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Un visiteur
5,0
Publiée le 20 juillet 2012
Des "critiques plus rigides contre le nazisme" – "critiques" si tellement gourmandes que devenues vite suspectes, notons-le –, que restera-t-il une fois que la lumière aura été totalement faite sur la comédie de Nuremberg et les intentions – de plus en plus documentées, elles aussi – du sionisme et de son fondement? Qu'est-ce que cette opinion vient faire ici? Quel rapport avec le film de Wicki? Non, restons dans le domaine du cinéma, s'il vous plaît. Et observons qu'à travers un épisode de guerre, il traite ici de morale – comme parfois certains réalisateurs savent y atteindre –, au lieu que d'être tout pauvrement un lamentable objet de gross propaganda.
Le procès qui est ici fait l'est aux hommes, à leur con-plaisance et à leur sottise, qui les amènent depuis toujours à sacrifier, sans hésitation quoique souvent avec calcul, aujourd’hui et demain à hier, et leurs propres enfants à des chimères comme à leurs rancunes de dépités. Il ne manque pourtant pas d'hommes qui vont tenter d'empêcher ici cette folie. L'instituteur et le lieutenant Heilmann se démènent pour empêcher le massacre qu'ils entrevoient par expérience. Le second y laissera même sa vie – héros obscur pris pour un traitre, donc vrai héros. Le villageois qui avertit les écoliers des conséquences de leur détermination parle lui aussi d'expérience. C'est donc bien la jeunesse et son ingénuité, son inexpérience, sa naïveté et sa générosité, presque toujours instrumentalisées, qui font ici l'objet de la démonstration – plutôt que du procès, en fait – des origines de la tragédie. Ce pont, il est celui où l'on poste depuis toujours les enthousiastes et les sincères, au point que c'en est devenu un automatisme. Comme si nous en étions demeurés au temps de Moloch-Bââl et des crétins de Carthage qui, eux, justement, avaient pour coutume de sacrifier leur progéniture à leurs délires comme à leurs lâchetés…
NB: Pour les amateurs de voix chaudes, c'est celle de Bruno Cremer que l'on entend dans la bouche du lieutenant Heilmann. Doublage choisi sans doute sur la base d'une ressemblance physique certaine
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4,0
Publiée le 23 mai 2023
1945, des adolescents reçoivent leur ordre d'incorporation dans la Wehrmacht avant d'être chargès de la dèfense d'un pont qui ne changera pas l'issue du conflit! Voilà pour le cadre et la mise en place [...] Nos enfants, les garants de notre avenir! On envoie ces pauvres gamins se battre alors que leur place est à l'ècole! spoiler: Difficile à concevoir qu'on puisse les sacrifier si près de la fin! Inoubliables Hans, Albert, Walter, Jürgen, Karl, Klaus et Sigi! ils voulaient sauver la patrie et croyaient se battre pour des idèaux. "Die Brücke" (1959) est un grand film pacifiste devenu au fil des annèes un classique où l'absurde prend ici toute sa source dans une guerre moche et dègueulasse! L'ex-acteur Bernhard Wicki (inoubliable dans "La notte" d'Antonioni) s'èlève intelligemment contre la connerie de la guerre, en exposant la tragèdie d'une poignèe de jeunes garçons pris dans les rouages du combat et promis à un destin funeste! Wicki use de bien d'autres procèdès pour maintenir l'intèrêt! C'est dur, captivant d'un bout à l'autre, avec une dernière partie à couper le souffle! Comme les jeunes acteurs du film d'ailleurs...
Attention, ma critique contient des spoilers. Je vous déconseille de la lire si vous n'avez pas vu le film. Le début du film est intéressant. La vie quotidienne de ces adolescents en pleine guerre. Ils n'ont, clairement, pas conscience de ce qu'il se passe vraiment, des enjeux etc. Ils sont montrés comme des adolescents normaux. La seconde partie se veut, à mon avis, plus mélo, en cherchant à montrer le fanatisme dans lequel ils sont embrigadés - le Reich allemand - il est davantage question de nationalisme plus que d'idéologie. Mais là le réalisateur n'évite pas les éceuils, c'est particulièrement souligné et l'émotion ne gagne qu'à moitié alors. Dommage.
Grave et intense, un echange inter /espion en pleine guerre froide; pratiquement entre deux rives le recit nous conduit tout le long jusqu’au dénouement surprenant, d’autre part celui-ci n’est pas alourdi par ces faux tics de réalisation apparus dés les années 80.
Un film remarquable à tout point de vue. Plus qu'un violent réquisitoire contre la guerre, Le Pont est un film d'une rare violence parfois, mais aussi et surtout un film d'une profonde intelligence, qui sait se faire aussi profond que révoltant. Grace à des personnages inconscients et ne venant de nulle part, la critique se fait encore plus brutale, et arrive à faire comprendre de manière on ne peut plus clair au spectateur l'horreur qu'ont pu connaitre les gens à cette période. Mais le film sait aussi se faire un portrait habile de l'adolescence, aves ses jeunes qui connaissent leurs premiers émois amoureux. On en sort marqué, mais profondément admiratif. Du grand art.