Kill est une curiosité. Romain Gary derrière la caméra, un tournage en Afghanistan, James Mason et Jean Seberg en couple vedette, et pourtant ce métrage est tombé dans l’oubli, ce qui peut inquiéter… Et en effet, c’est un navet !
Je ne retiens qu’une chose, la séquence d’action à peu près au milieu du métrage. Course poursuite haletante, filmée de belle façon, avec du rythme, des effets pyrotechniques, je me suis d’ailleurs demandé si ça avait été filmé par la même équipe que le reste tant c’est à part à tous les niveaux. C’est carré, sérieux, ça rentre dans le cadre du film d’action-aventure qu’on pouvait espérer venir chercher avec Kill, mais non ! Le souci dominant de ce métrage c’est que sur un scénario et une subtilité digne d’une chucknorrisserie basique, on se retrouve avec un film auteurisant totalement pompeux et ennuyeux au possible ! Vous voyez, c’est un peu comme du Jean-Luc Godard qui rencontre Rambo ! Les 2 s’annulent ! Aussi ce film empli de longueurs, de séquences psychédéliques aberrantes, plombé par des scènes qui confinent littéralement au ridicule, alourdi par des dialogues surécrits vous raconte une intrigue aussi balourde et caricaturale que celle d’un Delta Force IV. Etonnant de la part de Romain Gary, qui malheureusement a projeté un peu trop sa mauvaise expérience de la drogue au point de faire un film revanchard au même tire que Norris sur le Vietnam, et le résultat est le même, mais là où Norris verse dans le nanar en assumant à l’excès son cinéma reaganien bourrin, Gary verse dans le navet en ajoutant tout son côté pseudo-intellectuel à une histoire qui n’a rien pour ça !
Les personnages sont fades, ternes, sans grande subtilité, et les acteurs sont très mal dirigés. Seberg est transparente, James Mason traverse le film en patriarche fatigué, pas du tout crédible en assassin hyper performant. Le meilleur c’est finalement Curd Jürgens dans un rôle rugueux qui lui convient bien. Mais on se désintéresse complètement du sort de ces protagonistes, les acteurs semblant évoluer sans trop comprendre eux-mêmes où ils vont et pourquoi.
Formellement je m’attendais à mieux également. L’exotisme, en dépit du tournage en Afghanistan fait cliché et carton-pâte. Tout fait faux, touristique, et Gary n’est clairement pas un bon réalisateur ! Vraiment, comme je disais, il n’y a qu’une séquence vraiment sympa, la seule grosse scène d’action de ce métrage d’ailleurs, qui, comme de bien entendu, a aussi contre lui une bande son exécrable dès le générique d’ouverture.
En conclusion, Kill est un navet, la rencontre improbable du cinéma expérimental des années 70 et du cinéma reaganien bourrin. Par bien des aspects, ça ressemble à du Jésus Franco (c’est pas un compliment), et pas assez finalement à du John Rambo, ce qui aurait été la meilleure approche pour faire en sorte que cette histoire balourde et clichée ait au moins le mérite du sympathique divertissement rétro. 1