Un message de solitude et de désir d'exprimer l'inexplicable. "Le Scaphandre et le papillon" raconte l'histoire vraie d'un homme atteint d'une maladie très rare suite à un accident vasculaire cérébral. On découvre alors son quotidien au sein de l’hôpital avec le corps médical et ses proches qui se confrontent à un nouveau visage. Impossible de parler, il va tout de même réussir à communiquer grâce aux clignements de son oeil gauche. Grâce à une orthophoniste et à une écrivain, il émet tout doucement ses pensées et ce qu'il ressent à l'intérieur... Le reflet de son état d'esprit est à la fois poétique et touchant. Interprétation remarquable de Mathieu Amalric qu'on reconnait à peine dans ce rôle très justement raconté. Personnage enfermé dans son propre corps, il est resté le même à l'intérieur. La mise en scène est déconcertante car on a le point de vue de Jean-Dominique Bauby, on voit et on a cette impression d'enfermement, de perte totale d'un quelconque ressenti physique. On s'attache aux différents personnages qui l'entourent et qui se surmènent pour l'aider . Toutes les interprétations sont justes et cela ne fait que renforcer l'intensité émotionnelle du film; Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze et Anne Consigny constituent l'intermédiaire entre son fort intérieur et le monde extérieur. Il y a aussi une part laissée à l'imagination et à la mémoire, seules richesses dont peut encore profiter Jean-Do. Ainsi, on retourne souvent dans le passé avec les souvenirs de son père, de son amante et de son accident. Bien qu'on sente quelques longueurs, l'histoire est tellement hors-normes, le scénario si rare qu'on ne peut qu'apprécier la remarquable profondeur du film de Julian Schnabel.
Julian, Julian Schnabel...Basquiat ENORME claque, Before night falls la même mais de l'autre côté cette fois-ci. Le visage bien droit et dans l'axe nous nous apprêtons donc à voir son nouvel "objet". Petites réticences au départ allaient telles gâcher mon plaisir...(ref. du cinéma français). NON. D'abord quel choix merveilleux de prendre un des meilleurs comédiens que M.Amalric pour ce rôle hors norme...il sublime la voix off et enchante l'image par ce qu'il réussit à faire resortir de son intérieur, le "moi" de "Jean-Do" face à nous public qui oscillons entre vue subjective (intérieure) et resentis (extérieurs)...On est absorbé par tant de justesse, pris par une énorme tristesse et relever par ce qui rend plus fort le personnage principal. On resort de la salle plein d'espoir, d'envi, d'explosions...Schnabel à réussit la mise en image d'un livre profond par une mise en scène sans dimension, sans barrière...sublime film trop rare dans le paysage cinématographique français...(petite mention à Anne Consigny qui suit d'un tout petit pas le chemin qu'Amalric lui trace)
J'ai vu un film... très émouvant, qui réussit d'un point de vue technique, à "mettre" le spectateur à la place de M. Amalric... On souffre avec lui et on partage sa réflexion essentielle sur la place des choses dans la vie, voire la place de la vie sur les choses... L'ensemble des comédiens qui lui font face sont émouvants, touchants, et humains...
Un très beau film qui reste imprimé dans la mémoire. La grande force de Le scaphandre et le papillon est de ne jamais tomber dans le pathos mais d'arriver à nous émouvoir par le talent d'une caméra et de comédiens tout en retenu. Un film qui donne envie de profiter de la vie.
Adaptation du célèbre livre "écrit" par clignement de paupière d'un homme atteint du syndrome "Locked In". Certains extraits lus laissent d'ailleurs voir un style intéressant en plus de l'originalité du sujet. Mais pas sûr que le film y apporte quelque chose malgré des efforts visibles de mise en scène. Je ne pense pas le revoir une seconde fois.
Sélectionné en remplacement d’un visionnage de Dario Argento s’étant révélé trop insupportable, Le Scaphandre et le Papillon est parti avec un handicap, mais pas autant que le personnage de Jean-Dominique Bauby, victime réelle d’un syndrome d’enfermement dont Schnabel a tellement tenu à retracer la vie qu’il a appris le français pour ce tournage. Le polyglotte Max Von Sydow l’a peut-être aidé dans cette entreprise entre les deux scènes de son protagoniste de père mourant, arrière-plan discret à une histoire pleine de clins d’œil. Et pour cause, le vrai Bauby a dicté son livre avec sa paupière gauche, seul moyen d’expression laissé par son corps.
Ambiance d’hôpital, flous, vision resserrée et hallucinatoire : un hyperréalisme qu’on reconnaît dans la volonté de Schnabel de boycotter la version anglophone du film avec Johnny Depp ou Gary Oldman, dusse-t-il apprendre une langue pour diriger Amalric, celui qui s’y colle pour ne pas pouvoir jouir des mouvements de la sienne, enfermé lui-même dans le personnage de Bauby. Quarante minutes de caméra subjective : rien de moins pour nous mettre dans la peau flasque du journaliste, devenue la véritable coquille charnelle dont les poètes parlent et dans laquelle s’agite une orbite, une mémoire et une imagination.
Bauby a été réduit, littéralement, à être artiste, ce que le réalisateur transmet avec la grâce d’un grand. Il n’y a pas de miracles, juste un progrès qui procède de l’évitement – miraculeux celui-là – d’une mise en étapes souvent inévitable au cinéma biographique & qui aurait causé du tort.
Le scaphandre de Schabel parvient à être touchant et drôle, une combinaison vantée à répétition dans les succédanés de critiques qu’on trouve sur les affiches, sans avoir à toucher au moindre brin de poésie en-dehors de l’œil acéré de l’auteur – ce qu’il a écrit est-il si beau car son encre était de larmes ?
Virevoltant autour d’un Patrick Chesnais (en médecin des plus cyniques) et du duo d’Emmanuelle Seigner avec Marie-Josée Croze (osé-je dire que leur jeu est d’une précision chirurgicale ?), Amalric est couché, intubé, baveux, mais son éloquence dépasse la tessiture de sa voix off. Plus discret, c’est Von Sydow, pour la deuxième fois après Au seuil de la vie (et peut-être avec Dussolier dans Cortex), qui me refait reconsidérer mon préjugé sur les films d’hôpitaux.
J'avais lu "Le Scaphandre et le Papillon" à sa sortie, et j'avais été extrêmement touché par ce récit, par ce qu'il nous montrait de la force de l'esprit dans un corps devenu végétatif, et surtout par la malice avec laquelle l'auteur racontait les réactions de son entourage. En allant voir le film de l'américain Julian Schnabel, représentant la France au Festival de Cannes, j'étais curieux et légèrement inquiet du traitement cinématographique qu'il allait en faire : serait-il capable d'éviter les pièges du mélo, et de restituer ce dialogue intérieur qui faisait le sel du roman ?
La réponse positive à cette question s'impose rapidement. Le film commence en caméra subjective, cadre fixe et flou avec de fréquents fondus au noir pour figurer la sortie du coma de Jean-Do, et dès le départ, la voix intérieure qui commente lucidement les gesticulations des hommes en blanc qui s'interrogent sur le niveau de compréhension de leur patient. Ce point de vue exclusif occupe entièrement la première demi-heure, y compris la suture de sa paupière gauche, douillets s'abstenir.
Et puis progressivement, la caméra diversifie son point de vue, à partir du moment où Jean-Do découvre son visage défiguré dans le reflet d'une vitre ; Schnabel adopte alors le plan large pour montrer la plage où il revoit enfin ses enfants ou la salle de rééducation, ou les points de vue du rêve ou du souvenir, comme cet hommage au générique des "400 Coups", même traveling vers les toits de Paris, même musique de Jean Constantin. Il y a bien quelques afféteries inutiles, comme ces plans répétés et tautologiques du scaphandre (suivi par ceux du papillon), qui font un peu penser à ces bandes dessinées où l'auteur se croit obligé d'expliquer dans un bandeau ce qui est déjà montré dans le dessin. Mais c'est peu comparé à la délicatesse de nombreuses scènes, que le réalisateur arrête juste à temps avant que ça devienne insistant, mais qui ont eu suffismment de temps pour installer une émotion vraie.
Mathieu Amalric est excellent dans ce rôle physiquement difficile (il joue la plupart du temps avec le visage déformé et un oeil exorbité) ; il est aussi juste quand il incarne le Jean-Do d'avant, notamment dans une très belle scène avec son père joué par Max Von Sydow, que quand il intègre avec sobriété le scaphandre de son personnage. On pense à la performance de Javier Bardem qui interprétait le tétraplégique Ramon Sampedro dans "Mar Adentro". Mais toute la distribution est à la hauteur, particulièrement ses deux accompagnatrices, Marie-José Croze et Anne Consigny.
Julian Schnabel a réussi le double exploit de restituer l'émotion que j'avais ressenti à la lecture du livre (et de nombreux lecteurs avec moi) en jouant habilement de tous les moyens du cinéma, et, en faisant appel à son regard de peintre, de rendre terriblement visuel ce qui n'était plus que pensée et intériorité.
Le scaphandre et le papillon, tiré du livre du même nom, nous touche par son sujet peu abordé et émouvant. Le locked-in syndrome reste une maladie rare très peu connue par le grand public ou les personnes ne travaillant pas dans le milieu médical... Ce film nous permet de le découvrir et de nous montrer l'horreur d'une telle maladie mais aussi que la vie peut continuée malgré certaines maladies paralysantes ou handicapantes. Le casting est absolument génial, la prestation de Mathieu Almaric est tout simplement bluffante. Apparemment quelques libertés ont été prises par rapport au livre... Soit, on s'en fiche on regarde un film pas un ès, c'est vrai que le film comprend quelques perte de rythme et peut être parfois ennuyeux quelques scènes très émouvantes et très prenantes qui redonnent un souffle au film. A voir, rien que pour la beauté de cette histoire et de ce combat pour la maladie.
'Le Scaphandre et le papillon' possède un thème intriguant et prenant, après le film en lui-même est loin d'être parfait (j'aurais aimé que des personnages soient un peu plus développés)... malgré qu'il soit ambitieux, je n'ai pas été entièrement convaincu. Mais dans l'ensemble, ça reste un film à découvrir !
Malgré une dernière demie-heure un peu longuette qui se perd un peu ; le Scaphandre et le Papillon est une histoire extrêmement poignante. Le film réussit l'exploit de ne pas tomber dans le mélodrame, malgré un sujet on-ne-peut-plus tragique : une personne atteinte suite à un accident cardio-vasculaire du locked-in syndrome se retrouvant donc prisonnière de son propre corps immobile avec pour seul moyen de communication le clignement de ses yeux. L'idée de filmer la quasi-totalité du film du point de vue de Jean-Dominique Bauby et d'être enfermé dans son corps avec lui est certes évidente mais marche remarquablement bien. La gêne provoquée par les clignements de l'oeil ou la mauvaise orientation du visage offre beaucoup de réalisme dans cette représentation du calvaire qu'a vécu Jean-Dominique Bauby (même si fort heureusement, nous n'aurons pas à vivre cette situation). Les acteurs sont très bons, mention spéciale à Niels Arestrup et Max von Sidow. Le travail vocal de Matthieu Amalric est évidemment bluffant. Au final, le film m'a donné envie de lire l'autobiographie dont il est l'objet ; j'en conclus qu'il est réussi.
UNE PURE MERVEILLE d'émotion et de sensibilité. La façon de tourner les scénes en placant le spectateur dans la peau de ce personnage prisonnier de son corps renforce l'aspect dramatique. Très belle interpétation et QUE D'EMOTIONS !!! un peu d'espoir et beaucoup de larme au programme.
Qu'est-ce que l'on devient quand on passe de l'autre côté ? Lui, l'homme à qui tout réussissait ou presque se voit contraint à faire un arrêt sur image. Le film est brûlant car il aborde un sujet méconnu. Ce point de vue subjectif de l'handicape est glaciale, les situations terribles. Impliquant des prouesses de cadre, l'immersion est totale. Et quand le père pleure son fils, le coeur se fend, littéralement. Le scaphandre et le papillon est un récit de vie. Audacieux et pertinent.
Le troisième long-métrage du peu prolifique Julian Schnabel reste un film difficile d’accès. Il retrace l’histoire vraie d’un homme qui, après un accident vasculaire, se retrouve entièrement paralysé tout en conservant ses facultés mentales. Son seul moyen de communiquer avec le monde extérieur est un battement de paupière. A ce sujet douloureux, la mise en scène très conceptuelle ajoute une touche vraiment immersive. Le spectateur découvre ainsi la conscience de cet individu (Mathieu Amalric, fort justement récompensé du César du meilleur acteur en 2008 pour son rôle) à travers sa voix-off, son visage momifié et son œil. Seuls les quelques passages oniriques en forme de métaphores offrent un peu de répit à ce récit bouleversant. Bref, une œuvre éprouvante mais terriblement poignante.