Film ayant un fort parfum de scandale lors de sa sortie à cause des fortes attaques de l'Eglise américaine, "Baby Doll" m'a hélàs très fortement déçu. Déception encore plus grande du fait que j'ai une grande admiration pour les films du réalisateur Elia Kazan surtout que la précédente collaboration entre ce dernier et Tennessee Williams avait débouché sur un chef d'oeuvre : Un Tramway nommé Désir. La déception vient surtout d'un jeu d'acteurs franchement outré qui coupe toutes espèces de sensualité d'un sujet qui pourtant avait de quoi en fournir, loin de la finesse habituelle d'Elia Kazan dans la direction d'acteurs. Reste une histoire suffisamment intéressante pour maintenir l'intérêt jusqu'à la fin et une belle réalisation dans la région même du lieu de l'action. Très moyen, on peut quand même garder en mémoire l'image célèbre d'une jeune Carroll Baker endormie et allongée voluptueusement dans un berceau suçant son pouce.
Énième adaptation d’une pièce de Tennessee Williams, Baby Doll retrace l’histoire d’un étrange couple composé d’un propriétaire terrien ruiné et d’une femme enfant encore vierge qui s’amuse de lui et le tourne en ridicule à chaque instant de leur vie. En une journée (remarquable unité de temps), leur destin va pourtant basculer et l’enfant va devenir femme. C’est du théâtre filmé certes, mais Kazan ne s’en sort pas mal en multipliant les scènes d’extérieur et en posant un rythme suffisamment élevé pour que l’ensemble soit au final beaucoup plus cinématographique que prévu, avec notamment un très bon rendu de l’atmosphère lourde et sensuelle « à la Tennessee » du Sud raciste, puritain et sensuel. L’interprétation (Karl Malden, Carroll Baker) est un peu datée mais la finesse psychologique de l’analyse de Tennessee Williams combinée à la virtuosité d’Elia Kazan derrière la caméra donne un film solide et au propos éternel.
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4,0
Publiée le 31 octobre 2010
Alors même que le Hays Office se libèralisait, les catholiques restaient aussi intransigeants que par le passè! Elia Kazan s'en aperçut une nouvelle fois en tournant cinq ans après le mythique "Un tramway nommè Dèsir", "Baby Doll", toujours d'après Tennessee Williams! L'hèroïne (incarnèe par une inoubliable Carroll Baker) est une femme-enfant, une teenager marièe à un homme plus âgè qu'elle (Karl Malden). Malgrè son mariage, elle est restèe vierge, ayant promis de se donner à son mari le jour de ses 20 ans! Au cours de la première sèquence, on voit le mari regarder sa jeune èpouse par un trou mènagè dans une cloison: l'adolescente dort, vêtue d'une chemise de nuit ultracourte (le film en lancera d'ailleurs la mode sous le nom de "Baby Doll"), couchèe sur le côtè et replièe dans la position foetale, suçant son pouce! Toute l'histoire baigne magnifiquement dans une atmosphère de tension èrotique particulièremnt forte! Certaines des scènes sont d'une èquivoque extrême, comme celle où l'on voit Carroll Baker sur une balançoire èprouver tous les signes extèrieurs de l'extase sexuelle! Un incontournable des annèes 50...
Comme tous les films D'Elia Kazan, beaucoup d'intensité, de rythme, un jeu d'acteur exceptionnel, et une Carroll Baker divine dans son rôle de Baby Doll, je vous le recommande vivement
Le syndrôme de la jeune fille innocente et séductrice est partout au cinéma ! La femme d'un ouvrier agricole, surnommée "Poupée" devient alors l'incident déclencheur de toutes une série d'actions autour d'un trio de personnages. Tour à tour influencable et influenceur, elle est vite le jouet de l'intrigue en cours, dans un mélo de chamailleries et de violences, si nombreuses que la narration en devient souffrante. Les relations entre les personnages, surtout Wallach/Baker, sont confuses, voire incohérentes. On passe d'un coup du mépris à l'entente cordiale, sans raison. Les séquences de séduction et de poursuite entre les deux amants semblent gratuites, incapables d'afficher un intérêt au sens de l'histoire. Pourquoi Wallach veut séduire Baker ? malgré une excellente prestation, son personnage reste dans le flou, et sa sortie au final en est encore plus aberrante. Sans ajouter les bavardages qui ne mènent à rien. Le dindon de la farce, Malden, est un élément imposant qui remet les idées en place, déjà bien désordonnées. Excepté une mise en scène intéressante, au niveau du cadre et de la lumière, du jeu d'acteur ( excepté Baker qui manque de subtilité ), le film de Kazan n'a pas assez de profondeur, le scénario n'est pas très ficelé et la structure des personnages incomplète.
Archi Lee Meighan (Karl Malden) a épousé une trop jeune femme dont il attend fébrilement, désespérément, qu'elle se donne enfin à lui. Il est par ailleurs un artisan du coton en concurrence avec Vacarro (Eli Wallach). Le scénario original de Tennessee Williams est l'assurance d'un sujet fort, nourri des tourments de personnages à la psychologie habilement établie. Sur un mode théâtral -unité de lieu, intrigue resserrée se déroulant sur un ou deux jours- Elia Kazan met brillamment en scène les relations entrecroisées des protagonistes. Scènes de ménage tragi-comiques entre Archi et sa Baby Doll, femme-enfant immature et sensuelle; jeu de séduction entre la jeune vierge et le malicieux Vacarro, rivalité professionnelle puis sexuelle entre les deux hommes. La personnalité d'Archi en fait le centre du trio. Son abstinence forcée et sa concupiscence en font un type pathétique, en même temps qu'une figure emblématique de Tennessee Williams. Il est détestable, aussi, avec son racisme de péquenot du Sud. Tout au long du film, on se demande si les outrances du personnage de Karl Malden entraineront un dénouement dramatique ou ridicule. L'écriture de Tennessee Williams est en effet ainsi faite que le film balance entre la comédie et le drame. La maison délabrée du couple, au coeur d'un Mississippi évoquant le Sud traditionnel et archaïque, et dont Kazan restitue l'atmosphère avec peu de choses, est le décor saisissant d'une dramaturgie multiple, intelligente et audacieuse. Les comédiens sont tous excellents dans des rôles riches et anticonformistes.
Nouvelle collaboration de Kazan avec Tennessee Wiliams. Ainsi qu’avec Boris Kaufman à la photographie. On retrouve Karl Malden, en mari trop vieux pour sa jeune femme Baby doll, et le sud des États-Unis étouffant. Scène d’anthologie : la scène de la balançoire à l’érotisme subtil grace au jeu de la caméra.
Pour de nombreuses raisons ce film sort de l'ordinaire et dans ce cas il va forcement plaire beaucoup ou déplaire beaucoup. Elian Kazan qui a fortement oeuvré pour l'Actors Studio s'en donne à coeur joie, on dirait même que ses 3 acteurs en font une démonstration. Le roman, il est vrai s'y prête à merveille , il est typique de cette période américaine du réalisme poisseux qui décrit une sorte de misère inconnue chez nous...En tous cas loin de Balzac ou de Maupassant. La mise en scène est presque aussi excessive que le jeu des acteurs. Par moment même, on a l'impression d'une pièce de théâtre bien que les décors ou les extérieurs, dont les acteurs noirs font quasiment partie, soient purement cinématographiques. Caroll Baker qui a 25 ans s'y rajeunie d'une façon étonnante et sa situation entre un mari voyeur et une sorte de sadique repoussant crée un vrai malaise. Cela lui a valu les foudres de l'église étasunienne d'une façon bien injuste car la religion est totalement absente de cette oeuvre ce qui en augmente son honnêteté. A voir pour Kazan,pour Baker et pour son ambiance quasi surréaliste y compris la scène de la balançoire.
Comme d'habitude je suis soufflé par l'écriture de Tennessee Williams. En plus Elia Kazan est un formidable metteur en scène, mais le plus fort ce sont les interprétations Carroll Baker est géniale, Karl Malden toujours aussi intense et Eli Wallach tient bien la comparaison. Je comprend que certain trouvent le film un peu surjouer, ce n'est pas mon cas.
Écrit par Tennessee Williams, ce film d'Elia Kazan garde encore toute sa force et sa sensualité malgré les décennies qui passent, le cinéaste filmant ouvertement plusieurs scènes osées pour l'époque notamment celle où Carroll Baker (sublime et troublante dans le rôle de sa vie) fait de la balançoire et éprouve visiblement de l'extase sexuelle. Le scénario est habile et montre la femme-enfant qu'est Baby Doll être capable de se montrer dominatrice au détriment des hommes dont son mari plus âgé qu'elle et impuissant. Révélateur de certaines pulsions humaines universelles, le film ne serait rien sans son interprétation fiévreuse, Karl Malden et Eli Wallach étant tous deux excellents, ce dernier impressionnant lors de sa première rencontre avec Baby Doll. Et l'image de Carroll Baker allongée en position fœtale en train de sucer son pouce n'a pas fini de nous hanter.
Une jolie réalisation, une ambiance réussie, des bons acteurs pourtant ça ne fonctionne pas, l'histoire stagne. Le potentiel dramatique reste largement sous exploité et ç'est souvent bavard pour rien.
Une fois encore, Kazan magnifie le sujet par la profondeur de sa quête d'humanité qu'il imprime à tous les personnages romanesques. "Baby Doll" ne fait pas exception et cette fois, porté par le texte de Tenessee Williams, il plonge avec délectation au coeur du drame de cette Amérique sudiste des années 50, fait de langueur, de sexe et de sueur. Le résultat est saisissant. Un film à voir absolument pour le face à face entre Elie Wallach et la belle "Baby Doll".
Excellent film de Kazan à propos d'une jeune fille mal mariée dont l'époux brûle le bâtiment de production d'un immigré italien plus puissant que lui. On a affaire à une sorte de triangle amoureux où chacun des personnages cherche plus qu'il ne le fait croire : "Baby Doll" veut changer de vie, son époux veut la posséder sexuellement et l'Italien veut que justice soit faite, avant de tomber sous le charme du personnage éponyme. Kazan était au demeurant un extraordinaire directeur d'acteurs, à l'image de cette scène sur la balançoire, dans un long plan fixe, opposant une Caroll Baker idiote autant que sensuelle à un Eli Wallach (dont c'est le tout premier rôle au cinéma) charmeur et manipulateur. Très bonne comédie dramatique.
Incontestablement, "Baby Doll" est un véritable chef d'oeuvre signé Elia Kazan. Avec Tennessee Williams, un des meilleurs romanciers et "screenplay" américains faisant partie de l'équipe, c'était logique de s'attendre à une telle qualité de film. Mais c'est surtout son ambiance et son atmosphère poisseuse qui m'a le plus séduit dans ce métrage. Le sud des Etats-Unis; la demeure délabrée d'Archie Lee, le mari névrosé et désabusé de Baby Doll incarné par un excellent Karl Malden; la sensualité à la limite de l'érotisme de cette poupée de chair fragile interprétée avec talent par la très belle Carroll Baker et un Eli Wallach stupéfiant dans le rôle de ce fameux Silva Vacarro personnage perfide à l'esprit démoniaque; font partie d'un ensemble d'éléments qui font la réussite et l'intérêt de ce film. En même temps, il y a beaucoup d'autres choses à dire sur ce film (la psychologie et le caractère travaillé de ses personnages par exemple) que le mieux est de ne plus rien ajouter et de vous le laisser découvrir (en VO si possible) pour vous en faire votre propre opinion. Mais ce qui est sûr et certain, c'est que ce "Baby Doll" est une vraie perle du cinéma américain !!