme.Déconcertant,lorsque le film commençe par le coup de foudre express de Charlie et d'Irène(Kathleen Turner,content de la voir,mais un jeu un peu hautain),qui se révèlent être tous 2 des tueurs à gages pour les Prizzi.Mais ensuite l'intrigue se lançe,devient carrément intéressante(trahison,meurtre malheureux,jeu du chat et de la souris),pour finir sur un dilemne impossible:tuer sa femme ou laisser tomber sa "famille".Huston se moque des codes des familles mafieuses siciliennes à travers ses Prizzi.Le parrain est un vieillard désséché.Son fils un abruti sans envergure.Sa petite-fille une garce manipulatrice(Anjelica Huston,nickel).Le rythme bizarrement lent peut rebuter,mais l'humour noir,à froid,réserve de bons moments pince sans rire.Pas dédaignable.