La Vallée de la peur
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 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 avril 2017
Dans ce western psychanalytique signé Raoul Walsh, ce qui pose problème est moins le western que la psychanalyse, représentée à gros traits et finalement inutile dans l'évolution des personnages. Tout ce qui se rattache aux souvenirs confus de Jeb Rand et au refoulement, mis en scène par une construction scolaire en flashbacks, ne donne jamais d'épaisseur au film mais le rend au contraire lourd, de même que les nombreux dialogues où les personnages ne sont que que dans le commentaire de leurs sentiments et de leurs doutes, constamment explicités. Cette dimension psychanalytique, qui demeure le fil rouge de l'histoire, est parfois mise à l'écart au profit d'une pure histoire de vengeance qui donne lieu à quelques très bonnes scènes, celles où le montage se fait plus concis et plus nerveux, où le cinéma de Walsh se résume à une simple affaire de composition du cadre, de suspense, d'accélérations et de ruptures. Il ne s'agit plus alors que de rivalités, d'un homme qui veut en tuer un autre, et dans un rôle de protagoniste dépassé et persécuté, Robert Mitchum est remarquable dans la mesure où il joue de son charisme pour mieux appuyer le contraste avec les limites de son personnage. Outre les scènes de pure action, les personnages sont l'autre point intéressant du film, passionnants dans leur évolution, notamment cette mère aimante au début qui s'apparente presque à une sorcière couchée au fond de son lit des années plus tard. "Pursued" est un film ambitieux, foisonnant sur le plan narratif, qui rate sa proposition tragique mais qui garde le cap en s'accrochant au point de vue de son personnage principal, assez proche d'une figure de film noir.
peter W.
peter W.

56 abonnés 1 137 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 octobre 2016
Une histoire de vengeance au long cours et de secrets familiaux refoulés proposés sous l'aspect d'un western. Le réalisateur ne montre pas son efficacité habituelle, sa réalisation poussive ne soulève pas l'enthousiasme. Le film sort juste un peu du lot avec la présence de Mitchum qui commence à prendre une vrai dimension.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 juillet 2016
Certes la restauration de La vallée de la peur est d'une grande qualité, tout comme sa photographie et sa mise en lumière, pour autant Raoul Walsh ne propose rien de nouveau. C'est un western dont l'histoire nous a été maintes fois racontée : une revanche mûrie depuis l'enfance et devenue objectif quasi unique du héros central incarné par Robert Mitchum, dans un de ses premiers grands rôles. Un récit agrémenté de la traditionnelle idylle amoureuse qui ici cependant a des reflets psychanalytiques qui viennent densifier le propos. Ainsi, les obsessions passées rejoignent les obsessions présentes des personnages, entre revanche et amour.
Fernando P
Fernando P

6 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 novembre 2015
Des personnages complexes et tourmentés évoluant dans un récit limpide piloté par un metteur en scène surdoué qui s'est dit comme ça : et si je faisait un psycho- western ,rien que pour enquiquiner Hitchcock...et bien, il a parfaitement réussi et je ne suis pas loin de penser que peut être,effectivement,le cinéma c'était mieux avant.
gimliamideselfes

3 435 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 septembre 2014
Je n'ai pas vu beaucoup de films de Walsh, mais celui-là est assez exceptionnel. En fait ça a tout de la grande tragédie grecque (sauf la fin, mais j'y reviendrai), on a un personnage hanté par son passé, un amour fou, de la haine, de la vengeance, une "fratrie" qui vole en éclat et surtout le fatum de ce héros ! Le tout donne un western franchement grandiose, parce que ça en jette !

Le film est plein de scènes assez intenses, le départ de Mitchum (charismatique comme toujours) pour la guerre, les aveux des sentiments entre les deux, le frère qui commence à s'emporter contre Mitchum, les fusillades, la fin ! Walsh sait créer des moments forts dans son film et ils sont forts car inévitables et tragiques. Tout est inscrit dès le départ, on a toutes les cartes en main, il n'y a de réel suspens sur l'amour entre les deux personnages, on sait que tout le reste du film qui se déroule en flash back va nous expliquer comment on en est arrivé là, comme dans la tragédie antique, on connaît la fin par avance, il nous manque de voir le destin à l'oeuvre manipuler nos héros pour faire en sorte que les étoiles s'alignent et parviennent à cette conjoncture inévitable. Et ça je trouve ça fort, on est d'autant plus impliqué que l'on sait l'histoire sans issue, on sent le carnage venir.

Comme quoi il n'y a pas que le western spaghetti qui parvient à transformer ses héros en héros grecs.

Après, comme c'est un western et pas une tragédie grecque et comme le disait Walsh lui-même les mangeurs de popcorn ne le toléreraient pas, on a droit à une fin de western, néanmoins elle est vraiment réussie et très belle, même si on ne m'ôtera pas l'idée que ça aurait dû finir autrement.

Du coup il me tarde de voir d'autres films de Walsh (dont c'est le premier western que je vois) histoire de voir si on retrouve cette forte influence mythologique, parce que l'ouest sauvage est réellement milieu propice à l'adaptation de récits mythologiques. C'est le genre de réadaptation (bien que ça ne soit réellement adapté d'un récit quelconque (enfin pas que je connaisse)) que j'aime voir, on a quelqu'un qui sans recopier un schéma d'un mythe connu a malgré tout compris à l'essence du récit tragique. Et ça c'est fort. D'ailleurs ils l'ont bien plus compris que tous les gommeux tape à l'oeil qui réalisent leur pseudo peplum prétendant raconter l'histoire antique. La simplicité d'un western est beaucoup plus éloquente.

De plus, entre un décor de western, désertique… on n'est pas si loin des ruines de Médée ou d'Oedipe Roi de Pasolini.
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 septembre 2014
Car même le western est touché par la psychanalyse, « La Vallée de la peur » présente un héros hanté par ses démons et un passé dont il a beaucoup de mal à se défaire, et ce bien qu'il n'y soit pas pour grand-chose. Ce n'est pas aussi captivant ni magistral que l'on aurait pu s'attendre de la part de Raoul Walsh, mais le bonhomme s'y connaît toutefois pour nous offrir des personnages ayant de l'épaisseur et de l'intérêt, le tout porté par des enjeux dramatiques de bonne facture et une interprétation de qualité. Et s'il manque parfois un peu de densité, le scénario propose suffisamment d'éléments pour que l'on suive l'évolution de ce drame familial jusqu'à la dernière minute : du bon cinéma.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 29 décembre 2013
Très grand western de Walsh qui allie intrigue , suspense et psychologie avec brio ...
coperhead
coperhead

36 abonnés 477 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 août 2015
Western psychanalytique d'une part, et fresque cosmique de l'autre, le territoire et l'ambition du film sont immenses . Scénario concret, physique d'une haine plus dense encore que la pierre, celle de Grant Callum pour la famille des Rand . La trajectoire de cette destinée d'un personnage (incarné par Mitchum remarquable qui est hanté par une vision de bottes et d'éperons allant et venant sur un parquet de bois à la hauteur de son visage. ) subissant l'emprise de son passé permet à Walsh de bâtir et d'explorer un univers qui commence au plus profond du cœur d'un homme et va se perdre quelque part dans l'infini .
il_Ricordo
il_Ricordo

118 abonnés 407 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 août 2012
Comme de nombreux films construits sur le même type, le flash-back sur lequel repose le récit de La Vallée de la peur est totalement futile. Et non seulement il n'introduit aucun aspect intéressant de l'intrigue, mais en plus il détruit tout suspense concernant la relation entre Robert Mitchum et Teresa Wright. A ce propos, un autre cinéaste tel que Wyler (qui a donné à Teresa Wright le statut de star) s'en serait très bien sorti dans ce tableau effrayant de haine familiale, au lieu de s'empêtrer dans des retournements de situation invraisemblables qui ne sont d'ailleurs pas tellement le centre d'intérêt de Raoul Walsh.
En effet, il s'agit bien d'une chasse à l'homme comme le suggère le titre (Pursued) et si on retire les prétextes de cette poursuite vengeresse, inutiles dans le cadre du western, on obtient un film d'action de premier ordre.
Durant les premières minutes, on a l'impression que les vastes plaines du Nouveau Mexique nous racontent Les Hauts de Hurlevent sur un ton bien plus calme et bon enfant que sur la lande sauvage et mouvementée décrite par la plume d'Emily Brontë.
Non, on a tôt fait de se concentrer sur le personnage de Robert Mitchum et les raisons qui font qu'adoré et adulé par la ville entière, il devient du jour au lendemain le gibier de potence idéal dans l'esprit de tous.
Servi par des acteurs remarquables qui font oublier un récit aux revendications psychologiques fumeuses (les réminiscences ridicules du héros), La Vallée de la peur est un Walsh rare qui a le mérite de prôner l'action devant le fatalisme : malgré les jeux de pile ou face, ce ne sont jamais les hasards qui déterminent les événements, mais bien la volonté et les sentiments opposés des protagonistes.
Plume231

4 407 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 août 2012
Après la Seconde Guerre Mondiale, la psychanalyse s'est emparée de Hollywood donnant des résultats plus ou moins heureux. Il était inévitable qu'elle s'empare du grand genre hollywoodien par excellence : le western. Et les deux forment contre toute attente un ménage harmonieux. On se concentre plus sur l'intérieur des êtres qu'aux habituelles fusillades, attaques et autres ce qui n'empêche pas du tout le souffle bien caractéristique du cinéma de Raoul Walsh d'être au rendez-vous et le western d'être intéressant et réussi de ce point de vue-là. Sans parler de l'aspect très peu conventionnel que cela donne à l'ensemble. On peut juste regretter un côté excessif à l'ensemble à travers quelques fois l'interprétation, surtout en ce qui concerne celle de Teresa Wright, et la BO de Max Steiner. Reste que l'audace indiscutable de "La Vallée de la peur" et son originalité en font un western incontournable. A noter une superbe photo en noir et blanc de James Wong Howe.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 14 mai 2012
Il s'agit d'un des tout premiers westerns psychologiques sur un fond de film noir comme certains polars. Ce western sort du lot par l'intelligence de son scenario et par les mouvements sobres de caméra dans certaines scènes. Le noir et blanc renforce la puissance et la beauté du film. Robert Mitchum incarne là un de ses meilleurs rôles.
NicoMyers
NicoMyers

71 abonnés 302 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 septembre 2009
Magnifique western aux aspects de psychanalyse et de film noir, qui lui donnent cet aspect si unique. Robert Mitchum y interprète un homme obsédé par son passé obscure, et sur la fameuse nuit où il a été recceuilli par sa mère d'adoption. Tout est là pour un chef d’œuvre, des paysages de l’ouest américain devenus lugubres par le clair obscure, aux acteurs excellents en commençant par Mitchum mais aussi la magnifique Teresa Wright, en passant par la musique sombre et funèbre de Max Steiner. L’intrigue, pleine de mystère, écrite par le talentueux Niven Busch, conjuguée à la mise en scène parfaite de Raoul Walsh, donne lieu à un film unique dans l’histoire du cinéma, western onirique et envoûtant, qui recèle un drame poignant. Vraiment de toute beauté, La Vallée de la peur est une œuvre énigmatique dont on ne revient pas.
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