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1,0
Publiée le 16 avril 2021
Happy Together n'est pas mauvais à cause de sa romance gay. C'est aussi normal que des animaux qui parlent dans un film Disney de nos jours. Il est mauvais car il n'a aucun intérêt. En poursuivant sans cesse sa propre queue le film ne parvient pas à développer réellement ses personnages. J'aurais espéré que deux Chinois gays en Argentine aient plus d'excitation dans leur vie que ce qui nous est montré dans cette histoire. Le travail de la caméra est un travail que de nombreux amateurs considéreront comme très cinématographique. Espérons que les gens se rendront compte qu'on peut faire un film nerveux sur une romance homosexuelle tout en restant compétent dans l'art de faire des films. Donnez un caméra à n'importe qui dans la rue et laissez-le entrer dans un bain public gay et vous obtiendrez probablement des images bien plus intéressantes que dans ce film...
La question qui est ici posée par le réalisateur c'est celle de l'ancrage. Nous avons tous besoin de repère. Mais de quelle nature sont ces repères ? Sont-ils géographiques ? Relationnels ? Affectifs ? Les deux amants que l'on suit sont déracinés. Ils sont ensemble à l'étranger et ils n'arrivent pas à s'aimer. Il leur manque leur ancrage. Ils veulent aller voir les chutes d'Iguazú, à la frontière entre le Brésil et l'Argentine. C'est l'objectif. Peut-être pour faire de ce lieu leur nouvel ancrage à deux ? Le voyage est un échec. L'affection qu'ils ont l'un pour l'autre ne suffit pas à les accrocher l'un à l'autre. Cela s'amplifie à tel point que l'un d'eux, Lai Yiu-fai, finit par chercher à enfermer Ho Po-wing, pour le garder près de lui. Il veut faire de lui son port d'attache, inconditionnel et rassurant. Ce film c'est la valse hésitation de deux amoureux perdus et sans repères. La réponse à la question initiale est dans la nuance : l'ancrage est à la fois géographique et relationnel, et donc naturellement affectif. Mais par contre, il n'est pas nécessairement réciproque. À la fin du film, l'ancrage de Ho Po-wing c'est Lai Yiu-fai. Celui de Lai Yiu-fai c'est Chang, un de ses collègues. Et celui de Chang c'est, on le déduit, sa famille. Même s'il n'est pas réciproque ce n'est pas grave : l'ancrage c'est le souffle vital.
C'est rare de voir une histoire gay dans le cinéma asiatique, Wong Kar-Wai, nous raconte son film, en nous montrant la solitude de ses interprètes, et la difficulté qu'ils ont à s'adapter à un monde qui ne veut pas vraiment d'eux. Un film très poétique, qui vaut surtout pour la réalisation irréprochable, et pour le réalisme de ses personnages centraux. De loin, mon film gay culte !
Il m’a semblé que Happy together était un petit peu moins inspiré que d’autres films de WKW que j’avais pu voir, mais cela reste malgré tout un très beau film. Fidèle à son style (chronologie plus ou moins floue, voix off, scènes qui se répètent), et toujours aussi magnifique visuellement (lumières, cadres, caméra à l’épaule), avec quelques musiques très pertinentes et quelques fulgurances (oh cette scène de tango dans la cuisine…on aimerait que ça dure toujours), le film souffre néanmoins de pas mal de longueurs de par son scénario trop léger. Cependant une grande cohérence se dégage de l’ensemble, comme un grand poème sur la solitude urbaine et l’errance, et les trois acteurs principaux sont tous très bons (surtout Leslie Cheung, toujours aussi habité et sensuel). Pas le meilleur WKW que j’ai vu, mais assurément un très bon film.
Un 4 étoiles venant du coeur, car un Wong-Kar Wai en forme est l'un des plus grand conteur d'histoires d'amours du cinéma contemporain. Happy Together est un film fragile,chacune de ses maladresses devient une qualité touchante, et peut-importe les préférences sexuelles de chacun, ce film remonte en nous et évoque nos histoires d'amours passées et présentes avec beaucoup de subtilités.
Pour moi, c'est ça le vrai cinéma. Un film qui nous touche, qui nous boulverse, qui restera ancrée dans notre mémoire à jamais. "Nos années sauvages", "Chungking Express", "In The Mood For Love", "2046" et maintenant "Happy Together", à chaque fois c'est la même chose, c'est trop beau, c'est trop émouvant, je suis en extase plan par plan. Monsieur Wong Kar Wai, vous êtes pour moi le grand cinéaste.
Un film qui marche avant tout sur une esthétique visuelle et des cadrages qui s'apposent parfaitement sur une histoire de je t'aime/moi non plus violente et relativement malsaine.
Avant In the Mood for Love, il y avait le magnifique Happy Together !
Les aventures imaginées par Wong Kar-wai s’exportent en Argentine pour une romance gay intense où les personnages passeront par tous les stades d’émotions possibles. Après c’est toujours un peu confus comme un peu toujours chez le cinéaste, il peut y avoir quelques décrochages par moments.
Tony Leung, quel acteur et quel charisme !
Le travail sur la photo de Christopher Doyle est exceptionnel peut-être sa meilleure collaboration avec Wong Kar-wai. Je pense notamment aux séquences où ils jouent au foot dans les ruelles, c'est d'une beauté phénoménale !
Enfin, la Bo toujours aussi importante dans son cinéma est comme toujours un délice succulent pour les oreilles.
Bref, ça donne envie de partir au bout du monde pour danser un tango avec un/une inconnu !
Ho Po-Wing (Leslie Cheung) et Lai Yiu-Fai (Tony Leung Chiu-Wai) sont deux amants, originaires de Hong-Kong, épris de l'un de l'autre ; des êtres passionnés à forte personnalité. Un jour, pour tenter de sauver leur relation et repartir de zéro comme ils aiment souvent se le répéter, Ho Po et Lai décident de quitter leur ville natale et...
Je commence cette critique en évoquant l'émotion que j'ai ressenti tout au long du film: Du chamboulement. La retranscription d'une relation fatalement impossible, malgré l'amour grandiose que porte chacun des deux pour l'autre est parfaitement bien adaptée à l'écran. Entre Leslie Cheung, jouant l'amoureux simple qui ne désire que de vivre au jour le jour, et tony cheung, qui au contraire, ne souhaite que de s'échapper de cette relation qu'il sait combien il l'a fait souffrir, et enfin Chan Cheng, jouant l'ami de Tony, étant lui-même perdu dans sa vie, effectuant des choix sans réel fondement, pour pouvoir se sentir heureux. Je pense que le titre Happy Together est très bien choisit. Les deux paraissent visiblement heureux ensemble lors d'un court instant éphémère, mais à quel prix? Au prix de disputes moroses et violentes, au prix d'un ennuie et d'une souffrance qui malmène ces deux chinois rongés par la misère et l'inquiétude de ne pas survivre le lendemain. Malgré cette routine sale et malpropre, les deux amoureux tentent de survivre et de se soutenir le mieux qu'ils peuvent, bien qu'ils n'arrivent plus à trouver de l'espoir dans cette relation dénouée, dont les liens détachées s'éloignent entre eux de plus en plus.
Le film possède cette fascinante manière de décrire et d'exploiter les émotions et la situation des personnages principaux non pas dans la parole, mais par l'image. Il n'y a pas nécessairement beaucoup d'informations concernant leur arrivé en Argentine, ni davantage d'explications concernant Chan Cheng, mais tout parait clair et il ne faut pas davantage de mots pour comprendre ce qu'il se passe. IL est tout de même possible de reprocher cette position discrète et évoluant dans l'implicite, étant donné que certaines informations ne parviennent pas à être déceler, mais je pense que c'est propre à la cinématographie chinoise, qui comme Adieu ma concubine, ne reste pas sur les mots, et exploite le quotidien de deux personnes totalement "normale" étant donné qu'ils ne sont que le reflet d'une majorité de relations. C'est ça qui est marquant dans le film, les personnages ne sont pas spéciaux, ni uniques, mais leur relation amoureuse elle, leur permet de croire un instant qu'ils puissent l'être pour l'autre, on peut même pousser cette analyse encore plus loin, en affirmant qu'ils essayent de se compléter tant bien que mal, pour essayer d'y croire à cette passion qui ne s'efface qu'à petit feu, petit à petit.
Je peux reprocher à ce film en revanche de n'avoir pas mieux expliquer les origines des disputes entre les deux épris, mais c'est sûrement un choix du réalisateur de montrer que les plupart des disputes n'ont aucun sens, et que le seul résultat retenu sont les cris et la violence. Également, je trouvais que Chan Cheng était bien trop éloigné de l'histoire entre les deux, bien qu'il était important, j'aurais voulu qu'il soit davantage rattaché à l'histoire.
Je pourrais évoquer l'aspect "progressiste du film" au vu de mettre en avant une relation homosexuelle, mais cela serait réducteur au chef d'œuvre qu'est ce film, qui ne s'arrête pas à l'homosexualité. C'est une des plus belles histoire d'amour que j'ai pu voir à l'écran, du fait de son réalisme et d'une exposition cru et dur de leurs émois. on en oublie leur homosexualité car c'est davantage une histoire d'amour qu'un simple penchant sexuel, qu'un choix superficiel pour rendre son film progressiste.
Je retiens la scène du tango principalement, qui est tout simplement sublime (le jeu de séduction, le jeu d'acteur qui est impressionnant) et la scène du dictaphone qui m'a particulièrement touché.spoiler: Celle de la séparation, où Leslie Cheung récupère finalement son passeport m'a aussi émue, étant donné qu'il était désormais certain de ne plus jamais revoir celui qu'il a tant malmené, mais tant aimé.
Je retiens cette phrase de l'ami "L'oreille est le sens le plus important, il nous décèle des choses que la vue nous cache grâce au grain de la voie des autres. Toi, tu n'es pas heureux Fai". (traduction approximative haha). Je ne peux que le conseiller.
Excellent, plein de sensibilité, des images très intimistes, un film universel comme le cosmopolitisme du trajet des deux jeunes. Emouvant, comme si la mort postérieure de Leslie Cheung donnait un plus de beauté tragique à l’histoire.
Deux Hong-Kongais viennent à Buenos Aires en vacances et finissent par se séparer, se remettre ensemble, se séparer encore... C'est là tout le problème de leur relation impossible. Heureusement, il y a le petit rayon de soleil qui s'appelle Zhang, et ça se termine plutôt bien. L'image est belle, comme dans tous les films de Wong Kar-Wai. C'est beau, c'est émouvant. Et il y a surtout un moment génial où Fai se dit que Hong-Kong est exactement de l'autre côté de la Terre, il se demande à quoi ressemble Hong-Kong à l'envers. Et là, suberbe image d'Hong-Kong... à l'envers. En alternant couleur et noir et blanc, Wong Kar-Wai filme l'amour de la plus belle manière.
Somptueux .un grand Wong Kar-Wai .Musique sensuel ( haa , ce tango ...) , image superbe , réalisation parfaite , acteurs particulièrement bien choisis (notamment Tony Leung , encore ), alternance entre les scènes en couleur et les scènes en noir & blanc... Aucun réalisateur n'a su filmer l'amour comme l'a fait Wong kar-Wai .Fiévreux, sensuel , envoûtant , à la fois réel et irréel .Ce film est vraiment un chef-d'œuvre .Une chose qui m'a particulièrement plu est le fait que ce ne soit pas un film SUR l'homosexualité. Les deux protagonistes sont des hommes, il s’aiment, et c'est tout .Le fait qu'ils soient gay n'a pas la moindre importance. Ce sont avant tout deux personnes .Leurs orientation sexuel n'est même pas abordé .C'est pour ça que leurs amours parait si réel, bien que le réalisateur soit un homme hétéro Enfin , d’après moi.Bref , ce film se classe parmi mes films préférés.