Note moyenne
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C'est étrange cette impression. Je veux dire que mon premier Haneke était le remake de ce film que j'ai dû voir à sa sortie et je m'en souvenais parfaitement. Bon faut dire que c'est le genre de film qui marque. Mais je n'avais pas adoré non plus. Sans doute étais-je trop jeune, je ne sais pas.
N'empêche que ça m'a un peu fait chier d'avoir vu le remake avant, parce que c'est exactement la même chose, je me demande même si ce n'est pas un remake plan/plan en anglais avec des acteurs différents. Haneke avait expliqué qu'on lui avait proposé de le remaker parce que le premier Funny Games n'avait pas marché alors qu'il était destiné à un public américain (en effet en Autriche les grandes maisons comme ça sont rares). Et le remake est son plus grand échec commercial.
Enfin, ce n'est pas étonnant puisque malgré le casting 4 étoiles du remake (bon dans l'original on a quand même Ulrich Mühe (je ne crois pas connaître les autres)) c'est quand même un film super intelligent, bien plus qu'un énième remake de slasher sans inspiration. Forcément il y a de quoi être décontenancé.
Tout ça pour expliquer pourquoi la vision de l'original m'a semblé si particulière. Tout simplement, je savais ce qui allait arriver. Exactement, précisément. Du coup lorsque je vois au début les voisins qui semblent distant je connais la raison et le malaise s'installe déjà.
Ce qui passionnant dans ce film (outre le plan séquence qui segmente le film en deux), c'est cette froideur méthodique, cette impression que le réalisateur est maître, il faut ce qu'il veut et que les personnages n'ont aucune chance, qu'Haneke le sait et qu'il veut jouer avec le spectateur en lui donnant de faux espoirs, mais en fait non. Certains pourront dénoncer l'effet pervers de ce film, j'ai envie de demander : pourquoi ?
Ce genre de films a le droit d'exister, et tant mieux, ça change vraiment. C'est assez dérangeant je dois dire, assez flippant ce petit jeu très méthodique le tout sous la caméra froide, distante d'Haneke.
L'utilisation du hors champ est aussi une idée géniale, elle permet d'accentuer le malaise. Je pense à la scène irrationnelle où le mec se fait un sandwich au jambon.
Un bon film. Néanmoins je n'ai pas forcément adoré non plus, parce que si les apostrophes me semblaient mieux fonctionner que dans le remake (et totalement justifiées tout comme le coup de la télécommande), j'ai eu un peu de mal à me sentir concerner parce qu'il disait. Sans doute parce que j'avais déjà vu le remake et connaissait la fin.
Mais film intéressant et à voir.
N'empêche que ça m'a un peu fait chier d'avoir vu le remake avant, parce que c'est exactement la même chose, je me demande même si ce n'est pas un remake plan/plan en anglais avec des acteurs différents. Haneke avait expliqué qu'on lui avait proposé de le remaker parce que le premier Funny Games n'avait pas marché alors qu'il était destiné à un public américain (en effet en Autriche les grandes maisons comme ça sont rares). Et le remake est son plus grand échec commercial.
Enfin, ce n'est pas étonnant puisque malgré le casting 4 étoiles du remake (bon dans l'original on a quand même Ulrich Mühe (je ne crois pas connaître les autres)) c'est quand même un film super intelligent, bien plus qu'un énième remake de slasher sans inspiration. Forcément il y a de quoi être décontenancé.
Tout ça pour expliquer pourquoi la vision de l'original m'a semblé si particulière. Tout simplement, je savais ce qui allait arriver. Exactement, précisément. Du coup lorsque je vois au début les voisins qui semblent distant je connais la raison et le malaise s'installe déjà.
Ce qui passionnant dans ce film (outre le plan séquence qui segmente le film en deux), c'est cette froideur méthodique, cette impression que le réalisateur est maître, il faut ce qu'il veut et que les personnages n'ont aucune chance, qu'Haneke le sait et qu'il veut jouer avec le spectateur en lui donnant de faux espoirs, mais en fait non. Certains pourront dénoncer l'effet pervers de ce film, j'ai envie de demander : pourquoi ?
Ce genre de films a le droit d'exister, et tant mieux, ça change vraiment. C'est assez dérangeant je dois dire, assez flippant ce petit jeu très méthodique le tout sous la caméra froide, distante d'Haneke.
L'utilisation du hors champ est aussi une idée géniale, elle permet d'accentuer le malaise. Je pense à la scène irrationnelle où le mec se fait un sandwich au jambon.
Un bon film. Néanmoins je n'ai pas forcément adoré non plus, parce que si les apostrophes me semblaient mieux fonctionner que dans le remake (et totalement justifiées tout comme le coup de la télécommande), j'ai eu un peu de mal à me sentir concerner parce qu'il disait. Sans doute parce que j'avais déjà vu le remake et connaissait la fin.
Mais film intéressant et à voir.
Haneke a vraiment un coté punk. Il nous livre un super thriller assez trash et tres original, dont le sujet est un jeu. Un jeu de tortures. Une torture sous forme de jeu, d'enigmes pour les victimes mais aussi pour le spectateur (que ce serait-il passé si la femme avait fait arreté la 1ère voiture et non la 2ème?).Un thriller froid parfois epouvantable souvent pervers et hédoniste. La violence n'est pas montrée systématiquement mais elle est tellement palpable qu' on se met facilement à la place de la famille et on se sent mal. Le côté psychologique est superbe. Le côté fataliste est (malheureusement ?)présent. Ulrich Mühe et Arno Frisch (deja vu tous les deux dans "benny's video")sont très bons .
Alors vous allez me dire que ces éloges dythirambiques correspondent à ce qu'est un chef d'oeuvre.Et bien non, pas là car le film a des défauts. Le principal est qu'on est parfois décroché; on a envie d'arreter le dvd. Et ça, c'est pârcequ'on devine la fin, on devine le début et tres vite la suite puis la fin puis l"engrenage du jeu(mais je n'en dis pas plus!). Et puisque le rythme est assez lent et que les dialogues sont assez pauvres, on est vite decu apres un début tonitruant. En resumé, c'est parfois remarquable mais seulement parfois...
Alors vous allez me dire que ces éloges dythirambiques correspondent à ce qu'est un chef d'oeuvre.Et bien non, pas là car le film a des défauts. Le principal est qu'on est parfois décroché; on a envie d'arreter le dvd. Et ça, c'est pârcequ'on devine la fin, on devine le début et tres vite la suite puis la fin puis l"engrenage du jeu(mais je n'en dis pas plus!). Et puisque le rythme est assez lent et que les dialogues sont assez pauvres, on est vite decu apres un début tonitruant. En resumé, c'est parfois remarquable mais seulement parfois...
La scène des oeufs est tout simplement enorme, elle montre vraiment la psychologie du film!!!!
Film culte ou chef d'oeuvre ? Funny games a déjà été l'objet d'un remake, le film a marqué et c'est peu dire.
Pour ma part, j'ai eu du mal à rester jusqu'au bout de chef d'oeuvre, parce que son domaine est celui de l'horreur. Parfois insupportable, et absolument insupportable pour certains, mais jusqu'à la détestation ?
Le mal être que l'on ressent non seulement ne cache pas les qualités du film, mais on peut le dire, le temps fait son oeuvre, on est en présence d'un chef d'oeuvre majeur dans le genre. Funny Games est-il un film d'horreur génial ou est-il plus que cela , s'agit-il d'un classique du cinéma tout court ou d'une pièce maitresse dans un genre mineur renvoyant à Avoriaz.
Le thème universel de la violence ne suffit pas pour appartenir au genre classique, tous les films d'horreur renvoient à la violence. mais ici, la violence est déclinée sous toutes les formes et dans toutes les dimensions. Le sadique précautionneux et policé jusqu'à l'extrême est la marque originale du film, et la réussite du personnage principal a été reprise par Tarantino dans le premier sketch "d'Inglorious bastards", héritage direct de funny games.
Film complet, méticuleux comme le personnage principal : je note sec , j'ai noté une cinquante de films entre 2 et 4.5 . Funny games est le seul à qui j'ai mis 5 pour le moment, même s'il y a des films encore meilleurs bien évidemment.
Pour ma part, j'ai eu du mal à rester jusqu'au bout de chef d'oeuvre, parce que son domaine est celui de l'horreur. Parfois insupportable, et absolument insupportable pour certains, mais jusqu'à la détestation ?
Le mal être que l'on ressent non seulement ne cache pas les qualités du film, mais on peut le dire, le temps fait son oeuvre, on est en présence d'un chef d'oeuvre majeur dans le genre. Funny Games est-il un film d'horreur génial ou est-il plus que cela , s'agit-il d'un classique du cinéma tout court ou d'une pièce maitresse dans un genre mineur renvoyant à Avoriaz.
Le thème universel de la violence ne suffit pas pour appartenir au genre classique, tous les films d'horreur renvoient à la violence. mais ici, la violence est déclinée sous toutes les formes et dans toutes les dimensions. Le sadique précautionneux et policé jusqu'à l'extrême est la marque originale du film, et la réussite du personnage principal a été reprise par Tarantino dans le premier sketch "d'Inglorious bastards", héritage direct de funny games.
Film complet, méticuleux comme le personnage principal : je note sec , j'ai noté une cinquante de films entre 2 et 4.5 . Funny games est le seul à qui j'ai mis 5 pour le moment, même s'il y a des films encore meilleurs bien évidemment.
Très bon film à la violence glaciale présentant de très bonne idée de mise en scène : brisage du quatrième mur, exploitation des "capacités" de la TV,...
A réserver à un public averti.
A réserver à un public averti.
Si l'objectif était de réaliser un test psychologique pour constater jusqu'où va la perversité du spectateur voyeur (un peu comme l'expérience américaine des décharges électriques envoyées à des acteurs), j'espère que ceux qui sont allés jusqu'au bout sauront se remettre en question. Je suis fier d'avoir su m'arrêter vingt minutes avant la fin - bien que j'aie voulu cesser plus tôt sans passer à l'acte. Je pense d'ailleurs, sans prétention mais dans la lignée d'un scénario assez mou, que la fin doit être une sorte de boucle, et que les deux jeunes, qui passent de famille en famille, vont se diriger chez les voisins au bateau. Le film n'a strictement aucun intérêt, à peine laisse-t-il entrevoir jusqu'où peuvent aller les conventions sociales. La justification réside dans le jeu (parfois ingénieux) et le hasard, ainsi la première voiture que croise la femme aurait-elle pu lui permettre de s'en sortir. C'est un film inhumain : l'adresse au spectateur est ridicule, sauf si, comme je le présuppose, Haneke souhaitait peut-être voir qui irait jusqu'au bout de son film : pas les plus courageux à mon sens.
Manifeste du hors-champs, plus réaliste que son remake US, Ave Haneke!
Aussi malsain que "Audition","Funny Games" est ultra violent,dur et a voir que par un public avertis. La violence est gratuite, une tension glauque s'installe dès les premières minutes. Le jeu d'acteur est parfait. On haït les criminels paul et peter. Une bande son excellente. La version allemande est bien meilleurs que l'américaine, pourtant toute deux de Michael Haneke. Un chef d'oeuvre d'horreur.
Ce film fort psychologiquement n'est pas qu'un simple etalage de violence,c'est aussi une satire d'Hollywood et de leurs entreprises de films classiques,previsibles (et c'est vrai que les thrillers hollywoodien sont souvent identiques):
spoiler:
Un enfant trés jeune est tué de maniére extremement vilolente,avant ses parents,le tueur parle au spectateurs et remonte le temps,l'heroine meurt aprés que l'on nous ai montré plusieurs fois qu'elle pourrait survivre,les meurtriers s'en sorte et recommence
Bref ce film nous surprend,et nous surprend encore
Bref ce film nous surprend,et nous surprend encore
Angoissant, cruel, sadique, un cauchemar éveillé ! Haneke m'a mis dans la peau de ces pauvres vacanciers. Les acteurs sont géniaux (même si j'ai une toute petite préférence pour ceux du remake US) notamment dans des plans séquences interminables de réalisme. J'aurai mis les 5 étoiles du chef d’œuvre sans problème s'il n'y avait pas eu
spoiler:
la scène de la télécommande
;)
;)
Le réalisateur autrichien Michael Haneke a fait connaitre son art troublant au monde grâce à ce détournement des codes cinématographiques. Le sadisme des deux personnages tortionnaires parvient à se faire ressentir par le public grâce à des interactions entre la caméra et l’un d’eux lui lançant des regards pervers. Le mal-être qui se créé alors chez les spectateurs est similaire à celui de ceux qui, devant PSYCHO, s’étaient pris d’affection pour le serial-killer ou à la jouissance que nous faisait partager Alex dans ORANGE MECANIQUE. Les limites de la moralité sont ainsi foudroyées par ce jeu de massacre collectif que l’on en vient à voir avec délectation ces deux psychopathes commettre avec un cruel détachement. La tension et l’ambiance glaciale de ce film parvient à se nourrir de longs temps morts qui, dans un autre contexte, seraient inopportuns. L’inhumanité omniprésente dans notre société et mise ici à l’image est encore accentué par un retournement de situation dont notre approbation réussit à prouver notre gout pour la déviation de la logique usuelle.
Un film magnifiquement sadique, mené parfaitement; amateurs de happy end s'abstenir !
Avertissement: la critique ci-après est inspirée non seulement du film en question (heureusement!) mais également d'une longue interview du réalisateur. J'admets donc être en partie biaisé par ce que j'ai retenu des propos de M. Haneke, qui ont probablement altéré mon souvenir du film.
Funny Games est un "survival thriller": on suit un groupe (en l’occurrence une famille bien proprette), sa tentative de survie contre un obstacle (un duo de tueurs plutôt originaux) et sa mise à mort lente et progressive. Le film se veut choquant: les tueurs sont de jeunes gens courtois, élégamment habillés, qui ne cessent de revenir sur le respect et les règles de politesse en même temps qu'ils torturent cette famille (la violence la plus importante exercée, selon moi, étant psychologique: ils jouent sur la peur et le sentiment d'impuissance d'un père a protéger les siens).
Le but avoué de Hanake avec ce film est de dénoncer l'hypocrisie du cinéma "violent" hollywoodien. Cinéma qui obéit à certains codes de manière à, paradoxalement, ne pas trop heurter le spectateur, tels que la présence de motivations qui rassurent (il est rare d'assister à une violence totalement gratuite, sans même l'excuse d'une maladie mentale, dans le cinéma américain), le non meurtre d'enfants, la distanciation entre le meurtrier et le spectateur (qui est dans ce film évitée d'une manière un peu trop facile: un des meurtriers s'adresse en effet aux spectateurs, afin de créer certainement un sentiment de complicité, mais le caractère artificiel de cette mise en scène provoque l'effet inverse: on sort du film au lieu de s'y investir plus). Or selon le réalisateur ces codes servent à rendre acceptable et plaisante la violence, ce qu'il estime malsain. Son objectif était donc de rendre son caractère choquant et désagréable à celle-ci (Haneke estime par exemple que Orange Mécanique est un film raté car la violence y est trop esthétique, on s'y complaît, on s'en amuse, au lieu de s'en révolter). Je ne suis pas certain que cet objectif moralisateur, donneur de leçon, soit véritablement louable: le spectateur est peut être assez intelligent pour réfléchir par lui même, pour savoir ce qu'il veut voir lorsqu'il choisit de visionner un film de type "violent", et à ce titre Funny Games n'est pas une totale réussite: le déroulement ainsi que le dénouement sont convenus, les violences infligées ne sont pas particulièrement originales et le moment où l'un des tueurs fait "revenir en arrière" le film car une des victimes avait pris le dessus casse complètement l'immersion. Le doublage français est un modèle de ratage digne de figurer sur Nanarland, mais ce n'est pas un défaut inhérent au film donc je ne lui en tiendrai pas rigueur.
Funny Games reste cependant un bon thriller, agréable à regarder un dimanche après midi pluvieux, grâce à un duo de tueurs surprenants et mettant mal à l'aise par leur coté fils de bonne famille charmants et courtois, contrastant avec des actes violents sans compromis et gratuits. Le coté épuré et sans artifice des décors et des situations, sans effets spéciaux virevoltants, permet de se plonger dans l'ambiance d'un weekend à la campagne habituel qui sombre dans le cauchemar... jusqu'aux fatidiques moments précités où Haneke tente d'appuyer son discours moralisateur avec des mécanismes totalement ratés qui brisent l'immersion.
En résumé, selon moi Funny Games est un "sous Délivrance": le but assumé de son réalisateur d'en faire un film de dénonciation, au lieu d'accepter que le spectateur choisit de regarder ce type de film parce qu'on peut trouver un certain esthétisme à la violence, voire au morbide, sans pour autant la pratiquer ou l'apprécier "dans la vraie vie", nuit à l'oeuvre et ne parvient donc pas à la cheville d'un Boorman et de son Délivrance, battit sur les même ressorts (du moins dans sa première partie) mais qui, à la différence d'Haneke, n'était pas inspiré par le dégoût de la violence. Tout excellent réalisateur qu'est ce dernier, on ne m’ôtera pas de l'idée qu'on peut difficilement faire un "bon" film violent si l'on exècre le genre.
Mais par pitié... regardez ce film en VO! Ou alors la VF pathétique, avec des bières et quelques potes.
Funny Games est un "survival thriller": on suit un groupe (en l’occurrence une famille bien proprette), sa tentative de survie contre un obstacle (un duo de tueurs plutôt originaux) et sa mise à mort lente et progressive. Le film se veut choquant: les tueurs sont de jeunes gens courtois, élégamment habillés, qui ne cessent de revenir sur le respect et les règles de politesse en même temps qu'ils torturent cette famille (la violence la plus importante exercée, selon moi, étant psychologique: ils jouent sur la peur et le sentiment d'impuissance d'un père a protéger les siens).
Le but avoué de Hanake avec ce film est de dénoncer l'hypocrisie du cinéma "violent" hollywoodien. Cinéma qui obéit à certains codes de manière à, paradoxalement, ne pas trop heurter le spectateur, tels que la présence de motivations qui rassurent (il est rare d'assister à une violence totalement gratuite, sans même l'excuse d'une maladie mentale, dans le cinéma américain), le non meurtre d'enfants, la distanciation entre le meurtrier et le spectateur (qui est dans ce film évitée d'une manière un peu trop facile: un des meurtriers s'adresse en effet aux spectateurs, afin de créer certainement un sentiment de complicité, mais le caractère artificiel de cette mise en scène provoque l'effet inverse: on sort du film au lieu de s'y investir plus). Or selon le réalisateur ces codes servent à rendre acceptable et plaisante la violence, ce qu'il estime malsain. Son objectif était donc de rendre son caractère choquant et désagréable à celle-ci (Haneke estime par exemple que Orange Mécanique est un film raté car la violence y est trop esthétique, on s'y complaît, on s'en amuse, au lieu de s'en révolter). Je ne suis pas certain que cet objectif moralisateur, donneur de leçon, soit véritablement louable: le spectateur est peut être assez intelligent pour réfléchir par lui même, pour savoir ce qu'il veut voir lorsqu'il choisit de visionner un film de type "violent", et à ce titre Funny Games n'est pas une totale réussite: le déroulement ainsi que le dénouement sont convenus, les violences infligées ne sont pas particulièrement originales et le moment où l'un des tueurs fait "revenir en arrière" le film car une des victimes avait pris le dessus casse complètement l'immersion. Le doublage français est un modèle de ratage digne de figurer sur Nanarland, mais ce n'est pas un défaut inhérent au film donc je ne lui en tiendrai pas rigueur.
Funny Games reste cependant un bon thriller, agréable à regarder un dimanche après midi pluvieux, grâce à un duo de tueurs surprenants et mettant mal à l'aise par leur coté fils de bonne famille charmants et courtois, contrastant avec des actes violents sans compromis et gratuits. Le coté épuré et sans artifice des décors et des situations, sans effets spéciaux virevoltants, permet de se plonger dans l'ambiance d'un weekend à la campagne habituel qui sombre dans le cauchemar... jusqu'aux fatidiques moments précités où Haneke tente d'appuyer son discours moralisateur avec des mécanismes totalement ratés qui brisent l'immersion.
En résumé, selon moi Funny Games est un "sous Délivrance": le but assumé de son réalisateur d'en faire un film de dénonciation, au lieu d'accepter que le spectateur choisit de regarder ce type de film parce qu'on peut trouver un certain esthétisme à la violence, voire au morbide, sans pour autant la pratiquer ou l'apprécier "dans la vraie vie", nuit à l'oeuvre et ne parvient donc pas à la cheville d'un Boorman et de son Délivrance, battit sur les même ressorts (du moins dans sa première partie) mais qui, à la différence d'Haneke, n'était pas inspiré par le dégoût de la violence. Tout excellent réalisateur qu'est ce dernier, on ne m’ôtera pas de l'idée qu'on peut difficilement faire un "bon" film violent si l'on exècre le genre.
Mais par pitié... regardez ce film en VO! Ou alors la VF pathétique, avec des bières et quelques potes.
Après le remake, l'original. Egalement réalisé par Michael Haneke mais avec des acteurs totalement inconnus, Funny Games reste un film complexe à noter. Certes, cinématographiquement, il vaut de l'or. Mais subjectivement, c'est d'une nullité absolue. Entre la scène de la télécommande qui accède sans doute au palmarès des plus nulles qu'il m'ait été donné de voir, la preuve désormais formelle que le remake américain n'a ABSOLUMENT AUCUN mérite puisque dialogues, personnages et scènes sont les mêmes, ou la tentation extrême de soi-même retrouver les acteurs tortionnaires et de leur couper la tête, montre ma totale incapacité à adhérer à un spectacle aussi mauvais.
Très original, maléfique, avec d'excellents acteurs (le tortionnaire brun tout simplement énorme et effrayant !) et un réalisateur qui joue avec le spectateur. Mise en scène grandiose.
Trop court !!
Bref, un classique !!
Trop court !!
Bref, un classique !!
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