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Un visiteur
3,5
Publiée le 15 avril 2011
Le film est basé sur une idée minimaliste: un ronin tourmenté décide d'aider 9 bras-cassés au coeur empli de vertu à déjouer un complot politique. Il affrontera alors tactiquement et physiquement le chef de la garde de l'intendant du clan, qui cherche à renverser le gouverneur de ce clan.
Si la lecture du pitch de départ peut nous faire craindre un nanar Chuck Norris, c'est mal connaître Kurosawa. A partir de cette idée, le cinéaste développe en effet un scénario magnifique de complexité et une mise en scène comme d'habitude parfaite.
L'histoire est servie par un Toshiro Mifune toujours excellent dans ce rôle de superhéros bourru. Le tout aboutit à un bon Kurosawa.
Un samourai vagabond et mal embouché se trouve impliqué dans une lutte entre clans . Combats et humour au programme un vrai bijou qui vous tient en haleine 1h30.
Quelle vitalité ! On est directement pris dans ce film! Toshirô Mifune est vraiment incroyable dans ce rôle ! La réalisation est bonne, le rythme haletant, et le final : sanglant ! Vraiment j'ai été très agréablement surpris par ce film que j'ai emprunté un peu à la va vite ! Merci Kurosawa.
Un très bon film qui met l'accent sur la différence entre les hommes de pouvoir et les autres. Maîtrise de la lame et compréhension supérieure des événements étant les deux facteurs différenciants. Sanjuro, ronin tentant de tuer l'ennui, va venir en aide à une bande de jeunes manquant eux de ces deux compétences clés, et s'apprêtant du coup à se jeter dans la gueule du loup. Grâce à ses actes et ses conseils, ces derniers vont réussir à renverser la tentative de prise de pouvoir par des puissants corrompus dont ils sont les victimes. Le pauvre Sanjuro, en plus de faire face à une adversité conséquente, devra également composer avec la stupidité permanente des membres de son groupe, qui le pousse toujours plus dans ses retranchements. Heureusement pour lui, comme pour eux, il peut compter sur sa maîtrise sans égal du katana, couplée à des trésors d'ingéniosité pour s'en sortir. On s'ennui pas et on rigole bien.
Dans Sanjuro par sa mise en scène extrêmement ordonnée et fluide , associée à une superbe photographie en noir et blanc , Akira Kurosawa montre à quel point il est l'un des grands maîtres du Cinéma . L'intrigue du film , un ronin peu conventionnel (incarné par l'excellent Toshirô Mifune) aide un groupe de samourais à libérer leur chef de clan qu'un super-intendant corrompu a emprisonné pour prendre sa place , reste assez simple mais très efficace . Ce film , et particulièrement le duel final , est une influence certaine de nombreux western . Sanjuro est un film de samourai très accessible à regarder absolument pour tout cinéphile qui se respecte , ainsi que le reste de l'oeuvre de Kurosawa . Note: 7,5/10
Dans la filmographie quasi parfaite de Kurosawa, celui-ci est sans doute l'un des plus faibles. Il ne s'agit pas pour autant d'un ratage, loin s'en faut: le cinéaste prend un malin plaisir à dédramatiser savamment les situations et à baigner le mythe vieux comme Mathusalem du samouraï dans une délicieuse ironie. En certains aspects, Sanjuro possède cet esprit anti-théâtral qui va à l'encontre de bon nombre d'œuvres de Kurosawa. Mais les qualités du film se révèlent être aussi ses principales faiblesses: à force de jouer sur la nonchalance (calculée) de l'intrigue et la distanciation des personnages, on peine à s'en sentir concernés. À noter la remarquable performance de Toshirô Mifune qui préfigure le personnage de Clint Eastwood dans les westerns de Leone.
Film totalement captivant et sans concession. Pour moi il n'y a que les japonais qui peuvent réussir ce genre de films, avec les silences, les actions, l'ambiance et les codes très japonais. Pour les fans du Japon mais surtout des Ronins , Samouraï etc ....
Je ne suis pas vraiment un connaisseur de kurosawa, même si j'ai vu plusieurs de ses films (rashomon, kagemusha, les sept samurais), mais je trouve que celui-ci est le plus grand public. Court, avec de l'action et de l'humour, en font un bon film pour entrer dans l'univers du vieux cinéma asiatique, et celui de kurosawa. De plus je trouve que les acteurs ne force pas trop leur role comme parfois dans le cinéma asiatique comme certaine scene de rashomon ou musashi (pas du meme niveau je vous l'accorde) auquel nous ne sommes pas forcément habitué. En tout cas c'est, à mon sens, une bonne entrée en matiere pour ceux qui veulent s'initie à ce cinéma.
Suite à l’énorme succès de Yojimbo sorti l’année précédente, la Toho réclame une suite au plus vite. « Sanjuro » fait donc office, mais peut se voir en toute indépendance, l’histoire ici n’étant pas forcément le plus grand souci de Kurosawa. Le réalisateur met à profit cette commande inattendue pour faire un peu le point sur son travail . Une application de ses connaissances scéniques propres au film d’aventure qui imperceptiblement se transmue en film psychologique devant le développement qualitatif des principaux personnages. Kurosawa s’amuse ici à démythifier le genre du film de samouraïs au profit de la comédie, délaissant même au final son héros qui s’en va en gardant totalement son mystère. Sa seule faiblesse aura été d’écouter la femme du chambellan qu’il sauvera de la mort. En lui conseillant de ne pas utiliser sa force habituelle (« un bon sabre doit rester dans son fourreau ») il sera pour la première fois désarmé, sans combattre. Il fallait le faire !