Remake lourdingue à la mise en scène qui manque cruellement de subtilité, tout comme les acteurs d'ailleurs, qui interprètent des personnages caricaturaux, sensé représenter une certaine face de la Russie d'aujourd'hui.
En ajoutant une heure au chef d'oeuvre de Sidney Lumet, il n'est pas certain que Nikita Mikhalkov ait fait le bon choix. Néanmoins, 12 est, comme le film original, un huis-clôt passionnant traitant de justice, de racisme, de clichés et d'amour filial. Le procédé paraît plus artificiel que précédemment, mais la force du scénario résiste.
Douze jurés russes se réunissent dans le gymnase d'une école -la justice locale est-elle si démunie?- pour décider de la culpabilité ou non d'un jeune Tchétchène accusé d'un meurtre crapuleux. Son sort semble scellé suivant la légèreté et désinvolture de jurés pressés d'en finir. Le sujet vous rappelle "Douze hommes en colère"? C'est normal: le film de Nikita Mikhalkov est la variante russe du film fameux de Sidney Lumet, dont il emprunte la trame du début à la fin. Le long huis-clos qui débute, entrecoupé de flashback mettant en scène l'accusé, consiste en un progressif renversement d'avis et de postures au cours des délibérations. Pour le cinéaste, l'intérêt de l'intrigue ne provient pas tant des indices qui pourraient disculper le prévenu que de l'évolution des personnages, pour la plupart radicaux et intransigeants, vers une réflexion plus humaine. L'un d'eux, avatar de Lee J. Cobb dans la version de Lumet, incarne le racisme et l'antisémitisme ordinaires. Son revirement éventuel n'en serait que plus spectaculaire. Dans ce film un peu théâtral et discursif -difficile de faire autrement- où certaines des interventions des 12 flirtent avec le numéro d'acteur, les témoignages ou anecdotes personnels reflètent de façon plus ou moins imagée le point de vue du réalisateur sur la société russe ainsi que son postulat humaniste, dont le moindre aspect n'est pas de défendre, tout simplement, un Tchétchène, l'ennemi de toujours, tout au moins à l'époque du film.
Remake officiel de 12 hommes en colère (1957), réalisé par Sidney Lumet. Cette fois-ci, l’intrigue se déroule en Russie, à notre époque. Si l’on connaît le dénouement, heureusement, l’intrigue centrale est étoffée, histoire de maintenir le spectateur attentif, mais cela s’avère peu efficace face à une mise en scène accusant des longueurs très répétitives (le film dure 150 minutes !). Il faudra aussi signaler le trop plein de flash-back, par contre, l’idée d’avoir choisit un Tchétchène dans le rôle de l’accusé (la Tchétchénie ayant jamais été en bon terme avec la Russie) est bien trouvé, signalons enfin un agréable casting. Un remake qui aurait très bien pu passer de 150 à 120 minutes, voire moins !
Un tour de la Russie d'aujourd'hui en prenant le prétexte d'un remake de "12 hommes en colère". Le sujet est bien sûr secondaire, d'autant qu'on en connait la chute dès le départ. Alors, partant pour un long, parfois trop long voyage, on s'embarque dans la poésie, la tendresse, la violence, la boursouflure, la lenteur, l'emportement du théâtre russe. De très bons moments et notamment quelques sorties de ce huis-clos remarquables dans la guerre de Tchétchénie ou le formalisme d'une image particulièrement travaillée. On peut regretter parfois l'esprit de système du film où chacun fait son numéro à la manière d'un orchestre de jazz, et 12 personnages c'est beaucoup! En tout cas, on retrouve le grand cinéma russe avec ses qualités et aussi ses défauts.
Un huis clos assez spécial, pour les spectateurs habitués à la charte d'Hollywood. Mêlant longs plan-séquences et vrais jeux d'acteurs, idées politiques et sociales, 12 est un film qui se regarde, mais qui, surtout, se réfléchit.
Un film intéressant sur un huit-clos autour de 12 jurés, les acteurs sont assez bons dans l'ensemble, mais le film est parfois un peu long, et les jurés changent un peu facilement d'avis, mais à part ça, cela reste un bon film.
Quelques petites longueurs peut-être, et j'ai trouvé certains retournement des jurés un peu "faciles", mais de manière générale, un film sympatique, qui aurait été meilleur en durant une vingtaine de minutes de moins.
Le film manque parfois de subtilité, mais quand même, que c'est bien! Palpitant et passionnant de bout en bout, même en sachant la fin. Nikita Mikhalkov s'approprie l'histoire et soulève des questions épineuses non sans intelligences, et nous offre un film intelligent, avec certaines scènes époustouflantes, 12 acteurs en état de grâce, et un film brillant. Personnellement, j'adore.
Un remake qui égare les réelles idées de son grand frère. 12 se perd dans des histoires individuelles concernant chacun des personnages en oubliant de rendre l’enquête attrayante. Le plus gros défaut du film est évidemment sa durée. En effet, le réalisateur, à vouloir trop élargiiiiir chaque plan et à ajouter beaucoup d’éléments dispensables 12 devient très pesant. La fluidité et l’aisance qu’avait 12 hommes en colère à pénétrer un spectateur conquit disparait pas tout ce superflue très théâtrale. A la limite du sur-jeu, la performance des acteurs est assez inégale mais correct dans l’ensemble. Nikita Mikhalko (réalisateur du film et président du jury dans le film), avait de bonnes intentions en voulant rendre le chef d’œuvre qu’est 12 hommes en colère un film plus moderne, et par la même occasion traiter quelques sujets d’actualités importants concernant la Russie, mais a finit par se perdre dans un registre trop éloigné qui fait de ce film ni une fiction ni une réalité. 12 était depuis son concept un gros défi qui méritait le coup d’œil, mais au final il n’a que pour qualité de nous rappeler que 12 hommes en colère était vraiment un film hors du commun.
Largement inspiré du célèbre "Douze hommes en colère", ce film russe n'est pas un remake et possède sa propre identité. Les douze jurés, que leurs préjugés allaient conduire à l'injustice, trouvent la force de se remettre en question dans un travail individuel et collectif de nature psychanalytique. Douze portraits passionnants, douze mini-actes d'une incroyable variété, pour dérouler le fil d'un drame haletant. L'occasion aussi de mener une réflexion approfondie et sans indulgence sur la société russe d'aujourd'hui. La richesse foisonnante de ce film de procès exige cependant une rançon: sa longueur inhabituelle, qui pourrait lasser ceux dont la capacité d'écoute a ses limites.
Je suis finalement heureuse de ne pas avoir vu précédemment le film (12 Hommes en colère) duquel est inspiré 12, parce que j'apprécie moyennement de regarder un film de manière comparative. Ici, j'ai été très étonnée de ne pas avoir lâché une seule fois le film alors qu'il s'agit d'un huit-clos (excepté pour les flashback). Les 2h30 passent rapidement, et le réalisateur sait nous tenir en haleine grâce à ses plans, sa réalisation et les histoires palpitantes de chaque protagonistes qui par ailleurs, sont très convaincants. Quelques scènes m'ont assez surpris (passages bizarres), mais l'oeil acerbe et virulent sur la Russie actuelle (racisme, contexte social et politique, etc..) et la fin plutôt inattendue donnent à réfléchir, et ça fait du bien parfois, un film qui questionne au lieu de simplement divertir.