Voilà un “biopic” qui se révèle progressivement et s’avère plein de surprise !
On va commencer tout de suite par le point faible du film : certes il s’appuie sur de vrais documents écrits (les lettres), des citations et anecdotes célèbres, mais comme c’était le cas avec Amadeus (1984), il mélange tout ! En fait, le parti est pris de ne pas raconter l’exclusivité de la vie de l’homme mais plutôt ses relations amoureuses, à travers l’énigme de son testament destiné à une mystérieuse “Immortelle bien aimée”. Seulement voilà, la réelle destinataire de ces documents n’est même pas mentionnée dans le film, et les relations développées ont dans les faits été plutôt anecdotiques. Les temporalités sont mélangées, on ne sait pas vraiment où va le film par moments, et la relation entre Beethoven et le personnage qui mène l’enquête est bourrée d’incohérences.
De plus, les traits de caractère du personnage sont, pour une raison qui m’échappe, très caricaturales. Certes Beethoven était réputé colérique et peu sociable, mais en pas misogyne ou tyrannique comme on le voit ici. Et il était un fervent chrétien, donc il paraît peu probable qu’il ait renvoyé le prêtre à son chevet de mort sachant que sa dernière parole a été, d’après les dires, “Au ciel j’entendrai !”. On pardonnera en partie parce que l’interprète est un Gary Goldman assez ressemblant et qui sait rester sobre et fin au lieu de surjouer un personnage célèbre.
Mais pour ce qui est des vraies anecdotes sur sa musique il y en a mais on reste quand même sur notre faim. Le parallèle entre Napoléon et la symphonie héroïque est intéressant mais aurait pu être raccourci, pour nous montrer d’autres éléments plus intéressants notamment la relation avec Haydn, qui à l’instar de “Amadeus”, a été complètement oublié.
Le point fort en revanche se situe dans un montage qui fait des révélations progressives et assez inattendues (le fils de Beethoven -mais c’est faux- ou pourquoi Beethoven cherche tant que ça à faire de Karl un virtuose). Mais aussi les différents passages de la Lettre dispersés dans le film avant la lecture de la totalité à la fin, pour un final émouvant et romantique.
Le montage sonore n’est absolument pas en reste ! Non seulement le choix des musiques constitue un résumé efficace de l'œuvre de Beethoven - les principales symphonies jouées chronologiquement comme repères temporels, les sonates les plus iconiques, le fabuleux concerto empereur, sans oublier un bout mémorable de la Missa Solemnis ! - mais en plus de ça certains morceaux sont réutilisés plusieurs fois comme leitmotivs de certains personnages ou intrigues ( exemples : le destin avec la cinquième symphonie bien sûr, et le piano du concerto empereur qui arrive enfin lorsque l’Immortelle bien-aimée finit par lire sa lettre.
Au final Beethoven s’avère être un homme comme les autres, avec ses problèmes de cœur, et il nous révèle lui-même que la musique n’est qu’un outil d’expression pour lui, et qu’on est obligés de l’écouter (puisque nous nous le pouvons).