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Nicolas S
55 abonnés
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4,0
Publiée le 13 avril 2021
Coincés dans une relation toxique, Fai et Po-wing ne peuvent pas s'empêcher de s'emprisonner l'un l'autre. Douloureusement, ils finissent toutefois par se quitter pour partir vers de nouveaux horizons. C'est avec une grande inventivité formelle que Wong Kar-Wai raconte cette histoire simple mais prenante, dans une ville de Buenos Aires qui, prise dans un filtre vert glauque, apparaît moite et étouffante. Malgré la dureté des rapports entre personnages, c'est la liberté qui finit par l'emporter.
Wong-Kar Wai s'exile et part en Argentine pour y filmer la fin d'une histoire d'amour toxique entre deux hommes. Si "Happy together" – titre en grande partie ironique – propose d'abord une mise en scène distante de par son extrême sophistication (noir et blanc, quasi absence de dialogues, précision de la place des corps dans le cadre), il devient de plus en plus bouillonnant et incarné grâce au passage à la couleur et à un vif intérêt pour la matière brute : en effet, WKW filme au plus près la chambre crasse d'un couple qui se déchire, leurs cris et leurs discussions triviales, les rues de Buenos Aires ou encore la cuisine du restaurant dans lequel travaille Lai Yiu-fai. Le cinéaste saisit le pouls d'une ville et d'une relation avec un montage nerveux et une caméra particulièrement mobile, une manière d'intégrer son matériau sentimental dans un laboratoire formel des plus stimulants. Comme dans le très beau "Chungking Express" sorti trois ans plus tôt, la douleur ne s'impose pas seule ; il existe aussi la promesse d'un amour, mais qui ne s'écrit pas nécessairement dans le lieu et le moment présent. Aller ailleurs pour créer un hors-champ rempli d'espoir, c'est ici la possibilité pour enfin être "happy together" – ici ou là, à Buenos Aires ou à Taiwan, à un endroit où le plan se figera, où le ralenti sera le signe d'une étreinte tant attendue.
Une chronique sentimentale mélancolique et envoûtante, à la réal stylée mais ternie par un récit trop fragmenté qui évoque la relation toxique et passionnée entre deux hommes hongkongais perdus à Buenos Aires. Prix de la mise en scène à Cannes. 3,25
Une version asiatique de l'homosexualité via une relation destructrice entre 2 êtres quelque peu égarés. En plus d'une interpretation excessive, que les situations et les dialogues sont insipides! Et trop longtemps, on se demande où va nous emmener ce récit qui s'englue inlassablement, pour finalement décrocher en route!
Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu de Wong Kar-Wai et si j'ai toujours été un peu hermétique à son cinéma (sauf Chungking Express, va savoir pourquoi), ce Happy Together n'a pas dérogé à la règle. En fait pour une fois j'aime beaucoup le film visuellement (ça avait parfois un peu tendance à me saouler l'esthétique abusive de toutes choses). Je trouve chaque plan sublime, que ça soit dans le choix des couleurs, la cadrage, les effets sur l'image, les légers ralentis...
Par contre l'histoire m'ennuie au possible. Et pourtant il y avait tout pour que j'apprécie, des amants qui s'enfuient en Argentine pour tout recommencer, qui se disputent... Mais franchement ça n'a pas pris... En fait je n'y ai pas cru à leur histoire avec Leslie Cheung et Tony Leung... j'avais l'impression que ça tournait en rond, d'avoir déjà vu ça mille fois... c'est insupportable. Alors qu'au contraire, celle entre Tony Leung et Chang Chen m'a semblé plus libre (oui je sais c'est en partie le propos du film), mais elle s'en est trouvée plus intéressante, plus légère... et surtout moins dans les lieux communs, moins lourde...
Et donc il y a eu une bonne partie du film, qui certes visuellement était magnifique, avec des effets de style de toute beauté, mais qui m'a juste emmerdé au possible. Je suppose que si la thématique était l'enfermement dans un couple qui ne mène nulle part c'est réussi, mais moi ça ne m'a pas parlé.
Reste donc une réussite formelle indéniable... mais pas suffisant pour que je prenne mon pied.
Il m’a semblé que Happy together était un petit peu moins inspiré que d’autres films de WKW que j’avais pu voir, mais cela reste malgré tout un très beau film. Fidèle à son style (chronologie plus ou moins floue, voix off, scènes qui se répètent), et toujours aussi magnifique visuellement (lumières, cadres, caméra à l’épaule), avec quelques musiques très pertinentes et quelques fulgurances (oh cette scène de tango dans la cuisine…on aimerait que ça dure toujours), le film souffre néanmoins de pas mal de longueurs de par son scénario trop léger. Cependant une grande cohérence se dégage de l’ensemble, comme un grand poème sur la solitude urbaine et l’errance, et les trois acteurs principaux sont tous très bons (surtout Leslie Cheung, toujours aussi habité et sensuel). Pas le meilleur WKW que j’ai vu, mais assurément un très bon film.
Une mise en scène d’esthète recherché et à la musique de maestro tango latino, la romance de deux drôles de gus homo, ennuyeux amant terrible à la folie. Des scènes de sexes gays explicites comme dans les mangas Yaoi et de belles photographies de globe-trotter. Le paysage de l’Argentine en thème central m’a plue, des expatriés venus vivre leurs secrets de Hong-Kong puis Taïwan au rendez-vous du cinéma remarquable.
Moi, je ne suis pas sorti "très heureux" avec ce film. Quelle déception quand on aime à la folie le Kar-Wai de In the mood for love. Est-ce une saturation de voir les amours homos portés à l'écran ? Bien interprétés au demeurant. L'empathie avait mieux fonctionné avec les deux cow-boys de Brokeback Mountain. Bien sur, c'est mélancolique et sans issue, on s'y attendait; bien sur, il y a l'ambiance attirante du quartier interlope de La Boca dans Buenos-aires. Quelques superbes prises de vues, reconnaissons le, mais pourquoi cet alternance de N&B et de couleurs? Désolé, cette fois-ci, je suis resté sur le quai, et me suis ennuyé. cinema vo - septembre 2017
Deux années après le remarquable Les Anges déchus, Wong Kar-wai écrit et réalise Happy Together, où il nous parle d'amour, de voyage, de vies à deux et tout ce que ces sensations provoquent.
Une fois l'oeuvre finie, on se rend compte que Wong Kar-wai a tout compris, ce qu'est le vrai amour, à la fois obsessionnel mais aussi épris de liberté et bien évidemment imprévisible. Il écrit Happy Together comme un cycle, où la relation qu'il met en scène se construit pour mieux se déconstruire, où l'inverse, et ne s'intéresse qu'à ça, où les sensations passent aussi par les regards ou gestes plutôt que les mots.
Ici, il n'alourdit jamais son oeuvre avec le sujet de l'homosexualité, mais le traite comme n'importe quelle autre relation, sans faire de différence, ce qui en fait sa force et un intérêt particulier pour les propos. Il y a une certaine justesse dans son film, notamment lorsqu'il aborde et fait vivre les sentiments, tout sonne vrai et on se retrouve plongé au cœur de cette aventure. Il y fait ressortir un aspect poétique, mais aussi mélancolique, malgré le fond parfois violent de cette relation un peu basée sur du Je t'aime, moi non plus.
Comme souvent dans son cinéma, l'aspect esthétique est en parfaite osmose avec le fond, ses cadrages sont souvent très justes et tout cela permet de mieux faire ressortir les sensations venant des protagonistes. Il capte aussi les villes qu'il met en scène, sachant en tirer une réelle substance, tout comme la fuite d'Hong-Kong devient un symbole lorsqu'on connaît l'histoire récente de son cinéma. Le fond sonore colle aussi parfaitement aux images, tandis que Tony Leung et Leslie Cheung sont parfaits, sachant retranscrire à merveille les sensations, parfois bien compliquées, de leurs personnages.
Wong Kar-wai met en scène avec Happy Together l'amour dans sa forme la plus vraie, avec mélancolie, intensité, parfois dureté mais toujours une certaine justesse, bien aidé aussi par deux remarquables comédiens.
Finalement il aura fait tout ce chemin pour se rendre compte que l'espoir d'un amour le rend plus heureux que la vie de couple tumultueuse faite de tristesse, de joies furtives et de séparation qu'il aura connu en Argentine. Le fond est plutôt mélancolique mais n'atteint pas le style flamboyant qui verra naître 3 ans plus tard "in the mood" dans lequel il réussissait avec une élégance folle a en dire davantage par les regards et la nonchalance d'une démarche de femme. Ici c'est un film d'hommes, plutôt pudique, mais assez bavard et au style moderne et flashy.
Wong Kar-Wai filme ces lieux ( nouveaux ), hommes, décors avec son regard habituel mais ne lui donne aucune insouciance ( ou presque ) et déglingue sa poésie au profit du dépaysement rechercher à tout prix. La légèreté s'envole pour laisser place à du rigide de l'abrupt, de la dispute vaine et trop insaisissable pour moi ! Les précédents long métrage m'avais quelques peu déconcerté mais toujours envoûté, cette fois-ci la magie ne s'est pas pointé. Qui plus est, le manque de scénario se fait ressentir, l'atout c'est retourné et est devenu fardeau. Une grosse déception malgré quelques brèves passages très beau !
L'immense talent de Wong Kar Wai au service d'une histoire d'amour malheureuse entre les très charismatiques Leslie Cheung et Tony Leung. Montage nerveux, temporalité éclatée et mise en scène vibrante pour rendre sensible la grandeur du sentiment et la moiteur des nuits argentines. L'ensemble s'inscrit dans la veine électrique et inspirée des premiers films du réalisateur, avant le succès du plus tranquille (et non moins sublime) In The Mood For Love. A voir!
Ho Po-Wing (Leslie Cheung) et Lai Yiu-Fai (Tony Leung Chiu-Wai) sont deux amants, originaires de Hong-Kong, épris de l'un de l'autre ; des êtres passionnés à forte personnalité. Un jour, pour tenter de sauver leur relation et repartir de zéro comme ils aiment souvent se le répéter, Ho Po et Lai décident de quitter leur ville natale et...
Quatrième film que je vois de Wong Kar-Wai et quatrième fois que je m'emmerde (je rassure les fans du cinéaste, j'arrête les dégâts ici !!!). Et là, je me suis encore plus ennuyé que les trois autres fois. Une jolie image de temps en temps ne suffit pas à faire un bon film. L'absence de trame se fait très vite sentir, les personnages ont l'air de se faire chier (au moins on ne peut pas reprocher au film de ne pas savoir faire ressentir de l'empathie envers ces derniers !!!). Il aurait peut-être fallu que le réalisateur emmène quelques fois sur le tournage une feuille de papier et un crayon mais c'était peut-être trop lui demander. Heureusement que l'excellente chanson des "Turtles" qui donne son titre au film réveille sur le générique de fin, de très loin la meilleure partie de l'ensemble.